Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Costel

un détenu, 1846 : Souteneur de filles.

Delvau, 1866 : s. m. Souteneur de filles, — dans l’argot des voyous.

La Rue, 1894 : Souteneur.

France, 1907 : Souteneur, argot des petites dames : celui qui coûte.

J’ai ouï conter hier, au five o’clock mateine de miss Bouchon, une histoire assez drôle, qui a pour héros principal un costel fort connu dans le monde où l’on s’amuse.

(Gil Blas)

Costel ou caustel

Virmaître, 1894 : Souteneur. (Argot des souteneurs).

Balance moi-là et ne sois plus caustel,
Casser des lourdes vaut mieux que… des chats.

Costo

Rossignol, 1901 : Fort.

C’est un beau gars, il est costo.

France, 1907 : Fort ; autre forme de costel.

C’était un môme assez costo,
Mais il ’tait avec eun’ cato
Qu’était bléche ;
I’ la r’levait à la mi’ d’pain,
Il était, au lieu d’êtr’ rupin,
Dans la dèche.

(Aristide Bruant)

Mais comme tous deux n’étaient point
Costos pour faire le coup d’poing,
l’ ltrouvèrent pas d’gigolette.

(Blédort, La Nation)

Monostichographe

France, 1907 : Appareil qui permet aux aveugles d’écrire et dont l’inventeur est M. Costel.
Pour se servir de ce petit appareil qui est en bois et d’un prix modeste, il faut que l’aveugle ait su écrire. Il ne s’adresse donc pas aux aveugles-nés.
Le Bulletin de la Société d’encouragement en donne la description suivante :

Cet appareil se compose d’un pupitre sur lequel se rabat, à charnière, une planchette percée d’une fente longitudinale ayant la hauteur d’une écriture ordinaire. Sur le pupitre et sous cette planchette se pose la feuille de papier, fixée vers sa partie supérieure (par un moyen très simple, et à la portée de l’aveugle) à un petit cylindre en bois.
Une règle posée avec deux tenons sur la planchette, à une distance convenable au-dessous de la fente, sert à guider la main de la personnes qui écrit. Lorsqu’une ligne est finie, ce qu’annonce la butée de la plume ou du crayon contre l’extrémité de la fente, l’écrivain fait tourner le petit cylindre en bois ; une petite roue munie de quatre dents, sur lesquelles appuie un ressort, assure l’égalité de chaque enroulement, calculé pour former l’interligne voulu.
Enfin, un curseur, pouvant courir le long de la fente, est tenu de la main gauche par l’aveugle qui écrit, lui servant à accompagner sa plume ou son crayon, lui permettant par suite de s’arrêter, de reprendre à volonté la ligne commencée, sans le moindre danger d’embrouiller l’écriture.

Poisson

d’Hautel, 1808 : Il avaleroit la mer et les poissons. Se dit d’un homme affamé qui mange avec beaucoup d’appétit, d’avidité ; d’un goulu.
La sauce vaut mieux que le poisson. Pour dire que l’accessoire vaut mieux que le principal.
Il ne sait à quelle sauce manger le poisson. Se dit par raillerie d’une personne qui a reçu un affront, une injure, et qui hésite sur ce qu’il doit faire.
Un poisson d’avril. Attrape que l’on fait à quel qu’un le premier de ce mois.

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Souteneur.

Clémens, 1840 : Qui vit aux dépens d’une femme.

Halbert, 1849 : Souteneur, Amant d’une fille publique.

Delvau, 1864 : Maquereau, souteneur de filles.

Camille Fontallard, des poissons le monarque.

(Dumoulin)

Le perruquier jeune et actif est lui-même un poisson. Depuis un siècle, on l’appelle merlan ; mais quelquefois, souvent même, il cumule, — et ces dames ont des merlans — maquereaux.

Larchey, 1865 : « Jeune, beau, fort, le poisson ou barbillon est à la fois le défenseur et le valet des filles d’amour qui font le trottoir, » — Canler. — V. Mac, Paillasson.

Larchey, 1865 : Verre. — Du vieux mot poçon : tasse, coupe. V. Roquefort. — V. Camphre.

J’n’ suis pas trop pompette, Viens, je régale d’un poisson.

(Les Amours de Jeannette, ch., 1813)

Delvau, 1866 : s. m. Entremetteur, souteneur, maquereau.

Delvau, 1866 : s. m. Grand verre d’eau-de-vie, la moitié d’un demi-setier, — dans l’argot du peuple. Vieux mot certainement dérivé de pochon, petit pot, dont on a fait peu à peu poichon, posson, puis poisson.

Rigaud, 1881 : Mesure de vin, cinquième du litre. Il y a le grand et le petit poisson.

Rigaud, 1881 : Souteneur. Il nage dans les eaux de la prostitution.

La Rue, 1894 : Grand verre d’eau-de-vie. Souteneur.

France, 1907 : Mesure d’un demi-setier ; du vieux français poçon, tasse, dit Lorédan Larchey, mais plutôt parce que le contenu glisse dans le gosier comme un poisson dans l’eau.

Tous les matins, quand je m’lève,
J’ai l’cœur sans sus d’sous ;
J’l’envoie chercher cont’ la Grève
Un poisson d’quat sous.
Il rest’ trois quarts d’heure en route,
Et puis en r’montant,
I’m’lich’ la moitié d’ma goutte !
Qué cochon d’enfant !

(Les Plaintes de la portière)

France, 1907 : Souteneur ; argot populaire. Cette expression est déjà vieille, car d’après le Dictionnaire de Trévoux, on appelait déjà ainsi dans la seconde moitié du XVIIIe siècle les individus se livrant à cette dégradante industrie ; mais on y ajoutait le mot avril. On lit, en effet, à l’article avril à la date de 1771 : « On appelle poisson d’avril un poisson qu’on nomme autrement maquereau, et, parce qu’on appelle du même nom les entremetteurs des amours illicites, cela est cause qu’on nomme aussi ces gens-là poissons d’avril. »
Les synonymes sont fort nombreux, ce qui prouve quelle place ce monde interlope occupe dans la société moderne. Bornons-nous à citer : Alphonse, Baigne-dans-le-beurre, barbise, barbe, barbillon, barbeau, bibi, benoit, brochet, bouffeur de blanc, casquette à trois ponts, chevalier du bidet, chevalier de la guiche, chiqueur de blanc, costel, cravate verte, dauphin, dos, dos d’azur, écaillé, fish (anglicisme), foulard rouge, guiche, goujon, gentilhomme sous-marin, gonce à écailles, lacromuche, marlou, mac, macque, macquet, macrottin, maquereau, maquignon à bidoche, marloupatte, marloupin, marlousier, marquant, mec, mec de la guiche, meg en viande chaude, monsieur à nageoires, à rouflaquettes, patenté, porte-nageoires, roi de la mer, rouflaquette, roule-en-cul, soixante-six, un qui va aux épinards, valet de cœur, visqueux, etc.

Léon Gambetta, peu flatté,
Nous apparait, décapité,
Dans sa sonnette,
Observant d’un œil polisson
Un autre groupe où le poisson
Porte casquette.

(Chanson du Père Lunette)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique