Delvau, 1864 : La baiser, faire aller dans son vagin le membre viril comme un cliquet de moulin, avec moins de bruit cependant.
Jamais fille de laboureur ne fut mieux cliquetée.
(Sorel)
Cliqueter une femme
Delvau, 1864 : La baiser, faire aller dans son vagin le membre viril comme un cliquet de moulin, avec moins de bruit cependant.
Jamais fille de laboureur ne fut mieux cliquetée.
(Sorel)
Cliquette
Fustier, 1889 : Oreille.
La Rue, 1894 : Oreille. Jambe.
Cliquettes
Rigaud, 1881 : Yeux, — dans le jargon des bouchers.
Virmaître, 1894 : Oreilles (Argot du peuple). V. Esgourdes.
Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Oreilles.
France, 1907 : Jambes. Se dit aussi pour oreilles.
Crevé (petit)
France, 1907 : Petit jeune homme dont la principale occupation est le souci de sa personne. Jeune fainéant que balaiera du trottoir la prochaine révolution sociale. On dit aussi simplement : crevé.
Peut-être apprendrons-nous aussi que les dames de la cour et les crevés du macadam ont dansé, comme à l’exécution des quatre sergents de la Rochelle, autour de quelques pieds carrés où seront couchés les cadavres encore chauds de Ferré ou de Rossel.
(Camille Barrère, Qui-vive !)
Hier, sur les boulevards, un corbillard vide passe à toute vitesse.
Un jeune gommeux, frais et rose, qui traversait la chaussée, est presque renversé par la voiture noire.
— Dites donc, cocher, vous ne pourriez pas faire attention, vous avez failli m’écraser, j’ai pas encore envie d’aller dans votre voiture.
— Hé ! va donc, sale crevé, j’en ai porté au cimetière qui avaient encore meilleure mine que toi.
(Ange Pitou)
I’s sont comm’ ça des tas d’crevés,
Des outils, des fiott’s, des jacquettes,
Des mal foutus, des énervés
Montés su’ des flût’ en cliquettes…
(Aristide Bruant)
Esgourdes ou esgournes
Virmaître, 1894 : Oreilles. Quand elles sont démesurées on dit : Ah ! quelles feuilles de chou. On dit également : plat à barbe. Les voleurs disent : cliquettes.
Faire aux cliquettes
France, 1907 : Donner un croc-en-jambe.
Gongorisme
France, 1907 : Affectation, recherche du style ; de Gongora, poète espagnol du XVe siècle, créateur d’un genre faux, maniéré, compliqué de métaphores, d’hyperboles et d’archaïsme, où la pensée disparait sous le cliquetis des mots, dans un langage obscur, précieux et énigmatique. L’école décadente actuelle fait du gongorisme.
Boutonné dans son vêtement grave, avec ses cheveux blancs ras, sa longue barbiche, et son air militaire, vénérable et gongorique, il est magnifique à la barre. Il vous fait l’effet d’y relever la conscience humaine, et c’est avec respect que le présent l’interroge.
(Gil Blas)
Nymphe de Guinée
Delvau, 1866 : s. f. Négresse, — dans l’argot des faubouriens.
France, 1907 : Négresse. On dit en anglais dans le même sens : morceau d’ébène.
C’était une fort belle fille dont la croupe énorme faisait loucher Arabes et colons. Ses cheveux crépus et courts se cachaient sous un madras jaune, et à ses chevilles nues cliquetaient des anneaux d’argent. Sa peau reluisait au soleil comme un bronze florentin. Elle était sage, disait-on, n’ayant encore eu, malgré ses dix-huit ans passés, qu’une demi-douzaine d’amants à qui elle restait fidèle jusqu’au lâchage fatal. Un soir, je devins possesseur de ses charmes. Mais je me lassai après une semaine à cause de l’odeur pénétrante de cette nymphe de Guinée.
(Les Propos du Commandeur)
Patard
d’Hautel, 1808 : Un patard. Nom que l’on donne à un gros sou double.
C’est aussi un sobriquet que l’on donne à un lourdaud, à un homme rustique et grossier.
Larchey, 1865 : Monnaie de billon — En 1808, on donnait ce nom à un gros sou double. V. d’Hautel. — Le patar était une monnaie flamande qui valait un sou au quinzième siècle. V. Du Cange.
Delvau, 1866 : s. m. Pièce de monnaie, gros sou, — dans l’argot des faubouriens, qui ne se doutent pas qu’ils emploient là une expression du temps de François Villon :
Item à maistre Jehan Cotard
Auquel doy encore un patard…
À ceste heure je m’en advise.
(Le Grand-Testament)
Rigaud, 1881 / La Rue, 1894 : Pièce de deux sous.
France, 1907 : Jeu de bouchon.
Bientôt, la bataille recommença, et on n’entendit plus que des voix grêles et potinières, avec le refrain des joueurs et le cliquetis des domaines sur la table de marbre.
— À vous la pose !
— J’ai le patard.
— Du quatre.
— Et du re-quatre.
(Dubut de Laforest, Morphine)
France, 1907 : Pièce de deux sous ; au temps de Rabelais, patac. Argot populaire. Le nom vient d’une vieille monnaie flamande de la valeur d’un sou. On trouve le mot dans le Testament de François Villon :
Item à maistre Jehan Cotard
Auquel doy encore ung patard.
En picard, en Flandre, dans le Hainaut et le pays de Liège, patar se dit pour sou.
Sortir sur les jambes de quelqu’un
France, 1907 : Ne pas sortir ; être consigné ou mis à la salle de police ; argot militaire.
Mais comme nous sortions du quartier, nous nous croisâmes avec le marchef, le grand Antonin, qui me cria ;
— Où vous cavalez-vous donc, jeune homme ? Vous sortirez sur mes jambes ! à l’Hosto, mon petit ami. Le capitaine vous a collé huit jours de prison. Ah ! Ah ! Il parait que vous en avez fait de belles avec les petites mouquères !
Mes camarades me regardèrent en riant et je m’en retournai, entendant les éclats joyeux de leur voix, au milieu du cliquetis des sabres et des éperons, sur les cailloux raboteux de la rue Sidi-Nemdil.
(Hector France, L’Homme qui tue)
On dit aussi : sortir avec les bottes du juteux.
Zut !
Delvau, 1866 : Exclamation qui est une formule de refus ou de congé. Depuis 1865, on dit : Ah ! zut alors si ta sœur est malade ! C’est plus long, mais c’est plus canaille — et, à cause de cela, préférable.
La Rue, 1894 : Non. Allez au diable. Vous m’ennuyez.
France, 1907 : Cette exclamation employée si fréquemment aujourd’hui dans le langage familier, pour exprimer le dépit, l’ennui, l’incrédulité, se prononçait autrefois zot, diminution de Diablezot, qui avait la même signification. Suivante Furetière, la locution complète était au diable zot : « Vous imaginez que je vous crois, au diable zot ! » Zot me semble être la corruption de soit. Au diable, soit ! D’un autre côté, certains étymologistes, entre autre le comte Jaubert, prétendent que zut n’est autre que le vieux mot ut, corruption de l’anglais out, hors d’ici, qui s’est naturalisé dans le Bas-Berry lors des ravages qu’y exercèrent les envahisseurs. On lit dans le Roman de Rou de Wace :
Normanz escrient : Dex aïe !
La gent Englesche : Ut ! s’escrie.
Le z euphonique se serait joint au monosyllabe ut. Voir ce mot. Burnouf, au contraire, le fait venir du sanscrit suth, dédaigner. Au lecteur de choisir.
Le critique. — Ah ! cher ami, quelle joie vous me faites !…zut !… le joli mot si court, si prestement national, comme il résonne, délicieusement, à mes oreilles françaises !… Zut !… Comme je vous retrouve enfin dans ce mot bref et vibrant, tel un coup de clairon !… Zut !… Comme je m’y retrouve moi-même !… Zut ! Zut ! Zut !… Chercher ailleurs, dans de fabuleux pays, sur des terres mortes, de soi-disant émotions littéraires, alors que nous avons, chez, ce zut ! si joyeux et si clair, et si sublime, ce zut ! divin qui dit nos âmes, notre esprit, notre bravoure, notre gaité, nos croyances !… quelle aberration ! quelle folie ! quel crime !… Ah ! redites-le, redisons-le ensemble, ce mot lustral, et qu’il se répande de nos lèvres, dans toute cette salle, pour en laver les boues étrangères… et qu’il aille, tout droit, comme le défi de notre génie, frapper la face obscure, la face des ténèbres des Ibsen et des Bjornson !… Zut ! Zut ! Zut ! Ah ! ce zut ! cliquetis de nos épées, baiser de nos amantes, rire vengeur et triomphant de notre Paris !… Zut !
L’abonné. — Zut ! Zut !…
(Octave Mirbeau)
— Marguerite ?
— Père…
— Viens un peu !
Mais Margot ne vint point. Jamais elle n’avait vu, à ce point, la pleutrerie du vieux. Elle se révoltait enfin et gueulait de toutes ses forces :
— Zut ! T’avais ma mère pour ça ; cours après !… J’en ai plein le dos, moi aussi, d’être ta femme…
(Montjoyeux)
Zut, pour le qu’en-dira-t-on ;
Ici-bas nous sommes libres.
Les gosiers sont bons calibres
Si le crâne est de carton.
(Alfred Marquiset)
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