d’Hautel, 1808 : Il est haut comme la botte d’un cavalier. Se dit pour choquer un homme de petite taille qui veut faire l’important, le fanfaron, le pédant.
À propos de botte. Manière d’entrer en conversation, et de raconter quelque chose de semblable à ce que l’on y dit.
Laisser ses bottes en un lieu. Y mourir.
Graisser ses bottes. Se préparer à un long voyage ; se disposer à la mort.
Graissez les bottes d’un vilain, il dira qu’on les lui brûle. Se dit d’un homme sans gratitude ; sans reconnoissance ; qui acquitte les bienfaits qu’il a reçus par de mauvais procédés.
Je ne m’en soucie non plus que de mes vieilles bottes. Se dit pour témoigner le mépris que l’on fait de quelqu’un.
Il a du foin dans ses bottes. Se dit d’un homme qui, sans jouer un grand rôle, ne laisse pas que d’être très-fortuné.
S’en donner une botte. Pour dire faire de fausses spéculations ; faire de grosses pertes.
Aller à la botte. Faire des réponses piquantes.
Ne vous jouez pas de cet homme, il va tout d’abord à la botte. Pour, il est aigre et piquant.
Chercher une aiguille dans une botte de foin. Chercher une chose dans un lieu où l’on ne peut espérer de la trouver.
Mettre du foin dans ses bottes. Amasser du bien, de la fortune dans une place, un emploi quelconque. Cette locution se prend ordinairement en mauvaise part, et se dit pour faire entendre qu’un homme s’est enrichi d’une manière illicite.
Botte
Chèvre
d’Hautel, 1808 : Le vin fait danser les chèvres. Manière burlesque de dire qu’un vin est dur et détestable à boire, que c’est de la ripopée.
Prendre la chèvre. Ne pas entendre raillerie, bouder, se choquer de peu de chose, se fâcher.
Cette expression autrefois comique, n’est plus maintenant en usage que parmi les imprimeurs où elle a conservé ses acceptions primitives. Ainsi, en terme typographique :
Gober une bonne chèvre. Signifie être très en colère, se fâcher sérieusement.
Ménager la chèvre et les choux. Flatter le fort et l’opprimé ; ménager les intérêts de deux partis opposés.
Où la chèvre est attachée il faut quelle y broute. Voyez Attacher.
La chèvre a pris le loup. Se dit des trompeurs qui tombent eux-mêmes dans leur embûche.
On dit qu’un homme a une barbe de chèvre lorsqu’il n’a de la barbe que sous le menton et par bouquet.
Il aimeroit une chèvre coiffée. Se dit par raillerie d’un homme peu difficile en amour, et à qui toutes les femmes plaisent indistinctement.
Delvau, 1866 : s. f. Mauvaise humeur, — dans l’argot des ouvriers, et spécialement des typographes. Avoir la chèvre. Être en colère. Gober la chèvre. Être victime de la mauvaise humeur de quel qu’un. Signifie aussi se laisser berner.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, on disait, dans le même sens, Prendre la chèvre.
Boutmy, 1883 : s. f. Mécontentement, colère. Gober sa chèvre, c’est s’irriter, se fâcher, poussé à bout par les plaisanteries de l’atelier ou pour toute autre cause. Cette expression est très ancienne. Molière l’emploie en un sens très voisin de celui qu’elle a aujourd’hui, dans Sganarelle ou le Cocu imaginaire (scène XII), pièce représentée en 1660 :
D’un mari sur ce point j’approuve le souci ;
Mais c’est prendre la chèvre un peu bien vite aussi.
France, 1907 : Mécontentement. Gober sa chèvre, se mettre en colère. On dit aussi dans le même sens : avoir la chèvre. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, gober ou prendre la chèvre signifiait : se laisser berner. Ménager la chèvre et le chou, essayer de plaire à deux partis adverses ; jouer le rôle douteux d’ami de tout le monde.
Un vieux diplomate a donné, pour ses étrennes, à un de nos hommes d’État, une charmante chèvre et un superbe chou en sucre, avec ce mot d’envoi : « Ménagez-les bien ! »
(Dr Grégoire, Turlutaines)
Oh ! c’est un rusé compère ; il sait ménager la chèvre et le chou, il est en bons termes avec tout le monde…
(Michel Delines, La Chasse aux juifs)
Chien
d’Hautel, 1808 : Il est grand comme un chien assis. Se dit par exagération et en plaisantant, d’un bambin, d’un marmouzet, d’un homme très-petit de taille, qui a la prétention de vouloir paroitre grand.
C’est un chien dont il faut se méfier. Manière incivile de dire qu’un homme est fin, subtil et rusé.
Cela n’est pas si chien. Pour cela n’est pas si mauvais ; se dit de toute chose friande et qui flatte le goût.
Faire le chien couchant. Flatter, carresser bassement quelqu’un, se soumettre à tous ses caprices, à toutes ses volontés.
Qui aime Bertrand, aime son chien. Voyez Aimer.
Chien hargneux a toujours l’oreille arrachée. Signifie qu’un homme querelleur s’attire sans cesse de mauvais traitemens.
Tu n’es pas chien. Expression basse et ignoble qui se dit à un égoïste, à un homme injuste, qui blesse les intérêts d’autrui pour satisfaire les siens propres.
C’est un mauvais chien. Grossièreté qui équivaut à c’est un méchant homme.
C’est un vrai chien de port. Pour c’est un rustre, un grossier personnage, comme le sont ordinairement les gens qui travaillent sur les ports.
Il m’a reçu comme un chien dans un jeu de quilles. Métaphore qui sert à exprimer le mauvais accueil que l’on a reçu de quelqu’un qu’on alloit visiter, consulter ou solliciter. On dit aussi d’un homme indiscret et importun qui vient dans une société sans y avoir été invité, qu’Il vient comme un chien dans un jeu de quilles.
Il mourroit plutôt un bon chien de berger. Se dit méchamment et injurieusement d’une personne dont on désiroit la mort, et qui est revenue de quelque maladie dangereuse.
Un bon os ne tombe jamais d’un bon chien. Signifie qu’un bon mari a rarement une bonne femme, et une bonne femme un bon mari ; et par extension, que la fortune, le bonheur, ne favori sent jamais ceux qui méritent d’être heureux.
Il fait comme les grands chiens, il veut pisser contre les murs. Locution basse et figurée, qui signifie qu’un homme se couvre de ridicule, en prenant des tons au-dessus de sa fortune et de sa condition, et généralement en entreprenant des choses qui surpassent ses moyens et ses forces.
On dit des gens vicieux, et qui ne peuvent se corriger, qu’Ils sont comme les chiens, qu’ils retournent à leurs vomissemens.
Être comme un chien à l’attache. Être retenu par un travail obligatoire et continuel.
Les coups de bâton sont pour les chiens. Réponse que l’on fait ordinairement à ceux qui vous menacent du bâton.
Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il est enragé. Signifie que lorsqu’on veut se débarrasser de quelqu’un, on lui cherche toute sorte de querelle.
On dit d’un écervelé, d’un homme qui court d’une manière extravagante, qu’Il court comme un chien fou.
Un bon chien n’aboie point faux. Signifie qu’un homme habile ne fait jamais de fausses démarches.
Il est fou comme un jeune chien. Comparaison peu honnête, pour dire que quelqu’un est d’une humeur très-folâtre.
Un chien regarde bien un évêque, je peux bien regarder une bête comme toi. Répartie brusque et injurieuse que l’on fait à un homme vain et glorieux qui se fâche de la liberté que l’on prend, de le regarder, de le fixer.
Il ne faut pas se moquer des chiens, qu’on ne soit hors du village. Pour, il ne faut pas choquer quelqu’un dans un lieu où il peut nous nuire.
Jeter un os à la gueule d’un chien, pour le faire taire. Faire un présent à quelqu’un pour l’empêcher de divulguer les secrets d’une affaire.
On dit d’un homme avide qui défend bien ses intérêts dans une affaire, qu’Il n’en jette pas sa part aux chiens.
Chien en vie vaut mieux que lion mort. Pour, il vaut mieux vivre en lâche que mourir en brave. Voy. Lion.
Abandonner quelqu’un comme un pauvre chien. Le laisser dans la misère, ne point le secourir.
Il est comme le chien du jardinier, il ne mange point de choux, et ne veut pas que les autres en mangent. Se dit d’un égoïste, d’un homme envieux des moindres succès.
Mener une vie de chien. Vivre dans la débauche et le libertinage ; dans une dissipation honteuse.
Chien noyé. Terme bas et injurieux que les femmes de la Halle appliquent à un homme, dans un débordement de colère.
Il n’est chasse que de vieux chiens. Signifie que pour les conseils, il faut avoir recours aux vieillards, qui ont reçu les leçons de l’expérience.
Rompre les chiens. Interrompre une conversation dont les suites pourroient être fâcheuses.
Entre chien et loup. Pour dire, à la brune, entre le jour et la nuit.
Tandis que le chien pisse, le loup s’enfuit. C’est-à-dire que l’occasion échappe, si l’on n’est habile à en profiter.
Droit comme la jambe d’un chien. Se dit par dérision d’une jambe, torse et mal faite.
Las comme un chien. Pour dire, très-fatigué. Comparaison dont l’ellipse est un peu forte ; car on ne sait pourquoi le chien dont on parle doit être fatigué, rien n’annonçant qu’il ait pris de mouvement.
Il vit comme un chien. Se dit par mépris d’un homme qui ne remplit aucun des devoirs de sa religion.
Vous pouvez entrer, nos chiens sont liés. Se dit pour encourager des gens timides.
Il est comme le chien de Jean de Nivelle, il s’enfuit quand on l’appelle. Voy. Appeler.
Si vous n’avez pas d’autre sifflet, votre chien est perdu. Se dit à ceux qui se sont fourrés dans une mauvaise affaire, et qui emploient des moyens inefficaces pour s’en retirer.
Ils s’aiment comme chiens et chats. Se dit d’un ménage où l’homme et la femme sont continuellement en querelle.
C’est St.-Roch et son chien. Se dit par raillerie de deux personnes qui vivent dans une grande familiarité ; qui sont inséparables.
C’est un chien au grand collier. Se dit d’une personne qui a de grandes prérogatives dans une maison ; qui y fait la pluie et le beau temps.
Faire un train de chien. Gronder, crier, s’emporter contre quelqu’un.
Un bruit de chien ; une querelle de chien. Un bruit qui dégénère en vacarme ; une querelle qui prend une mauvaise fin.
C’est un bon chien, s’il vouloit mordre. Se dit d’un homme dont les apparences sont favorables, mais trompeuses.
On appelle vulgairement l’eau-de-vie du sacré chien tout pur.
Halbert, 1849 : Secrétaire.
Larchey, 1865 : « Le chef est chien ou bon enfant. Le chien est dur, exigeant, tracassier, méticulier. » — Balzac.
Larchey, 1865 : Avare. — Horace (I. II, sat. 2) emploie le mot canis pour signifier avare.
Chien : Égoïste, homme injuste, qui blesse les intérêts d’autrui.
(d’Hautel, 1808)
N’être pas chien en affaires : Aller grandement, sans chicane.
Larchey, 1865 : Compagnon.
Tu passeras renard ou aspirant, après ça tu deviendras chien ou compagnon.
(Biéville)
Larchey, 1865 : Mot d’amitié. V. Chat.
Delvau, 1866 : s. et adj. Tracassier, méticuleux, avare, exigeant, — dans l’argot du peuple, qui se plaît à calomnier « l’ami de l’homme ». C’est l’expression anglaise : Dog-bolt. Vieux chien. Vieux farceur, — sly dog, disent nos voisins.
Delvau, 1866 : s. m. Caprice de cœur, — dans l’argot des petites dames. Avoir un chien pour un homme. Être folle de lui.
Delvau, 1866 : s. m. Compagnon, — dans l’argot des ouvriers affiliés au Compagnonnage.
Delvau, 1866 : s. m. Entrain, verve, originalité, — dans l’argot des gens de lettres et des artistes ; bagou, impertinence, désinvolture immorale, — dans l’argot des petites dames.
Rigaud, 1881 : Avare.
Dis donc, petite sœur ; il est rien chien ton m’sieur : y m’ prend un cigare et du feu et y m’ donne que deux ronds.
(A. Tauzin, Croquis parisiens)
Rigaud, 1881 : Compagnon du devoir, en terme de compagnonnage.
Rigaud, 1881 : Homme dur, exigeant ; s’emploie principalement en parlant d’un supérieur, — dans le jargon des employés. — Sévère, — dans le jargon des collégiens.
Notre pion est diablement chien.
(Albanès, Mystères du collège, 1845)
Rigaud, 1881 : Lettre tombée sous la forme. — dans le jargon des typographes.
Boutmy, 1883 : s. m. Lettre tombée d’une forme ou qui se trouve sur le marbre au moment où l’on y dépose un châssis. Le chien fait lever le texte quand on desserre, en sorte qu’il est impossible de taquer sans écraser le caractère.
La Rue, 1894 : Galbe, élégance, mordant, chic. Eau-de-vie.
France, 1907 : Ce mot à nombre de significations. Il signifie avare, et cet argot a des lettres de noblesse, car il remonte à Horace : « Il est un homme qui porte et qui mérite le surnom de chien, dit-il, c’est Avidiénus ; des olives, vieilles de cinq ans, et des cornouilles sauvages composent son repas. Il attend que son vin soit tourné pour le verser eu libations ; l’odeur de l’huile qu’il emploie vous causerait un insurmontable dégoût… »
Chien veut dire aussi tracassier, méticuleux, exigeant. Il s’emploie au féminin :
Pour comble, Mlle la doctoresse était chiche de congés, chienne en diable, n’osait jamais accorder plus de deux jours à la fois, plus chienne que tous les docteurs qui avaient passé par l’administration : un truc de cette chipie pour se faire bien venir en haut lieu sûremment !
(Albert Cim, Demoiselles à marier)
Avoir du chien, c’est avoir de l’originalité, du cachet. Avoir un chien, c’est avoir un caprice pour un homme. Faire du chien, faire un ouvrage payé d’avance ; argot des ouvriers. Faire le chien, suivre Madame avec un panier. Piquer un chien, dormir pendant la journée.
Choquer
d’Hautel, 1808 : En terme bachique, heurter, trinquer, faire carillon avec les verres ; porter une santé.
Corne
d’Hautel, 1808 : Elle baiseroit une chèvre entre deux cornes. Manière exagérée de dire qu’une personne est d’une maigreur extrême ; que sa santé est dans un dépérissement affreux.
Entendre corne. Entendre de travers ; se méprendre sur ce que l’on vous adresse.
Faire les cornes à quelqu’un. Faire le signe d’une corne avec les deux doigts de la main, à dessein de se moquer de quelqu’un, de lui causer du dépit.
Montrer les cornes. Montrer de la résistance ; se mettre en état de défense.
Porter des cornes. Avoir pour femme une infidèle, qui se fait un jeu.de, violer les lois sacrées de l’hymen.
Dur comme, de la corne. Se dit d’une viande qui n’est pas assez mortifiée, qui est dure et coriace.
Il n’a pas besoin d’un coup de corne pour avoir de l’appétit. Manière plaisante d’exprimer qu’un homme mange avidement, et avec un grand appétit.
On dit d’un homme mordant et satirique qui a choqué quelqu’un, qu’Il lui a donné un coup de corne.
On prend les hommes par les paroles, et les bêtes par les cornes. Se dit à ceux qui commettent quelqu’indiscrétion.
Il est aussi étonné que si les cornes lui venoient à la tête. Pour exprimer l’étonnement et la surprise qu’un homme manifeste en apprenant une nouvelle.
Larchey, 1865 : Puanteur. — Corner : Puer (Vidocq). — Vient peut-être de cor : cœur, qui a fait au moyen âge coreux : répugnant, écœurant. V. Roquefort.
France, 1907 : Estomac ; petit pain appelé croissant.
Courte-pointe
d’Hautel, 1808 : Il est piqué comme une courte-pointe. Se dit par raillerie d’un homme précieux et susceptible qui a pris de l’humeur ; qui s’est choqué d’une plaisanterie ou d’une bagatelle, et qui manifeste son mécontentement par un air froid et maussade.
Décravater ses propos
France, 1907 : Avoir une conversation libre qui faut rougir et, en même temps, pâmer les petites pensionnaires du Sacré-Cœur et choque les vieilles drôlesses.
Faux-col
Delvau, 1866 : s. m. La mousse d’une chope de bière, — dans l’argot des faubouriens.
Rigaud, 1881 : Mousse qui se produit au-dessus d’un verre de bière, lorsque le garçon n’a pas eu la précaution de le remplir doucement. Le faux-col est un trompe-l’œil, moins sale que le soulier de l’Auvergnat, mais qui tient, lui aussi, de la place. Le faux-col fait le désespoir des amateurs de bière. Aussi, dans toutes les brasseries, entend-on cette recommandation plus de cent fois répétée par jour : « Un bock et sans faux-col ! »
France, 1907 : C’est, en langage de brasserie, la mousse qui monte an sommet du bock et qui parfois fort épaisse, diminue considérablement la portion de bière servie aux consommateurs.
Que le port du faux-col chez les bocks soit dorénavant prohibé, tel est le vœu de la majeure partie de la population parisienne.
Les patrons des brasseries prétendent que le bock est plus élégant avec un faux-col et qu’au contraire, sans cet artifice de toilette, il a un je ne sais quoi de débraillé qui choque les natures délicates.
Il convient de ne pas se laisser influencer par ces considérations esthétiques, dont l’hypocrisie n’échappera à personne.
On a été jusqu’à soupçonner les débitants d’imiter cette mousse par des procédés nouveaux et mystérieux, de la fabriquer à part et de la disposer au-dessus des bocks avec la cuiller, dans la proportion d’un tiers.
(Écho de Paris)
Les altérés et les passionnés de bière qui sont à la coule ne manquent jamais de demander au garçon un demi sans faux-col.
Ou qu’à Ponchon, lorsqu’il balance
Son demi sans faux-col par l’anse,
Tu donnes le prix d’excellence.
(Edmond Rostand)
In medio stat imbecillitas
France, 1907 : Les imbéciles se tiennent dans les milieux. Locution latine qui contredit cette autre : In medio stat virtus, la vertu se tient dans un juste milieu ; autrement dit, la raison est éloignée des extrêmes.
Personnellement, je ne saurais trop approuver que l’on traite d’apothicaires les gens modérés, prudents, aimables d’ailleurs, qui n’osent se ruer ni à droite ni à gauche, — in medio stat imbecillitas — et mon amour de l’excessif, dans la beauté, jusqu’au sublime, dans la grandeur, jusqu’au colossal, dans l’amour, jusqu’à la passion, dans la grâce, jusqu’à l’afféterie, dans le comique, jusqu’a la farce, mon amour, bref, de l’excès en tout ne m’incline que fort peu à m’enchanter d’un ouvrage si dépourvu de toute espèce d’exubérance, si continent, si discret, où rien ne choque !
(Catulle Mendès)
Manchon de la femme
Delvau, 1864 : Les poils qui constituent sa motte, assez fournie pour tenir lieu de manchon.
Et la tribune de Florence
Au cant choqué montre Vénus
Baignant avec indifférence
Dans son manchon ses doigts menus.
(Th. Gautier)
Je n’ prêt’ pas mon manchon
Mignon,
Je n’ prêt’ pas mon manchon.
(Laujon)
Marcher
d’Hautel, 1808 : Marcher comme un basque. Être habile et leste à la marche.
Il ne faut pas lui marcher sur le pied. Se dit d’un homme très-susceptible, qu’on n’offense pas impunément, et qu’il faut prendre garde de choquer.
Je ne sais sur quelle herbe il a marché. Se dit d’une personne qui est dans son jour de mauvaise humeur.
Marcher sur des épines, sur des précipices, sur des œufs. Être dans la perplexité, dans l’inquiétude.
Delvau, 1866 : v. n. Être de la même opinion ; consentir, — dans l’argot des typographes.
Rigaud, 1881 : Approuver, être du même avis, — dans le jargon des typographes. — Je marche avec lui, je l’approuve.
Boutmy, 1883 : v. intr. Être de l’avis de quelqu’un. Je marche, j’approuve.
La Rue, 1894 : Consentir, être d’accord. Quant une offre convient, on marche, c’est-à-dire on accepte. Dans le cas contraire on ne marche pas. Marcher avec quelqu’un, faire une affaire avec quelqu’un ou être en communauté d’idées avec lui.
Rossignol, 1901 : Croire une chose invraisemblable ou un mensonge, c’est marcher.
France, 1907 : Être de l’avis de quelqu’un, approuver ; argot des typographes.
Marmot (choquer le)
La Rue, 1894 : Ne pas voir arriver ce qu’on attend.
Mouche
d’Hautel, 1808 : Faire d’une mouche un éléphant. Faire du bruit pour rien, faire passer quelque chose de néant pour une merveille.
Faire querelle sur un pied de mouche. Intenter un procès pour une bagatelle, pour la moindre des choses.
Il est bien tendre aux mouches. Signifie, il est sensible aux moindres incommodités, il se choque de peu de chose.
Dru comme mouche. Pour dire, tout un coup, tout à-la-fois.
Il ne faut qu’une mouche pour l’amuser. Se dit d’une personne oiseuse, d’un domestique musard.
Prendre la mouche. Se piquer, se choquer, être d’une grande susceptibilité.
Fine mouche. On appelle ainsi une personne artificieuse, fine, et rusée.
Quelle mouche vous pique ? Pour, qui a pu vous offenser, vous irriter, vous mettre en colère ?
Sentir des mouches, Se dit d’une femme enceinte que les premières atteintes du mal d’enfant tourmentent.
Halbert, 1849 : Vilain.
Larchey, 1865 : « Mouche, pour ceux qui ne comprendraient pas le langage parisien, signifie mauvais. » — Troubat. — Un volume intitulé les Mystères des théâtres, par un vieux comparse, publié en 1844, donne mouche dans le même sens. V. Toc.
Delvau, 1866 : adj. des deux g. Mauvais, laid, désagréable, embêtant comme une mouche, — dans l’argot des faubouriens.
Delvau, 1866 : s. f. Agent de police, — en général et en particulier.
Delvau, 1866 : s. f. Mousseline, — dans l’argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : Agent de police.
Fustier, 1889 : On désigne ainsi à Paris les bateaux à vapeur qui font sur la Seine un service de transport à l’usage des voyageurs.
Malgré… les chiens et les chevaux qu’on baigne… les bateaux qu’on décharge, les mouches qui passent en fouettant l’eau de leurs ailes et en la troublant de leur fumée, la Seine largement engraissée par les détritus de la grande ville abonde en poissons.
(Bernadille)
On désigne aussi ces bateaux sous le nom d’hirondelles.
La Rue, 1894 : Mousseline. Mauvais. Laid.
Virmaître, 1894 : Laid, bête, ridicule.
— Elle est rien mouche, la môme à Poil-aux-pattes (Argot du peuple).
France, 1907 : Mauvais, vilain. Abréviation de mouchique.
France, 1907 : Petite rondelle de taffetas noir que les femmes se collaient autrefois sur le visage et même ailleurs pour rehausser la blancheur de leur teint. Voici, à titre de curiosité, le langage des mouches à l’usage des coquettes : « La femme passionnée ou qui veut paraître telle place sa mouche au coin de l’œil ; celle qui vise à la majesté la colle au milieu du front ; l’énjouée, sur le bord de la fossette formée par la joue quand on rit ; la galante, au milieu de la joue ; la sentimentale, au coin de la bouche ; la gaillarde, sur le nez ; la coquette, sur les lèvres : la discrète, au-dessous de la lèvre inférieure, vers le menton. »
France, 1907 : Petite touffe de poils sous la lèvre inférieure.
France, 1907 : Police, policier.
On a été chercher lien loin l’origine de mouche et mouchard, jusqu’à l’attribuer à un certain Mouchy qui remplissait le métier d’agent secret du cardinal de Lorraine, tandis qu’ils viennent tout simplement de l’insupportable insecte dont nous avons tous eu à souffrir. C’est, dit avec raison Charles Nisard, son impudence et son importunité qui ont fait appeler mouchards les curieux, les effrontés qui se fourrent partout, mettent le nez dans tout, et qui, sans s’arrêter à l’épiderme, vont droit aux nerfs de leur victime et la tuent moralement. D’où naturellement ces noms furent donnés à la police les mots mouche, moucher (espion, espionner) sont, observe Ch. Ferrand, très anciens dans notre langue. Le peuple en a fait mouchard, moucharder, par la simple raison que la terminaison ard implique chez nous un sens défavorable, comme on le voit par les mots bavard, vantard, cafard, soudard, pleurard, pendard, communard, etc.
— Oui, oui, il est de la mouche, gare aux coups de casserole.
(Félix Remo, La Tombeuse)
Il vit un espion qui le regardait faire ;
Il fuit ; l’autre le suit de carfour en carfour.
Ils arrivent enfin proche un certain détour ;
Alors, se retournant, l’impatient Cartouche
De la bonne façon rosse la pauvre mouche,
Et, rempli de colère, il l’étrille à souhait.
(Nicolas de Grandval, Le Vice puni, 1726)
France, 1907 : Sobriquet donné vers 1840 aux jeunes femmes que les maîtresses de table d’hôte hébergeaient gratis pour attirer les clients mâles.
Un trait caractéristique de la table d’hôte, c’est la présence d’une ou deux jolies femmes (selon l’importance de l’établissement) qui s’affranchissent régulièrement chaque jour des prosaïques tribulations du quart d’heure de Rabelais. Ces dames sont placées au centre de la table : elles ne doivent pas avoir plus de vingt-cinq ans, être à peu près jolies, mais surtout excessivement aimables. On ne tient pas précisément à la couleur des cheveux, cependant on préfère les brunes : c’est plus piquant et d’un effet plus sûr et plus général. À ces conditions, ces dames sont traitées avec toutes sortes d’égards, exposées à toutes sortes d’hommages, et dînent tous les jours pour l’amour de Dieu et du prochain. Ces parasites femelles, qu’on désigne généralement sous le nom de mouches (soit à cause de la légèreté de leur allure, soit plutôt par analogie avec le rôle qu’elles jouent dans cette circonstance), ne se trouvent néanmoins que dans les tables d’hôte du premier et du dernier degré.
(Auguste de Lacroix)
Moutarde
d’Hautel, 1808 : Rêver à la moutarde. Faire le pensif ; prendre sans sujet un air rêveur et mélancolique.
C’est de la moutarde après dîner. Se dit de quelque chose nécessaire à une affaire, qui arrive long-temps après qu’on y a supplée.
La moutarde lui monte au nez. Se dit de quelqu’un qui commence à s’impatienter, à s’échauffer ; à se mettre en colère.
S’amuser à la moutarde. Pour dire, à des bagatelles, à des frivolités.
Il n’appartient pas à tout vinaigrier de faire de bonne moutarde. Signifie qu’il n’est pas donné à tous les auteurs de faire de bons ouvrages.
Il est fin comme moutarde. Se dit d’une personne très-rusée.
Sucrer la moutarde. Adoucir son chagrin ; modérer son ressentiment ; reprendre quelqu’un d’une manière piquante, sans cependant le choquer.
Delvau, 1866 : s. f. Le stercus humain.
La Rue, 1894 : Excrément. Moutardier, derrière.
France, 1907 : Excrément. Baril à moutarde, le derrière.
En le lançant, il dit : Prends garde,
Je vise au baril de moutarde.
(La Suite du Virgile travesti)
Pétard
Vidocq, 1837 : s. m. — Haricot.
Clémens, 1840 : Éveil, se faire de la bile.
un détenu, 1846 : Un sou.
Delvau, 1866 : s. m. Bruit, esclandre.
N’bats pas l’quart,
Crains l’pétard,
J’suis Bertrand l’pochard !
dit une chanson populaire.
Delvau, 1866 : s. m. Derrière de l’homme ou de la femme. Se dit aussi pour Coup de pied appliqué au derrière.
Rigaud, 1881 : Derrière. — Haricot. Le haricot est tantôt un musicien, tantôt un pétard, tantôt exécutant, tantôt musique. Allusion compréhensible, même pour les enfants.
Fustier, 1889 : Argot des artistes et des gens de lettres. Succès bruyant.
Pourquoi ce qui n’avait pas réussi jusqu’alors, a-t-il été, cette fois, un événement de librairie ? ce qu’on appelle, en argot artistique, un pétard.
(Gazette des Tribunaux, 1882. )
Fustier, 1889 : Sou.
À droite, un comptoir en étain
Qu’on astique chaque matin.
C’est la qu’on verse
Le rhum, les cognacs et les marcs
À qui veut mettre trois pétards
Dans le commerce.
(Gaulois, 1882)
La Rue, 1894 : Un sou. Soumet. Haricot. Postérieur. Bagarre.
Virmaître, 1894 : Le derrière.
— Crois-tu qu’elle est bien en viande ? Quel riche pétard ! On en mangerait une tranche.
L’allusion se devine ; souvent il tire des feux d’artifice (Argot du peuple). N.
Virmaître, 1894 : Sou. C’est une corruption du mot patard, expression employée par François Villon. En Suisse, il y a des siècles, patard était une monnaie divisionnaire ; en terme de mépris, on disait : un patard de vache (Argot du peuple). N.
Rossignol, 1901 : Le derrière.
Rossignol, 1901 : Sou.
Rossignol, 1901 : Tapage, bruit.
Avez-vous fini de faire du pétard, on n’entend que vous.
France, 1907 : Bruit, tapage.
Comment, v’là d’jà ménuit qui sonne !
Ej’ croyais pas qu’l’était si tard,
C’est vrai qu’on rencont’ pus personne
Et qu’on n’entend pus grand pétard.
Vrai, si j’étais propriétaire,
J’irais ben m’coucher un moment…
Mais je n’suis mêm’ pas locataire…
(Aristide Bruant)
Faire du pétard, faire du bruit, récriminer, protester vigoureusement, causer du désordre.
Autrefois, elle était fantasque,
Capricieuse, et f’sait du pétard,
Ne r’gardant pas à faire un’ frasque,
Encor moins à faire un cornard.
Mais maintenant on peut sur elle
Se reposer de tout souci,
Comme un pigeon dessous une aile…
(Henri Bachmann, La Femme mûre)
Faire un pétard est, en terme littéraire et artistique, produire une œuvre sensationnelle, qui heurte les idées courantes, choque les préjugés bourgeois, et l’on ne se doute pas du nombre de bourgeois que contient le monde artistique et littéraire. En littérature, Nana, d’Émile Zola, fut un pétard ; en peinture, la Salomée de Henri Regnault en fut un également.
Si je fais du théâtre, ce sera pour être joué, et, tout en le faisant comme je comprends qu’il doit être, — l’image de la vie. Je ne casserai aucune vitre, ne lancerai aucun pétard.
(Émile Zola)
France, 1907 : Le derrière, maître Luc, ce que l’intellectuel Armand Silvestre admire le plus chez la femme.
Le timbré s’est fait une théorie bien à lui sur les différents types de femmes. Il prétend qu’il faut être, et il est, lui, gourmand avec les brunes, gourmet avec les blondes, glouton avec les rousses, et goinfre avec les châtaines bien capitonnées, aux tétons fermes et abondants, aux croupes plantureuses et charnues, car l’adjudant apprécie la quantité au même titre que la qualité.
— J’aurais dû rentrer dans l’artillerie ou le génie, dit-il quelquefois, car j’adore les pétards, moi !
(Le Régiment)
Je les ai vus égayant
La foules ivre d’allégresse :
Chacun d’eux, certe, est bruyant
Étincelant, flamboyant,
Mais, je le confesse,
Rentré chez moi sur le tard,
Je me suis dit à moi-même :
« Ces pétards, nom d’un pétard !
Ne valent pas le pétard
De celle que j’aime ! »
(Gil Blas)
France, 1907 : Pièce d’un sou ; corruption du vieux français patard.
— J’aimerais mieux encore turbiner d’achar du matois à la sorgue pour affurer cinquante pétards par luisant que de goupiner.
(Mémoires de Vidocq)
À droite un comptoir en étain
Qu’on astique chaque matin :
C’est là qu’on verse
Les rhums, les cognacs et les marcs
À qui veut mettre trois pétards
Dans le commerce.
(Chanson du Père Lunette)
France, 1907 : Soufflet. Ça claque.
Pissoir
France, 1907 : Nom vulgaire des vespasiennes.
Juste au-dessous du chef d’orchestre, bien en vue de tous les consommateurs, un énorme écriteau blanc portait cette inscription en lettres noires : « Le pissoir est au fond du jardin. » Or, on vient en famille à la brasserie du Lion ; il y a, dans l’assemblée, beaucoup de femmes, de jeunes filles. Mais cette grossièreté ne choque personne. La naïveté tudesque est parfois bien répugnante.
(François Coppée)
Quatre-vingt-dix-neuf moutons et un Champenois font cent bêtes
France, 1907 : Le Roux de Lincy, d’accord avec d’autres étymologistes, affirme que ceux qui font remonter ce dicton à Jules César ne méritent même pas d’être réfutés. Leur argument est que Grosley de Troyes, qui a écrit au sujet des proverbes une dissertation fort spirituelle, ne daigne pas parler de l’opinion généralement reçue. Le savant troyen dit seulement que l’épithète de sots, balourds, lourdiers a été donnée de tout temps aux Champenois, qu’on la trouve dans les Contes de la reine de Navarre et que telle est probablement l’origine de cet offensant dicton. Comme il n’y a pas plus de certitude d’un côté qui de l’autre, nous préférons nous en tenir à la version qui a le double mérite d’être amusante et de ne pas choquer les susceptibilités légitimes des gens dont un autre vieux dicton dit :
Teste de Champagne n’est que bonne,
Mais ne la choque point…
Voici la version première. À l’époque où Jules César fit la conquête des Gaules, le principal revenu de la Champagne consistait en moutons. César établit un impôt en nature ; mais, voulant favoriser les petits propriétaires et par suite le commerce de la province, plus intelligent en cela que beaucoup de nos législateurs modernes, il établit une sorte d’impôt proportionnel, exemptant d’une certaine taxe tous les troupeaux au-dessous de cent têtes. Les Champenois formèrent alors leurs troupeaux de quatre-vingt-dix-neuf moutons, ce que voyant les officiers du fisc déclarèrent que désormais le berger serait compté comme tête de bétail, et par conséquent chaque troupeau de quatre-vingt-dix-neuf moutons paierait, y compris le berger, comme s’il y avait cent bêtes.
Robe
d’Hautel, 1808 : Ventre de son, robe de velours. Se dit des hommes et des femmes qui épargnent sur leur bouche, pour être bien parés.
Cela ne vous déchire pas la robe. Pour dire, n’a pas lieu de vous choquer, de vous offenser.
Rendre une visite en robe détroussée. Rendre une visite de cérémonie.
Vidocq, 1837 : Vêtement des forçats. Ce terme est celui des argousins.
(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)
Sucrée !
Delvau, 1866 : s. f. Bégueule, — dans l’argot du peuple. Faire sa sucrée. Se choquer des discours les plus innocents comme s’ils étaient égrillards, et des actions les plus simples comme si elles étaient indécentes. L’expression est vieille, — comme l’hypocrisie. Perrot d’Ablancourt, dans sa traduction de Lucien, dit : « Et cette petite sucrée de Sapho… »
Ticket
Delvau, 1866 : s. m. Billet de chemin de fer, — dans l’argot des gandins, anglomanes par genre. Pourquoi alors ne disent-ils pas aussi single ticket (billet simple) et return ticket (billet d’aller et de retour) ?
France, 1907 : Mot que les anglomanes ont adopté pour remplacer celui de billet. C’est notre mot étiquette, transformé par nos voisins.
On s’est justement choqué, en 1889, de l’emploi qui a été fait pendant l’Exposition, du mot ticket pour dire : billet. Comment est-il possible qu’une administration comme celle de l’Exposition n’ait pas hésité à choisir entre deux mots de sens absolument identique celui qui venait d’au delà du détroit ! Ce fait ne prouve-t-il pas combien notre anglomanie est invétérée ?
(Pontarmé, Le Petit Parisien)
Toquer
d’Hautel, 1808 : Pour dire, choquer, trinquer ; faire le carillon avec les verres.
Rigaud, 1881 : Sonner.
Boutmy, 1883 : v. n. Remplacer momentanément. Ce mot est aujourd’hui à peu près inusité ; on dit maintenant : Faire un bœuf. V. Bœuf.
France, 1907 : Remplacer un compositeur dans un travail ; argot des typographes.
Verre
d’Hautel, 1808 : Choquer le verre. Pour dire choquer, porter une santé.
Si son cul eût été de verre, il eût été cassé. Se dit par moquerie de ceux qui se laissent tomber fréquemment.
Vieux-bahut
France, 1907 : Nom donné par les saint-cyriens à l’École spéciale militaire, et au Prytanée par les élèves de l’École de la Flèche.
Nous retrouvons les camarades du Vieux-Bahut dans un de ces diners joyeux où les rires sonnent des fanfares, où les verres se choquent, où l’on croit encore avoir vingt ans et son premier galon, où l’on se reconnait si vite malgré les jours enfuis, où l’on évoque tant de souvenirs demeurés intacts au fond du cœur.
(René Maizeroy)
J’ai gardé bien des souvenirs du Vieux Bahut de la Flèche, quelques-uns agréables, un plus grand nombre mêlés d’amertume et d’étonnement sur la singulière façon dont on comprenait l’éducation de la jeunesse militaire.
(Hector France, Souvenirs du Bahut)
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