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Catin

d’Hautel, 1808 : Une franche Catin. Femme impudique et dévergondée.

Delvau, 1866 : s. m. Un nom charmant devenu une injure, dans l’argot du peuple, qui a bien le droit de s’en servir après Voltaire, Diderot, et Mme de Sévigné elle-même.

Virmaître, 1894 : Fille publique. Catin : petite poupée. Catin : nom d’amitié donné à une maîtresse. (Argot du peuple).

C’est aujourd’hui la St-Crépin
Les savetiers se frisent
Mon cousin ira voir catin.

France, 1907 : Fille de mœurs légères. Ce nom n’a été que récemment employé en mauvaise part. C’est le diminutif de Catherine, du grec kataros, sans tache.

— Pourquoi nommer Cali votre charmante fille ?

(Almanach des Muses)

Vivandière du régiment,
C’est Catin qu’on me nomme :
Je vends, je donne et bois gaiment
Mon vin et mon rogomme.
J’ai le pied leste et l’œil mutin,
Tintin, tintin, tintin, r’tin tintin ;
J’ai le pied leste et l’œil mutin :
Soldats, voilà Catin !

(Béranger)

Ce n’était pourtant que de vulgaires filles, des catins du monde chic, du monde qui ne marchande pas ; il est vrai que l’argent leur coûte si peu ; pourtant la viande était la même que dans les plus borgnes des bals de barrières ; c’est l’histoire des poupées de carton : au bazar de la rue Mouffetard, elles valent cinq sous ; chez Giroux, elles valent cent francs ; c’est une question d’enveloppe.

(Ch. Virmaître, Paris oublié)

Cassagnac, on ne sait comment
Arrive juste à ce moment
Toujours sévère,
Et Gambetta, plus libertin,
Fixe ardemment sur la catin
Son œil de verre.

(Chanson du Père Lunette)

Il existe certainement des couples qui se plaisent et se chérissent, mais combien rares sont-ils ? Dans la haute société, l’homme va de son côté et la femme du sien : lui a des maîtresses, elle des amants, et sans les toilettes dont elles sont parées, elles seraient pareilles à de vulgaires catins, quoique celles-ci n’aient pas l’excuse du bien-être qu’ont les autres. Et cela sous le plus parfait cachet aristocratique, sous la plus pure étiquette mondaine.

(Pierre Kropotkine)

Dans certaines campagnes, les petites filles appellent catin leur poupée.

Cinq sous

Delvau, 1866 : s. m. Cigare de vingt-cinq centimes.

France, 1907 : Cigare de vingt-cinq centimes.

Filet bien coupé (avoir le)

Rigaud, 1881 : Parler beaucoup. On dit proverbialement, en parlant de quelqu’un qui parle beaucoup :

Celle qui lui a coupé le filet a bien gagné ses cinq sous.

Filet coupé (avoir le)

Delvau, 1866 : Être extrêmement bavard, — dans l’argot du peuple, qui, en entendant certains avocats, souhaiterait qu’on ne leur eût pas incisé le repli triangulaire de la membrane muqueuse de la bouche. On dit de même : Il n’a pas le filet.

France, 1907 : Être bavard.

— Quelle platine ! quelle platine ! as-tu fini de baver ! Ah ! mon pauv’ vieux ! la garce qui t’a coupé le filet n’a pas volé ses cinq sous.

(Les Joyeusetés du régiment)

Magot

d’Hautel, 1808 : Un magot de la Chine. On nomme ainsi par dérision un homme petit, laid et difforme. On dit dans le même sens un vilain magot.

d’Hautel, 1808 : Bourse, amas d’argent caché, coffre fort d’un avare.
Trouver un bon magot. Mettre la main sur une grosse succession. Hériter de beaucoup d’argent comptant.

Delvau, 1866 : s. m. Économies, argent caché, — dans l’argot du peuple. Manger son magot. Dépenser l’argent amassé.

Delvau, 1866 : s. m. Homme laid comme un singe ou grotesque comme une figurine chinoise en pierre ollaire.

Rigaud, 1881 : Argent économisé. L’ancien magot se mettait — les paysans le mettent encore — dans un vieux bas ; de là, le nom de magot, bourse grotesque.

Rigaud, 1881 : Tabatière en bouleau, tabatière dite « queue de rat », — dans le jargon du peuple.

France, 1907 : Argent caché.

Tel pasteur qui a de nombreux catéchumènes riches se fait de fort jolies annuités grâce aux seuls rendements de son instruction religieuse.
Une grande dame, mère d’une demi-douzaine de filles et de deux garçons, donnait à la communion de chacun de ses enfants des cigares de cinq sous roulés dans des billets de mille francs.
D’autres, au cours de leur visite, se bornent à glisser leur offrande soit dans un coffret, soit dans un vase ; quelquefois tout drôlement sur la cheminée.
Après le départ des visiteurs, le pasteur, suivi de sa femme effarée et de ses enfants, furète anxieux dans les moindres petits recoins et dans tous les objets en évidence pour découvrir le magot !…

(Jean Dalvy, Protestante)

Dans le temps les vieux faisaient leur magot,
Petit à petit dans le bas de laine ;
Mettant de côté chacun s’en écot,
Dans le temps les vieux faisaient leur magot,
Ils avaient parfois la marmite pleine ;
Maintenant on jeûne, on meurt à la peine
Sans laisser de quoi pour payer l’impôt.

(L. Chevreuil)

Monsieur

d’Hautel, 1808 : Monsieur vaut bien madame. Pour dire que deux personnes sont d’un mérite égal ; ou par raillerie, qu’elles ne valent pas mieux l’une, que l’autre.
Il fait le monsieur, le gros monsieur. Se dit d’un homme obscur, d’un parvenu qui oublie sa première condition, qui fait le fier, le hautain, l’homme d’importance.
Traiter quelqu’un de monsieur gros comme le bras. Voy. Bras.

Larchey, 1865 : Entreteneur. V. Amant de cœur.

On ne peut pas parler à mademoiselle. Et le mosieur… n’y est pas ?

(Gavarni)

En argot de galanterie, le mot d’époux désigne l’entreteneur ; mais il n’est pas le seul. Suivant le degré de distinction d’une femme elle dit : Mon époux, — mon homme, — Mon monsieur, — mon vieux, — monsieur chose, — mon amant, — monsieur, — ou enfin monsieur un tel. — Sauf dans la haute aristocratie où l’on dit : Monsieur un tel, ce mot mon époux est général, il se dit dans toutes les classes.

(Cadol)

Larchey, 1865 : Mesure de capacité.

Il existe de plus une certaine eau-de-vie dont le prix varie suivant la grandeur des petits verres. Voici ce que nous lûmes sur une pancarte : Le monsieur, quatre sous ; la demoiselle, deux sous ; le misérable, un sou.

(G. de Nerval)

Delvau, 1866 : s. m. Bourgeois, homme bien mis, — dans l’argot du peuple. Faire le Monsieur. Trancher du maître ; dépenser de l’argent ; avoir une maîtresse.

Delvau, 1866 : s. m. Entreteneur, — dans l’argot de Breda-Street. On dit aussi Monsieur Chose. Monsieur bien. Homme distingué, — qui ne regarde pas à l’argent.

Delvau, 1866 : s. m. Verre d’eau-de-vie de quatre sous, — dans l’argot des ouvriers.

Rigaud, 1881 : Mari d’une maîtresse de maison de tolérance, — dans le jargon des pensionnaires de l’établissement.

Monsieur, avec son épaisse barbiche aux poils tors et gris.

(E. de Goncourt, La Fille Élisa)

Rigaud, 1881 : Nom que la femme entretenue et sa bonne donnent à l’entreteneur.

Rigaud, 1881 : Verre de vin de cinq sous, verre de vin de la bouteille servi sur le comptoir du débitant.

France, 1907 : Entreteneur d’une fille.

France, 1907 : Mesure de capacité. Ce mot n’est plus guère en usage. On l’employait encore vers 1850.

Il existe, écrivait Gérard de Nerval, une eau-de-vie dont le prix varie suivant la grandeur des verres : le monsieur est tarifé quatre sous ; la demoiselle, deux sous ; le misérable, un sou.

Mur guilloutet

France, 1907 : Mur de la vie privée, appelé ainsi du marquis Louis-Adhémar de Guilloutet, député au Corps législatif pour les Landes et qui, vers 1863, fit voter une loi interdisant toute enquête dans la vie privée.

Ne vous imaginez pas que je gâche ici du plâtre pour rebâtir le mur de la vie privée avec les moellons écroulés de la loi Guilloutet. Je comprends très bien qu’un homme public a quelquefois pour devoir — et pour intérêt — de montrer en plein jour les plus intimes détails de son existence. Néanmoins, laissez-moi rire en songeant au spectacle bouffon qui nous est promis — que sait-on ? pour bientôt peut-être — lorsque nous jouirons d’un gouvernement socialiste ayant établi l’égalité des salaires et sous lequel le ministre de l’intérieur ne touchera que cinq sous par jour, comme les camarades.

(François Coppée)

Pièce tapée

France, 1907 : C’était autrefois et c’est encore aujourd’hui, dans les départements du Centre, une récompense en une pièce de monnaie de quelque valeur. On trouve cette expressions dans Molière :

— Moi, j’ai bravement bouté à terre quatre pièces tapées et cinq sous en double.

(Le Festin de Pierre)

Pièce tapée s’est dit de certains sous parisi au milieu desquels on avait ajouté la marque d’une fleur de lis pour en faire des sous tournois.

Prêter cinq sous

France, 1907 : Donner un soufflet. Allusion aux cinq doigts ; argot faubourien.

Prêter cinq sous à quelqu’un

Delvau, 1866 : Lui donner un soufflet, c’est-à-dire les cinq doigts sur le visage, — dans l’argot des faubouriens.


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