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Arbi, arbico

France, 1907 : Arabe et, par extension, ancien soldat d’Afrique.

C’était des turcos, ses hommes, un bataillon de grands arbis dégingandés, troupiers finis, ivrognes et chapardeurs, tous vieux soldats, beaucoup avec des brisques rouges sur leurs vestes bleu de ciel.

(Paul Bonnetain, En Campagne)

Chasseurs, la tribu est rasée,
Les arbis sont pincés ;
Pinçons les dératés
Qui voudraient nous escoffier.

Élégant chasseur,
Monte avec ardeur
Au haut de la montagne ;
Le Bédouin est là,
Il t’ajustera,
Mais il te ratera.

(Chanson d’Afrique)

Coffier

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 / Halbert, 1849 : Tuer.

France, 1907 : Apherése d’escoffier, tuer.

Escoffier

d’Hautel, 1808 : Ce mot a plusieurs significations dans le langage populaire. On l’emploie pour dérober, voler, et souvent aussi pour perdre, tuer, assommer.
C’est autant d’escofié. Pour c’est autant de pris, de volé, de perdu.
On dit d’un homme qui est mort, assommé de coups, qu’il a été escoffié.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Tuer, assassiner.

Vidocq, 1837 : v. a. — Tuer, assassiner. Ce terme est devenu populaire.

Delvau, 1866 : v. a. Tuer, — dans l’argot du peuple, qui a emprunté ce mot au provençal escofir.

Rigaud, 1881 : Tuer au moyen d’une arme à feu.

La Rue, 1894 : Tuer d’un coup de feu.

Virmaître, 1894 : Blesser ou tuer quelqu’un. Se dit également au point vue moral.
— Je l’ai rudement escoffié dans l’estime de ses amis (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Tuer.

France, 1907 : Tuer.

Deux Marseillais se promènent dans les environs de la capitale de la Provence.
— Et il est sain, ce village ? demande l’un.
— Je te crois, mon bon. L’an dernier, il a fallu escoffier un habitant pour pouvoir inaugurer le cimetière. Zuze un peu !…

Tirer une carotte

France, 1907 : Mentir, tromper pour obtenir des subsides. Il arrive que les gouvernements tirent des carottes comme de simples pioupious.

On dit, mais ce n’est pas certain,
Que le roi d’Hollande
Veut venir jusqu’à Pantin
Avec toute sa bande ;
Qu’il vienne pour nous escoffier,
Mais qu’il prenne garde de se faire pincer ;
Encore une carotte qu’on veut nous tirer.

(Chanson du siège d’Anvers, 1832)

Watriner

Fustier, 1889 : Tuer, assassiner et, par extension, détruire, renverser par force. Allusion au meurtre que commirent, au mois de février 1886, les mineurs de Decazeville sur la personne de leur sous-directeur, M. Watrin, dont ils prétendaient avoir à se plaindre.

Il ne manque dans ma boutique
Que le tonnerre et les éclairs
Pour watriner toute la clique
Des exploiteurs de l’univers.

(Galette anecdotique, février 1887)

En avant ! et watrinez les obstacles qui entravent votre mouvement.

(Grève sociale, février 1886)

De watriner on a fait watrinade qui, pour les révolutionnaires, est synonyme de vengeance, de représailles et qui, pour les honnêtes gens, signifie tout simplement crime, meurtre, assassinat.

Hier encore, un ouvrier jugeait à propos de tirer sur son patron. Le Cri du Peuple, naturellement, exalte le courage de l’assassin et qualifie de watrinade ce qui est un crime.

(Parti national, mars 1887)

France, 1907 : Assassiner le contremaitre ou le patron ; néologisme créé depuis l’assassinat de l’ingénieur Watrin par ses propres ouvriers aux troubles de Decazeville en 1886. C’est une expression très caractéristique et spéciale à ajouter à celles indiquant l’acte de tuer son prochain et dont voici les principales : abasourdir, buter, capahuter, cônir, couper le sifflet, crever la paillasse, chouriner, décrocher, dégringoler, démolir, descendre, dévisser le trognon, écharper, endormir, entailler, envoyer ad patres, érailler, esbasir, escarper, escoffier, estourbir, estrangouiller, expédier, faire banque, faire flotter, faire passer le goût du pain, faire un macchabée, faire suer un chêne, faire la grande soulasse, faire le pante, foutre à l’ombre, laver son linge dans la saignante, lingrer, moucher le quinquet, rebâtir, rebouisser, refroidir, sabler, saigner, scionner, suager, sonner, suriner, terrer, tortiller le gaviot, tourner la vis, tourlourer, watiner.

J’ai ce qu’il faut dans ma boutique,
J’ai le tonnerre et les éclairs,
Pour watriner toute la clique
Des affameurs de l’univers.

(Chanson anarchique.)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique