Coup de pied de Vénus
Delvau, 1866 : s. m. « Trait empoisonné lancé par le fils de Cythérée au nom de sa mère », — dans l’argot des bourgeois, qui connaissent leur mythologie.
Rigaud, 1881 : Maladie que l’on traite comme on traite les glaces de Saint-Gobain. Ce qui a fait dire à un de nos plus célèbres spécialistes, en estropiant un hémistiche bien connu de Virgile : Mercurium agitat molem.
La Rue, 1894 : Syphilis.
Goutte militaire
Delvau, 1864 : Sécrétion gonorrhéique qui vient chaque matin au bout du membre viril qui a été à la guerre amoureuse et qui y a été blessé — sans daigner se guérir.
Rigaud, 1881 : Souvenir persistant d’un coup de pied de Vénus.
Rossignol, 1901 : Voir plombé.
France, 1907 : Blennorrhagie chronique, appelée ainsi parce qu’elle est commune dans les régiments où le soldat ne peut guère s’offrir des filles de choix.
La chaste Suzanne :
Ah ! ces deux vieillards me dégoûtent !
Je crois même qu’ils ont la goutte
Militaire.
Le chœur :
Bien qu’ils ne l’aient jamais été !
(A. Glatigny, Joyeusetés galantes)
Pisser des lames de rasoir en travers
Virmaître, 1894 : Celui qui est dans ce cas-là n’est pas heureux. L’image est juste pour indiquer les douleurs cuisantes qu’éprouvent les pauvres diables qui ont reçu un coup de pied de Vénus. Pour témoigner à une personne qu’elle vous impatiente, on lui dit : Vous me faites pisser des lames de rasoir en travers (Argot du peuple).
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