Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Avoine

d’Hautel, 1808 : Manger son avoine. Se dit vulgairement, pour manger ; prendre ses repas.

Delvau, 1866 : s. f. Coups de fouet donnés à un cheval pour l’exciter. Argot des charretiers.

Rigaud, 1881 : Eau-de-vie, — dans le jargon des troupiers. C’est la ration d’eau-de-vie qu’on distribue aux soldats en campagne.

Hayard, 1907 : Coup.

France, 1907 : Eau-de-vie, dans l’argot militaire ; coup de fouet, dans celui des cochers.

Avoine (donner de l’)

Fustier, 1889 : Battre, rouer de coups. De la langue des charretiers, l’expression est passée dans celle des souteneurs et des gens sans aveu.

Alphonse ne recule pas à lui donner de l’avoine (à sa maîtresse), c’est-à-dire à lui administrer une volée.

(Voltaire, 1882)

Bourdon

d’Hautel, 1808 : On dit de quelqu’un qui parle continuellement, que c’est un bourdon perpétuel.
Bourdon. En terme d’imprimerie, omission que fait le compositeur dans le manuscrit qu’il compose.

Halbert, 1849 : Femme prostituée.

Delvau, 1864 : Le membre viril, — sur lequel s’appuie si volontiers la femme qui va en pèlerinage a Cythère.

La croix et le bourdon en main.

(B. de Maurice)

Extasiée, fendue par l’énorme grosseur du vigoureux bourdon de mon dévirgineur, les cuisses ensanglantées, je restai quelque temps accablée par la fatigue et le plaisir.

(Mémoires de miss Fanny)

Delvau, 1866 : s. m. Fille publique, — dans l’argot des voleurs.

Delvau, 1866 : s. m. Mots oubliés, — dans l’argot des typographes.

Rigaud, 1881 : Fille de joie, — dans le jargon des voleurs.

Boutmy, 1883 : s. m. Omission d’un mot, d’un membre de phrase ou d’une phrase. Ces omissions exigent souvent un grand travail pour être mises à leur place quand la feuille est en pages et imposée dans les châssis. V. Jacques (Aller à Saint-), Aller en Galilée, en Germanie. Le bourdon défigure toujours le mot ou la phrase d’une façon plus ou moins complète. On raconte que la guerre de Russie, en 1812, fut occasionnée par un bourdon. Le rédacteur du Journal de l’Empire, en parlant d’Alexandre et de Napoléon, avait écrit : « L’union des deux empereurs dominera l’Europe. » Les lettres ion furent omises et la phrase devint celle-ci : « L’UN des deux empereurs dominera l’Europe. » L’autocrate russe ne voulut jamais croire à une faute typographique. Avouons-le tout bas, nous sommes de son avis ; car trois lettres tombées au bout d’une ligne, c’est… phénoménal. L’exemple suivant n’est que comique : il montre que le bourdon peut donner lieu quelquefois à de risibles quiproquos ; nous copions textuellement une lettre adressée au directeur du Grand Dictionnaire : « Monsieur, accoutumé à trouver dans votre encyclopédie tout ce que j’y cherche, je suis étonné de ne pas y voir figurer le mot matrat, qui est pourtant un mot français, puisqu’il se trouve dans le fragment de la Patrie que je joins à ma lettre. Agréez, etc. », Voici maintenant le passage du journal auquel il est fait allusion : « La cérémonie était imposante. Toutes les notabilités y assistaient ; on y remarquait notamment des militaires, des membres du clergé, des matrats, des industriels, etc. » M. X*** ne s’était pas aperçu du bourdon d’une syllabe et s’était torturé l’esprit à chercher le sens de matrats, quand un peu de perspicacité lui eût permis de rétablir le mot si français de magistrats.

Virmaître, 1894 : Fille qui fait le trottoir. Cette expression vient de ce que les filles chantent sans cesse, ce qui produit aux oreilles des passants un bourdonnement semblable à celui du petit insecte que l’on nomme bourdon (Argot des souteneurs).

Virmaître, 1894 : Quand le metteur en page ne s’aperçoit pas qu’un mot a été oublié en composant un article, ce dernier devient incompréhensible. S’il s’en aperçoit et qu’il faille remanier le paquet, c’est enlever le bourdon (Argot d’imprimerie).

Rossignol, 1901 : Nom donné à un mauvais cheval par les cochers et charretiers. Une fille publique qui ne gagne pas d’argent est aussi un bourdon.

France, 1907 : Prostituée, dans l’argot des voleurs, sans doute à cause des paroles basses qu’elle murmure à l’oreille des passants et qui ressemblent à un bourdonnement. Faute typographique, argot des imprimeurs.

L’on oublie, en composant, des mots, des lignes, même des phrases. Ces omissions portent le nom de bourdons. Les dits bourdons exigent un grand travail pour être replacés, lorsque la feuille est imposée, ou serrée avec des coins de bois dans un cadre de fer.

(Jules Ladimir, Le Compositeur-typographe)

Charretier

d’Hautel, 1808 : Il n’est si bon charretier qui ne verse. Pour dire qu’il n’y a point d’homme si habile qu’il soit, qui ne fasse des fautes.
Il jure comme un charretier embourbé. Se dit d’un homme qui n’a que des juremens dans la bouche, qui tempête et sacre à tout propos.

Dia

d’Hautel, 1808 : Mot dont les charretiers se servent pour faire aller leurs chevaux à gauche.
Il n’y a pas moyen de parler à cet homme, il n’entend ni à dia ni à hu-hau. Et plus communément, il n’entend ni dia ni hahu. Pour dire, qu’il est impossible de lui faire entendre raison.

Effeuiller le bouton de rose

France, 1907 : Prendre la virginité d’une fille.

— Il y a sept ans — j’allais donc sur cinquante quatre — une servante est entrée chez nous, si jolie que bien des fois, à la nuit, je suis monté jusqu’à sa porte, les pieds nus, pour me passer mon envie avec elle ; toujours je m’ai rattrapé à la dernière marche, car les servantes-maîtresses, voyez-vous, c’est la fin de la prospérité dans les fermes. C’est donc mon premier charretier qu’a effeuillé le bouton de rose de la fille.

(Hugues Le Roux, Gil Blas)

Faire sa gueule

Virmaître, 1894 : Faire une figure renfrognée. Être mécontent sans en rien dire (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Montrer de la mauvaise humeur ou une fierté intempestive.

J’sais ben pourquoi tu fais ta gueule,
C’est paç’ que j’suis qu’un pauv’ charretier.
Madame aim’ mieux s’ballader seule
Qu’sortir avec un ouverrier.

(Fulbert Mayrat)

Jurer

d’Hautel, 1808 : Jurer comme un charretier embourbé. Jurer, sacrer, à toute outrance.
Il ne faut jurer de rien. Pour dire que les choses que l’on croit les plus impossibles, peuvent souvent arriver.

Limousine

Vidocq, 1837 : s. m. — Plomb.

Delvau, 1866 : s. f. Blouse de charretier.

Delvau, 1866 : s. f. Plomb, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Plomb en feuille ; toit en plomb.

La Rue, 1894 : Plomb en feuille.

France, 1907 : Blouse de charretier.

France, 1907 : Plomb en feuille appelé aussi gras-double, saucisson.

Lusquinage

France, 1907 : Petit prélèvement opéré par les charretiers sur le charbon qu’ils transportent à domicile. « Au moyen du lusquinage, les charretiers augmentent passablement leur journée. »

Mâle

d’Hautel, 1808 : Pour homme, mari, époux. Elle étoit avec son mâle, pour avec son mari.
Un laid mâle, un vilain mâle. Pour dire un homme mal fait, rempli de difformités.
Il a la gorge noire, c’est un franc mâle. Pour dire un homme robuste et vigoureux.
C’est un mariage d’épervier, la femelle vaut mieux que le mâle. Se dit d’un mariage ou la femme l’emporte par son intelligence, sa force et son activité sur son mari ; parce que l’épervier mâle est plus foible et plus chétif que la femelle.

Delvau, 1866 : s. m. Homme, — dans l’argot des faubouriennes, qui préfèrent les charretiers aux gandins. Beau mâle. Homme robuste, plein de santé. Vilain mâle. Homme d’une apparence maladive, ou de petite taille. Signifie aussi Mari.

Manger son avoine en son sac

France, 1907 : Manger seul et dans son coin, comme font les avares qui se cachent de peur d’avoir à partager leur pitance. Cette locution, fort vieille et d’origine méridionale, vient de la coutume qu’ont les charretiers et les muletiers de suspendre au nez de leurs bêtes le sac où se trouve la pitances d’avoine, de façon que chaque animal mange à part sa ration, sans que le voisin en puisse prendre.

Marchand de mort subite

Rigaud, 1881 : Médecin, — dans le jargon du peuple. Autrefois l’expression ne s’appliquait qu’aux charlatans. Depuis que tant de médecins ont fait concurrence à tant de charlatans, elle s’est étendue jusqu’à ceux-là.

C’était bien sûr le médecin en chef… tous les marchands de mort subite vous ont de ces regards-là.

(É. Zola)

Dans la bouche des voyous l’expression s’applique encore à tout individu qui, par maladresse, peut occasionner un accident. Ainsi, un mauvais cocher, un charretier imprudent, sont des marchands de mort subite.

Merlin, 1888 : Prévôt d’armes.

Virmaître, 1894 : Le maître d’armes et le bourreau. Le maître d’armes apprend à ses élèves les moyens de tuer un homme proprement. Le bourreau coupe la tête du condamné pour lui apprendre à vivre (Argot du peuple). N.

Musette

d’Hautel, 1808 : Couper la musette à quelqu’un. Phrase triviale et populaire qui signifie étonner, surprendre quelqu’un, ou le contrarier dans ses projets, lui couper la parole.

Larchey, 1865 : Voir Piper, Couper.

Delvau, 1866 : s. f. Gibecière en toile à l’usage des troupiers et des ouvriers.

Delvau, 1866 : s. f. Sac à avoine, — dans l’argot des charretiers, qui le pendent au museau de leurs chevaux. Ils disent aussi Pochet.

Delvau, 1866 : s. f. Voix. Couper la musette à quelqu’un. Le forcer à se taire.

Rigaud, 1881 : Petit sac à avoine. C’est l’en-cas des chevaux de fiacre et des chevaux de charroi.

Merlin, 1888 : Petit sac en toile, comme ceux qu’on attache au museau des chevaux.

France, 1907 : Figure.

France, 1907 : Voix : argot populaire. Couper la musette, imposer silence.

Nouvelle

d’Hautel, 1808 : On n’en a eu ni vent ni nouvelle. Pour dire qu’on n’a plus entendu parler de quelqu’un, qu’on a perdu une affaire de vue.
On dit en parlant de l’autre monde, que personne n’en est revenu dire de nouvelles.

Rigaud, 1881 : Pour Nouvelle-Calédonie. Passer à la Nouvelle, être condamné à la déportation, — dans l’argot des voleurs.

France, 1907 : La Nouvelle-Calédonie. Passer à la Nouvelle, être transporté.

À quatorze ans fort souvent l’on se tâte
Et l’on se dits « Quel sera mon métier ?
Serai-je huissier ou délayeur de pâte,
Artiste peintre, évêque ou charretier ? »
Un jour soudain, un ami vous révèle
Que vous feriez un excellent colon…
« Tiens ! dites-vous, le conseil parait bon,
Essayons donc d’aller à la Nouelle ! »

(Georges Prud’homme)

Il en a pour vingt ans d’Nouvelle,
On n’en r’vient pas, de c’pat’lin-là,
Mais l’on part avec sa donzelle,
C’est tout c’qu’i’ faut pour vivr’ là-bas.

France, 1907 : Parcelle de la mèche ou fétu brûlant avec plus d’éclat, au milieu de la flamme d’une chandelle. C’est, dit-on, l’annonce d’une nouvelle. Si l’on frappe le flambeau sur la table et que la petite flammèche se détache et tombe, on en conclut que le messager est un cavalier, et, si elle persiste, que c’est un piéton.

(Cte Jaubert, Glossaire du Centre de la France)

Dans les campagnes lorraines, quand le feu se met à lancer des étincelles et à pétiller, c’est signe de visite.

Perpignan

Fustier, 1889 : Nom que les charretiers donnent au manche de leur fouet. Les meilleurs manches de fouet se fabriquent, paraît-il, en cette ville.

France, 1907 : Manche de fouet flexible. Le chef-lieu des Pyrénées-Orientales jouit, à tort ou à raison, de la réputation d’en fabriquer les meilleurs.

Pique-bœuf

France, 1907 : Charretier qui conduit.

Pocharder (se)

Delvau, 1866 : v. réfl. S’ivrogner, vivre crapuleusement.

France, 1907 : S’enivrer.

Mongelet n’eut jamais de vices ; à peine si les soirs d’ivresse — car il se pochardait comme un charretier, — il s’amusait à des fantaisies avec des filles de maisons publiques. Très connu des habituées des maisons de passe ; femmes d’officiers ou de bureaucrates dans la panade, grues de toutes nuances, marquises mal rentées, bourgeoises, commerçantes pratiques pour lesquelles il n’est point de bénéfices malpropres ou défendus, Mongelet était considéré comme un veau d’or.

(Victorien de Saussay, L’École du vice)

Roulotier

Ansiaume, 1821 : Charretier.

C’est un roulotier, un pautre.

Roulotin

Delvau, 1866 : s. m. Roulier, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Roulier.

France, 1907 : Roulier, charretier ; argot populaire.

Roulottier

Vidocq, 1837 : Les Roulottiers sont ceux qui volent les malles, baches, valises, ou tous autres objets placés ou attachés sur les voitures. Les Roulottiers appartiennent presque tous aux dernières classes du peuple, et leur costume est presque toujours semblable à celui des commissionnaires ou des rouliers. Ils travaillent toujours plusieurs ensemble. Lorsqu’ils ont remarqué sur une voiture un objet qui paraît valoir la peine d’être volé, l’un d’eux aborde le conducteur et le retient à la tête de ses chevaux, tandis que les autres débachent la voiture et font tomber les ballots.
En général, les Roulottiers procèdent avec une audace vraiment extraordinaire. Il est arrivé plusieurs fois à un Roulottier fameux, le nommé Goupi, de monter en plein jour, et dans le quartier des halles, sur l’impériale d’une diligence, et d’en descendre une malle comme si elle lui appartenait.
Pour se mettre à l’abri des entreprises des Roulottiers, il ne faut attacher les ballots derrière les voitures en poste ou à petites journées, ni avec des cordes, ni avec des courroies, mais avec des chaînettes de fer qui ne pourraient être touchées sans qu’une sonnette placée dans l’intérieur de la voiture donnât l’éveil aux voyageurs.
Que les rouliers aient un chien sur leur camion, le plus méchant qu’ils pourront trouver sera le meilleur ; qu’ils renoncent surtout à la détestable habitude d’aller boire un canon avec le premier individu qu’ils rencontrent.
Que les gardiens de voitures de blanchisseuses ne dorment plus sur leurs paquets de linge sale, et l’industrie des Roulottiers sera bientôt mise aux abois.
Les plus fameux Roulottiers étaient jadis les France, les Mouchottes, les Dorés, les Cadet Hervier, les César Vioque. Ces individus, et surtout le dernier nommé, étaient capables de suivre une chaise de poste pendant plusieurs lieues. Ces individus ont presque tous achevé leur existence dans les bagnes et dans les prisons.

Clémens, 1840 : Voleur qui vole les chaises de postes et diligences.

Larchey, 1865 : « Il est, en quelque sorte, le cambrioleur de la rue. Au lieu de travailler en chambre, il travaille en voiture. Il saisit une malle, un colis sur un camion de roulage et s’éloigne avec sa proie. »

(H. Monnier)

Roulottin : Charretier (Vidocq).

Delvau, 1866 : s. m. Voleur qui a pour spécialité de dévaliser les voitures.

Rigaud, 1881 : Voleur qui exploite les camions, qui vole la marchandise que transportent les camions et quelquefois la voiture, pour ne rien laisser traîner.

La Rue, 1894 : Voleur qui dévalise les voitures. Roulottier en cambrouse, voleur de campagne.

Rossignol, 1901 : Celui qui commet des vols sur les voitures est un roulottier.

Hayard, 1907 : Voleur dans les voitures.

France, 1907 : Artiste ou industriel forain qui voyage en roulotte.

Allez à la place du Trône, quand la foire au pain d’épices est dans la fièvre des derniers préparatifs, avant le dimanche qui est la grande première des saltimbanques. Tous les roulottiers le France s’y donnent rendez-vous ; et parmi eux l’on a chance encore de trouver quelques bohémiens.

(Jean Richepin)

Roulottin

Vidocq, 1837 : s. m. — Charretier, roulier.

France, 1907 : Charretier.

Si bon cheval qui ne bronche

France, 1907 : Il n’est pas de sage qui ne soit sujet à commettre des fautes, puisque d’après les saints livres, le plus vertueux pèche sept fois par jour. Les Anglais ont le même dicton : It is a good horse that never stumbles! On dit aussi dans le même sens : Il n’est si bon charretier qui ne verse. Le saint-père le pape seul a le don d’infaillibilité, ce qu’a péremptoirement démontré Alexandre III, en couchant avec sa fille.

Trimbaleur

Rigaud, 1881 : Cocher ; charretier, camionneur.

France, 1907 : Individu sur lequel on ne peut compter, qui fait de vaines promesses qu’il sait ne pouvoir tenir, qui vous fait perdre votre temps, vous trimballe. Paris est plein de trimbaleurs.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique