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Attraper

Delvau, 1866 : v. a. Engueuler, — dans le même argot [du peuple]. Se faire attraper. Recevoir, sans l’avoir demandée, une bordée d’injures poissardes.

Delvau, 1866 : v. a. Éreinter un livre ou un confrère. Argot des journalistes.

Delvau, 1866 : v. a. Siffler. Argot des coulisses. Se faire attraper. Recevoir des pommes crues et des sifflets.

Rigaud, 1881 : Réprimander. — Critiquer à haute voix, avec une malveillance marquée, soit une pièce, soit un acteur en scène. Au XVIIIe siècle, on disait entreprendre dans le même sens. — S’attraper, se disputer.

Boutmy, 1883 : v. a. Faire des reproches, chercher noise à un compagnon dont on croit avoir à se plaindre.

Bretter

d’Hautel, 1808 : Avoir continuellement le fer en main ; quereller, chercher noise ; attaquer tout ce que l’on rencontre et dans le dessein de se battre.

Chanteur

Vidocq, 1837 : s. m. — Celui qui fait contribuer un individu en le menaçant de mettre le public ou l’autorité dans la confidence de sa turpitude. Ce serait une entreprise pour ainsi dire inexécutable que dévoiler tous les chantages, et seulement esquisser la physiologie de tous les Chanteurs. Après avoir parlé des journalistes qui exploitent les artistes dramatiques, auxquels ils accordent ou refusent des talens suivant que le chiffre de leurs abonnemens est plus ou moins élevé ; ceux qui vous menacent, si vous ne leur donnez pas une certaine somme, d’imprimer dans leur feuille une notice biographique sur vous, votre père, votre mère ou votre sœur, qui vous offrent à un prix raisonnable l’oraison funèbre de celui de vos grands parens qui vient de rendre l’ame ; du vaudevilliste qui a des flons-flons pour tous les anniversaires ; du poète qui a des dithyrambes pour toutes les naissances et des élégies pour les les morts, il en resterait encore beaucoup d’autres, Chanteurs par occasion sinon par métier ; et parmi ces derniers il faudrait ranger ceux qui vendent leur silence ou leur témoignage, l’honneur de la femme qu’ils ont séduite, une lettre tombée par hasard entre leurs mains et mille autres encore ; mais comme il n’y a pas de loi qui punisse le fourbe adroit, le calomniateur, le violateur de la foi jurée ; comme tous ceux dont je viens de parler sont de très-honnêtes gens, je ne veux pas m’occuper d’eux.
Les bornes de cet ouvrage ne me permettent de parler que des individus que les articles du Code Pénal atteignent ; si jamais, ce qu’à Dieu ne plaise, je me détermine à écrire le recueil des ruses de tous les fripons qui pullulent dans le monde, fripons auxquels le procureur du roi donne la main, et qui sont salués par le commissaire de police, il faudra que je me résolve à écrire un ouvrage plus volumineux que la Biographie des frères Michaud.
Si quelquefois de très-braves gens n’étaient pas les victimes des Chanteurs, on pourrait, sans qu’il en résultât un grand mal, laisser ces derniers exercer paisiblement leur industrie ; car ceux qu’ils exploitent ne valent guère plus qu’eux ; ce sont de ces hommes que les lois du moyen âge, lois impitoyables il est vrai, condamnaient au dernier supplice ; de ces hommes dont toutes les actions, toutes les pensées, sont un outrage aux lois imprescriptibles de la nature ; de ces hommes que l’on est forcé de regarder comme des anomalies, si l’on ne veut pas concevoir une bien triste idée de la pauvre humanité.
Les Chanteurs ont à leur disposition de jeunes garçons doués d’une jolie physionomie, qui s’en vont tourner autour de tel financier, de tel noble personnage, et même de tel magistrat qui ne se rappelle de ses études classiques que les odes d’Anacréon à Bathylle, et les passages des Bucoliques de Virgile adressés à Alexis ; si le pantre mord à l’hameçon, le Jésus le mène dans un lieu propice, et lorsque le délit est bien constaté, quelquefois même lorsqu’il a déjà reçu un commencement d’exécution, arrive un agent de police d’une taille et d’une corpulence respectable : « Ah ! je vous y prends, dit-il ; suivez-moi chez le commissaire de police. » Le Jésus pleure, le pécheur supplie ; larmes et prières sont inutiles. Le pécheur offre de l’argent, le faux sergent de ville est incorruptible, mais le commissaire de police supposé n’est pas inexorable : tout s’arrange, moyennant finance, et le procès-verbal est jeté au feu.
Ce n’est point toujours de cette manière que procèdent les Chanteurs, c’est quelquefois le frère du jeune homme qui remplace le sergent de ville, et son père qui joue le rôle du commissaire de police ; cette dernière manière de procéder est même la plus usitée.
Beaucoup de gens, bien certains qu’ils avaient affaire à des fripons, ont cependant financé ; s’ils s’étaient plaint, les Chanteurs, il est vrai, auraient été punis, mais la turpitude des plaignans aurait été connue : ils se turent et firent bien.
Un individu bien connu, le sieur L…, exerce depuis très-long-temps, à Paris, le métier de Chanteur, sans que jamais la police ait trouvé l’occasion de lui chercher noise ; ses confrères, admirateurs enthousiastes de son audace et de son adresse, l’ont surnommé le soprano des Chanteurs. Je ne pense pas cependant qu’il lui manque ce que ne possèdent pas les sopranos de la chapelle sixtine.

Clémens, 1840 : Celui qui fait contribuer les rivettes.

un détenu, 1846 : Voleur pédéraste.

Halbert, 1849 : Voleur spéculant sur la bienfaisance.

Delvau, 1866 : s. m. Homme sans moralité qui prend en main la cause de la morale quand elle est outragée par des gens riches.

Rigaud, 1881 : Misérable gredin qui exerce l’art du chantage. Le prototype du chanteur est celui qui exploite les passions honteuses des émigrés de Gomorrhe, qu’il sait faire financer sous menace de révéler leurs turpitudes. Quelquefois des compères interviennent sous les espèces de faux agents des mœurs. — Le nombre des chanteurs est infini, et le chantage s’exerce sur toutes les classes de la société.

France, 1907 : Individu qui prend en main la cause de la morale quand il croit, qu’il peut en résulter un avantage pour lui. On dit aussi maître chanteur.

Michelet souhaitait un art qui sût toucher et anoblir les simples. Nos ministres m’ont de goût que pour la musique du baron de Reinach. C’est qu’ils confondent le chant et le chantage. Ils tiennent pour le meilleur des musiciens le plus fameux des maîtres chanteurs.

(Maurice Barrés, Le Journal)

Chercher

d’Hautel, 1808 : Chercher des poux à la tête de quelqu’un. Pour dire lui faire une mauvaise querelle ; le chicaner sur la moindre chose ; lui chercher noise à propos de rien.
Chercher midi à quatorze heures. Chercher des détours dans une affaire ; trouver des obstacles dans les choses les plus simples.
Chercher la lune en plein jour. Entreprendre une chose impossible à exécuter ; se donner de la peine inutilement.
Chercher quelqu’un par mer et par terre. Mettre tous ses soins pour rencontrer quelqu’un.
Le bien cherche le bien. Pour dire que le bien vient toujours à ceux qui n’en ont pas besoin. Voyez Botte.

La Rue, 1894 : Chicaner, disputer : chercher quelqu’un.

Noise

d’Hautel, 1808 : Chercher noise. Chercher dispute ; faire une querelle d’Allemand.

Postiche

Larchey, 1865 : Rassemblement sur la voie publique.

Delvau, 1866 : s. f. Rassemblement sur la voie publique, — dans l’argot des voleurs.

Delvau, 1866 : s. m. Histoire douteuse, — discours ennuyeux, blague, — dans l’argot des typographes.

Rigaud, 1881 : Mensonge ; nouvelle invraisemblable. Poser un postiche, mentir.

Rigaud, 1881 : Rassemblement organisé sur la voie publique par des voleurs dans l’intérêt de leur commerce.

Boutmy, 1883 : s. f. Plaisanterie en paroles ou en actions, bonne ou mauvaise. Faire des postiches à quelqu’un, lui faire, lui dire des plaisanteries. Quelquefois faire une postiche, c’est chercher noise, attraper, faire des reproches. On dit dans le même sens faire une parade.

La Rue, 1894 : Mensonge, blague. Rassemblement dans la rue organisé par des voleurs ou par les camelots dans le but d’en profiter. Parade de saltimbanque.

Virmaître, 1894 : Quand, dans un atelier de composition, un compagnon raconte une histoire à dormir debout, on lui crie :
— À Chaillot le posticheur.
Postiche :
faire un boniment sur la voie publique pour amasser le trèpe (la foule).
Les saltimbanques qui font des tours de cartes ou jonglent avec des poids sur les places publiques, font une postiche.
Postiche :
travail (Argots divers). N.

France, 1907 : Boniment facétieux des camelots pour rassembler les passants sur la voie publique et vendre leur marchandise.

France, 1907 : Plaisanterie en paroles ou en action ; argot des typographes. Faire des postiches, plaisanter. Faire une postiche, chercher noise.

Ratiboiser

Rossignol, 1901 : Prendre, voler.

France, 1907 : Prendre.

C’est épatant c’qu’il ratiboise
Avec un chic particulier,
Et sans qu’on puiss’ lui chercher noise,
Car il est à l’œil, le fourrier.

(Griolet)

Y a pas de bon bougre qui, baguenaudant sur les boulevards, n’ait une fois ou l’autre reluqué des prolos en train d’opérer la transplantation des arbres en les collant sur un chariot spécial.
C’est un turbin cotonneux et bougrement dangereux, — aussi est-il moins payé que le préfet de la Seine.
Il y a quelque temps, des prolos employés à ce boulot recevaient vingt sous d’indemnité. C’était fichtre pas volé ! Eh bien, les grosses légumes viennent de ratiboiser ces vingt ronds.
Dam’, faut faire des économies, — sur le dos des petits !

(Père Peinard)

Tête

d’Hautel, 1808 : Chercher des poux à la tête de quelqu’un. Lui faire une mauvaise querelle, lui chercher noise sans sujet, sans fondement, à dessein de s’en débarrasser.
Des raisons qui n’ont ni cul ni tête. C’est à-dire dénuées de sens commun ; de mauvaises allégations.
Laver la tête à quelqu’un. Le gronder, le vespériser, lui faire de vifs reproches.
La tête me fend. Pour, j’ai un mal de tête excessif.
Jeter une marchandise à la tête de quelqu’un. L’offrir à vil prix, pour s’en débarrasser ; moyen qui ne réussit pas toujours à Paris, où l’on n’estime que les choses d’un prix élevé.
On voit bien à ses yeux que sa tête n’est pas cuite. Pour dire qu’un homme a trop bu d’un coup ; que le vin lui a tapé à la tête.
La tête a emporté le cul. C’est-à-dire, le fort a entraîné le foible.

Delvau, 1866 : s. f. Air rogue, orgueilleux, prétentieux, de mauvaise humeur. Faire sa tête. Faire le dédaigneux ; se donner des airs de grand seigneur ou de grande dame.

Delvau, 1866 : s. f. Air, physionomie. Avoir une tête. Avoir de la physionomie, de l’originalité dans le visage.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique