Virmaître, 1894 : Forçat libéré. Cotteret : Petit fagot de bois. Cotteret de bordel : Paquet de petites bûchettes qui coûte dix centimes et s’allume instantanément. Allusion à la courte durée de la passe qui ne dure pas plus que le petit paquet de bois (Argot du peuple).
Cotteret
Huile
d’Hautel, 1808 : Pomper les huiles. Pour dire, faire débauche de vin, se griser, boire à excès.
Il tireroit de l’huile d’un mur. Se dit d’un intrigant, d’un homme hardi et entreprenant, dont la finesse est pernicieuse et nuisible.
C’est une tache d’huile qui ne s’en ira jamais. Pour dire que quelqu’un a entaché sa réputation par un fait déshonnête.
De l’huile de cotterets. Pour coup de bâton ; bastonnade.
Il n’y a plus d’huile dans la lampe. Se dit d’une personne très-avancée en âge, et qui s’en va mourant.
anon., 1827 : De l’argent.
Bras-de-Fer, 1829 : Argent.
Vidocq, 1837 : s. m. — Soupçon.
Halbert, 1849 : De l’argent.
Delvau, 1864 : Le sperme, qui est l’huile essentielle de l’amour.
Qu’après d’une douce huile je graisse le dedans,
Lorsque je la tiendrai sur le dos étendue.
Théophile.
Larchey, 1865 : Argent (Vidocq). — Tout ce qui est gras symbolise l’argent. V. Beurre, Graisse. — Huile : Soupçon (id.). — Il pénètre et s’étend comme une tache d’huile.
Delvau, 1866 : s. f. Soupçon, — dans l’argot des voyous.
Delvau, 1866 : s. f. Vin, — dans l’argot du peuple, qui oint ses membres avec cette onctueuse liqueur. Pomper les huiles. Boire avec excès.
Rigaud, 1881 : Soupçon. — Argent. — Huile de coude, vigueur de la main, force dans le poignet. — Huile de cotrets, essence de cotrets, coups de bâton.
Fustier, 1889 : Officier supérieur, dans la langue verte du troupier.
Le général convie demain dans un repas de trente couverts tous les gros bonnets militaires, ceux que les soldats appellent indifféremment les Huiles ou les Grosses légumes
(Figaro, sept. 1887)
La Rue, 1894 : Soupçon. Argent. Vin. Officier supérieur.
France, 1907 : Argent. Sans cette huile, aucun rouage de l’existence telle que nous l’a faite la civilisation ne peut fonctionner.
Le théâtre de la guerre est d’ailleurs modelé sur le théâtre du Gymnase, des Variétés ou du Vaudeville. Ce n’est pas aux répétitions, c’est à l’huile, comme on dit en style de coulisses, c’est-à-dire devant le public payant, que se jugent les ouvrages qu’on y représente.
(Henri Rochefort)
Se dit aussi pour vin.
Huile de bras
Larchey, 1865 : Vigueur corporelle. — Huile de cotterets : Coup de bâtons (d’Hautel, 1808).
Delvau, 1866 : s. f. Vigueur physique, volonté de bien faire, qui remplace avantageusement l’huile pour graisser les ressorts de notre machine. Argot du peuple. On dit aussi Huile de poignet.
France, 1907 : Force physique, énergie au travail. On dit aussi huile de coude.
Les beaux jours arrivés, plus de jeu, plus de veille ;
Embrasse en te levant ta femme et ta bouteille.
Derrière ta charrue avec tes bœufs bien gras,
Munis-toi dans les champs de bonne huile de bras.
(Alfred L. Marquiset, Rasures et Ramandons)
Mercuriale (faire ou recevoir une)
France, 1907 : Faire ou recevoir des reproches où des remontrances.
On donnait le nom de mercuriales à des assemblées du parlement dans lesquelles les officiers royaux devaient rendre compte de leurs actes, et le président requérait le châtiment ou le blâme contre ceux qui avaient abusé de leurs fonctions. Ces assemblées se tenaient toujours un mercredi (jour de Mercure) et, d’après l’ordonnance de Villers-Cotterets (1539), devaient avoir lieu chaque trimestre ; mais il n’y en eut plus tard que tous les six mois, le premier mercredi après Pâques et après la Saint-Martin, et enfin une fois par an, à la rentrée des tribunaux. Le discours prononcé s’appelait mercuriale.
Avant François Ier, Charles VIII en 1493 et Louis XII en 1498 avaient déjà fait chacun un édit au sujet de ces assemblées.
Ménage, que Molière ridiculisa sous le nom de Vadius dans les Femmes savantes, tenait tous les mercredis des réunions qu’il nommait ses mercuriales et où l’on faisait de la critique littéraire. La mercuriale des marchés, registre où les maires des communes inscrivent la hausse ou la baisse des prix des grains, des foins, etc., tire également son nom des assemblées du parlement, car on s’y occupait aussi de la question du prix des denrées.
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