Delvau, 1864 : Être baisée par un homme qui ne décharge point, ou que l’on empêche de décharger.
Ah ! combien l’apparence est fausse !
Au chaponneau point de cresson,
Et mon amphitryon sans sauce,
Me fit avaler le poisson.
(Marcillac)
Avaler le poisson sans sauce
Delvau, 1864 : Être baisée par un homme qui ne décharge point, ou que l’on empêche de décharger.
Ah ! combien l’apparence est fausse !
Au chaponneau point de cresson,
Et mon amphitryon sans sauce,
Me fit avaler le poisson.
(Marcillac)
Cage
d’Hautel, 1808 : Mettre en cage. Signifie mettre en prison ; priver quelqu’un de sa liberté. On dit d’une petite maison, d’une bicoque, que c’est une Cage.
Delvau, 1866 : s. f. Atelier de composition, — dans l’argot des typographes. Ils disent aussi Galerie.
Delvau, 1866 : s. f. Prison, — dans l’argot du peuple, qui a voulu constater ainsi que l’on tenait à empêcher l’homme qui vole de s’envoler. Cage à chapons. Couvent d’hommes. Cage à jacasses. Couvent de femmes. Cage à poulets. Chambre sale, étroite, impossible à habiter.
Rigaud, 1881 : Atelier de composition des ouvriers typographes.
Rigaud, 1881 : Prison. — Oiseau en cage, prisonnier. — Mettre en cage, mettre en prison.
Ce fut peut-être le maréchal de Matignon qui mit Philippe de Commes en cage.
(Du Puy, Thuana, 1669)
Fustier, 1889 : Tête. Ne plus avoir de mouron sur la cage, être chauve.
France, 1907 : Prison ; atelier recouvert de vitres.
Il déteste l’argot d’atelier, gourmande l’apprenti sur son manque de décorum, sans espérer le corriger, et saisit le premier prétexte venu pour débaucher l’ouvrier qui nomme sa casse une boîte, l’imprimerie une cage.
(Décembre-Alonnier, Typographes et Gens de lettres)
France, 1907 : Tête.
Cage à chapon
France, 1907 : Couvent d’hommes.
Capon
d’Hautel, 1808 : Câlin, flatteur, hypocrite ; homme lâche et poltron. Les écoliers appellent capon, pestard, celui de leurs camarades qui va se plaindre ou rapporter au maître. Le mot capon signifie aussi parmi le peuple un joueur rusé et de mauvaise foi, qui est très-habile au jeu.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Écrivain des voleurs.
Delvau, 1866 : s. m. Lâche, — dans l’argot du peuple, trop coq gaulois pour aimer les chapons.
France, 1907 : Poltron, lâche. Se dit aussi pour filou.
Castion
Halbert, 1849 : Chapon.
Castroz
anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Chapon.
Halbert, 1849 : Chapon du Mans.
Delvau, 1866 : s. m. Chapon, — dans l’argot des voyous. Ils disent aussi Castion.
France, 1907 : Chapon, pour castrat.
Chapon
d’Hautel, 1808 : Gros comme un chapon.
Il a les mains en chapon rôti. Se dit figurément d’un homme qui est sujet à prendre, qui s’empare de tout ce qui lui tombe sous la main ; et au propre de quelqu’un qui a les doigts crochus et retirés.
Qui chapon mange, chapon lui vient. Signifie que le bien vient souvent à ceux qui n’en ont pas besoin.
Deux chapons de rente. Se dit de deux personnes ou de deux choses inégales, parce que il y a toujours un de ces chapons gras et l’autre maigre.
Ce n’est pas celui à qui le bien appartient qui en mange les chapons. Se dit d’un bien, d’une terre dont le véritable propriétaire est frustré ; ou d’un homme qui porte le nom d’une terre, et n’en touche pas les revenus.
On appelle chapon de Limousin, des chataignes ou marrons, parce que ces fruits sont très-abondans en Limoge.
Se coucher en chapon. Se coucher après avoir bien bu, bien mangé ; ou se coucher les jambes recroquevillées.
Delvau, 1864 : (au figuré) ; Homme châtré ou impuissant.
En termes de cuisine, l’on appelle chapon le croûton de pain frotté d’ail qui aromatise la salade.
Un de nos confrères, célèbre par sa continence… forcée, dînait dimanche à la campagne.
— Aimez-vous le chapon ? lui demande la maîtresse de la maison.
— Oh ! non, je ne peux pas le sentir.
— Parbleu ! fit un convive, ça lui rappelle Boileau.
(Émile Blondet)
Pour ma part, moi j’en réponds,
Bien heureux sont les chapons.
(Béranger)
Delvau, 1866 : s. m. Morceau de pain frotté d’ail, — dans l’argot du peuple, qui en assaisonne toutes les salades. On dit aussi Chapon de Gascogne.
France, 1907 : Moine, dans l’argot populaire. Cage à chapons, monastère ; les moines s’engraissant généralement dans une douce oisiveté, comme le chapon en cage.
France, 1907 : Un croûton de pain frotté d’ail que l’on met dans la salade. On dit aussi dans le mème sens chapon de Gascogne.
Chapon de Limousin
Delvau, 1866 : s. m. Châtaigne.
France, 1907 : Châtaigne.
Chaponner un homme
Delvau, 1864 : Le châtrer, lui couper les testicules, — comme le bon chanoine Fulbert fit au libertin Abeilard.
Je te chaponnerai, puis je t’arracherai les couilles rasibus.
(Louis Protat)
Coucher bredouille
France, 1907 : Se coucher sans souper ; le contraire de se coucher en chapon, qui est se mettre au lit le ventre plein. Coucher dans le lit aux pois verts, coucher à la belle étoile.
Coucher en chapon (se)
Delvau, 1866 : v. réfl. Se coucher repu de viande et de vin, — dans l’argot du peuple.
Deux
d’Hautel, 1808 : N’en faire ni une ni deux. Ne plus garder de ménagement ; rompre toute mesure ; prendre sur le champ son parti.
Les deux font la paire. Se dit ironiquement de deux personnes qui ont les mêmes inclinations, les mêmes habitudes, les mêmes défauts.
Ils s’entendent tous deux comme larron en foire. Se dit de deux personnes qui forment clique ou coterie ; qui ont une intrigue, un intérêt commun.
Marcher deux à deux comme frères mineurs.
Deux chapons de rente, etc. Voy. Chapons.
Il n’en fit pas à deux fois. Pour, il se détermine promptement.
Estafion ou estaffion
France, 1907 : Chat ; chapon. Argot des voleurs.
Estaflon
La Rue, 1894 : Chat. Chapon. Taloche.
Estafon
anon., 1827 / Halbert, 1849 : Chapon.
Rigaud, 1881 : Chapon, — dans l’ancien argot.
France, 1907 : Chapon.
Estafou
Bras-de-Fer, 1829 : Chapon.
Normand boulieux, normand bigot
France, 1907 : Les Origines de coutumes anciennes et de diverses façons de parler triviales expliquent le sobriquet de boulieux, c’est-à-dire mangeur de boullie, donné aux Normands en s’appuyant sur Plaute qui appelle les Carthaginois Normani pulmentarii, Normans mangeurs de bouillie, à cause des bas Normands qui mangeaient force bouillie, pulmentum. Dans l’une de ses élégies, Jean Tixier de Ravisi, surnommé Ravisius Textor, recteur de l’Université de Paris en 1520, faisant une longue énumération des choses impossibles, dit entre autres :
On ostera plustot aux Flamans le beure, aux Auvergnats les raves, et aux Normands la bouillie qu’on ne lui ostera le souvenir de son amy…
Un chapon de Normandie,
Croûte de pain dans de la bouillie.
Quant au second sobriquet de bigot, le peuple de Normandie le méritait dès le XIIe siècle par sa dévotion outrée.
Ornie
anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 / Halbert, 1849 : Poule.
Larchey, 1865 : Poule (id.). — Du grec ornis. — Ornichon : Poulet. — Ornion : Chapon. — Ornie de balle : Poule d’Inde.
Delvau, 1866 : s. f. Poule, — dans l’argot des voleurs, pour qui cette volaille est l’oiseau par excellence (όρνις), au propre et au figuré, à manger et à plumer.
Rigaud, 1881 : Poule. — Ornichon, poulet. — Ornie de balle, dinde. Ornion, chapon. — Ornière, poulailler.
France, 1907 : Poule ; du grec ornis. Égrailler l’ornie, attraper une poule au moyen d’un hameçon. Vieil argot du temps de Cartouche.
Ornie, pic en terre
La Rue, 1894 : Poule. Ornichon, poulet, Ornion, chapon. Ornie de balle, dinde. Ornière, poulailler.
Ornion
anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Chapon.
Vidocq, 1837 : s. m. — Chapon.
(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)
Halbert, 1849 : Chapon.
Delvau, 1866 : s. m. Chapon.
France, 1907 : Chapon.
Perdrix de Gascogne
France, 1907 : Ail. On dit aussi chapon de Gascogne. Allusion à la vantardise des Gascons.
Petit
d’Hautel, 1808 : Manger des petits pieds. Pour dire vivre de perdrix, de faisans, de chapons, de volailles fines, d’ortolans ; se délicater, se choyer.
Mon petit. Ma petite. Nom de bienveillance et d’amitié que les gens de condition donnent aux personnes qui sont dans leur familiarité.
Les gros mangent les petits. Pour dire que souvent les hommes puissans oppriment les hommes foibles.
Être réduit au petit pied. Être ruiné ; vivre médiocrement.
C’est du petit monde. Se dit par mépris des gens pauvres ; du menu peuple.
Delvau, 1866 : s. m. Enfant, — dans l’argot du peuple, qui ne fait aucune différence entre la portée d’une chienne et celle d’une femme.
Rigaud, 1881 : Amant de cœur, — dans le jargon des femmes galantes.
Rigaud, 1881 : Bout de cigarette encore fumable, — dans le jargon des voyous. — Suivant la longueur du bout c’est le mègo, l’orphelin, le petit.
Pierre de chapon
France, 1907 : Les paysans ignares de certaines campagnes appellent ainsi une pierre soi-disant extraite du gosier d’un chapon et qui possède quelque vertu magique. Cette superstition est de vieille date. La pierre de chapon était autrefois religieusement conservée et mise en chaton comme pierre précieuse. On trouve dans l’inventaire du duc de Berry (1416) : Une pierre de chapon, tachée de blanc et de rouge, assise en un annel d’or.
Porte-manteau
d’Hautel, 1808 : Être attaché en un lieu, comme un porte-manteau. Pour dire, être enchaîné ; être esclave, ne pouvoir sortir ; être contraint de rester quelque part.
Dans la civilité bourgeoise, on a aussi coutume d’appeler porte-manteau, le gézier d’un chapon ou d’une volaille ; et il est d’usage de demander, en servant ces sortes de viandes à un convive, s’il veut du porte-manteau.
Delvau, 1866 : s. m. Épaules, — dans l’argot des faubouriens.
Poulet de carême
Delvau, 1866 : s. m. Hareng saur. Les gueux de Londres appellent le hareng saur Yarmouth capon (chapon de Yarmouth).
Virmaître, 1894 : Hareng saur. C’est un triste poulet qui pourtant fait le bonheur d’un tas de pauvres gens. Le hareng se nomme aussi un gendarme (Argot du peuple).
France, 1907 : Hareng saur. En Angleterre, on dit Yarmouth capon, chapon de Yarmouth, à cause de la quantité de harengs qu’on débarque dans ce port.
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