Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Choufflique

France, 1907 : Mauvais ouvrier ; germanisme, de Schuh-flick, savetier.

Chouffliquer

France, 1907 : Mal faire, saboter, tirer à la ligne.

C’est, disent les auteurs des Mémoires de Bilboquet, introduire beaucoup de blanc, de remplissage et de réjouissance dans le corps d’un article, de façon qu’au lieu de quinze lignes de copie que vous avez faites, on vous en paye trente.

Chouffliqueur

Delvau, 1866 : s. m. Mauvais ouvrier, Savetier, — dans l’argot des typographes, qui, à leur insu, se servent là de l’expression allemande schuhflicker.

Chouffliqueur ou choufflite

Merlin, 1888 : Cordonnier, savetier. On dit aussi choumaque, de l’allemand schumaker.

Chouflic

Boutmy, 1883 : s. m. Mauvais ouvrier. Expression employée dans d’autres argots.

Chouflik, chouflique, choumak

Rigaud, 1881 : Savetier.

Le chouflik a du sang gaulois dans les veines ; il tient à son indépendance ; il est né savetier, il mourra savetier… jamais cordonnier.

(Petit Journal pour rire)

Choufliquer

Rigaud, 1881 : Faire mal un ouvrage. Mot à mot : travailler comme un chouflique, un savetier. — En terme de journaliste, c’est introduire beaucoup de blanc, de remplissage, de réjouissance dans le corps d’un article.

Choumaque

Delvau, 1866 : s. m. Cordonnier, — dans l’argot du peuple, qui ne se doute guère qu’il prononce presque bien le mot allemand Schumacher. On dit aussi Choufflite : mais ce mot n’est qu’une corruption du précédent.

France, 1907 : Cordonnier ; anglicisme, du mot shoemaker.

Tirer à la ligne

Delvau, 1866 : v. n. Écrire des phrases inutiles, abuser du dialogue pour allonger un article ou un roman payé à tant la ligne, — dans l’argot des gens de lettres, qui n’y tireront jamais avec autant d’art, d’esprit et d’aplomb qu’Alexandre Dumas, le roi du genre.

Rigaud, 1881 : Délayer un article de journal, l’allonger, non plus avec des alinéas et des blancs comme pour le choufliquage, mais avec des épithètes, des synonymes, des périphrases.

France, 1907 : Allonger ses phrases par des mots inutiles ; délayer un dialogue afin d’augmenter le nombre de lignes d’un article, d’une chronique ou d’un roman payé à tant la ligne. Argot des gens de lettres. Alexandre Dumas père excellait dans ce genre de besogne et s’en tirait toujours avec une grande habileté. Depuis, il eut nombre d’imitateurs, sinon en qualité, du moins en quantité. Le roman-feuilleton n’est qu’une suite de tirages à la ligne, et, chose digne de remarque, ce qui n’est pas tiré à la ligne, c’est-à-dire ce qui offre quelques qualités littéraires, le public ordinaire de ces rapsodies ne le lit pas.

L’auditoire est attentif, dès le début ; après quelques répliques piquantes où les protagonistes affirment leur personnalité et dévoilent leur état d’âme, tout le monde sent venir la grande scène dite des révélations : la scène à faire ! Jusqu’ici, toutes les règles de l’art des préparations ont été sagement observées ! Mais le procureur s’est nourri de la moelle des feuilletonistes ; Montépin, Boisgobey n’ont plus de secret pour lui ; il tire à la ligne sans pudeur, fait rebondir la scène avec l’adresse d’un jongleur japonais !

(Le Journal)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique