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Corvette

Vidocq, 1837 : s. m. — Jeune sodomite. Terme usité au bagne.

Delvau, 1866 : s. f. L’Héphestion des Alexandres populaciers, — dans l’argot des voleurs.

France, 1907 : Complaisant d’un pédéraste.

Fistot

Fustier, 1889 : Élève de première année à l’École navale.

Les anciens attendaient leurs fistots pour les piloter et commencer leur éducation maritime.

(Illustration, octobre 1885)

France, 1907 : Élève de première année à l’École navale. Voir Bordache.
Le Borda, d’où le surnom bordache donné aux élèves de l’École navale, est un ancien vaisseau de ligne hors de service qui servait de vaisseau-école et restait stationnaire en rade de Brest. C’est là où, pendant deux ans, nos futurs officiers de marine faisaient leur apprentissage de marin. Les élèves forment deux divisions : ceux de la deuxième année, constituant la division des anciens, et ceux de première année, la division des fistots.
En outre du Borda, il existe deux bâtiments annexes, le James, corvette à voiles, et le Bougainville, transport mixte.
C’est sur ce dernier bâtiment qu’embarquent les fistots vers la fin du mois de juillet pour faire leur premier voyage, pendant que les anciens partent pour deux mois de congé avant de s’embarquer sur l’Iphigénie avec le grade d’aspirant de deuxième classe.
Le vovage du Bougainville se partage en deux. Du 20 juillet au 5 ou 6 août, il fait ce que l’on appelle la campagne des baies, c’est-à-dire visite chaque jour les baies si curieuses et si pittoresques situées à l’extrémité du Finistère, et revient tous les soirs au mouillage en rade de Brest. Enfin, le 6 août, grand appareillage pour le voyage des côtes durant environ un mois.

Frégate, corvette

Larchey, 1865 : C’est le jésus de la marine (Vidocq). — Allusion au genre féminin de ces deux substantifs. Le masculin est représenté par un brick, par le vaisseau et par l’aviso.

La Rue, 1894 : Éphestion de trottoir.

Germinisme

France, 1907 : Pédérastie ; néologisme de date récente, créé après l’aventure du comte de Germiny, membre de la Société de Saint-Vincent de Paul et président des cercles catholiques ouvriers.
Les synonymes de pédéraste sont nombreux dans l’argot des gens du monde comme dans celui des faubourgs, ce qui prouve l’étendue et la persistance de ce vice honteux, commun aux deux sexes. Nous en citerons pour mémoire quelques-uns : bique et bouc, corvette, Émile, emproseur, frégate, gosselin, Jésus, pédé, pédéro, tante, tapette, rivette.

Tapette

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Fer rouge avec lequel le bourreau marque les condamnés.

Vidocq, 1837 : s. m. — Faux poinçon servant à marquer les objets d’or ou d’argent.

Delvau, 1866 : s. f. Individu faisant partie du troisième sexe.

Delvau, 1866 : s. f. Verve, entrain, platine. Avoir une fière tapette. Être grand parleur, — ou plutôt grand bavard.

Rigaud, 1881 : Bavard. — Jeune tante. De quatorze à vingt ans c’est une tapette, de vingt à… c’est une tante.

Rigaud, 1881 : Faux poinçon servant à marquer les objets d’or et d’argent. (Fr. Michel)

Merlin, 1888 : Voyez Platine.

La Rue, 1894 : Bavard. Signifie aussi tante. V. ce mot.

Virmaître, 1894 : Homme qui parle sans cesse.
— Il en a une rude tapette.
On dit aussi : forte platine (Argot du peuple).

Virmaître, 1894 : Pédéraste passif, il se fait taper dans le tas (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Celui qui parle sans cesse a une bonne tapette.

Rossignol, 1901 : Celui qui prend n’importe quelle cuiller pour mettre dans son pot à moutarde, est une tapette. Voir Chatte.

Hayard, 1907 : Langue, homme de mœurs douteuses.

Hayard, 1907 : Pédéraste.

France, 1907 : Langue intarissable ; bavard ou bavarde. Avoir une fameuse tapette, parler sans discontinuer.

Je me serais assez plu dans la compagnie de la petite Jeanne, si elle ne m’avait assourdi les oreilles de son intarissable tapette.

(Les Propos du Commandeur)

France, 1907 : Pédéraste passif.

Les antiphysiques, que l’on nomme ordinairement tantes, se divisent en quatre catégories… Semblable au caméléon qui change, non de forme, mais de couleur, la tante est tantôt appelée tapette, tantôt serinette. Elle est désignée par les marins sous le nom de corvette, mais elle reste toujours un objet d’opprobre.

(Mémoires de Canler)

J’en ai eu deux : deux saligauds,
Deux tant’s, deux filous, deux fagots,
Deux vach’s, deux cochons, deux tapettes,
Qui gueulaient… qui m’foutaient des coups,
Quand j’m’ach’tais un’ robe d’cen’ sous,
Le lend’main d’la paye aux lipettes.

(Aristide Bruant)

Voir Tante, Travailleuse.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique