Delvau, 1864 : Se dit d’une femme qui a des grâces provoquantes, qui ne baise pas comme la première venue.
Il faut être sincère, même avec des drôlesses de cette espèce : Julia a du chien, beaucoup de chien.
(Lynol)
Avoir du chien
Delvau, 1864 : Se dit d’une femme qui a des grâces provoquantes, qui ne baise pas comme la première venue.
Il faut être sincère, même avec des drôlesses de cette espèce : Julia a du chien, beaucoup de chien.
(Lynol)
Boniment
Vidocq, 1837 : s. m. — Long discours adressé à ceux que l’on désire se rendre favorables. Annonce d’un charlatan ou d’un banquiste.
M.D., 1844 : Conversation.
un détenu, 1846 : Parole, récit ; avoir du boniment : avoir de la blague.
Halbert, 1849 : Couleur, mensonge.
Larchey, 1865 : Discours persuasif. — Mot à mot : action de rendre bon un auditoire.
Delvau, 1866 : s. m. Discours par lequel un charlatan annonce aux badauds sa marchandise, qu’il donne naturellement comme bonne ; Parade de pitre devant une baraque de « phénomènes». Par analogie, manœuvres pour tromper.
Rigaud, 1881 : Annonce que fait le pitre sur les tréteaux pour attirer la foule ; de bonir, raconter. — Discours débité par un charlatan, discours destiné à tenir le public en haleine, à le séduire, coup de grosse caisse moral. Depuis le député en tournée électorale, jusqu’à l’épicier qui fait valoir sa marchandise, tout le monde lance son petit boniment.
C’était le prodige du discours sérieux appelé le boniment : boniment a passé dans la langue politique où il est devenu indispensable.
(L. Veuillot, Les Odeurs de Paris)
Le coup du boniment, le moment, l’instant où le montreur de phénomènes, le banquiste, lance sa harangue au public. — Y aller de son boniment, lâcher son boniment, dégueuler, dégoiser, dégobiller son boniment.
La Rue, 1894 : Propos, discours.
Virmaître, 1894 : Discours pour attirer la foule. Forains, orateurs de réunions publiques, hommes politiques et autres sont de rudes bonimenteurs. Quand un boniment est par trop fort, on dit dans le peuple : c’est un boniment à la graisse de chevaux de bois (Argot du peuple).
Hayard, 1907 : Discours.
France, 1907 : Discours destiné à tromper le public ; camelots, charlatans, bazardiers, orateurs de mastroquets, candidats électoraux et bonneteurs font tous leur boniment.
Accroupi, les doigts tripotant trois cartes au ras du sol, le pif en l’air, les yeux dansants, un voyou en chapeau melon glapit son boniment d’une voix à la fois trainante et volubile… « C’est moi qui perds. Tant pire, mon p’tit père ! Rasé le banquier ! Encore un tour, mon amour. V’là le cœur, cochon de bonheur ! C’est pour finir. Mon fond, qui se fond. Trèfle qui gagne. Carreau, c’est le bagne. Cœur, du beurre pour le voyeur. Trèfle, c’est tabac ! Tabac pour papa. Qui qu’en veut ? Un peu, mon n’veu ! La v’là. Le trèfle gagne ! Le cœur perd. Le carreau perd. Voyez la danse ! Ça recommence. Je le mets là. Il est ici, merci. Vous allez bien ? Moi aussi. Elle passe ! Elle dépasse. C’est moi qui trépasse, hélas… Regardez bien ! C’est le coup de chien. Passé ! C’est assez ! Enfoncé ! Il y a vingt-cinq francs au jeu ! etc… »
(Jean Richepin)
Coup de bas
Larchey, 1865 : Coup dangereux.
Ces fats nous donnent un rude coup de bas.
(Chansons. Clermont, 1835)
Coup de chien, peigne, torchon : V. ces mots.
Virmaître, 1894 : Coup dangereux. Achever quelqu’un, le finir (Argot des voleurs).
France, 1907 : Coup définitif qui achève la victime.
Coup de chien
Delvau, 1866 : s. m. Traîtrise, procédé déloyal et inattendu, — dans le même argot [du peuple].
France, 1907 : Remue-ménage, branle-bas, bataille, difficulté.
Il y a un instinct populaire qui ne se trompe pas et qui fait dire : Si l’on n’est pas prêt après les milliards dépensés depuis vingt ans, on ne le sera jamais ; si l’on est prêt, qu’attend-on ?
S’il faut « un coup de chien » pour rentrer dans nos frontières d’avant 1870, qu’on se le donne et qu’on en finisse. On ne peut épuiser toujours le pauvre monde d’impôts pour lubriquer des canons et des fusils qui ne partent pas.
(Camille Dreyfus, La Nation)
Rapetasser
d’Hautel, 1808 : Des souliers rapetassés ; des habits rapetassés. Pour dire, raccommodés grossièrement.
France, 1907 : Refaire.
Cette saloperie d’impôts indirects qui, quoique pas visibles à l’œil nu des aveugles, se sentent bougrement, avait déjà subi pas mal d’anathèmes avant le grand coup de chien d’il y a cent ans. Tellement qu’au début, la Constituante dut les biffer du programme des nouveaux impôts, aussi bien que les dîmes.
Cet impôt d’origine féodale, qu’on appelait alors les aides, ne tarda pas à rappliquer, comme toutes les cochonneries dut « bon vieux temps » que les bourgeois rapetassaient en les débaptisant à peine ; la loi du 5 ventôse au XII le remit sur pattes.
Et ainsi pour tout ! Les corvées se muaient et prestations, la gabelle en impôt du sel, les douanes intérieures en octroi, la dime en budget des cultes, etc., etc.
Si bien que, petit à petit, la kyrielle des impôts devenait aussi longue que sous la défunte royauté.
Les impôts indirects — ceux qu’on ne voit pas — comme le disait dans un de ses moments de lucidité l’écrivassier bourgeois Bastiat, sont une chose d’une traitrise carabinée.
On les paies s’en apercevoir, au coin du feu, au plumard, à table, au café… à tous les instants de notre vie.
(Le Père Peinard)
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