Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Arpionner

France, 1907 : Marcher. Voir Arpions.

Un jour, il en a assez d’arpionner les grandes routes, de manger du cheval crevé dans les cantines, de boire d’ignobles mixtures qui le grisent sans le désaltérer, de porter des vêtements qui fondent à la pluie et se racornissent au soleil, de vivre seul et sans le sou, guetté par le lit d’hôpital et la fosse commune.

(Lucien Descaves, Le Chemineau)

Chemineau

France, 1907 : Vagabond, pauvre hère, homme qui va par les chemins à la recherche de ce qu’il trouve rarement, bon souper et bon gîte.

Le jeune. — Comment se nourrit-on, si on n’a pas d’argent ?
Le vieux. — Rien de plus facile. On est chemineau, ça suffit. Ça vous donne une espèce de droit moral à la mendicité. On sonne à toutes les portes de fermes, de maisons et de châteaux. On a sur le dos un sac de toile, on l’ouvre, tout le monde y jette quelque chose, des sous, des légumes, du pain… et puis du bon, du vrai pain frais de campagne, pas de ce sale pain d’ici, des restaurants, qui a trainé la nuit sur la table des rues et qui sent le cabinet de toilette… Oh ! on ne manque de rien, on en a plutôt trop.

(Henri Lavedan)

On écrit aussi cheminot.

Coffrer

d’Hautel, 1808 : Pour, incarcérer, emprisonner.
On l’a coffré. Pour, il a été saisi et emprisonné.

Delvau, 1866 : v. a. Emprisonner, — dans l’argot du peuple, qui s’est rencontré pour ce mot avec Voltaire. Se faire coffrer. Se faire arrêter.

Rossignol, 1901 : Mettre en prison. Se faire arrêter, c’est se faire coffrer.

Hayard, 1907 : Emprisonner.

France, 1907 : Emprisonner ; argot populaire.

À Paris, la nuit, dès que vous vous arrêtez quelque part, même si vous n’en pouvez plus, on vous coffre. D’un autre côté, marcher tout le temps ? C’est pas amusant, dans les rues… tous les beaux magasins sont fermés ! Et puis, on vous coffre tout de même. Il n’y a pas moyen de s’en tirer. Tandis qu’à la campagne ! hors Paris… ah ! c’est bien différent ! Voilà donc ce que j’ai imaginé, il y a plus de dix ans. Quand j’ai fait une trop longue saison de Paris, que je suis à bout d’être sans domicile et d’attraper par-ci par-là des bribes de sommeil sur un coin de trottoir ou un bi du bout de banc… je prends mes cliques un beau jour, et je me fais chemineau. Droit devant moi, sans but, sans autre idée que d’avaler des kilomètres.

(Henri Lavedan)

Des couvents ; quand nous en sortons,
Ce n’est pas de notre village
Que nous arrivons, j’en réponds !

Aussi, pour peu que ma déveine
M’affuble d’un enfant plus tard,
Au grand jamais, sois-en certaine,
Je ne cofferrai mon moutard.

(Jacques Redelsperger)

Surbine

Vidocq, 1837 / un détenu, 1846 : Surveillance.

Larchey, 1865 : Surveillance (Vidocq).

Delvau, 1866 : s. f. Surveillance, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Surveillance de la haute police.

La Rue, 1894 : Surveillance de la police.

Virmaître, 1894 : Surveillance. Être en surbine : être surveillé. Rompre sa surbine : quitter la ville où l’on était en surveillance pour aller dans une autre ville. Autrefois on disait : rompre son banc ; c’est vieux jeu (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Surfaire. Si un objet qui est vendu 2 francs, le marchand le vend 3 francs, il lui fait de la surbine.

Rossignol, 1901 : Surveillance. L’agent qui surveille quelqu’un est en surbine. Le condamné qui a purgé sa peine et qui, lors de sa condamnation, a été soumis à la surveillance, est en surbine. Il y a encore quelques années, la peine de travaux forcés à temps ou la réclusion entraînait la surveillance à vie. Une nouvelle loi réduisit la surveillance des condamnés qui était dans ce cas à vingt ans ; puis le tribunal pouvait et peut encore condamner sans prononcer de surveillance. Cette loi a encore été abrogée et l’interdiction de séjour a remplacé la surveillance. Le surveillé avait une résidence qui lui était assignée, et toutes les semaines il devait se présenter au commissariat de police de la ville pour faire constater sa présence. Aujourd’hui l’interdit peut aller où bon lui semble, à l’exception des principales villes, ce qui fait que l’on rencontre tant de chemineaux sur les routes.

Hayard, 1907 : Surveillance.

France, 1907 : Surveillance.

Moi, j’ai besoin qu’ma Louis turbine.
Sans ça, j’tire encore un congé
À la maz ! Gare à la surbine !
J’deviens grinch’ quand j’ai pas mangé.

(J. Richepin, La Chanson des gueux)

Vadrouillant, vadrouillard

France, 1907 : Flâneur allant de cabaret en cabaret, de taverne en lupanar.

Certainement, en quittant le service, vous ne serez pas embarrassés pour gagner votre pain, si votre père ou un oncle d’Amérique ne vous en a pas mis déjà sur la planche ; mais que de fois, plus tard, les chemineaux, les rouleurs, les loupeurs, les vadrouillards, tous ceux qui se seront enquillés dans la grande armée des mendigots et des greffeurs — et il y en aura plus de quatre parmi vous, quelle que soit leur condition sociale actuelle en dehors de la caserne — que de fois tous ces vagabonds, tous ces miséreux regretteront, sainte Gamelle ! ton parfum et ta clémente température, qui réchauffe les mains en hiver et les sentiments en été !

(Marc Mario, La Vie au régiment)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique