Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Appuyer

Delvau, 1866 : v. a. et n. Abaisser un décor, le faire descendre des frises sur la scène. Argot des coulisses. (V. Charger.)

Rigaud, 1881 : Faire monter un décor, — dans le jargon des machinistes.

Virmaître, 1894 : Abaisser un décor, le faire descendre des frises sur la scène. A. D. Appuyer est pris dans un autre sens :
— Je vais m’appuyer six heures de chemin.
— Je vais m’appuyer ce vieux birbe sur l’estomac, quelle corvée !
— Je vais m’appuyer une chopine (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Prendre, s’offrir une chose.

J’ai faim ; voilà une belle côtelette que je vais m’appuyer. — Ma voisine est une belle fille que je voudrais bien m’appuyer.

Attrape-science

Delvau, 1866 : s. m. Apprenti, — dans l’argot des typographes.

Rigaud, 1881 : Apprenti cordonnier. Pour laver la tête à l’apprenti, les ouvriers la lui plongent plus d’une fois dans le baquet de science, le baquet où trempent les cuirs.

Boutmy, 1883 : s. m. Nom ironique par lequel les ouvriers désignent quelquefois un apprenti compositeur. L’attrape-science est l’embryon du typographe ; la métamorphose demande trois à quatre ans pour s’accomplir ; vers seize ou dix-sept ans, la chrysalide est devenue papillon, et le gamin s’est fait ouvrier. À l’atelier, il a une certaine importance : c’est le factotum des compositeurs ; il va chercher le tabac et fait passer clandestinement la chopine ou le litre qui sera bu derrière un rang par quelque compagnon altéré. Il va chez les auteurs porter les épreuves et fait, en général, plus de courses que de pâté. Quand il a le temps, on lui fait ranger les interlignes ou trier quelque vieille fonte ; ou bien encore il est employé à tenir la copie au correcteur en première, besogne pour laquelle il montre d’ordinaire une grande répugnance. Parfois victime des sortes de l’atelier, il en est aussi le complice ou le metteur en œuvre. Il nous revient en mémoire une anecdote dont le héros fut un apprenti. Ses parents habitant dans un faubourg, notre aspirant Gutenberg apportait à l’atelier sa fripe quotidienne, dont faisait souvent partie une belle pomme. Le gaillard, qui était un gourmet, avait soin de la faire cuire en la plaçant sur un coin du poële. Mais plus d’une fois, hélas ! avant d’être cuite, la pomme avait disparu, et notre apprenti faisait retentir les échos de ses plaintes amères : « Ma pomme ! on a chipé ma pomme ! » La chose s’étant renouvelée plus souvent que de raison, l’enfant s’avisa d’un moyen pour découvrir le voleur. Un beau jour, il apporta une maîtresse pomme qu’il mit cuire sur le poêle. Comme le gamin s’y attendait, elle disparut. Au moment où il criait à tue-tête : « On a chipé ma pomme ! » on vit un grand diable cracher avec dégoût ; ses longues moustaches blondes étaient enduites d’un liquide noirâtre et gluant, et il avait la bouche remplie de ce même liquide. C’était le chipeur qui se trouvait pris à une ruse de l’apprenti : celui-ci avait creusé l’intérieur de sa pomme et avait adroitement substitué à la partie enlevée un amalgame de colle de pâte, d’encre d’imprimerie, etc. L’amateur de pommes, devenu la risée de l’atelier, dut abandonner la place, et jamais sans doute il ne s’est frotté depuis à l’attrape-science. Certains apprentis, vrais gamins de Paris, sont pétris de ruses et féconds en ressources. L’un d’eux, pour garder sa banque (car l’attrape-science reçoit une banque qui varie entre 1 franc et 10 francs par quinzaine), employa un moyen très blâmable à coup sûr, mais vraiment audacieux. Il avait eu beau prétendre qu’il ne gagnait rien, inventer chaque semaine de nouveaux trucs, feindre de nouveaux accidents, énumérer les nombreuses espaces fines qu’il avait cassées, les formes qu’il avait mises en pâte, rien n’avait réussi : la mère avait fait la sourde oreille, et refusait de le nourrir plus longtemps s’il ne rapportait son argent à la maison. Comment s’y prendre pour dîner et ne rien donner ? Un jour d’été qu’il passait sur le pont Neuf, une idée lumineuse surgit dans son esprit : il grimpe sur le parapet, puis se laisse choir comme par accident au beau milieu du fleuve, qui se referme sur lui. Les badauds accourent, un bateau se détache de la rive et le gamin est repêché. Comme il ne donne pas signe de vie, on le déshabille, on le frictionne, et, quand il a repris ses sens, on le reconduit chez sa mère, à laquelle il laisse entendre que, de désespoir, il s’est jeté à l’eau. La brave femme ajouta foi au récit de son enfant, et jamais plus ne lui parla de banque. Le drôle avait spéculé sur la tendresse maternelle : il nageait comme un poisson et avait trompé par sa noyade simulée les badauds, ses sauveurs et sa mère. — Nous retrouverons cet attrape-science grandi et moribond à l’article LAPIN. À l’Imprimerie nationale, les apprentis sont désignés sous le nom d’élèves. Il en est de même dans quelques grandes maisons de la ville.

France, 1907 : Apprenti, dans l’argot des typographes.

Blaichard

France, 1907 : Commis, cul-de-plomb ; du vieux mot blaiche, paresseux.

Et les ouvriers, en vidant à midi une bonne chopine, la trogne allumée, les regards souriants, se moquent des déjetés, des blaichards.

(Richepin, Le Pavé)

Cadratins

Boutmy, 1883 : s. m. pl. Petits parallélépipèdes de même métal et de même force que les caractères d’imprimerie, mais moins hauts que les lettres de diverses sortes. Ils servent à renfoncer les lignes pour marquer les alinéas et portent sur une de leurs faces un, deux ou trois crans. Jeu des cadratins. On joue avec ces petits prismes rectangulaires à peu près comme avec les dés à jouer. Les compositeurs qui calent, et même ceux qui ne calent pas, s’amusent quelquefois à ce jeu sur le coin d’un marbre. Quand le joueur n’amène aucun point, on dit qu’il fait blèche. Il va sans dire que l’enjeu est toujours une chopine, un litre ou toute autre consommation. Les typographes appellent aussi cadratin le chapeau de haute forme, désigné dans l’argot parisien sous le nom si juste et si pittoresque de tuyau de poêle.

Cholette

Vidocq, 1837 : s. m. — Demi-litre.

Halbert, 1849 : Chopine.

Larchey, 1865 : Demi-litre (Vidocq)

Delvau, 1866 : s. f. Chopine de liquide, — dans l’argot des voleurs. Double cholette. Litre.

Rigaud, 1881 : Chopine, demi-litre.

Rossignol, 1901 : Chopine, demi-litre de vin.

France, 1907 : Demi-litre.

Il emmena Vidocq chez le marchand de vin, demanda une cholette.

(Marc Mario et Louis Launay, Vidocq)

Chopine

d’Hautel, 1808 : Mettre pinte sur chopine. Gobeloter, s’enivrer, boire de cabaret en cabaret ; des petites mesures passer aux grandes.

Chopine en bois

Rigaud, 1881 : Broc de bois à l’usage des marchands de vin.

Chopiner

d’Hautel, 1808 : Boire chopine à chopine, faire débauche de vin.

Delvau, 1866 : v. n. Hanter les cabarets, — dans l’argot dédaigneux des bourgeois, qui, eux, hantent les cafés. Chopiner théologalement, dit Rabelais.

France, 1907 : Courir les cabarets, avaler des chopines. La chopine est une ancienne mesure contenant un demi-litre ; du bas latin copina, coupe.

On juge un affreux ivrogne.
— Messieurs les jurés, dit l’avocat en concluant, vous acquitterez cet homme, qui a agi entraîné par la passion…
L’accusé, dans sa barbe : Oui, et en chopinant six litrons.

France, 1907 : Voler.

Chopinette

France, 1907 : Petite chopine.

Quand le marchand de vin, par un habile coup de pouce, renversait une partie de la marchandise contenue dans la mesure sur son comptoir : — C’est pas une chopine, disait l’ivrogne, c’est une chopinette.

(Ch. Virmaître, Paris oublié)

Chopotte

Rossignol, 1901 : Chopine, demi-litre de vin.

Demi-kilo

France, 1907 : Chopine.

Godinette

d’Hautel, 1808 : Pour amante, maîtresse.
Embrasser quelqu’un en godinette. C’est baiser sur la bouche, en pressant avec les doigts les joues de la personne que l’on veut embrasser, ainsi que le font les enfans entre eux.

Delvau, 1866 : s. f. Grisette, maîtresse. Baiser en godinette. « Baiser sur la bouche en pinçant les joues de la personne, » — sans doute comme baisent les grisettes des romans de Paul de Kock.

Virmaître, 1894 : Grisette. Elle gode pour tous les hommes (Argot du peuple).

France, 1907 : Grisette. Baiser en godinette, c’est baiser sur la bouche en prenant les joues.

Buvons encor chopinette
De ce tout doux brandevin ;
Bois au tambour de Catin,
Je bois à ta Fanchonnette :
Baisons-nous en godinette.

(Vadé)

Gongonner

Virmaître, 1894 : Terme employé dans les ménages d’ouvriers lyonnais et aussi par Gnaffron dans les Guignols :
— Ma vieille colombe gongonne toujours quand je liche une chopine.
— Tais-toi donc, vieux gongon.
Gongonner,
synonyme de bougonner et de ronchonner (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Grogner, bougonner.

Lancequiner, lansquiner

Rigaud, 1881 : Pleuvoir. — Pleurer. — Uriner.

France, 1907 : Pleuvoir.

Ah çà ! pleut-i’ pas ou c’qu’i pleut ?…
Sûr i’ pleut !… j’parie eun’ chopine,
I’ fait si tell’ment noir qu’on peut
Pas seul’ment voir si i’ lanc’quine.

(Aristide Bruant)

Mikel

Vidocq, 1837 : s. m. — Je conçois fort bien que l’on accorde à celui qui montre à travers les verres d’une lanterne magique, monsieur le Soleil, madame la Lune et le palais de l’Empereur de la Chine, qui avale des barres de fer et des lames de poignard, qui danse sur la corde ou exécute des tours de souplesse, le droit d’exercer son industrie sur la place publique : il ne fait de mal à personne, et quelquefois il amuse les badauds de la bonne ville ; mais ce que je ne puis concevoir, c’est qu’une police bien organisée accorde à certains individus le droit de voler impunément à la face du soleil. Il n’y a, je crois, que deux genres d’industrie, celles qui servent à l’utilité et à l’amusement, et celles qui ne servent absolument à rien ou plutôt qui ne sont que les moyens dont se servent quelques individus pour escroquer de l’argent aux niais : c’est évidemment dans cette dernière classe que doivent être rangées celles qui sont exercées par ces marchands de pommade propre à faire croître les cheveux, de baume propre à guérir les cors aux pieds. Si les charlatans qui débitent ces spécifiques sont dangereux, combien sont plus dangereux encore ces devins et devineresses en plein vent, qui prédisent au Jean-Jean qu’un jour il sera colonel, à la servante d’un homme seul que son maître la couchera sur son testament, à la fille publique qu’elle trouvera un entreteneur.
Lorsque vous passerez dans la rue de Tournon, arrêtez-vous au numéro 5, et entrez chez mademoiselle Lenormand, vous trouverez toujours dans le salon plusieurs individus des deux sexes, de tout âge et de toutes conditions, attendant avec impatience l’instant d’être admis dans l’antre de la pythonisse ; allez vous promener sur les boulevards, sur la place du Châtelet ; arrêtez-vous au milieu du cercle qui entoure le sieur Fortuné, ou tout autre « élève favori du célèbre Moreau, qui a eu l’honneur de tirer les cartes à sa majesté Napoléon, » et vous verrez toutes les mains tendues lorsque le Pitre offrira aux amateurs la carte révélatrice.
Les individus qui vont demander des conseils aux tireurs de cartes sont des imbéciles, sans doute, mais il ne doit cependant pas être permis de les exploiter ; aussi, je le répète, je ne comprends pas l’indulgence de la police.
L’établissement d’un tireur de cartes se compose ordinairement d’une petite table, de trois gobelets de fer-blanc, de quelques petites boules de liège ou muscades, de plusieurs jeux de cartes, et d’un Pitre ou paillasse ; c’est dans un quartier populeux et à proximité d’un marchand de vin que l’Éteilla moderne exerce ; le Pitre commence ordinairement la séance par quelques lazzis de mauvais goût, ou quelques chansons plus que grivoises ; c’est lui, qui, en termes du métier, est chargé de faire abouler le trèpe, lorsque la foule est assez grande pour promettre une bonne recette, le devin arrive et débite son boniment ; le Pitre distribue les cartes et reçoit la rétribution fixée ; cela fait, le devin explique à voix basse et hors du cercle, la dame de carreau ou l’as de pique ; si parmi les individus qui ont pris, moyennant deux sols, une carte du petit jeu ou jeu de piquet, il s’en trouve un qui écoute avec plus de recueillement que les autres les vagues explications auxquelles sa carte donne lieu, et qui paraisse ajouter une foi entière aux discours du devin, celui-ci propose de lui faire le grand jeu ; si l’individu accepte, un signe du devin avertit le Pitre qui sait très-bien s’acquitter de la tâche qui lui est imposée. Il va trouver le Mikel, et tout en buvant une chopine avec lui, il lui tire adroitement les vers du nez, et bientôt il sait ce qu’il est, d’où il vient, où il va et ce qu’il espère ; il rapporte à son maître ce qu’il vient d’apprendre, et celui-ci est pris pour un grand homme par le Mikel, qui ne se doute jamais qu’il ne fait que lui répéter ce que lui-même disait il n’y a qu’un instant, et il ne regrette pas ce qu’il a payé pour se faire expliquer une ou deux cartes du jeu du tarot. Après le jeu du tarot il se fait faire le jeu égyptien, puis encore d’autres jeux qu’il trouve plus merveilleux les uns que les autres ; si bien, qu’il quitte le devin plus pauvre de quelques pièces de cinq francs, mais bien convaincu que dans peu de temps il n’aura plus de souhaits à former.
Si les tireurs de cartes bornaient à cela leur industrie, cette industrie, il est vrai, ne serait rien moins que délicate, mais au moins elle ne serait pas dangereuse, et si l’on voulait bien être très-indulgent elle serait même bonne à quelque chose, ne fût-ce qu’à donner à de pauvres diables ce qui ne saurait être payé trop cher : l’espérance ; mais il n’en est pas ainsi, les devins ne se contentent pas toujours de faire naître, moyennant finances, l’espérance dans le cœur du Mikel, ils veulent bien se charger de la réaliser. Lorsqu’ils ont trouvé un niais de force à croire qu’ils peuvent le faire aimer d’une femme, gagner à la loterie, ou découvrir un trésor caché, ils puisent à poignées dans sa bourse ; ce sont tous les jours des consultations, qui alors ne se donnent plus pour deux sous, mais qui sont payées fort cher ; ce sont des présens qu’il faut faire au génie familier du sorcier, etc., etc. Il arrive souvent, très-souvent même, que le Mikel n’est désabusé que lorsqu’il est complètement ruiné.
On mit un jour sous les yeux de M. Anglès, alors préfet de police, une pétition qui relatait toutes les ruses mises en œuvre par le sorcier que j’ai nommé plus haut, le sieur Fortuné, pour dépouiller un Mikel ; M. Anglès indigné écrivit en marge de cette pétition : « Si cet escamoteur ne rend pas ce qu’il a escroqué, je l’escamote à Bicêtre. » L’escamoteur rendit, pour ne pas être escamoté ; ce qui pourtant ne l’empêcha pas de faire de nouvelles dupes.

Larchey, 1865 : Dupe (Vidocq). — C’est le nom de Michel dont le diminutif michon signifiait autrefois sot. V. Roquefort.

Delvau, 1866 : s. m. Dupe, — dans l’argot des saltimbanques.

Mille-pattes

Merlin, 1888 : Infanterie, régiment ou bataillon de fantassins. Le mot fait image.

Fustier, 1889 : Fantassin.

France, 1907 : Sobriquet donné par les cavaliers aux fantassins.

Il arrive parfois
Que la bourse est bien plate,
On n’est pas des bourgeois
Quand on est mille-patte,
Si l’on n’peut se payer
Sa petite chopine,
Faut souvent se fouiller
Passant d’vant la cantine !…
Aussi vive mon quart de vin
Dont la distribution sonne !
Vive ce nectar purpurin !
Vive la France qui le donne !

Occase

Halbert, 1849 : Occasion, rencontre heureuse.

Larchey, 1865 : Occasion.

Deux francs cinquante de bénef, profitez de l’occase.

(A. Second)

D’occasion : De mince valeur. — Allusion. — On dit : une vertu, un héros d’occasion.

Ces Desgrieux de carton, ces Lucien de Rubempré d’occasion.

(Delvau)

Maria, qui se case, Au mois, Fait sa tête d’occase, Parfois.

Ce couplet, extrait du Prado, de Privat d’Anglemont, 1846, peut se traduire ainsi en langue vulgaire : Maria, à laquelle un amant paie chaque mois son entretien, fait parfois sa tête d’occasion, c’est-à-dire sans avoir de quoi légitimer cet orgueil.

Delvau, 1866 : s. f. Apocope d’Occasion, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Occasion. Un objet d’occase, un objet qui a servi. — Châsse d’occase, œil de verre.

Hayard, 1907 : Aubaine.

France, 1907 : Occasion ; argot des faubouriens.

Les jeunesses qui ont des guibolles d’acier ont gambillé sur les pavés pendant une ou deux nuits.
Cela ne prouve rien, nom de dieu !
Ceux-là ont profité de l’occase et ils ont bougrement bien fait. Dans la garce de société actuelle, on n’a que les plaisirs qu’on se donne or la vie y est si dégueulasse que quand il se présente un brin de jubilation, on aurait tort de cracher dessus…
Oh mais, faut pas croire que la participation du populo aux fêtes des Jean-foutres prouve qu’il ait ces derniers à la bonne. Le populo est peu éplucheur de sa nature : il ne voit dans les fêtes qu’une occase de plaquer le turbin, de foutre les frusques du dimanche, de tordre le cou à quelques chopines, — bref, de se donner du bon temps.

(La Sociale)

Mère d’occase, prétendue mère ; argot populaire. Œil ou chose d’occase, œil de verre.

Paf

Larchey, 1865 : Ivre. Abréviation de Paffé.

Vous avez été joliment paf hier.

(Balzac)

Delvau, 1866 : adj. Gris, ivre, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Ivre. — Ivrogne gai.

La Rue, 1894 : Ivre. Soulier.

Virmaître, 1894 : Celle expression désigne l’objet qui distingue l’homme de la femme. Ce sont les voyous qui ont inventé le mot. Quand un tenancier d’une maison de tolérance se retire des affaires et qu’il se fait construire une maison à la campagne, s’il éprouve, par vanité, le besoin de mettre au fronton de sa maison un écusson, il peut y ajouter cette devise qui explique le mot paf : Pene erexit domum (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Ivre.

Rossignol, 1901 : Si vous dites à un voyou : « Je vais t’astiquer les côtes », et qu’il vous réponde : « Tu astiqueras mon paf », il n’est pas poli.

Hayard, 1907 : Être ivre.

France, 1907 : Ivre. Syncope du patois lillois épaffe, ahuri, saisi, épouvanté. Quelques étymologistes en font un anagramme de l’anglais fap, ivre. Paf d’ailleurs se disait et se dit encore pour eau-de-vie ; de la cause on a fait l’effet :

— Sans vous commander, not’ voisin,
Lâchez-nous, s’il vous plaît, chopine
De paf, en magnièr’ d’eau divine…
— Allons, bijou, mettez-vous là.
Babet ! verse à Monsieur. Aimez-vous l’eau-de-vie ?
— Non, je ne bois point de cela…

(J. Vadé, Œuvres poissardes)

France, 1907 : Membre viril ; argot des voyous.

Quand un tenancier d’une maison de tolérance se retire des affaires et qu’il se fait construire une maison à la campagne, s’il éprouve, par vanité, le besoin de mettre au fronton de sa maison un écusson, il peut y ajouter cette devise qui explique le mot paf : Pene erexit domum.

(Ch. Virmaître)

Payer

d’Hautel, 1808 : Adieu, porte-toi bien ; je payerai le médecin. Plaisanteries, goguettes populaires, usitées en se séparant de gens avec lesquels on est très-familier.
Il veut tout savoir et ne rien payer. Se dit d’un investigateur, d’un curieux fort avare.
Payer ric à ric. Se faire tirer l’oreille pour payer une somme ; la payer par petits à comptes.
Il payera les pots cassés. Signifie qu’on fera retomber sur quelqu’un le dommage survenu dans une affaire.
Tant tenu, tant payé. Pour dire qu’on ne doit payer un ouvrier qu’à proportion du temps qu’on l’a employé.
Payer en monnoie de singe, en gambades. Signifie se moquer de celui à qui l’on doit.
Payer bouteille, pinte, chopine, demi-setier. Pour dire payer à boire à quelqu’un.

Fustier, 1889 : Argot des lycées. S’exonérer, au moyen d’une exemption, d’un satisfecit, d’une punition encourue. Payer ses arrêts, sa retenue. Sortie payante, sortie de faveur accordée à relève qui remet en paiement une ou plusieurs exemptions que son travail, sa bonne conduite lui ont fait obtenir.

Depuis longtemps, la France a protesté contre les sorties dites payantes ou de faveur et contre les punitions actuellement en vigueur.

(France, 1881)

La Rue, 1894 : Faire, accomplir. Être condamné. Avoir payé, avoir subi des condamnations, faire payer, condamner.

Pinte

d’Hautel, 1808 : Je donnerois une pinte de mon sang pour lui. Pour exprimer l’extrême attachement qu’on a pour quelqu’un.
Mettre pinte sur chopine. Boire à coups redoublés ; s’enivrer.
Il n’y a que la première pinte qui coûte. Pour dire que dans les plus petites affaires comme dans les plus grandes, il n’y a que le commencement qui donne de la peine.

Pioupiou

Rigaud, 1881 : Soldat d’infanterie.

L’uniforme blanc des gardes-françaises rappelait un peu leur costume, (le costume des Pierrots) aussi le populaire appelait-il ces soldats « des Pierrots… ». De plus, lorsqu’ils (les Parisiens) voyaient passer un garde-française : — Pioupiou, criaient-ils. Cette moquerie eut pour résultat de faire donner le sobriquet de pioupiou aux soldats de l’infanterie française.

(Aug. Challamel)

La Rue, 1894 : Soldat d’infanterie de ligne.

France, 1907 : Fantassin. Francisque Michel donne de ce sobriquet une singulière origine en prétendant qu’il vient de l’habitude qu’avaient autrefois les soldats de faire main basse sur les poules ; habitude que, du reste, ils n’ont pas perdue.
Voici qui est plus sérieux, les gardes françaises portaient primitivement un uniforme presque entièrement blanc, d’où le peuple les avait baptisés du nom de « blancs partout » puis pierrots. Les gamins de Paris, associant ce nom du type connu des parades foraines à celui du moineau franc, imitaient sur le passage des gardes françaises le piaulement de l’oiseau : piou-piou, piou-piou. Après le licenciement par Louis XVI, le 31 juillet 1789, des gardes françaises qui, composées presque entièrement de Parisiens, avaient fait cause commune avec le peuple à la facile prise de la Bastille, on continua de donner le sobriquet de piou-piou aux fantassins. Ajoutons que le mépris dont les autres régiments entouraient les gardes françaises ne fut probablement pas étranger à la part qu’elles prirent au mouvement du 14 juillet.

Troupiers français et joyeux camarades,
Le cœur en flamme et la tête en gaité,
Nous sommes les tourlourous, les troubades,
Vieux nom qui dit notre joyeuseté !
Que, dans le bal, la musique résonne,
Jusqu’au matin dansons comme des fous !
Pour Terpsichore on oubliera Bellone,
Amis, valsons la valse des Pioupious !

(La Valse des pioupious)

Quand il revient à son village,
Le gentil pioupiou libéré
Rêve du plantureux corsage
Par la cantinière montré ;
Et, ma foi, toutes les chopines
Qu’il s’offre à présent n’valent pas
Le petit verr’ qu’à la cantine
Elle versait aux p’tits soldats.

(Griolet)

Polichinelle

d’Hautel, 1808 : Des secrets de polichinelle. Des bibus, des riens, des choses qui ne méritent aucune discrétion, qui sont sues de tout le monde.
Le peuple dit par corruption, porichinelle. Voyez Corridor.

Larchey, 1865 : Canon d’eau-de-vie.

Polichinel… C’est ainsi que les fiacres nomment une chopine en deux verres.

(Cabarets de Paris, 1821)

Delvau, 1866 : s. m. Enfant, — dans l’argot des faubouriens et des petites dames. Avoir un polichinelle dans le tiroir. Être enceinte.

Delvau, 1866 : s. m. Grand verre d’eau-de-vie, — dans l’argot des chiffonniers, qui aiment à se payer une bosse. Agacer un polichinelle sur le zinc. Boire un verre d’eau-de-vie sur le comptoir du cabaretier.

Delvau, 1866 : s. m. Homme amusant, excentrique, — dans l’argot des bourgeois.

Delvau, 1866 : s. m. L’hostie, — dans l’argot des voyous. Avaler le polichinelle. Communier ; recevoir l’extrême-onction.

Rigaud, 1881 : Hostie, — dans le jargon des voyous.

Rigaud, 1881 : Verre d’eau-de-vie de la capacité d’un double décilitre, servi sur le comptoir du marchand de vin.

Si mon auguste épouse ne reçoit pas sa trempée ce soir, je veux que ce polichinelle-là me serve de poison.

(Gavarni)

La Rue, 1894 : Hostie. Grand verre d’eau-de-vie. Nouveau-né.

France, 1907 : Enfant lorsqu’il est dans le ventre de sa mère, à cause de la bosse qu’il occasionne.

Elle eut une colère contre son ventre, exaspérée à la pensée du bedonnement prochain, toujours gonflant comme une grenouille soufflée par une paille au cul. Son jobard d’amoureux ne savait donc pas les secrets, qu’il lui collait un polichinelle au bout de trois mois de fréquentation !

(Camille Lemonnier, Happe-Chair)

France, 1907 : Fumiste politique. « Ce monde est une grande foire, disait Voltaire, où chaque polichinelle cherche à attirer la foule. »

À l’occasion d’un changement d’uniformes dans son armée, je ne sais quel roi de Naples s’écria un jour en parlant de ses soldats :
— F…tez-les en bleu, f…tez-les en vert, f…tez- les en rose, ce n’est pas ça, quand ils verront l’ennemi, qui les empêchera de f…tre le camp !
On aurait beau chamarrer d’or nos ministres leur mettre sur le dos toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, on n’obtiendrait qu’un résultat transformer en Arlequins des Polichinelles.
Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on sait que l’habit ne fait pas le moine et que des objets de prix peuvent être portés par des ânes.

(Intransigeant)

France, 1907 : Grand verre ou canon d’eau-de-vie ; argot populaire.

— Si mon auguste épouse ne reçoit pas sa trempé ce soir, je veux que ce polichinelle-là me serve de poison.

(Gavarni)

Poufiasse

Rossignol, 1901 : Prostituée.

France, 1907 : Sale femme, prostituée de bas étage ; argot populaire qui se trouve dans le parler béarnais.

Le directeur du bagne lui paya une chopine d’arnica, pour panser ses hochons, puis exigeant de la poufiasse qu’elle porte plainte, il rédigea pour elle une déposition.
Mais quand il s’est agi de dégotter des témoins, bernique ! personne n’a voulu marcher.

(Le Père Peinard)

Si j’ai pas l’rond, mon surin bouge,
Or quand la poufiasse a truqué,
Chez moi son beurre est pomaqué :
Mieux vaut bouffer du blanc qu’du rouge.

(Jean Richepin)

Rien

d’Hautel, 1808 : Il lui a donné un petit rien entre deux plats. Facétie, pour dire rien, absolument rien.
Il ne sait rien de rien. Pour, il ignore absolument cette affaire.
On ne fait rien de rien. Pour dire qu’avec rien on a de la peine à faire quelque chose.
Ce que vous dites et rien c’est la même chose. Pour dire, ce sont des paroles inutiles ; je ne vous écoute pas.
Il n’y a rien qu’il y paroisse. Se dit d’une chose que l’on avoit mise en ordre, et qui est de nouveau troublée et confuse.

Vidocq, 1837 : s. m. — Garde chiourme, argousin.

Delvau, 1866 : s. m. Garde-chiourme, argousin, — dans l’argot des forçats.

Delvau, 1866 : s. m. Un peu, très peu, — dans l’argot du peuple. En un rien de temps. En très peu de temps. Rien de rien. Moins que rien.

Delvau, 1866 : Mot de l’argot des faubouriens, qui l’emploient comme selle à tous chevaux, pour donner plus de force et de couleur à leurs discours. Ainsi, ils disent : Il n’a rien l’air de… pour : Il a extrêmement l’air de… Il n’est rien paf, pour : Il est très gris. Ce n’est rien mauvais, pour : On ne saurait imaginer chose plus détestable, etc.
Une autre négation, sœur de celle-ci, et valant comme elle une affirmation, c’est n’être pas. Ainsi : Tu n’es pas blagueur ! signifie : « Comme tu es menteur ! »

Rigaud, 1881 : Très, beaucoup, extrêmement. Une des expressions les plus courantes parmi le peuple. — Être rien chic, être très élégant. — Être rien bate, être très joli. — Être rien poivre, être très soûl.

Boutmy, 1883 : synonyme de beaucoup. Il est rien bête, celui-là. Cette expression saugrenue appartient plutôt à l’argot des margeurs et des receveurs qu’à celui des compositeurs. V. Mince.

La Rue, 1894 : Garde-chiourme. Très, beaucoup, extrêmement : c’est rien beau !

France, 1907 : Argousin ; garde-chiourme. Voir Ruf.

France, 1907 : Beaucoup, très. « Il est rien bête. » Expression populaire.

Encore douz’ ronds, j’vâs m’payer une
Chopine su’ l’premier comptoir,
Crebleu ! Qué vent ! Quien ! V’là la lune !
Elle a rien mauvais’ min’ ce soir.

(Fulbert Mayrat)

Rond (être)

France, 1907 : Être ivre.

On passe dans la salle à manger. La maîtresse de maison s’adressant à un invité de moindre importance : « Monsieur Paloignon, je suis désolée de vous placer au bout : c’est incommode, ces tables carrées !
— Oh ! Madame, reprend gracieusement Paloignon, pourvu que je sois rond tout à l’heure »

(Rouge et Noir)

On dit aussi rond comme une balle, ou comme un tambour.

H’u !… nom de Dieu ! me v’là cinglé,
Depuis tantôt que j’me trimballe,
C’est toujours moi qu’j’ai régalé,
Et j’suis rond… mais rond comme eun’ balle,
Quand j’vas rentrer, Cécil’ gueul’ra,
A tap’ra su’ son p’tit Francisque,
Mais pisque c’est ell’ qui trinqu’ra,
J’suis pas pressé, moi, qu’est que j’risque ?

(Aristide Bruant)

C’est la fête à Clémentine,
Elle a bu sa p’tit’ chopine
Et, depuis le Point-du-Jour,
Elle est rond’ comme un tambour.

(Derailleul)

Roquille

Rigaud, 1881 : Demi-setier, alias polichinelle.

France, 1907 : Petite fiole dans laquelle les cabaretiers servaient l’eau-de-vie et qu’on trouve encore dans certains comptoirs de campagne. De même qu’on dit boire chopine quand il s’agit de vin, on disait boire roquille quand il s’agissait d’eau-de-vie. La roquille contient environ un huitième de litre.

Sergot

Virmaître, 1894 : V. Bec de gaz.

Hayard, 1907 : Sergent de ville.

France, 1907 : Gardien de la paix. Ce sobriquet vient de ce qui et les appelait autrefois sergents de ville.

Y a des nuits ousque les sergots
Les ramass’nt, comm’ des escargots,
D’la rue d’Flandre à la Chopinette…

(Aristide Bruant)

Stroc

Vidocq, 1837 : s. m. — Septier.

Delvau, 1866 : s. m. Chopine, — dans l’argot des voleurs. Demi-stroc. Demi-setier. On dit aussi Stron.

Rigaud, 1881 : Setier, mesure de vin ; d’où mastroquet, marchand de vin.

Suageurs

Vidocq, 1837 : s. m. — Chauffeurs. Les événemens de notre première révolution avaient engagé beaucoup de personnes à cacher ou à enfouir tout l’argent monnoyé qu’elles possédaient, aussi des voleurs s’étaient réunis par bandes de dix, quinze, vingt ou trente hommes, pour attaquer les châteaux et les fermes où ils croyaient trouver de l’argent.
Souvent le château sur lequel les Suageurs avaient jeté leur dévolu était cerné, escaladé, et avant que ses habitans eussent eu le temps de se reconnaître, ils étaient saisis et garottés ; le maître de la maison était alors amené devant une cheminée dans laquelle on avait fait un grand feu, et le chef de la bande lui demandait son argent, s’il ne faisait pas connaître de suite le lieu dans lequel il était caché, on le menaçait de lui brûler les pieds, et cette menace n’était que trop souvent exécutée.
Beaucoup de personnes ont été cruellement mutilées par les Suageurs, qui très-souvent ne se contentaient pas de brûler les pieds de ceux qui se montraient récalcitrans, et qui quelquefois se servaient du soufflet ; supplice inventé par le nommé Chopine, dit le Nantais, l’un des plus intrépides et des plus cruels Suageurs de la bande de Sallambier.
Un autre individu de la même bande, nommé Calandrin, dit le Parisien, avait proposé d’arracher les ongles à tous ceux qui n’avoueraient pas de suite tout ce qu’on exigerait d’eux, et cette proposition avait été acceptée.
Capahut, dont j’ai parlé ci-dessus, avait aussi fait partie d’une bande de chauffeurs dans les environs de Paris. Comme on a pu le voir, assassiner ses camarades pour s’approprier leur part de butin, n’était pour lui qu’une action très-ordinaire ; il appelait cela travailler en lime sourde. Il expia ses forfaits sur la place de l’Hôtel-de-Ville.

Tenante

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Chopine, bouteille.

Vidocq, 1837 : Chopine.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Rigaud, 1881 : Chopine ; et particulièrement, chopine d’eau-de-vie.

France, 1907 : Mesure de la contenance d’une pinte, chopine ; argot populaire.

Tortu

d’Hautel, 1808 : Il n’est ni tortu, ni bossu. Se dit en plaisantant, pour exprimer que la taille d’une personne n’a aucune de ses imperfections.

Rigaud, 1881 : Vin, — dans l’ancien argot. Allusion au bois tordu de la vigne.

Virmaître, 1894 : Le vin.
— Allons, mastroquet, sers-nous deux cholettes de tortu.
Cholette :
chopine, tortu : le vin, en souvenir du bois tortu qui produit le raisin (Argot du peuple).

France, 1907 : Vin ; argot des voleurs. Voir Tortillante.

Tourner de l’œil

Delvau, 1864 : Tourner La prunelle, Montrer le blanc des yeux en jouissant.

Tu tournes la prunelle…
Tu vas jouir… ma belle…

(Marc Constantin)

Larchey, 1865 : S’assoupir, mourir.

Trois ou quatre méchantes chopines… et ça tourne l’œil.

(Gavarni)

Du poison !… Allons, bois… tu vas tourner de l’œil tout de suite.

(Chenu)

Delvau, 1866 : S’endormir. Signifie aussi, par extension, Mourir.

Delvau, 1866 : Se pâmer, s’évanouir de plaisir.

Rigaud, 1881 : Mourir.

La Rue, 1894 : Dormir. Mourir. Se pâmer de plaisir.

Virmaître, 1894 : Mourir (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Mourir.

France, 1907 : Mourir.

Entre disciples d’Esculape :
— Comment faites-vous, cher confrère, pour être payé intégralement ?
— Je ne soigne que les belles-mères. Si elles en réchappent, leurs filles me payent bien ; si elles tournent de l’œil, leurs gendres me payent mieux.

Tremblement

Larchey, 1865 : Réunion imposante.

À l’union de l’infanterie, de la cavalerie, de tout le tremblement.

(La Barre)

Bataille :

Mais la veille du tremblement, fallait voir les feux des postes avancés.

(Chansons, 1854)

Delvau, 1866 : s. m. Bataille, — dans l’argot des troupiers.

Rigaud, 1881 : Mélange de vermout, de cassis et d’eau-de-vie.

C’est là (au café des Variétés), entre un bock et un tremblement, — que s’ébauchent les engagements de toute sorte.

(Monselet, Acteurs et actrices)

France, 1907 : Bataille, mêlée.

France, 1907 : Mélange alcoolique affectionné par les escarpes. « Un tremblement, dit Paul Mauhalin, est un mélange de cognac, de kirsch, de rhum, d’absinthe, de café, de vermouth, de bitter, de genièvre et de curaçao. Le tout remué dans un verre contenant un peu plus d’une chopine. D’aucuns ajoutent de l’esprit-de-vin et une pincée de poudre à canon : histoire de lui donner du goût. Une caresse sur l’estomac, mais un coup de poing sur la tête. »

France, 1907 : Réunion, rassemblement, tas de choses. Tout le tremblement, l’ensemble. Expression populaire.

Trimar, trimard

France, 1907 : Route, chemin. Aller sur le trimard, voyager. Travailler sur le grand trimard, dévaliser, voler sur les grands chemins ; argot des voleurs et des vagabonds, du verbe trimer, marcher beaucoup avec fatigue.

Moi, j’suis pas né faubourg Germain
(En v’là d’un quartier que j’détesse),
Sans m’la fouler j’vas mon p’tit ch’min
Comm’ l’empoyé d’la p’tit’ vitesse :
Tous les soirs j’descends sur l’trimard
Ma marmit’, pour qu’alle y turbine,
Et, pendant qu’la goss’ fait son quart,
J’m’en vas m’envoyer eun’ chopine.

(É. Blédort)

Vinasse

Fustier, 1889 : Vin.

Virmaître, 1894 : Mauvais vin fabriqué avec du bois de campêche. Se dit communément quand le marchand de vin a eu la main trop lourde pour mouiller le vin (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Vin.

Hayard, 1907 : Mauvais vin.

France, 1907 : Mauvais vin.

Si vous voulez m’en croire,
Je fus l’autre matin
À notre Grande Foire
Avec mon tâte-vin,
Pour déguster sur place
— Je m’en fais une loi —
L’exotique vinasse.

(Raoul Ponchon)

Dans cette société nouvelle de révolutionnaires, se reproduisent servilement les vices, les ridicules et les abus de la vieille société. À côté des ouvriers, des producteurs, voici qu’apparaissent tout de suite les parasites, les trafiquants. Un déporté a acheté an mercanti une douzaine de litres de vin qu’il revend au détail par chopine, par demi-setier, additionné d’eau, à ses camarades. Ce fut le premier cabaretier. Son exemple n’a pas manqué d’imitateurs qui bientôt font crédit et débitent la vinasse sur la table de leur bouchon.

(Henry Bauër, Mémoires d’un jeune homme)

Wagon

Delvau, 1864 : Femme de mauvaise vie, — de dernière classe. Il y a aussi des wagons de première, réservés aux gandins riches.

Delvau, 1866 : s. m. Femme de mauvaise vie, — de troisième classe. Il y aussi des wagons de première, réservés aux gandins riches.

Delvau, 1866 : s. m. Verre de vin d’une contenance plus grande que l’omnibus.

Rigaud, 1881 : Grand verre de vin de la contenance d’un demi-litre.

La Rue, 1894 : Verre contenant un demi-litre.

Virmaître, 1894 : Chez certains marchands de vin, il y a des buveurs attitrés qui ont des verres qui contiennent une chopine et même un litre de vin. Celui qui ne l’avale pas d’un coup — pas le verre, le vin — perd la tournée. On nomme également ce verre un omnibus (Argot du peuple). N.

Virmaître, 1894 : Vieille femme, usée, avachie. Vieille raccrocheuse de bas étage. Wagon de troisième classe, parce qu’il n’y en a pas de quatrième. On dit aussi vieux compartiment (il y a dix places). On peut entrer chez elle avec une voiture à bras (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Vieille femme usée par la débauche.

France, 1907 : Grand verre de vin ; argot populaire.

France, 1907 : Prostituée ; argot populaire.


Argot classique, le livre • Telegram

Dictionnaire d’argot classique