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Copine

France, 1907 : Féminin de copain.

La Sardine sort… elle pense à sa copine avant de se pousser de l’air… elle lui envoie un peu de pain et de jambon… c’est tout naturel… ça se fait tous les jours… les surveillantes n’y auront vu que du feu…

(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

En catimini, la mère glisse au nouveau troubade le maigre boursicot qu’elle a pu réunir à force de liarder… Puis, c’est des bécots à la copine, gironde ou non, qui a eu ses premières embrassades.

(Le Père Peinard)

Pommes (aux)

Larchey, 1865 : Très-bien. V. Ognons. — Nous ne savons si ce superlatif est causé par la folle passion des voyous parisiens pour les chaussons aux pommes, ou s’il faut y voir une locution plus âgée.

Le feu duc de Brissac (mort en 1651) aimoit tant les pommes de reinette que, pour bien louer quelque chose, il ajoutait toujours de reinette au bout, tellement qu’on lui ouït dire quelquefois : C’étoit un honnête homme de reinette.

(Tallemant des Réaux)

Bath aux pommes : Bien (Lem. de Neuville).

J’ai mijoté pour ce numéro un petit éreintement aux pommes.

(J. Rousseau)

Rigaud, 1881 : Bate aux pommes, Soigné. — Deux consommateurs, un habitué et un étranger, demandent, dans un café, chacun un bifteck, le premier aux pommes, le second naturel, nature, dans l’argot des restaurateurs. Le garçon chargé des commandes voie vers les cuisines et s’écrie d’une voix retentissante : « Deux biftecks, dont un aux pommes, soigné ! » Le mot fît fortune. C’est depuis ce jour qu’on dit : « Aux pommes », pour soigné.

France, 1907 : Soigné, délicat ; synonyme d’aux petits oignons.
Rigaud donne l’origine de cette singulière expression : « Deux consommateurs, un habitué et un étranger, demandent chacun un bifteck, le premier aux pommes, le second nature. Le garçon vole vers les cuisines et s’écrie d’une voix retentissante : Deux biftecks, dont un aux pommes, soigné ! » Le mot fit fortune. C’est depuis ce jour qu’on dit aux pommes pour soigné.

Ces jours derniers, à l’équipe de la ferblanterie, une sale typesse emportait toujours les meilleures payes.
Pourquoi ?
Les copines ouvrirent leurs lucarnes et découvrirent que celle qu’elles avaient à l’œil mouchardait les camarades au contre-coup.
Oh ! foutre, quand les bonnes bougresses furent fixées, ça ne traîne pas : elles attendirent la moucharde à la sortie et lui administrèrent une brûlée faramineuse, — quelque chose de tapé et de bath aux pommmes !

(Le Père Peinard)

Serrer la vis

Delvau, 1866 : Achever une affaire, presser un travail. Étrangler quelqu’un. Argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Serrer le frein, — dans l’argot des mécaniciens des chemins de fer.

Virmaître, 1894 : Étrangler quelqu’un (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Serrer le cou.

France, 1907 : Étrangler.

Ah ! maudite routine, on n’a plus la foi, comme ci-dessus je le dégoise, mais par veulerie on laisse encore l’Église, qui s’en accommode, nous fiche le grappin dessus à notre naissance, à notre accouplement, à notre crevaison.
On lui laisse farcir la caboche de nos loupiots de fariboles nigaudes et criminelles ; notre copine n’ayant d’autre lieu de rassemblement, d’autre récréation que la sacrée turne du bon dieu, s’y laisse obscurcir la comprenette, ne peut se dépêtrer des gourderies religieuses.
Épatez-vous donc ensuite que capitalos et gouvernants continuent à nous serrer la vis.

(Le Père Peinard)

Toucher du fer

France, 1907 : Expression populaire qu’on emploie à la vue d’un prêtre ou de tout porteur de soutane. On touche du fer pour combattre le mauvais sort.

À ce propos, que je jaspine aux bons bougres la petiote aventure arrivée il y a quelques mois à l’un de ces ratichons fin-de-siècle.
Il montait à Montmartre, faire ses dévotions… ou autre chose ! à Notre-Dame-de-la-Galette. Comme il passait près d’un groupe de bonnes bougresses, l’une dit :
— Touchons du fer !
Le frocard se retourne subito et lui gueule carrément :
— Touche donc de la merde !
Épatée, la bonne bougresse s’esclaffa de rire et lui répliqua :
« Eh bien, mon vieux, tu es moins bête que je ne croyais. Tu es dessalé…. tu iras loin !… »
La copine a prédit juste : le ratichon en question est déjà allé un peu loin, — il est aujourd’hui défroqué !
Que d’autres l’imitent et ce sera tant mieux !

(Le Père Peinard)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique