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Débourrer

d’Hautel, 1808 : Il commence à se débourrer. Pour il devient insensiblement plus civil ; il se familiarise avec le ton, les usages du monde et les bienséances sociales.

Delvau, 1866 : v. a. Déniaiser quelqu’un, — dans l’argot du peuple. Se débourrer. S’émanciper, se dégourdir.

Fustier, 1889 : Jargon des maquignons. Cheval débourré, cheval qui a perdu l’embonpoint factice qu’on lui avait donné pour le vendre.

Au bout de quelque temps, les fraudes se découvrent, l’embonpoint factice s’affaisse, les côtes reparaissent, et la bête est ce qu’on appelle débourrée…

(Siècle, 1867. Cité par Littré.)

Rossignol, 1901 : L’empereur n’y allait pas à cheval.

Hayard, 1907 : Aller aux water-closets.

France, 1907 : Déniaiser. Enlever la bourre d’innocence, dégrossir.

… Faites-nous des romans
Remplis de passions et de débordements ;
Qu’ils soient bien croustillants, gonflés de choses sales,
Détritus ramassés aux fanges de nos halles ;
Mettez-y des catins retroussant leur jupon…
Surtout des vieux paillards, au nez plein de roupilles,
Qui s’en vont débourrant toutes les jeunes filles.

(Barrillot, La Mascarade humaine)

Garde-manger

Delvau, 1866 : s. m. Water-Closet, — dans l’argot du peuple, moins décent que l’argot anglais, qui ne fait allusion qu’à l’estomac en disant : Victualling-Office.

Rigaud, 1881 : Postérieur. — Lieux d’aisances.

Rossignol, 1901 : Le ventre. Les water-closets sont aussi le garde-manger.

France, 1907 : Lieux d’aisances ; le derrière.

Grand tour

Delvau, 1866 : s. m. Résultat de la digestion, — dans l’argot des enfants et des grandes personnes timides.

France, 1907 : Euphémisme désignant l’accomplissement des nécessités résultant du travail de la digestion. Aller au grand tour, aller faire le grand tour. Pourquoi cette expression pour aller aux cabinets ? C’est qu’elle date de l’époque où de buen retiro n’existait pas. Il fallait, pour satisfaire ses légitimes besoins, aller au dehors, souvent fort loin, à la recherche

… d’un endroit écarté
Où de se mettre à l’aise on eût la liberté.

Il ne faut pas beaucoup s’éloigner de Paris et des grands centres pour être fort gêné par ce manque de confort. Il y a peu de temps, les villes du Midi ignoraient l’usage de ce que les Anglais appellent les water-closet, et encore maintenant ils sont inconnus dans les villages corses. C’est alors que parlons, pour se mettre à l’abri des regards, il faut faire le grand tour.

Elle souffrait, la nuit, la pauvre jeune femme,
Non pas d’un mal abstrait, d’un mal qui vient de l’âme
Ni d’un accès de nerfs, ni de peines d’amour,
Mais bien, tranchons le mot, d’une forte colique ;
Aussi se leva-t-elle en costume biblique
Pour aller faire le grand tour.

(Almanach anticlérical, 1880)

Inodores

Larchey, 1865 : Latrines. — V. Calme.

Fournier aux inodores Présente le papier.

(Revue anecdotique)

Delvau, 1866 : s. m. pl. Waterclosets, — dans l’argot des bourgeois.

France, 1907 : Nom que les industriels des water-closets à 15 centimes donnent à leurs établissements qui, généralement, à l’encontre de leur enseigne, dégagent de fortes odeurs.

Mousserie

Halbert, 1849 : Latrine.

Delvau, 1866 : s. f. Water-closets, — dans l’argot des voyous.

Virmaître, 1894 : Fosse d’aisance des prisons (Argot des voleurs).

France, 1907 : Latrines.

Numéro cent

Delvau, 1866 : s. m. Watercloset, — dans l’argot des bourgeois, qui ont la plaisanterie odorante.

France, 1907 : Les lieux d’aisances. Jeu de mot sur le verbe sentir. Dans les régiments, les amateurs du jeu de loto appellent les numéros du jeu par des facéties telles que celles-ci : 4, le chapeau du commissaire ; 6, le goupillon de l’aumônier ; 7, la potence où la pipe de l’adjudant ; 8, les lunettes du major ; 9, la queue basse ; 11, les jambes d’un tel ; 20, le vin du cantinier ; 22, les deux cocottes ; 33, les deux bossus ; 44, les deux baraques ; 69, bout-ci bout-là ; 13, Thérèse, ma putain de sœur qui rit quand on la… chatouille ; 71, la potence et le Normand pendu, etc., etc.

Pisser à l’anglaise

Delvau, 1866 : v. n. Disparaître sournoisement au moment décisif.

Virmaître, 1894 : S’en aller subrepticement sans payer son écot. Pisser à l’anglaise : quitter un salon sans saluer les maîtres de la maison pour ne pas jeter le trouble dans la réunion… ou parce que l’on s’embête à quarante francs par tête (Argot du peuple).

France, 1907 : S’esquiver sans payer. Ne pas confondre avec filer à l’anglaise, qui signifie quitter une compagnie sans prendre congé (Voir Filer). L’individu qui pisse à l’anglaise fait semblant de se rendre au water-closet, et de là s’esquive sans payer sa consommation ou son écot.

Trois-sous

Delvau, 1866 : s. m. Water-closets. On dit aussi Un quinte-centimes.

Vespasiennes

Delvau, 1866 : s. f. pl. Water-closets montés sur essieux, qui circulaient dans Paris vers les premières années du règne de Louis-Philippe. Ce nom leur avait été donné en souvenir de l’empereur romain qui spéculait sur toutes les gadoues de son empire. Encore une chose que M. Louis Festeau n’a pas failli à chanter :

La Vespasienne
Parisienne
À l’observateur arrêté
Offre asile et commodité.

Water-closet

Delvau, 1866 : s. m. Endroit où, moyennant 15 centimes, tout le monde a le droit d’aller — mais à pied, comme le roi.

France, 1907 : Lieux d’aisances ; néologisme pris aux Anglais, qui, par pruderie, n’osent dire latrines ou urinoir.

On va à Bullier faire un homme ; quelques femmes pratiquent des métiers qui sont cousins germains de l’escroquerie. On exploite les bouquets, en s’entendant avec la marchande. Il n’est rien de plus facile, et, pour peu que la femme soit un peu habile, elle arrive à se faire payer le même bouquet vingt ou trente fois dans la même soirée. L’une court de l’un à l’autre, avec son chapeau à la main et son manteau sur le bras, en demandant à tout le monde : « Vingt centimes pour mon vestiaire. » L’autre fait mieux encore, c’est sur les water-closets qu’elle lève son impôt ; elle monte la garde devant la porte, et, à chaque personne qui passe, elle dit : « Ah ! mon bébé, prête-moi donc quinze centimes pour… tu seras bien gentil. » Si vous êtes naïfs, vous vous laissez prendre à son air câlin, et vous lâchez vos trois sous ; mais si vous repassez quelques instants après, vous la retrouvez au même endroit, répétant la même chanson à un autre naïf. Il parait qu’il est des femmes qui se font de cette façon de fort jolies recettes les jours de bal. Qu’importe la source, n’est-ce pas ? Cet argent-là est bon, beau, sonnant et, comme disait Vespasien qui leur a donné l’exemple : Il ne sent pas plus mauvais que l’autre.

(Eugène Vermersch, Le Latium moderne)


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