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Chœur

d’Hautel, 1808 : Tondu comme un enfant de chœur. Se dit plaisamment d’une personne que l’on a rasée, ou qui est naturellement chauve.

Hannetonné

Boutmy, 1883 : adj. Atteint de cette maladie spéciale qu’on nomme hanneton. La définition donnée par Alfred Delvau n’est pas exacte. Pour lui, un hanneton est un homme qui « se conduit comme un enfant ». Ce n’est pas cela : le hannetonné agit en vertu d’une idée fixe, et on sait que les enfants n’ont guère de ces idées-là.

Hannetonner

Delvau, 1866 : v. n. Se conduire comme un enfant ; avoir des distractions.

France, 1907 : Avoir des distractions, commettre des maladresses, ne savoir pas se conduire.

Labo

France, 1907 : Abréviation de laboratoire ; argot de l’École polytechnique.

Les professeurs de chimie ont chacun leur labo, d’où sortent les plus remarquables découvertes… Gay-Lussac faillit trouver deux fois la mort dans son labo. La première fois, il fut blessé en préparant du potassium ; il resta aveugle pendant un mois et conserva toute sa vie les yeux rouges et faibles. Une seconde fois, il fut grièvement blessé en étudiant les hydrogènes carbonés… Il travaillait en sabots et, chaque fois qu’il obtenait un résultat nouveau, il trahissait sa joie en dansant comme un enfant dans son labo…

(Albert Lévy et G. Pinet, L’Argot de l’X)

Loff, loffe, loffard

France, 1907 : Niais, pleurard.

Le lof est le côté d’un navire qui se trouve frappé par le vent qui le fait crier. Le loffard, au bagne, est le forçat frappé par une condamnation à perpétuité et qui gémit comme un enfant sur son sort.

(Alfred Delvau)

Quand j’y pense, fallait-il que je fasse loff pour donner dans un godau pareil !

(Mémoires de Vidocq)

Loffard ou loff

Delvau, 1866 : s. et adj. Innocent, niais, pleurard, — dans l’argot des comédiens, qui ne se doutent pas qu’ils ont emprunté ce mot à l’argot des forçats, qui l’ont emprunté eux-mêmes à l’argot des marins. Le lof est le côté d’un navire qui se trouve frappé par le vent, qui le fait crier. Le loffard, au bagne, est le forçat frappé par une condamnation à perpétuité, et qui gémit comme un enfant sur son sort.

Permis de battre sa femme, mais pas de l’assommer

France, 1907 : Vieille formule de droit coutumier. En certaines provinces, plusieurs chartes bourgeoises autorisent les maris à battre leurs femmes, même jusqu’à effusion de sang, pourvu que ce ne fût pas avec un fer émoulu et qu’il n’y eût point de membre fracturé. « Les habitants de Villefranche, en Beaujolais, dit M. Quitard, jouissaient de ce brutal privilège qui leur avait été concédé par Humbert IV, sire de Beaujeu, fondateur de cette ville. Quelques chroniques assurent que le motif d’une telle concession fut l’espérance qu’avait ce seigneur d’attirer un plus grand nombre d’habitants, espérance qui fut promptement réalisée. » Voilà qui donne une singulière idée des aménités conjugales de nos aïeux. On trouve, dans un de ces vieux almanachs qui indiquaient ce qu’on devait faire chaque jour, cet avertissement répété chaque mois : « Bon battre sa femme en huis. »
« Cette odieuse coutume, continue M. Quitard, qui se maintint légalement en France jusqu’au règne de François Ier parait avoir été fort répandue dans le XIIIe siècle, mais elle remonte à une époque bien plus reculée. Le chapitre 134 des Lois anglo-normandes porte que le mari est tenu de châtier sa femme comme un enfant si elle lui fait infidélité pour son voisin. » La fessée, on le sait, existe du reste encore en Angleterre, et est réglementaire dans nombre de pensionnats et d’écoles publiques, non seulement de garçons, mais de demoiselles.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique