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Apostrophe

d’Hautel, 1808 : Au figuré, soufflet, coup de poing, coup de bâton appliqué sur le visage ; et qui y laisse one contusion, une blessure.

Rigaud, 1881 : Soufflet, coup de poing sur le visage. (Dict. ; des homonymes, Hurtaut, 1775)

Barrer

d’Hautel, 1808 : Il lui a barré le visage. Pour dire, il lui a donné un coup de bâton au milieu du visage ; il l’a étourdi.

Delvau, 1866 : v. a. Réprimander, — dans l’argot du peuple.

Delvau, 1866 : v. n. Abandonner son travail, — dans l’argot des marbriers de cimetière. Se barrer. S’en aller.

Rigaud, 1881 : Quitter son ouvrage. — Réprimander. Se barrer, s’en aller, — dans le jargon des ouvriers.

La Rue, 1894 : Réprimander.

Rossignol, 1901 : Quitter, s’en aller, quitter sa maîtresse est la barrer.

Nous ne nous aimons plus, barrons. — Il est tard, barrons, allons-nous-en.

France, 1907 : Cesser une affaire, réprimander. Se barrer, se défendre.

Brider

d’Hautel, 1808 : Brider la lourde. En terme d’argot signifie, fermer la porte.
Un oison bridé. Homme ignorant et d’une extrême stupidité.
Cette affaire est scellée et bridée. Pour elle est conclue, terminée.
Brider la figure à quelqu’un. C’est lui appliquer un coup de bâton sur le visage.
Brider l’oie. Tromper soigneusement quelqu’un, abuser de sa bonne foi, de sa simplicité.
Brider. S’opposer, mettre obstacle, contrecarrer.
Brider les volontés, les désirs de quelqu’un.
La bécasse est bridée. Se dit par raillerie d’un sot que l’on engage dans une mauvaise affaire, que l’on a pris pouf dupe. Voyez Âne.

Ansiaume, 1821 : Fermer.

Il faut débrider la marmotte, il a dix plombs de rouget.

anon., 1827 : Fermer.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Fermer. Le boucard est bien bridé, la boutique est solidement fermée.

Bras-de-Fer, 1829 / Halbert, 1849 : Fermer.

Delvau, 1866 : v. a. Fermer, — dans le même argot [des voleurs]. Brider la lourde. Fermer la porte.

Fustier, 1889 : Interdire, défendre. Argot des marchands forains.

Il m’a expliqué le fonctionnement de son jeu de courses, un divertissement qui, après avoir été bridé, vient d’être débridé depuis qu’on a constaté l’impossibilité de harnaquer.

(Temps, avril 1887)

La Rue, 1894 : Interdire, défendre.

Rossignol, 1901 : Retirer une autorisation. Retirer l’autorisation à un camelot ou marchand quelconque de stationner sur la voie publique pour y débiter sa marchandise, c’est le brider. Un établissement fermé par ordre de la préfecture est bridé.

France, 1907 : Fermer ; argot des voleurs. Brider la lourde, fermer la porte. Se dit aussi pour ferrer un forçat.

Bûcher (se)

d’Hautel, 1808 : Pour dire se battre, soit à coup de bâton, soit à coup de poing ; on dit en style populaire de deux personnes qui se querellent vivement, qu’elles finiront par se bûcher.

Donner une danse

Larchey, 1865 : Casser les épaules à coup de bâton.

(d’Hautel, 1808)

Dure

Vidocq, 1837 : s. f. — Terre.

Halbert, 1849 : Pierre en terre.

Larchey, 1865 : Terre (Vidocq). — On dit classiquement coucher sur la dure. Dans ces quatre acceptions du mot dur, l’effet est pris pour la cause.

Delvau, 1866 : s. f. La terre, — dans l’argot des voleurs et du peuple. Coucher sur la dure. Coucher à la belle étoile.

Rigaud, 1881 : La terre. La grande langue a l’expression « coucher sur la dure, » c’est le nuda humo cubat de Virgile.

La Rue, 1894 : La terre. La maison centrale. Voler à la dure, étourdir d’un coup de bâton un homme pour le voler.

France, 1907 : Maison centrale.

France, 1907 : Terre. Coucher, dormir sur la dure, coucher par terre.

Le matin, il s’éveillait, brisé d’avoir dormi sur la dure… mais la gaité persistait le service était moins pénible et la ville plus proche.

(Paul Bonnetain, Le nommé Perreux)

Après l’élection, le grand coëre commande à tous les argotiers nouveaux venus de se mettre à quatre pieds contre la dure, puis s’assied sur l’un d’eux.

(Cérémonie de l’élection du grand coëre au XVIIe siècle)

Dure (travailler à la)

France, 1907 : Assassiner. Voler à la dure, voler après avoir étourdi sa victime d’un coup de poing ou d’un coup de bâton.

Un jour, l’hercule avait voulu travailler à la dure, Cola s’y était refusé.
— Je ne sais pas le pourquoi, dit-il, mais ça ne m’allait pas de jouer du surin.

(Marc Mario et Louis Launay)

Dure (vol à la)

Rigaud, 1881 : Vol qui consiste à étourdir d’un coup de poing ou d’un coup de bâton celui qu’on veut dépouiller. La variante est : Vol à la rencontre. Faire le client à la dure, étourdir d’un coup de bâton un homme et le voler.

Huile

d’Hautel, 1808 : Pomper les huiles. Pour dire, faire débauche de vin, se griser, boire à excès.
Il tireroit de l’huile d’un mur. Se dit d’un intrigant, d’un homme hardi et entreprenant, dont la finesse est pernicieuse et nuisible.
C’est une tache d’huile qui ne s’en ira jamais. Pour dire que quelqu’un a entaché sa réputation par un fait déshonnête.
De l’huile de cotterets. Pour coup de bâton ; bastonnade.
Il n’y a plus d’huile dans la lampe. Se dit d’une personne très-avancée en âge, et qui s’en va mourant.

anon., 1827 : De l’argent.

Bras-de-Fer, 1829 : Argent.

Vidocq, 1837 : s. m. — Soupçon.

Halbert, 1849 : De l’argent.

Delvau, 1864 : Le sperme, qui est l’huile essentielle de l’amour.

Qu’après d’une douce huile je graisse le dedans,
Lorsque je la tiendrai sur le dos étendue.

Théophile.

Larchey, 1865 : Argent (Vidocq). — Tout ce qui est gras symbolise l’argent. V. Beurre, Graisse. — Huile : Soupçon (id.). — Il pénètre et s’étend comme une tache d’huile.

Delvau, 1866 : s. f. Soupçon, — dans l’argot des voyous.

Delvau, 1866 : s. f. Vin, — dans l’argot du peuple, qui oint ses membres avec cette onctueuse liqueur. Pomper les huiles. Boire avec excès.

Rigaud, 1881 : Soupçon. — Argent. — Huile de coude, vigueur de la main, force dans le poignet. — Huile de cotrets, essence de cotrets, coups de bâton.

Fustier, 1889 : Officier supérieur, dans la langue verte du troupier.

Le général convie demain dans un repas de trente couverts tous les gros bonnets militaires, ceux que les soldats appellent indifféremment les Huiles ou les Grosses légumes

(Figaro, sept. 1887)

La Rue, 1894 : Soupçon. Argent. Vin. Officier supérieur.

France, 1907 : Argent. Sans cette huile, aucun rouage de l’existence telle que nous l’a faite la civilisation ne peut fonctionner.

Le théâtre de la guerre est d’ailleurs modelé sur le théâtre du Gymnase, des Variétés ou du Vaudeville. Ce n’est pas aux répétitions, c’est à l’huile, comme on dit en style de coulisses, c’est-à-dire devant le public payant, que se jugent les ouvrages qu’on y représente.

(Henri Rochefort)

Se dit aussi pour vin.

Huile de bras

Larchey, 1865 : Vigueur corporelle. — Huile de cotterets : Coup de bâtons (d’Hautel, 1808).

Delvau, 1866 : s. f. Vigueur physique, volonté de bien faire, qui remplace avantageusement l’huile pour graisser les ressorts de notre machine. Argot du peuple. On dit aussi Huile de poignet.

France, 1907 : Force physique, énergie au travail. On dit aussi huile de coude.

Les beaux jours arrivés, plus de jeu, plus de veille ;
Embrasse en te levant ta femme et ta bouteille.
Derrière ta charrue avec tes bœufs bien gras,
Munis-toi dans les champs de bonne huile de bras.

(Alfred L. Marquiset, Rasures et Ramandons)

Huile de cotret

Delvau, 1866 : s. f. Coups de bâton, — dans l’argot des ouvriers, qui, dans les jours gras, se plaisent à envoyer les nigauds chez les épiciers pour demander un litre de cette huile-là. La plaisanterie et l’expression sortent du roman de Cervantès.

France, 1907 : Coup de bâton.

Qu’ils viennent vous frotter les épaules de l’huile de cotret.

(Don Quichotte)

Jus de bâton

Larchey, 1865 : Coup de bâton.

Pour passer votre rhume, j’ai du jus de bâton.

(Aubert, Chanson, 1813)

Delvau, 1866 : s. m. Coup de bâton.

Rigaud, 1881 : Coups de bâton.

France, 1907 : Coups.

Rondiner

d’Hautel, 1808 : Battre quelqu’un avec un rondin, lui donner des coups de bâton.

Vidocq, 1837 : v. a. — Boulonner.

Larchey, 1865 : Battre à coups de bâton. — Mot à mot : de rondin.

Qu’il est doux de pouvoir rondiner un ingrat.

(Le Rapatriage, parade du dix-huitième siècle)

Delvau, 1866 : v. a. Battre à coups de bâton, — dans l’argot du peuple.

Delvau, 1866 : v. a. Boutonner, — dans le même argot [des voleurs].

Delvau, 1866 : v. n. Dépenser de l’argent, des ronds, — dans l’argot des voyous. On dit aussi Se dérondiner.

Rigaud, 1881 : Sacrifier à Domange.

France, 1907 : Battre à coup de bâton, de rondin.

France, 1907 : Faire le tas, amasser.

Tout en cartonnant dans ton claque,
Rabats un douillard à ta marque ;
Qu’ell’ chauffe jarnaff, matelas,
Rondine et le tout sans taff’tas.

(Hogier-Grison, Pigeons et Vautours)

S’arrondir.

Son buste, d’une gracilité sèche qui, avec le duvet de ses lèvres et le déluré de sa mine, lui donnait à quinze ans l’air d’un joli garçon mauvais sujet, rondinait maintenant, appesanti d’un léger embonpoint. C’était l’acheminement à cette adiposité qui émoustillait les hommes du Culot, tous amoureux des femmes tétonnières, par un goût de chair mafflue.

(Camille Lemonnier, Happe-Chair)

France, 1907 : Faire ses besoins.


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