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Âne

d’Hautel, 1808 : Quand il n’y a pas de foin au ratelier les ânes se battent. Locution proverbiale qui signifie que la mésintelligence et la discorde se mettent bientôt dans un ménage où l’indigence se fait sentir.
Un roussin d’Arcadie. Pour dire un baudet ; un âne.
Faire l’âne pour avoir du son. Feindre d’ignorer une chose dont on est parfaitement instruit, à dessein de se moquer ensuite de celui à qui on veut la faire raconter.
Méchant comme un âne rouge. Proverbe qui se dit d’un enfant espiègle et mutin, capable de toutes sortes de malices.
Il y a plus d’un âne à la foire qui s’appelle Martin. Se dit à celui qui, par la ressemblance des noms de deux personnes, a commis quelqu’équivoque.
Brider l’âne par la queue. Faire une chose à rebours ; la commencer par où elle doit finir.
Faute d’un point, Martin perdit son âne. Signifie qu’il s’en est fallu de bien peu de chose, que l’on ne gagnât la partie au jeu.
Chercher son âne quand on est dessus. Chercher une chose que l’on tient sans y prendre garde, comme il arrive quelquefois que l’on cherche son chapeau lorsqu’on le tient à la main ou qu’on l’a sur la tête.
Tenir son âne par la queue. Prendre ses mesures, se précautionner pour ne pas perdre ce que l’on ne possède que d’une manière incertaine.
Un âne bâté. Mot injurieux qui signifie sot, stupide, ignorant.
Sangler quelqu’un comme un âne. Au propre, le serrer dans ses habits à l’étouffer ; au figuré, le traiter avec la dernière rigueur.
C’est le pont ou la poste aux ânes. Pour dire qu’une chose est très-facile à faire lorsqu’on y est habitué ; que ce n’est qu’une routine.
Des contes de peau d’âne. Des discours dénués de vraisemblance : vieilles histoires dont on berce les enfans.
Il est bien âne de nature, celui qui ne peut lire son écriture. Dicton usité en parlant d’un homme excessivement ignorant ; ou de celui qui écrit tellement mal, qu’il ne peut lui-même se déchiffrer.
Elle ne vaut pas le pet d’un âne mort. Se dit d’une personne que l’on méprise extrêmement, et d’une chose à laquelle on n’accorde aucune espèce de valeur.
Monter sur l’âne. Pour dire, faillir, faire banqueroute, mettre la clef sous la porte.
Avoir des oreilles d’âne. Au propre, avoir de grandes oreilles ; et métaphoriquement, être d’une lourde ignorance.
L’âne du commun est toujours le plus mal bâté. Signifie qu’on s’inquiète peu de tout bien qui n’est pas particulier.
Boire en âne. Locution bachique qui équivaut à faire du vieux vin ; ne pas vider son verre tout d’un trait.
Têtu comme un âne, comme un mulet. Extrêmement opiniâtre.
On ne sauroit faire boire un âne, s’il n’a soif. Façon de parler incivile, pour dire qu’il n’est pas aisé de contraindre un obstiné à faire quelque chose contre sa volonté.

Chanter comme un rossignol d’arcadie

France, 1907 : Braire comme un âne.

Entêté comme un âne rouge

France, 1907 : Le mot âne est mis ici pour ignorant et rouge pour cardinal.

Pour dire opiniâtre comme le peut estre un cardinal ignorant lequel s’obstine ordinairement en son opinion, sans fondement ni raison, et veut tout gaigner en vertu de son autorité et s’offense si on ne luy cède. Non pas que son avis soit juste et raisonnable, mais parce qu’il est cardinal et prince de l’Église. Or on le nomme asne parce qu’il est ignorant et ronge parce qu’il porte la calotte et le bonnet rouge.

On voit que déjà du temps de Fleury de Bellingen, auteur de cette explication, cardinaux n’étaient pas en odeur de sainteté.

Rouge

d’Hautel, 1808 : Un rouge. Pour dire, un homme dont les cheveux, les sourcils et les paupières sont roux. C’est roux qu’il faut dire, pour éviter un solécisme.
Rouge comme un coq, comme une écrevisse, comme du feu. Se dit d’une personne qui rougit facilement, ou qui est très-haute en couleur.
Méchant comme un âne rouge. Se dit d’un enfant mutin, capricieux, et très difficile à conduire.

Larchey, 1865 : Révolutionnaire acceptant le drapeau rouge.

Delvau, 1866 : s. m. Républicain, — dans l’argot des bourgeois.

La Rue, 1894 : Sang.

Sérieux

d’Hautel, 1808 : Il est sérieux comme un âne qui boit dans un seau. Location ironique. Se dit d’une personne qui affecte un air grave et important.
Il est d’un sérieux de glace. Pour dire, il est sombre, taciturne, mélancolique ; il ne se déride pas facilement.

Delvau, 1866 : adj. Excellent, convenable, — dans l’argot des gens de lettres et des petites dames. Homme sérieux. Qui ne refuse rien aux femmes qui ne refusent rien aux hommes — riches. Souper sérieux. Où rien ne manque de ce qui doit en faire l’attrait : vins exquis, chère non-pareille, femmes charmantes, nommes d’esprit, etc. Le peuple emploie aussi cet adjectif dans l’acception de Copieux : un beefsteak sérieux, un dessert sérieux, etc.

France, 1907 : Double bock ; expression lorraine.

France, 1907 : Médecin ; argot des voleurs.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique