France, 1907 : Ce dicton est du XVIe siècle. Il est évident que, pour le vulgaire, le poète planant au-dessus des choses de la vie et négligeant ses intérêts matériels pour s’occuper des divines chimères ne peut être qu’un homme dont la compagnie n’est pas à désirer. Le proverbe dit aussi vicieux, au lieu de mauvais.
Bon poète, mauvais homme
Marlou
Clémens, 1840 : Adroit.
un détenu, 1846 : Individu impropre a rien, un fainéant et un voleur adroit, fin, rusé, malin.
Delvau, 1864 : Variété de maquereau, d’homme sans préjugés, qui non-seulement consent à recevoir de l’argent des filles galantes, mais encore en exige d’elles le poing sur la gorge et le pied dans le cul.
La plus sublime de ces positions, c’est celle du marlou.
(Frédéric Soulié)
C’est des marlous, n’y prends pas garde.
(H. Monnier)
Larchey, 1865 : Souteneur. — Corruption du vieux mot marlier : sacristain. — Les souteneurs étaient de même appelés sacristains au dix-huitième siècle. On en trouve plus d’une preuve dans Rétif de la Bretonne.
Un marlou, c’est un beau jeune homme, fort, solide, sachant tirer la savate, se mettant fort bien, dansant la chahu et le cancan avec élégance, aimable auprès des filles dévouées au culte de Vénus, les soutenant dans les dangers éminents…
(Cinquante mille voleurs de plus à Paris, Paris, 1830, in-8)
Par extension, on appelle marlou tout homme peu délicat avec les femmes, et même tout homme qui a mauvais genre.
(Cadol)
Delvau, 1866 : s. et adj. Malin, rusé, expert aux choses de la vie.
Delvau, 1866 : s. m. Souteneur de filles, — dans l’argot des faubouriens. Pourquoi, à propos de ce mot tout moderne, Francisque Michel a-t-il éprouvé le besoin de recourir au Glossaire de Du Cange et de calomnier le respectable corps des marguilliers ? Puisqu’il lui fallait absolument une étymologie, que ne l’a-t-il demandée plutôt à un Dictionnaire anglais ! Mar (gâter) love (amour) ; les souteneurs, en effet, souillent le sentiment le plus divin en battant monnaie avec lui. Cette étymologie n’est peut-être pas très bonne, mais elle est au moins aussi vraisemblable que celle de Francisque Michel. Il y a aussi le vieux français marcou.
Rigaud, 1881 : Mauvais drôle, malin. — Souteneur de filles, — dans l’ancien jargon du peuple.
La Rue, 1894 : Souteneur. Filou. Malin, rusé. Front.
Virmaître, 1894 : Individu qui vit de la prostitution des femmes. Marlou vient du vieux mot marlier, avec un changement de finale (Argot des filles).
Rossignol, 1901 : Malin. Un souteneur c’est aussi un marlou.
Hayard, 1907 : Souteneur.
France, 1907 : Souteneurs du vieux mot marlier, sacristain, dénomination que le souteneur portait autrefois. Par extension, quand un homme marié a des rapports intimes avec une femme mariée, on dit que c’est son marlou.
Un marlou, Monsieur le Préfet, c’est un beau jeune homme, fort, solide, sachant tirer la savate, se mettant fort bien, dansant le chahut et le cancan avec élégance, aimable auprès des filles dévouées au culte de Vénus, les soutenant dans les dangers, sachant les faire respecter et les forcer à se conduire avec décence, oui, avec décente et je le prouverai. Vous voyez donc qu’un marlou est un être moral, utile à la société ; et vous venez les forcer à en devenir le fléau, en forçant nos particulières à limiter leur commerce dans l’intérieur de leurs maisons…
(Réclamation des anciens marlous au Préfet le police)
Quand faut aller servir c’tte bon Dieu d’République,
Où qu’tout l’monde est soldat malgré son consent’ment.
On nous envoi’ grossir les bataillons d’Afrique,
À caus’ que les marlous aim’nt pas l’gouvernement.
(Aristide Bruant)
L’rendez-vous d’Alphonse et d’Polyte,
L’tremplin où Nana tient sa cour,
Où l’marlou conduit sa marmite,
C’est l’pont Caulaincourt !
(Aristide Bruant)
anon., 1907 : Souteneur.
Payer l’intérêt de sa mine
France, 1907 : On ne connaît pas le vin au cerceau, ni l’homme au chapeau, et cependant que de gens reçoivent un bon ou mauvais accueil suivant qu’ils sont bien ou mal vêtus. Que de sots et d’ignorants élégamment mis l’emportent dans les choses de la vie sur des hommes intelligents vêtus avec simplicité ! L’habit ne fait pas le moine, mais cependant que de gredins honorés comme moines parce qu’ils en portent la robe !
Garde-toi, tant que tu vivras.
De juger des gens par la mine,
vieux proverbe auquel on ne fait jamais attention. Philopœmen, le plus grand capitaine qu’ait eu la Grèce, le dernier des Grecs, comme l’appelaient les Romains, véritable artiste en guerre suivant l’expression de Plutarque, joignait à ses talents et à ses vertus civiques et guerrières la plus grande simplicité. Jamais de pompeux étalage, jamais de suite nombreuse comme avaient coutume d’en avoir les généraux grecs. Un jour, invité chez un ami, il arrive, suivant son habitude, simplement vêtu et sans serviteur. La maîtresse du logis, qui ne le connaissait pas et qui était en ce moment fort affairée et fort troublée par l’attente de l’illustre général des Achéens, voyant cet homme, le pria sans façon de fendre un peu de bois pour son feu qui n’allait pas à son gré. Philopœmen sourit, se dépouilla de son manteau et se mit gravement à l’œuvre. Le mari entre sur ces entrefaites, et quelle n’est pas sa stupéfaction de voir le général occupé, dans sa propre maison, à cette besogne d’esclave — « Qu’est-ce que cela ? s’écrit-il stupéfait. Quoi ! seigneur… — Je paie l’intérêt de ma mauvaise mine, dit en riant Philopœmen. » Les Arabes disent : Selon l’habit, l’hospitalité.
Quid deceat, quid non
France, 1907 : « Ce qui convient, ce qui ne convient pas. » Expression latine tirée de l’Art poétique d’Horace, indiquant de garder le bon et de supprimer le mauvais, précepte qui s’applique non seulement aux vers, mais aux choses de la vie.
Tour d’ivoire (s’enfoncer dans sa)
France, 1907 : Se retirer du monde, vouloir ignorer les choses de la vie, vivre comme certaines religieuses ou religieux dans une perpétuelle hallucination séraphique.
… Et Vigny plus secret
Comme en sa tour d’ivoire avant midi rentrait.
(Sainte-Beuve, Pensées d’août)
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