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Article 4 (payer son)

Boutmy, 1883 : v. Payer sa bienvenue en entrant dans un atelier. Voici l’origine de cette expression. Dans le temps où les compositeurs portaient l’épée, chaque imprimerie formait une sorte de confrérie ou chapelle régie par un règlement. Ce règlement stipulait le nombre d’exemplaires que les éditeurs et les auteurs devaient laisser à la chapelle. Ces exemplaires étaient vendus, et l’argent qu’on en retirait consacré à fêter la Saint-Jean-Porte-Latine et la Saint-Michel. L’article 4 de ce règlement, le seul qui soit par tradition resté en vigueur, déterminait tous les droits dus par les typographes. On ajoute quelquefois, en parlant de l’article 4, les mots verset 20, qu’il faut traduire : « Versez vin. » — Dans le nord de la France on dit : payer ses quatre heures au lieu de payer son article 4.

Chapelle

d’Hautel, 1808 : Jouer à la chapelle. S’occuper de choses frivoles, de futilités, comme le font ordinairement les enfans.

Delvau, 1864 : Le con — que l’homme ne voit pas sans ployer les genoux.

Il tâcha de faire entrer son idole dans ma chapelle ; à quoi je l’aidai en écartant les cuisses et en avançant le croupion autant qu’il me fut possible.

(Mémoires de miss Fanny)

Tous les passants dedans cette chapelle
Voulaient dévots apporter leur chandelle.

(La Chapelle d’amour)

Le compagnon lui plut si fort,
Qu’elle voulut en orner sa chapelle.

(Piron)

Delvau, 1866 : s. f. Cabaret, buvette quelconque, — dans l’argot des ouvriers, dévots à Bacchus. Faire ou Fêter des chapelles. Faire des stations chez tous les marchands de vin.

Rigaud, 1881 : Comptoir de marchand de vin. Une chapelle où les ivrognes vont faire leurs dévotions.

Boutmy, 1883 : s. f. Réunion des typographes employés dans la même imprimerie, et qui constituait une sorte de confrérie. Les chapelles n’existent plus.

Fustier, 1889 : Coterie.

France, 1907 : Cabaret. C’est, en effet, la chapelle de Bacchus. Fêter des chapelles, faire une tournée chez les marchands de vins.

Confrérie

d’Hautel, 1808 : Entrer dans la grande confrérie. Prendre pour femme une infidèle, augmenter la masse des dupes.

Entrer dans la confrérie de saint Joseph

France, 1907 : Se marier. Le rôle complaisant du père putatif de Jésus-Christ lui a valu le patronage des mariés.

Entrer dans la confrérie de saint Pris

France, 1907 : Se marier, car pour nombre de gens c’est se laisser prendre.

Entrer dans la confrérie de saint-pris

Delvau, 1866 : v. n. Se marier, — dans l’argot du peuple, qui s’y laisse prendre plus volontiers que personne.

Éteignoir (ordre ou confrérie de l’)

France, 1907 : Clergé.

Mais de tous les fripons grands et petits, les plus à craindre ne sont pas ceux qui s’attaquent à notre bourse, fouillent nos poches et barbotent nos épargnes, ce sont ceux qui exploitent nos sentiments, notre crédulité, notre confiance.
À côté des fripons dont on se gare et que la société punit — quand ils sont gens de peu — il y a ceux que la société encourage, protège, honore : les fripons politiques, les fripons religieux, autrement dit les membres de la confrérie de l’Éteignoir.

(Hector France, L’Étal aux vérités)

Grande confrérie

Delvau, 1864 : Celle des cocus, qui est, en effet, la plus nombreuse.

Quand Joseph épousa Marie,
Le grand-prêtre lui dit : Mon vieux,
Te voilà de la confrérie
Des époux et des… bienheureux !
Que près du lit de ta poulette
Vienne un ange avec un moineau…
Et qu’il lui mette, mette, mette,
Mette le doigt dans cet anneau.

(Béranger)

Marottier

Larchey, 1865 : Marchand ambulant.

Delvau, 1866 : s. m. Bimbelottier, camelotteur, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 / La Rue, 1894 : Marchand ambulant.

France, 1907 : Colporteur, marchand ambulant qui passe dans les villages vendant des articles de mercerie : argot des voleurs à la confrérie desquels le marottier appartient généralement.

Pédard

France, 1907 : Nom donné par les cyclistes à ceux d’entre eux qui ne se conforment pas aux règlements qui prescrivent une allure modérée en traversant les villes ou villages, l’obligation d’un grelot ou d’un timbre avertissant le jour, et d’un lumignon la nuit. « Les pédards, dit Rastignac, ont amené un tollé contre leurs courses effrénées. Le vélocipède a ses Bérengers qui protestent contre la licence des roues. »
Dans le Petit Journal, Thomas Grimm donne une amusante définition du pédard :

Le mot pédard, devenu courant dans notre vocabulaire parisien de cette fin de siècle, est évidemment un diminutif de vélocipédard. Le mot vélocipédard est lui-même une altération du mot vélocipédiste, altération faite avec un sens de dénigrement. Un pédard est un cycliste qui ne se respecte pas, un cycliste dénaturé et sans mœurs.
Le pédard est au cycliste ce qu’est le collignon maraudeur au cocher, le carabin au médecin, le pirate au corsaire. Or, le pédard est le pire ennemi du cycliste, parce que le public, qui n’a pas le temps de faire de distinctions, est tout à fait enclin à généraliser, à reprocher à l’immense et très estimable confrérie des vélocipédistes raisonnables des méfaits commis par quelques douzaines de malencontreux pédards.

Plant

France, 1907 : Nom donné autrefois à la confrérie des gueux.

Quatre (article)

France, 1907 : L’article quatre est la bienvenue que paye un ouvrier en entrant dans un atelier de typographie. D’après Eugène Boutmy, cette expression viendrai du temps où chaque imprimerie formait une sorte de confrérie ou chapelle régie pur un règlement, que stipulait le nombre d’exemplaires que les éditeurs et les auteurs devaient laisser à la chapelle. L’argent retiré de leur vente contribuait à fêter la Saint-Jean-Porte-Latine et la Saint-Michel. L’article 4, le seul resté en vigueur, déterminait tous les droits dus par les typographes. On ajoute quelquefois, dit E. Boutmy, en parlant de l’article 4, les mots verset 20, qu’il faut traduire : Verser vin. V. Quatre heures.

Régiment des boules de Siam

Delvau, 1866 : s. m. La confrérie abjecte dont le docteur Tardieu a décrit les mœurs et les maladies dans une brochure que tout le monde a lue, — quoiqu’elle n’eût été écrite que pour un petit nombre de personnes. Argot des faubouriens.

France, 1907 : Sobriquet donné aux sodomites

Saint-Hubert

France, 1907 : Grand parapluie de coton, parapluie campagnard et familial, appelé ainsi dans les campagnes du Centre parce qu’il ressemble aux immenses parapluies rouges sous lesquels s’abritent dans les marchés les marchands de bibeloterie religieuse, appelés Saint-Hubert.

France, 1907 : Nom donné dans les campagnes du Centre aux charlatans qui promènent dans les foires, les marchés, des images de saint Hubert, et vendent en même temps des bagues, des médailles et des chapelets qui ont la vertu de préserver de la rage, la guérison de la rage étant, comme chacun le sait, la spécialité du patron des chasseurs. On dit indifféremment des Saint-Hubert ou des marchands de Saint-Hubert. Être de la confrérie de Saint-Hubert, c’est dire des mensonges, des hâbleries, les chasseurs étant accusés de dire rarement la vérité au sujet de leurs exploits cynégétiques. « Il est de la confrérie de Saint-Hubert, dit-on, il n’enrage pas pour mentir. »

Saint-Laze (confrérie de)

France, 1907 : Monde de la prostitution.

Saint-Prix (confrérie de)

France, 1907 : Clan des hommes mariés. Jeu de mot sur pris.

Un de plus

Delvau, 1866 : s. m. Galant homme qui a eu le malheur d’épouser une femme galante, — dans l’argot pudibond des bourgeois, qui n’osent pas dire Cocu.

Rigaud, 1881 : Un de plus dans le régiment des Georges Dandins, un mari trompé de plus.

Virmaître, 1894 : Homme qui a des malheurs conjugaux. Encore un de plus dans la grande confrérie.
— Mon vieux, tu en fais un de plus.
— Il vaut mieux être cocu qu’aveugle ; on peut voir ses confrères (Argot du peuple).


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique