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Bœufs portent cornes et veaux cornettes

France, 1907 : Cette expression, bien que hors d’usage, mérite par son originalité de prendre place ici. L’explication en est donnée par Fleury.

Bœufs est mis là pour gens de robe, avocats et conseillers, ou procureurs, et veaux pour les jeunes docteurs licenciés. On dit que les premiers sont bœufs qui porteront cornes, parce que ceux d’entre eux qui sont vieux et qui ont de belles jeunes femmes, sont sujets à êtres cocus. Les seconds sont appelés veaux à cornettes parce qu’ils sont si enflés d’avoir le bonnet de docteur, qu’à peine font-ils quatre pas sans leur robe et le chaperon qui y est attaché, qu’on nomme cornette.

Cornard

Delvau, 1864 : Cocu, porteur de cornes.

Ça fait toujours plaisir, lorsque l’on est cornard,
D’avoir des compagnons d’infortune…

(Louis Protat)

Larchey, 1865 : Cocu. — Mot à mot : porte-cornes. — Cornard : À l’École de Saint-Cyr, on ne mange que du pain sec au premier déjeuner et au goûter, et les élèves prennent sur leur dîner de quoi faire un cornard

Faire hommage de votre viande à l’ancien pour son cornard.

(De la Barre)

Delvau, 1866 : s. m. Galant homme qui a épousé une femme galante, — dans l’argot du peuple, impitoyable pour les malheurs ridicules et pour les martyrs grotesques.

Rigaud, 1881 : Mari infortuné qui est coiffé d’une paire de cornes. Pour donner une idée de la hauteur de certaines cornes, on dit de celui qui en est orné : Il ne passerait pas sous la porte Saint-Denis.

Sans pitié, sans regret me ferais-tu cornard ?

(Belle-Isle. Mariage de la reine de Monome)

Cornard fait allusion aux cornes du bouc, animal qui ne se formalise jamais des assiduités d’un autre bouc auprès d’une chèvre commune. Les Grecs désignaient sous le nom de fils de chèvre les enfants illégitimes. Le Videanus corneus es Latins n’était autre que notre cornard.

Virmaître, 1894 : Vient de cornette, de la cornette des femmes. Autrefois, un mari qui se laissait tromper par sa femme était appelé porteur de cornette (Argot du peuple).

France, 1907 : Mari trompé, comparé à une bête à cornes, par conséquent un sot. C’était la signification première du mot qui est vieux, car on le trouve dans une pièce, à la suite du Roman de la Rose :

Est-il cornart et deceu
Qui de tail créance est meu !

demande l’auteur, parlant de ceux qui croient aux conjurations et à la magie noire.

Et il vous daubait sur les pauvres cornards comme s’il eût espéré abattre des noix en leur secouant les cornes.

(Armand Silvestre)

Ceux qui voudront blasmer les femmes aimables
Qui font secrètement leurs bons marys cornards,
Les blasment à grand tort, et ne sont que bavardd ;
Car elles font l’aumosne et sont fort charitables,
En gardant bien la loy à l’aumosne donner,
Ne faut en hypocrit la trompette sonner !

Cornette

France, 1907 : Femme trompée ; féminin de cornette.

Mari qui trompe
Et femme qui pète,
Ça fait cornette.

Coucou

Bras-de-Fer, 1829 : Montre.

Vidocq, 1837 : s. f. — Montre. Terme des Floueurs.

Delvau, 1864 : Oiseau jaune, de la race des cocus, aussi féconde que celle des mirmidons.

Les coucous sont gras,
Mais on n’en tue guère ;
Les coucous sont gras,
Mais on n’en tue pas ;
La crainte qu’on a de manger son père,
Son cousin germain, son oncle ou son frère.
Fait qu’on n’en tue guère,
Fait qu’on n’en tue pas.

(Vieille chanson)

Larchey, 1865 : Cocu.

Une simple amourette Rend un mari coucou.

(Chansons. impr. Chassaignon, 1851)

En 1350, un mari trompé s’appelait déjà en bas latin cucullus (prononcez coucoullous), et, en langue romane, cous. V. Du Cange.

Delvau, 1866 : s. m. Cocu, — par antiphrase. Faire coucou. Tromper un homme avec sa femme. On dit aussi Faire cornette, quand c’est la femme qui est trompée.

Delvau, 1866 : s. m. Montre, — dans l’argot des voleurs, qui confondent à dessein avec les horloges de la Forêt-Noire. Ils disent mieux Bogue.

France, 1907 : Ancienne voiture des environs de Paris où grisettes et commis se faisaient véhiculer à la campagne, le dimanche, au bon temps des romans de Paul de Kock, L. Couailhac, dans Les Français peints par eux-mêmes, a ainsi décrit cette humble boîte à compartiments que trainait un cheval poussif :

On y est si bien pressé, si bien serré, si bien étouffé ! Elle rappelle si bien l’époque où les Des Grieux des gardes françaises et de la basoche allaient manger une matelote à la Râpée avec les Manon Lescaut des piliers des Halles. Comme tout ce bon attirail de cheval et de voiture unis ensemble respire le parfum de la galanterie joyeuse, vive et folle du bon temps, du temps ou les grisettes portaient les jupes courtes, faisaient gaiement claquer leurs galoches sur le pavé, se décolletaient comme des marquises et se moquaient de tout avec Madelon Friquet ! Oh ! la charmante voiture ! comme le coude touche le coude, comme le genou presse le genou, comme la taille des jeunes filles est abandonnée sans défense aux entreprises des audacieux !

On appelle aussi coucou, par ironie, la machine à vapeur.

France, 1907 : Cocu. Faire coucou, tromper un mari avec sa femme.

Il y a des syllabes qui portent en elles une vertu magique de rire ou de larmes, comme les plantes que les nécromanciens recueillent au clair de lune empoisonnent où guérissent. Ce petit mot de cocu, plein et sonore comme une tierce de clairon, sonne pour notre race une fanfare toujours joyeuse.

(Hugues Le Roux)

France, 1907 : Montre. Allusion aux horloges de bois fabriquées en Suisse et appelées ainsi à cause du petit oiseau qui les surmonte et chante coucou à toutes les heures.

Loquèle

France, 1907 : Facilité d’élocution, bagout ; de l’italien loquela, langage, corruption du latin loquentia.

Il y avait là Cornette, le droguiste, un gros garçon empâté dans sa graisse ; Morillon, maître clerc du notaire Robillart, une longue face jaune défigurée par un tic qui lui fronçait le nez comme sous le picotement taquin d’une mouche ; Chamerot, qu’on appelait Chaman, à cause d’une bosse qui lui remontait légèrement l’épaule ; Béchu, le voyageur de commerce, un débrouillard, un homme round en manières et réputé pour sa loquèle.

(Camille Lemonnier)

Proverbes érotiques

Delvau, 1864 : En voici seulement quelques-uns des plus connus :

Le cas d’une fille est fait de chair de ciron, il démange toujours.

(Brantôme)

Le cas d’une femme est de terre de marais, on y enfonce jusqu’au ventre.

(Brantôme)

Un con bien ménagé, à Paris surtout, vaut mieux que deux métairies.

(Moyen de parvenir)

Un cul de putain
Au soir et au matin
Ne sera sans merde.

(Anciens Fabliaux)

Une femme ira plus pour un coup de vit qu’un âne pour dix coups de bâton.

(Moyen de parvenir)

Les femmes sont anges à l’église, diables en la maison, singes au lit.

(Moyen de parvenir)

Toute belle femme s’étant essayée au jeu d’amour ne le désapprend jamais.

(Brantôme)

Par commun proverbe on dit,
Qu’on connaît femme à la cornette
S’elle aime d’amour le déduet.

(G. Coquillard)

Plus vous couvrirez une femme, plus il y pleuvra.

(Tabarin)

Femme qui fait ses cuisses voir,
Et se montre en sale posture,
À tout homme fait à savoir
Que son con demande pâture.

(Théophile)

La femme a semence de cornes.

(Leroux de Lincy)

Quand femme dit souvent hélas,
Elle demande ailleurs soulas.

(Leroux de Lincy)

Le four est toujours chaud, mais la pâte n’est pas toujours levée.

(Moyen de parvenir)

Il vaut mieux dépuceler une garce que d’avoir les restes d’un roi.

(Brantôme)

Froides mains, chaudes amours.

(Leroux de Lincy)

Mais, belles, sachez qu’un beau manche
Réchauffe aussi bien qu’un manchon.

(Théophile)

L’oisiveté est mère de paillardise.

(Le Synode nocturne des tribades)

L’amour est le chemin du cœur
Et le cœur l’est du reste.

(Mademoiselle de Soudéry)

Et quand on a le cœur
De femme honnête, on a bientôt le reste.

(Voltaire)

Souteneur

d’Hautel, 1808 : Terme de mépris. Homme de mauvaises mœurs ; celui qui entretient des femmes galantes.

Delvau, 1864 : Homme sans préjugés qui, en cas de quelque attaque, doit servir de défenseur aux putains. En retour, il exige d’elles une bonne partie de l’argent qu’elles gagnent à la sueur de leur con. — Le souteneur est le mari modèle. Il est cocu, c’est convenu d’avance avec sa femme. Mais il ne doit pas songer à la faire cornette. Il doit la monter régulièrement une ou deux fois par semaine, mais dans l’intervalle, il ne faut pas qu’il s’avise de penser même à une autre femme, encore moins d’en approcher. Malheureusement, chez les souteneurs, c’est comme chez les maris : il en est peu de vraiment honnêtes et sur qui une femme puisse compter sans réserve.

Je suis le roi des souteneurs !
Je connais la savate !
Au billard, faut m’ voir, j’épate
Les vrais amateurs.

(Lemercier de Neuville)

Delvau, 1866 : s. m. Homme qui vit aux dépens des filles, — dans l’argot du peuple.

La Rue, 1894 : Homme qui vit aux dépens d’une prostituée.

Virmaître, 1894 : Individu qui vit des filles qui se livrent à la prostitution, fainéant, voleur et assassin si l’occasion se présente ; on le trouve en haut comme en bas de l’échelle sociale (Argot du peuple).


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique