Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Alchimie

d’Hautel, 1808 : Faire l’alchimie avec ses dents. Figure triviale, qui signifie remplir sa bourse par l’épargne de sa bouche. Tel, le roi Midas, qui convertissoit en or tout ce qu’il touchoit.

Argotier

Vidocq, 1837 : s. m. — Celui qui parle argot, sujet du grand Coësré. (Voir ce mot.)

Delvau, 1866 : s. m. Voleur, — dont l’argot est la langue naturelle.

France, 1907 : L’antiquité nous apprend, et les docteurs de l’argot nous enseignent qu’un roi de France ayant établi des foires à Niort, Fontenay et autres lieux du Poitou, plusieurs personnes se voulurent mêler de la mercerie ; pour remédier à cela, les vieux mercies s’assemblèrent, et ordonnèrent que ceux qui voudraient, à l’avenir, être merciers, se feraient recevoir par les anciens, nommant et appelant les petits marcelots, pêchons, les autres melotiers-hure. Puis ordonnèrent un certain langage entre eux, avec quelques cérémonies pour être tenues par les professeurs de la mercerie. Il arriva que plusieurs merciers mangèrent leurs balles ; néanmoins ils ne laissèrent pas d’aller aux susdites foires, où ils trouvèrent grande quantité de pauvres gueux et de gens sans aveu, desquels ils s’accostèrent, et leur apprirent leur langage et cérémonies. Des gueux, réciproquement, leur enseignèrent charitablement à mendier. Voilà d’où sont sortis tant de braves et fameux Argotiers, qui établirent l’ordre qui suit :
Premièrement, ordonnèrent et établirent un chef ou général qu’ils nommèrent Grand-Coëre ; quelques-uns le nommèrent roi des Tunes, qui est une erreur : c’est qu’il y a eu un homme qui a été Grand-Coëre trois ans, qu’on appelait roi de Tunes, qui se faisait trainer par deux grands chiens dans une petite charrette, lequel a été exécuté dans Bordeaux pour ses méfaits. Et après ordonnèrent dans chaque province un lieutenant qu’ils nommèrent Cagou, les Archisuppôts de l’Argot, les Narquois, les Orphelins, les Milliards, les Marcandiers, les Riffodes, les Malingreux, les Capons, les Piètres, les Polissons, les Francs-Migoux, les Callots, les Sabuleux, les Hubins, les Coquillards, les Courtaux de Boutanches et les Convertis, tous sujets du Grand-Coëre, excepté les Narquois, qui ont secoué le joug de l’obéissance.

J’aime un argotier au mufle de fauve,
Aux yeux de vieil or, aux reins embrasés,
Qui seul fait craquer mon lit dans l’alcôve
Et mon petit corps sous ses grands baisers.

(Jean Richepin)

Luis, luisant

France, 1907 : Jour.

Les convertis sont ceux qui changent de religion… Quand ils savent un excellent prédicateur, ils bient le trouver et lui rouscaillent ainsi : « Mon père, je suis de la religion, et tous mes parents aussi ; j’ai ouï quelqu’unes de vos prédications qui m’ont touché, je voudrais bien que vous m’eussiez un peu éclairci. »
Alors il se passe deux ou trois luisans en conférence, puis il faut faire profession de foi en public ; puis sept à huit luisans durant, ils se tiennent aux lourdes des entiffes et rouscaillent ainsi : « Messieurs et dames, n’oubliez pas ce nouveau catholique, apostolique et romain… »

(États généraux du Grand Coëre)

Je rouscaille tous les luisants au grand haure de l’oraison.

(Le Jargon de l’argot)

Non volo mortem impii

France, 1907 : « Je ne veux pas la mort de l’impie. » Locution latine tirée d’un verset du prophète Ézéchiel.

Le prophète Ézéchiel vous dira : Non volo mortem impii, sed ut convertatur et vivat ; je ne veux pas que l’impie meure, mais qu’il se convertisse et vive.

(Édouard Fournier, L’Esprit des autres)

Rengraciable

Vidocq, 1837 : s. — Convertissable.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique