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Blousard

France, 1907 : Porteur de blouse employé dans un mauvais sens.

Aujourd’hui, les blousards des meetings, les souteneurs immondes qui rêvent de travailler en grand, délaissent leur trottoir pour pérorer dans les cohues.

(René Maizeroy, Coup de clairon)

Clabaud

d’Hautel, 1808 : Terme de mépris qui équivaut à balourd, benêt ; homme dont la langue est dangereuse ; grand parleur.

France, 1907 : Compère qui parle haut dans les foules, pérore et attire l’attention des badauds, tandis que ses camarades fouillent les poches. On dit aussi clabaud de cohu.

Loupeur, loupeuse

Rigaud, 1881 : Vaurien, drôlesse ; bambocheur, bambocheuse.

France, 1907 : Fainéants, débauchés.

La salle Colbus a une physionomie toute particulière parmi les bals de Paris. Sa clientèle est étrange et redoutable. Escarpes et souteneurs s’y rencontrent avec les bohèmes de la Villette, les loupeurs des fortifs, les rôdeurs du boulevard dit extérieur.

(Edmond Lepelletier)

— C’est drôle que ça fasse toujours plaisir de parler du temps où l’on était malheureux. Nom d’un chien ! je suis contente de me retrouver avec toi, tout de même ! Tu te souviens à l’école, chez les sœurs, tu faisais mes devoirs. J’étais rien loupeuse ! Et puis les pommes vertes que j’apportais et que nous allions manger dans les lieux…

(L.-V. Meunier, Chair à plaisir)

Rôdeurs, loupeurs, souteneurs, filles se pressaient autour des tables, retentissantes du choc des verres et du tumulte des conversations. Toutefois, dans cette cohue patibulaire, pas une blouse, pas un prolétaire. Tous gens comme il faut, portant le vêtement de drap bourgeois. Telle est la sévère étiquette du lieu (le caveau des halles).

(Louis Barron, Paris étrange)

Michelet, Michelin (faire le)

Rigaud, 1881 : C’est, à la faveur d’une cohue, dans l’obscurité, apprécier, à la manière de Tartuffe, l’étoffe de la robe d’une Elmire quelconque. Il y a des amateurs qui ne vont au milieu des foules que pour faire « les michelins ». Au spectacle de Guignol aux Champs-Élysées, les soldats font les michelins auprès des bonnes d’enfants. Autrefois le grand rendez-vous des michelins était au théâtre Comte. Grâce à l’obscurité nécessitée par la représentation des Ombres chinoises, les michelins avaient beau jeu. Parfois se faisait entendre le cri de quelque Lucrèce effarouchée ; mais le spectacle n’en était pas troublé, et des rires étouffés répondaient seuls à cet appel de la vertu indignée.

Plein (battre son)

France, 1907 : Être dans tout son éclat.

La vie battait son plein dans cette grande artère parisienne. Sur les trottoirs, une cohue prolétaire ambulait, effarée ; les employés gagnaient leur bureau, les ouvriers se rendaient au travail, les ménagères, le panier à la main, s’approvisionnaient, allant des boutiques, dont l’étalage mangeait la moitié de la chaussée, aux voitures des marchands de quatre-saisons, rangées le long du ruisseau, et pleines, celles-ci de légumes, celles-là de poissons, ces autres de volailles ou de lapins tout dépouillés, dont la chair sanguinolente évoquait des idées de carnage. De leurs voix enrouées, les petits marchands appelaient la clientèle :
— Voyez, Madame, voyez, pas cher !…

(Daniel Riche, L’Agonie d’une jeunesse)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique