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Aile, aileron

Larchey, 1865 : Bras.

Appuie-toi sur mon aile, et en route pour Châtellerault.

(Labiche)

Je suis piqué à l’aileron, tu m’as égratigné avec tes ciseaux.

(E. Sue)

La Rue, 1894 : Bras.

France, 1907 : Bras. En avoir dans l’aile, être frappé d’impuissance ; mot à mot : avoir reçu du plomb dans l’aile, ne plus pouvoir voler. (Lorédan Larchey)

Anastasie

Rigaud, 1881 : Nom donné par les journalistes au bureau de la censure littéraire. Les dessinateurs la représentent toujours une paire de ciseaux menaçants à la main, fer aussi cruel pour les œuvres de l’esprit que le rasoir du chanoine Fulbert pour l’amant infortuné de l’infortunée Héloise. — Un dessin de la Revue parisienne du 9 août 1877 représente une soirée chez Anastasie, avec cette légende :

Le domestique annonçant : MM. X., Y., Z., journalistes, dessinateurs. — Madame Anastasie (à un invité) : Soyez donc assez aimable pour voir si on a servi les glaces aux amendes et aux suspensions ?

France, 1907 : La censure ; argot des gens de lettres. Voici l’origine de ce nom donnée par l’Intermédiaire des chercheurs et des curieux : « Un petit journal illustré, qui avait souvent des difficultés avec la censure des dessins, voulut la personnifier et il choisit le prénom d’Anastasie, uniquement parce que ce prénom a cours dans les vaudevilles et qu’on est accoutumé à en rire. Telle est l’origine d’Anastasie, qui, depuis, a désigné, parmi les journalistes, non seulement la censure des dessins, mais encore la censure de toute publication périodique imprimée. »
« Même dans les sphères officielles, il n’y a pas bien longtemps encore, tout ce qui rappelait la propagation de l’espèce humaine était tenu pour éminemment pornographique. Et il me souvient qu’Anastasie, cette vieille prude qui donne si facilement son visa aux ordures débitées dans tous nos beuglants, interdit une ravissante chanson d’Henry Rubois, dont voici le premier couplet et le refrain :

Vous qui par vos grâces exquises
Gouvernez le monde au total,
Ô femmes ! premières assises
De l’édifice social.
Dans les temps troublés où nous sommes,
Mes belles croqueuses de pommes,

Faites des enfants,
On a besoin d’hommes !
Faites des enfants
Roses, bien portants ! »

(Georges Nazim, Estafette)

Cabot

Ansiaume, 1821 : Chien.

Pésille son cabot, tu en auras 20 balles.

Vidocq, 1837 : s. m. — Chien.

M.D., 1844 / un détenu, 1846 : Chien.

Boutmy, 1883 : s. m. Chien, et surtout Chien de petite taille. Ce mot n’est pas particulier à l’argot typographique.

Fustier, 1889 : Argot militaire. Élève-cabot, élève caporal. Cabot pris absolument dans le sens de caporal est inusité. (Ginisty, Manuel du réserviste)

La Rue, 1894 : Chien. Caporal. Cabot du quart, secrétaire (chien) du commissaire. Cabot ferré, gendarme.

Virmaître, 1894 : Chien (Argot du peuple). V. Alarmiste.

Virmaître, 1894 : Chien du commissaire de police. Par abréviation on dit simplement le cabot du quart (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Caporal.

Hayard, 1907 : Chien.

France, 1907 : Acteur : apocope de cabotin.

Je n’ai jamais couché avec un cabot, jamais je ne coucherai avec un cabot.

(Henry Bauër, Une Comédienne)

France, 1907 : Poisson, chien de mer, chien.

Avec des ciseaux, je l’confesse,
J’arriv’ derrièr’ chaque beau toutou
Qu’un brave bourgeois retient en laisse,
Et j’surin’ la cord’ d’un seul coup,
Avec le cabot j’carapatte,
Et pour me r’piger pas moyen,
Ah ! c’métier-là est vraiment batte !
Pour la fourrièr’ j’ramasse les chiens.

(S. Martel)

Cisaille (vol à la)

France, 1907 : Vol qui consiste à couper, au moyen de ciseaux, des bouts de chaîne d’or, en faisant mine de les essayer.

Ciscoupe

France, 1907 : Ciseaux ; apocope de ciseaux coupant.

Ciseaux (rédacteur aux)

Rigaud, 1881 : Journaliste chargé du découpage des journaux. C’est celui qui prend aux autres feuilles, en les citant ou ne les citant pas, ce qu’il y trouve de plus saillant, de plus en rapport avec la nuance de son journal.

Messieurs, disait un rédacteur en chef à ses collaborateurs, vous êtes tous les mêmes, vous ne lisez du journal que ce que vous faites. — Pas toujours, répondit un des interpellés, quand nous coupons, nous ne lisons jamais.

Ciseaux (tenir les)

France, 1907 : Remplir l’office de secrétaire de rédaction dans un journal. C’est lui qui coupe les extraits des autres journaux à reproduire, d’où travailler à coups de ciseaux, c’est compiler.

Coupe (vol à la)

France, 1907 : Vol à l’aide de petits ciseaux avec lesquels on coupe les poches.

Destructeur

France, 1907 : Genre de sadique.

Ces maniaques coupent, à l’aide de ciseaux, les robes, les manteaux des femmes, et les morceaux qu’ils enlèvent sont précieusement entassés dans des tiroirs. Sur l’étiquette indicatrice, on lit, avec la date, le nom du magasin, le signalement de la femme, la satisfaction du… charme éprouvé. La personne qui a le malheur de faire leur caprice est certaine d’avoir ses vêtements à remplacer.

(G. Macé, Un Joli monde)

Faire la tire

France, 1907 : Vider les poches, généralement au moyen d’une paire de ciseaux ou d’un canif.

Fauchans

Clémens, 1840 : Paire de ciseaux, on dit aussi un sabre fauchant.

Fauchant

Ansiaume, 1821 : Ciseaux.

Prêtes-moi tes fauchans pour lui faire les douilles.

Vidocq, 1837 : s. m. — Ciseaux.

Fauchant, faucheux

Larchey, 1865 : Ciseaux (Vidocq). — Les ciseaux fauchent. — Fauche-ardent : Mouchettes. — Mot à mot : coupe-lumière.

Fauchants

Halbert, 1849 : Ciseaux.

Delvau, 1866 : s. m. pl. Ciseaux, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Faucheux.

La Rue, 1894 : Ciseaux.

Virmaître, 1894 : Les ciseaux (Argot des voleurs).

Hayard, 1907 : Ciseaux.

Fauchants, faucheux

Rigaud, 1881 : Ciseaux, — dans l’ancien argot.

France, 1907 : Ciseaux.

Fauchettes

France, 1907 : Ciseaux.

Faucheux

d’Hautel, 1808 : Espèce d’araignée qui a le corps petit et les jambes fort grandes.
Beaucoup de personnes croyent bien parler, en appelant cet insecte faucheur, mais c’est à tort ; il faut dire faucheux.
Un faucheur
est l’ouvrier qui fauche, qui coupe les foins.

Vidocq, 1837 : s. m. — Ciseaux.

Delvau, 1866 : s. m. Homme à jambes longues et grêles comme les pattes du Phalangium, — dans l’argot du peuple, qui ne laisse passer devant lui aucune infirmité grave ou légère, sans la saluer d’une injure ou tout au moins d’une épigramme.

Faucheux (des)

M.D., 1844 : Des ciseaux.

Gagne-petit

d’Hautel, 1808 : Surnom que l’on donne à un artisan ambulant, et notamment aux émouleurs de couteaux, de ciseaux, qui vont de maison en maison avec une meule sur le dos.

Pinçant

Halbert, 1849 : Ciseaux.

Rigaud, 1881 : Ciseaux, — dans l’ancien argot.

Pinçants

Delvau, 1866 : s. m. pl. Ciseaux, — dans le même argot [des voleurs].

La Rue, 1894 : Ciseaux.

France, 1907 : Ciseaux ; vieil argot. On dit aussi fauchants, fauchettes.

Poil dans la main (en avoir un)

Virmaître, 1894 : Paresseux qui ne veut pas travailler, qui fête tous les jours la Sainte-Flemme.
— Il faudrait une rude paire de ciseaux pour lui couper le poil qu’il a dans la main (Argot du peuple).

Ustoches

Rigaud, 1881 : Ciseaux, — dans le jargon des couturières ; c’est une déformation d’eustache. — Passe-moi tes ustoches.

France, 1907 : Ciseaux ; argot faubourien de eustache.


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