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Aumônier

Rigaud, 1881 : Variété de voleur à la détourne. Un gentleman est, chez un joaillier, en train de choisir dans un fort lot de bagues à brillants, lorsqu’une tête de mendiant apparaît à la porte. L’acheteur met la main à la poche et glisse au pauvre diable, avec deux ou trois sous, une ou deux magnifiques bagues de la collection. Le gentleman est un filou, le mendiant, un compère.

La Rue, 1894 : Voleur à la détourne qui, chez le bijoutier où il s’est présenté comme acheteur, glisse un bijou dans la main d’un mendiant, son compère, qui vient demander l’aumône.

Virmaître, 1894 : Vol à l’aumône. Autrefois, cette expression désignait les dévaliseurs de bijoutiers. Le voleur marchandait des bijoux, un mendiant survenait et sollicitait une aumône. L’attention du bijoutier était détournée pendant qu’on lui dévalisait ses vitrines ; quand il s’apercevait du vol, les voleurs étaient loin (Argot des voleurs).

Frangin, fralin

France, 1907 : Frère, camarade, compagnon.

Et, par cela seul que la mécanique sociale qui nous poussait et nous excitait au mal aura été déclanchée, on vivra en frangins, au lien de vivre en loups. En effet, pourquoi ferait-on des vacheries à ses voisins, puisqu’on n’y aura plus le moindre intérêt ? Au lieu d’être comme actuellement, où les misères des uns font le plaisir d’un autre, ce sera l’opposé : le bonheur des uns s’accroitra du bien-être des autres, et plus il y aura de contacts et de frottements entre les bons bougres, et moins il y aura de sujets de discorde.

(La Sociale)

L’offre d’une tournée d’eau-de-vie blanche, dont, stoïque, je bus ma part, acheva la connaissance, et l’un d’eux traduisit l’opinion générale en me saluant du nom de frangin.

(Georce Daniel)

À cette fête que l’on prône,
Allons nous pousser d’l’agrément ;
D’un litre je ferai l’aumône
Pour aider à fair’ le chemin !
Thomas m’répond : Vieux frangin,
C’est dit, rigolons un brin.

(Réal)

Théâtre de la nature

Delvau, 1864 : Le con, où le vit a ses entrées comme acteur ou protecteur, en payant soit de son argent, soit de sa bonne mine. Ce théâtre a pour avant-scènes deux colonnes de marbre blanc ; il ne possède qu’un seul décor, lequel représente un buisson avec une fontaine au milieu. Le trou du souffleur est par derrière, ainsi que l’orchestre, composé d’un seul musicien qui exécute avec un instrument à vent une ouverture sur les motifs de : sentir avec ardeur. Quand l’acteur principal entre en scène, il a toujours l’aspect dur et imposant ; il a avec lui deux confidents, deux amis inséparables qui l’attendent dans la coulisse. Quand l’acteur quitte la scène, il est triste et abattu… il pleure. La directrice est libre de donner plusieurs représentations de suite, et, pour peu que l’acteur principal la trouve aimable, et à son gré, plein de verve et d’éloquence, il rentre en scène avec un nouveau transport, — à moins de raisons majeures. — Tous les mois, le théâtre fait relâche. Il l’annonce par une affiche rouge sur laquelle tort applique une bande blanche. Pendant ce temps, l’acteur est libre de donner des représentations en ville, mais, gare à lui… Souvent il se fatigue, revient malade… Alors la directrice se plaint et l’administration coule ! Nota ; La directrice accorde quelquefois des entrées de faveur.

Vedette

Larchey, 1865 : « Qu’est-ce que la vedette ? C’est la faveur toute spéciale de voir son nom imprimé en caractères trois fois plus gros que celui de ses camarades. Les administrations théâtrales n’accordent cette faveur qu’aux acteurs et actrices qui font recettes. »

(Montépin)

Delvau, 1866 : s. f. Nom imprimé en caractères très gros, sur une affiche de théâtre, — dans l’argot des coulisses. Être en vedette. Avoir son nom en tête d’une affiche comme acteur plus important que les autres.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique