d’Hautel, 1808 : Il faut coudre la peau du renard avec celle du Lion. Vieux proverbe qui signifie qu’outre la force, il faut encore, joindre la prudence, la ruse et la finesse en traitant avec ses ennemis.
Des malices cousues de fil blanc. Voyez Malice.
Il a le visage cousu de petite vérole. Pour dire il en est extrêmement marqué.
Coudre la bouche à quelqu’un. Acheter sa discrétion par des présens.
Il est cousu d’or. Expression métaphorique qui se dit d’un millionnaire, ou d’un homme qui a un habit galonné sur toutes les coutures.
Avoir le visage cousu. C’est-à-dire, avoir le visage cicatrisé, maigre et décharné.
Coudre
Donner le romarin
France, 1907 : Consoler quelqu’un d’un chagrin d’amour. Le romarin à la vertu de cicatriser les plaies.
Romarin (donner le)
France, 1907 : Congédier un amoureux. Le romarin jouit de la propriété de cicatriser les plaies ; donner le romarin à un soupirant, c’était donc lui dire : « Va-t’en et console-toi. » L’expression est fort ancienne.
Il luy print envie (à Vulcain) de se marier, il pourchassa Minerve, tenue pour grande déesse en ciel et en terre, fille de Jupiter ; mais sans le beaucoup amuser. « luy donna le rosmarin », c’est-à-dire congédia le serrurier Vulcain, laid el boiteux.
(Loys Guyon, Miroir de la santé, 1163)
Je te hay, romarin, sans t’avoir outragé,
Par toi maint pauvre amant a reçu son congé.
(Passerat, Sonnets)
Sauge (donner un bouquet de)
France, 1907 : On donnait jadis un bouquet de sauge à l’amoureux qui avait perdu l’occasion d’épouser sa maîtresse, parce que la sauge à la vertu de cicatriser les plaies. Dans les provinces de l’Est, donner un bouquet de sauge à un amoureux, c’était lui signifier un refus. L’usage du bouquet a cessé, mais l’expression est restée. Voir Romarin.
Au lieu de bouquait, on donnait, en manière de consolation ou de raillerie, un chapeau de sauge.
Le comte de Sault, de la Provence, est destiné à épouser Mlle de Scepeaux ; se désiste de cette alliance par ordre du roi. La jeunesse de la cour lui offre un chapeau de sauge.
(Mémoires de Vieilleville, cités par La Maison Forte, — Intermédiaire)
Sauter le pas
Delvau, 1866 : v. a. Faire faillite et, par extension, Mourir, — dans l’argot des bourgeois. Signifie aussi Faire banqueroute à la vertu, — en parlant d’une jeune fille qui se laisse séduire. On dit aussi La sauter.
Delvau, 1866 : v. a. Se décider à faire une chose, sans se préoccuper de ses conséquences. Argot du peuple.
La Rue, 1894 : Faire faillite. Mourir. Dire adieu à la vertu.
France, 1907 : Mourir.
Cadet Roussell’ ne mourra pas,
Car avant de sauter le pas,
On dit qu’il apprend l’orthographe
Pour fair’ lui-mêm’ son épitaphe,
Ah ! ah ! ah ! mais vraiment
Cadet Rousselle est bon enfant.
(Vieille chanson)
France, 1907 : Perdre sa virginité.
Le drôle ! En lui, tout criait sa victoire si difficilement remportée, et je lus clairement en ses prunelles gouailleuses tout ce qu’il pensait et n’osait dire : « Elle a sauté le pas, enfin, et demain, sinon aujourd’hui, c’est elle qui me harcèlera. Ses contusions, elle ne s’en ressentira plus bientôt, et quand les égratignures que je lui fis seront cicatrisées, elle me suppliera de lui en faire d’autres plus profondes. »
(Léon Cladel, La Juive errante)
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