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Andouille

d’Hautel, 1808 : Il a le nez gros comme une andouille. Comparaison triviale et populaire, pour dire que quelqu’un a le nez gros et pointu.
Rompre l’andouille au genou. Négocier une affaire par des voies peu propres à la faire, réussir. On dit familièrement et dans le même sens, Rompre l’anguille au genou.

Vidocq, 1837 : s. m. — Homme qui a peu de vigueur, qui est indolent, sans caractère.

Delvau, 1864 : Le membre viril, dont les femmes sont si friandes, — elles qui aiment tant les cochonneries !

De tout te gibier, Fanchon,
N’aime rien que le cochon ;
Surtout devant une andouille,
Qu’aux carmes l’on choisira,
Elle s’agenouille, nouille,
Elle s’agenouillera.

(Collé)

Larchey, 1865 : Personne molle, sans énergie (Vidocq).

Delvau, 1866 : s. m. Homme sans caractère, sans énergie, — dans l’argot du peuple, qui emprunte volontiers ses comparaisons à la charcuterie.

Rigaud, 1881 : Personne sans énergie. Grand dépendeur d’andouilles, individu de haute taille, un peu sot. Les andouilles sont pendues au plafond. Il faut être grand pour les dépendre, et ce travail ne demande pas beaucoup d’intelligence.

Le grand dépendeur d’andouilles, qui l’endormait, a aussi disparu.

(Huysmans, Gaulois du 26 juin 1880)

France, 1907 : Sot. Grand dépendeur d’andouilles, triple sot.

Les hommes grands ne sont pas en faveur parmi le peuple ; il juge de leur esprit en sens inverse de leur taille. Ainsi, lorsqu’il qualifie quelqu’un de sot, il ne manque guère d’y joindre l’épithète de grand, pris dans le sens de long. Un nain lui parait alors un géant qui n’aurait qu’à étendre le bras pour dépendre une andouille, fut-elle raccourcie de moitié. C’est pour cela que, dans son langage, grand dépendeur d’andouilles est synonyme de sot, de niais, d’imbécile fieffé, puisque en fait de taille il n’y en a pas de supérieure à celle de l’individu qui se met, sans intermédiaire, en contact avec les plus hauts plafonds… Il y a, en quelques provinces, notamment en Bourgogne, ce dicton :
« Grand Niquedouille
Qui décroche des andouilles. »

…Il est question, dans Béroalde de Verville, non pas des dépendeurs, mais de dépouilleurs d’andouilles :

Or bien que nous faisions ici mine de rire si le disons-nous à la honte de ces despouilleurs d’andouilles (les cordeliers), pour les nettoyer, et qui nous voudroient reprendre, encore que toute leur vie soit confite d’actions impudentes. (Le Moyen de parvenir.)

(Charles Nisard)

Cervelas

Delvau, 1864 : Nom que donnent au vit la plupart des cuisinières ; aussi bien que : boudin, saucisson, andouille, bout de viande, etc., selon la forme, la longueur ou la grosseur de l’objet, qui est un produit de la cochonnerie.

Oui, mon cher, à vot’ cervelas
On a fait un’ rude’ brèche…
Vous n’me l’mettrez pas, Nicolas :
Je n’aim’ que la viand’ fraîche.

(J. E. Aubry)

Chicard

Halbert, 1849 : Pas mal.

Larchey, 1865 : Le héros du carnaval de 1830 a 1850. Son costume, bizarre assemblage d’objets hétéroclites, se composait le plus souvent d’un casque à plumet colossal, d’une blouse de flanelle et de bottes fortes. Ses bras à moitié nus s’enfonçaient dans des gants à manchette de buffle. Tel était le fond de la tenue ; quant aux accessoires, ils variaient à l’infini. Celui qui le premier mit ce costume à la mode était un marchand de cuirs ; son chic le fit nommer Chicard. Il donna des bals et inventa un pas nouveau.

Et puis après est venu Chicard, espèce de Masaniello qui a détrôné l’aristocratie pailletée des marquis, des sultans et a montré le premier un manteau royal en haillons.

(M. Alhoy)

L’homme de génie qui s’est fait appeler Chicard a modifié complètement la chorégraphie française.

(T. Delord)

La sage partie du peuple français a su bon gré à maître Chicard d’avoir institué son règne de mardi-gras.

(J. Janin)

Mais qu’aperçois-je au bal du Vieux Chêne ? Paméla dansant le pas chicard.

(Chauvel)

Delvau, 1866 : adj. et s. Superlatif de Chic. Ce mot a lui-même d’autres superlatifs, qui sont Chicandard et Chicocandard.

Delvau, 1866 : s. m. Type de carnaval, qui a été imaginé par un honorable commerçant en cuirs, M. Levesque, et qui est maintenant dans la circulation générale comme synonyme de Farceur, de Roger-Bontemps, de Mauvais sujet.

Rigaud, 1881 : Costume carnavalesque mis à la mode, pendant la période de 1830 à 1850, par une célébrité chorégraphique qui lui donna son nom ou plutôt son surnom. Les chicards ont révolutionné les bals publics et, pendant vingt ans, ils ont imprimé une grande vogue à la descente de la Courtille. — La danse de Chicard, leur maître, n’a jamais été ni bruyante, ni extravagante. Il procédait à pas serrés, mimant, grimaçant, roulant ses gros yeux en boule de loto. Grande fut sa gloire. On a dit le « pas chicard » pour rappeler sa manière, chicarder, danser comme Chicard. On a créé les vocables chicandar, chicocan-dar, pour désigner quelque chose de très chic comme l’inventeur du fameux pas qui, lui-même, a dû son sobriquet au chic qui le caractérisait. Chicard a passé, son pas n’est plus, seul le mot chic, le radical, a survécu.

France, 1907 : Superlatif de chic.

Vrai, c’en était un’ joli fête :
Y avait du punch et du pomard,
On s’piquait l’nez dans son assiette,
C’était un’ noce un peu chicard !
Vrai, c’était chicard !
Ma bell’ mère était tés aimable,
Parait qu’elle ador’ le bon vin,
C’est p’t’êtr’ ben pour ça qu’à la fin
On l’a retrouvé’ sous la table !

(Aristide Bruant)

On dit aussi chicandard et chicocandard.

France, 1907 : Type de carnaval, inventé vers 1830 par un honnête commerçant de Paris. Le costume se composait d’un casque à plumet, d’une blouse, de bottes de gendarme et de gants de grosse cavalerie. Il est tombé en désuétude, après avoir été fort illustré dans les caricatures de Gavarni. Il y avait le pas chicard, qu’on appelle aussi chicarder.

Chicard était un gringalet passionné, silencieux, et dévoré de la manie de la danse obscène. Sa méthode consistait à se trémousser sur place, avec force gestes indécents et une physionomie immuable. Le pince-sans-rire de la polissonnerie. Il ne parlait à personne : au pied d’un arbre d’un jardin public, se tenait son sérail, composé des plus jolies filles, toutes gloires futures de la Cuisse en l’air et de la Jambe en cerceau. Quand le quadrille préludait, ce Vestris de la braguette désignait une d’elles, et, sans mot dire, se rendait à son ouvrage. C’est alors que froidement, l’œil atone et le visage immobile, le danseur commençait ses petites cochonneries devant un public idolâtre formant galerie et plus tard lui faisant cortège.
Pétit, court de jambes, une tête avec des cheveux blancs coupés ras, il portait un veston, un pantalon flottant, des chaussettes en filoselle et des escarpins. Ce Chicard s’appelait de son vrai nom M. Levêque. Notable commerçant de Paris, marchand en gros de cuir brut, sa signature était cotée premier crédit à la Banque.

(Gil Blas)

Cochon (être)

Delvau, 1864 : Savoir bien besogner de l’outil, que la nature a eu l’obligeance de placer au bas du ventre de l’homme ; baiser fort et longtemps.

Ce n’est pas cela, mon, cher, qui m’amuse.
Sois moins poète et beaucoup plus cochon.

(Parnasse satyrique)

Delvau, 1864 : Se dit aussi des choses obscènes, des discours qui provoquent l’érection, — des cochonneries en un mot.

Antoine, c’est un joli nom,
Un peu cochon.

(Parnasse satyrique)

Cochonaille

d’Hautel, 1808 : Basse charcuterie ; débris, réjouissance du porc ; et, par extension, toutes choses viles et dénuées de valeur.

Delvau, 1866 : s. f. Charcuterie, — dans l’argot des ouvriers, — qui ne redoutent pas les trichines. On dit aussi Cochonnerie.

France, 1907 : Charcuterie.

Cochonner

d’Hautel, 1808 : Faire salement et grossièrement un ouvrage ; le bousiller.

Delvau, 1866 : v. a. Travailler sans soin, malproprement, — dans l’argot des bourgeois.

Cochonnerie

d’Hautel, 1808 : Malpropreté.
Dire des cochonneries. Signifie, au figuré, tenir des propos sales, déshonnêtes et obscènes.
Faire des cochonneries. Manquer aux lois de l’honneur et de la délicatesse ; montrer un intérêt sordide et de la petitesse dans une affaire.

Delvau, 1866 : s. f. Besogne mal faite ; marchandise de qualité inférieure ; nourriture avariée ou mal préparée. — Argot du peuple.

Delvau, 1866 : s. f. Ce que Cicéron appelle turpitudo verborum. — Argot des bourgeois.

Delvau, 1866 : s. f. Vilain tour, trahison, manque d’amitié.

Rigaud, 1881 : Ratatouille. Aliments de mauvaise qualité, salement préparés et mal servis. — Dire des cochonneries, tenir des propos très libres. — Faire des cochonneries, passer des paroles à l’action.

France, 1907 : Même sens que cochonaille. Se dit aussi d’aliments malpropres où mauvais, de vilains tours joués à son prochain, d’actes de trahison, etc.

Cochonneries

Delvau, 1864 : Exercices amoureux : gamahuchage, branlage, suçage, postillon, feuille de rose, patte d’araignée, — en un mot, tout ce qu’ignorent les femmes honnêtes et que savent si bien les femmes galantes. — Le libertinage a emprunté beaucoup de termes à la charcuterie (V. langue fourrée, boudin, andouille, saucisse, vessie, etc.), et cela se comprend de reste, χοίρος signifiant à la fois cochon et con.

Cochonneries (dire des)

Delvau, 1864 : Avoir un langage de « haulte gresse, » appeler les choses par leur nom, dire pine au lieu de machin ; foutre au lieu d’aimer, enfin raconter prouesses concubitales.

Cochonneries (dire ou faire des)

France, 1907 : Dire ou faire des actions indécentes ou graveleuses. Écrire des cochonneries.

Couenne

d’Hautel, 1808 : Peau de Pourceau. On dit grossièrement d’un homme peu industrieux ; d’un nigaud, d’un maladroit, d’un sot, qu’il est couenne ; qu’il est bête comme une couenne.
Se ratisser la couenne.
Pour, se raser le visage, se faire la barbe.

Delvau, 1864 : Le membre viril, — une cochonnerie.

Larchey, 1865 : « On dit d’un nigaud, d’un maladroit, d’un sot qu’il est couenne. » — d’Hautel, 1808. — V. Coenne.

Delvau, 1866 : s. et adj. Imbécile, niais, homme sans énergie, — dans l’argot des faubouriens, qui pensent comme Émile Augier (dans la Ciguë), que « les sots sont toujours gras ».

Delvau, 1866 : s. f. Chair, — dans l’argot du peuple. Gratter la couenne à quelqu’un. Le flatter, lui faire des compliments exagérés.

Rigaud, 1881 : Niais.

Est-il couenne, ce petit N… de D… là…, ça lui fait de la peine quand on bat les autres.

(Eug. Sue. Misères des enfants trouvés.)

Rigaud, 1881 : Peau. — Se racler la couenne, se raser.

France, 1907 : Chair. Gratter, racler ou ratisser la couenne, raser. Se dit aussi pour flatter, dans le même sens que passer la main dans le dos.

France, 1907 : Sot, lourdaud, à l’intelligence épaisse comme la peau du porc.

Oui, y a pas d’doute, à ton accent
On voit qu’t’es faubourien pur sang ;
T’es éveillé, t’as pas l’air couenne,
T’es p’t’êtr’ du quartier Saint-Antoine.

(A. Bruant et J. Jouy)

Rapetasser

d’Hautel, 1808 : Des souliers rapetassés ; des habits rapetassés. Pour dire, raccommodés grossièrement.

France, 1907 : Refaire.

Cette saloperie d’impôts indirects qui, quoique pas visibles à l’œil nu des aveugles, se sentent bougrement, avait déjà subi pas mal d’anathèmes avant le grand coup de chien d’il y a cent ans. Tellement qu’au début, la Constituante dut les biffer du programme des nouveaux impôts, aussi bien que les dîmes.
Cet impôt d’origine féodale, qu’on appelait alors les aides, ne tarda pas à rappliquer, comme toutes les cochonneries dut « bon vieux temps » que les bourgeois rapetassaient en les débaptisant à peine ; la loi du 5 ventôse au XII le remit sur pattes.
Et ainsi pour tout ! Les corvées se muaient et prestations, la gabelle en impôt du sel, les douanes intérieures en octroi, la dime en budget des cultes, etc., etc.
Si bien que, petit à petit, la kyrielle des impôts devenait aussi longue que sous la défunte royauté.
Les impôts indirects — ceux qu’on ne voit pas — comme le disait dans un de ses moments de lucidité l’écrivassier bourgeois Bastiat, sont une chose d’une traitrise carabinée.
On les paies s’en apercevoir, au coin du feu, au plumard, à table, au café… à tous les instants de notre vie.

(Le Père Peinard)

Rudiment de cythère (le)

Delvau, 1864 : Les principes de la langue — et des autres cochonneries.

Jeanne, sotte au monastère,
Sotte au sortir du couvent,
Plaisait sans savoir comment.
Le précepteur de son frère
Lui montre le rudiment
Que l’on enseigne à Cythère :
Son esprit s’ouvre à l’instant.

(Collé)

Terre jaune (amateur de)

France, 1907 : Pédéraste.

Certes, le Père Peinard ne parle pas le langage des aristos, des ostrogoths, des sacristains, des amateurs de terre jaune et autres mecs honorables. Cependant les putains de la haute, pas plus que les birbes faisandés ne sauraient en le lisant satisfaire leurs goûts pour les cochonneries.

(Père Peinard)

Trichine

Delvau, 1866 : s. f. Petite dame, naturellement mêlée à toutes les cochonneries sociales, et qui peut empoisonner les imprudents qui la consomment, la trouvant appétissante.

France, 1907 : Fille publique atteinte de syphilis.

Vacheries

Virmaître, 1894 : On nomme ainsi les brasseries où les consommateurs sont servis par des femmes. Le mot est juste, car elles sont de véritables vaches, pas à lait, par exemple (Argot du peuple). N.

Virmaître, 1894 : Saletés, cochonneries faites à quelqu’un. Prendre la femme d’un camarade et surtout la lui rendre, c’est une vacherie. Emprunter les effets d’un ami, les coller chez ma tante et ensuite laver la reconnaissance, c’est lui faire une vacherie (Argot du peuple). N.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique