d’Hautel, 1808 : Douce comme une brebis. Se dit d’une personne d’une grande affabilité, d’une douceur’ extrême.
Il ne faut qu’une brebis galeuse pour gâter tout un troupeau. Signifie qu’il ne faut dans une société qu’une personne vicieuse pour corrompre toutes les autres.
Sur une peau de brebis, ce que tu veux écris. Signifie que l’on fait tout-ce que l’on veut de quelqu’un qui est doux, simple et facile.
Tandis que le loup chie, la brebis s’enfuit. Veut dire que si l’on perd un moment de vue une affaire, elle échappe bientôt.
À brebis tondue Dieu mesure le vent. Pour dire que Dieu proportionne à nos forces les afflictions qu’il nous envoie.
Faire un repas de brebis. C’est-à-dire, manger sans boire.
À brebis comptées le loup les mangent. Signifie qu’il ne suffit pas de bien savoir le compte de ses brebis ou de son argent, il faut encore les, serrer soigneusement, si l’on ne veut pas en être dépossédé.
Brebis
Ligne à voleur
France, 1907 : Ligne composée d’un mot ou même d’une simple syllabe qu’il eût été facile de faire entrer dans la ligne précédente en resserrant les espaces. « Les lignes à voleur, dit Eug. Boutmy, sont faciles à reconnaître, et elles n’échappent guère à l’œil d’un correcteur exercé, qui les casse d’ordinaire impitoyablement. Les lignes étant comptées pleines, on conçoit l’intérêt du compositeur à n’avoir qu’un mot à mettre dans une ligne. Toutefois c’est le fait d’ouvriers peu soigneux. »
Lignes à voleur
Rigaud, 1881 : Lignes composées d’une syllabe ou d’un mot de trois ou quatre lettres qu’il était possible de faire entrer dans la ligne précédente en espaçant moins large. Les lignes étant comptées pleines, on conçoit l’intérêt du compositeur à n’avoir qu’un mot à mettre dans une ligne. (Typographes parisiens, Boutmy)
Boutmy, 1883 : s. f. pl. Lignes composées d’une syllabe ou d’un mot de trois ou quatre lettres qu’il était possible de faire entrer dans la ligne précédente en espaçant moins large. Les lignes à voleurs, sont faciles à reconnaître, et elles n’échappent guère à l’œil d’un correcteur exercé, qui les casse d’ordinaire impitoyablement. Les lignes étant comptées pleines, on conçoit l’intérêt du compositeur à n’avoir qu’un mot à mettre dans une ligne. Toutefois c’est le fait d’ouvriers peu soigneux.
Nombre caché
France, 1907 : Pratique superstitieuse encore existante dans certains départements du Centre et qui consiste à dissimuler le nombre exact des bêtes d’un troupeau, des bouillots d’un rucher, etc., pour les préserver des voleurs ou des maléfices. De là le dicton : « Brebis comptées, le loup les mange. »
(Cte Jaubert)
Peine
d’Hautel, 1808 : Il a perdu son temps, aussi sa peine. Pour, il a travaillé inutilement, il a pris des soins inutiles.
Peine de vilain n’est comptée pour rien. Signifie qu’on fait peu d’attention à la peine d’un artisan, tandis qu’au contraire on exalte le plus petit travail, les moindres fatigues, ou démarches d’un homme de qualité.
Elle en vaut bien la peine. Pour dire que quel qu’un mérite les égards, le respect qu’on a pour sa personne. Se dit aussi d’une femme jolie à qui l’on fait la cour.
Ce n’est pas la peine d’en parler. Se dit finement pour exagérer un service, tout en feignant de vouloir en diminuer le prix.
À grand peine. Pour dire aisément, facilement.
Homme de peine. Nom que l’on donne communément à un portefaix, à un crocheteur, et à tout homme dont l’industrie consiste dans la force physique.
Salé
d’Hautel, 1808 : Terme typographique ; payement anticipé ; avance que les ouvriers prennent le samedi sur l’ouvrage qu’ils ont entre les mains, et qu’ils n’ont pu achever dans la semaine ; ce qui les rend débiteurs de leurs bourgeois. Voy. Dessaler.
Bourguignon salé. Sobriquet que l’on donne aux habitans de la Bourgogne, à cause, dit-on, des différends, des procès, que leurs salines leur ont occasionnés.
Delvau, 1866 : s. m. Travail payé d’avance, — dans l’argot des typographes. Morceau de salé. Acompte. Se dit aussi, par une analogie facile à saisir, d’un Enfant venu avant le mariage. Les ouvriers anglais disent : to work for the dead horse (travailler pour le cheval mort).
Rigaud, 1881 : Avance d’argent, — dans le jargon des typographes.
Rigaud, 1881 : Bonne amie, connaissance, — dans l’argot des marins.
Oùs’que tu démarres comme ça, avec ton salé ?
Boutmy, 1883 : s. m. Travail compté sur le bordereau et qui n’est pas terminé. Le compositeur qui prend du salé se fait payer d’avance une composition qu’il n’a pas faite encore et qu’il ne comptera pas quand elle sera finie ; un metteur qui prend du salé compte des feuilles dont il a la copie ou la composition, mais qui ne sont pas mises en pages. Le salé est, on le conçoit, interdit partout. On dit que le salé fait boire, parce qu’il n’encourage pas à travailler, et rien n’est plus juste ; en effet, le compagnon, sachant qu’il n’aura rien à toucher en achevant une composition comptée et qui lui a été payée, n’a pas de courage à la besogne. Loin d’être dans son dur, il a la flème : de là de fréquentes sorties ; de là aussi l’adage.
Fustier, 1889 : Mordant, violent.
Le lendemain, M. Cassemajou écrivait à M. Ventéjoul une lettre un peu salée.
(Armand Silvestre)
Rossignol, 1901 : Jeune enfant.
France, 1907 : Avance de salaire faite à un ouvrier typographe sur un travail à venir. Prendre du salé.
Le compositeur qui prend du salé se fait payer d’avance une composition qu’il n’a pas faite encore et qu’il ne comptera pas quand elle sera finie ; un metteur qui prend du salé compte des feuilles dont il a la copie ou la composition, mais qui ne sont pas mises en pages.
(Eug. Boutmy)
France, 1907 : Cher. « Un compte salé ; une addition salée. »
Rodolphe et sa femme ont diné au restaurant avant d’aller au spectacle :
— Mon Dieu ! quelle soif ! fait Madame pendant un entracte. Qu’est-ce qui a pu ainsi m’altérer ?
— La note, répond Rodolphe avec un soupir… Elle était salée !
France, 1907 : Égrillard. En dire, en écrire, en faire de salés.
Il faut savoir que la comtesse Diane n’était pas du tout une femme de notre époque, mais une femme du siècle dernier. Non pas par l’âge, car elle était à peine sexagénaire ; mais par les façons, l’esprit libre, même libertin, le goût des anecdotes salées, les retroussés impudents (jusqu’à l’impudicité parfois) de son papotage, l’outrageuse hardiesse de ses confessions toujours prêtes à se dévêtir en public, et enfin et surtout par son absolu manque de sens moral pour tout ce qui touche, comme elle disait si gentiment, aux choses de la galanterie.
C’est à tel point que, si on lui eût conté, sous forme d’aventure contemporaine, l’histoire de Loth ou celle d’Œdipe, volontiers elle se fût écriée à l’étourdie, sans insister davantage :
— Se sont-ils bien amusés ?
(Jean Richepin, Le Journal)
France, 1907 : Nouveau-né. Pondre un salé, accoucher.
Quelques semaines plus tard, elle s’aperçut qu’elle était enceinte. La mère Dupuis, qui s’en aperçut aussi, lui administra une nouvelle volée. — Qu’est-ce que nous allons faire de ton salé ? dit-elle, tout en cognant ; y avait donc pas assez de misère ici ? Tu vas aller crever à l’hôpital, sale peau de lapin !
(Ch. Virmaître, Paris oublié)
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