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Chercher midi à quatorze heures

Delvau, 1866 : v. a. Hésiter à faire une chose, ou s’y prendre maladroitement pour la faire, — dans l’argot du peuple, ennemi des lambins. Signifie aussi : Se casser la tête pour trouver une chose simple.

France, 1907 : S’y prendre maladroitement pour faire une chose : chercher des difficultés où il n’y en a pas.
Voltaire, au bas d’un cadran solaire de village, a écrit ce quatrain :

Vous qui vivez en ces demeures,
Êtes-vous bien, tenez-vous y
Et n’allez pas chercher midi
À quatorze heures.

Nodum in scirpo quærere, chercher un nœud dans un jonc, disaient les Latins.

Parmi les rares choses que nous cherchons, il n’y a guère lieu de signaler que : noise, pouille et midi à quatorze heures.

(Dr Grégoire, Turlutaines)

On va chercher midi à quatorze heures pour expliquer la dégénérescence de la race, son abâtardissement an point de vue physique, son aplatissement au point de vue moral — et cette mortelle tristesse qui fait que les petits de vingt ans ont littéralement l’air de vomir la vie.
Ils ont « mal à l’âme », disent-ils. Ce n’est pas vrai — ils ont mal à l’estomac ! Nous les avons, culinairement, mal élevés et mal nourris. Le chef remplacé la cuisinière… il n’en faut pas plus, sans paradoxe, pour faire dégringoler une nation.

(Jacqueline, Gil Blas)

Crever la Sorbonne

France, 1907 : Casser la tête de quelqu’un.

Dévisser (se)

Fustier, 1889 : « C’était l’école préparatoire de Sainte-Barbe qui dévissait. Et pourquoi dévissait-elle l’école préparatoire ? Parce que beaucoup d’élèves étaient mécontents de ce que quelques-uns de leurs camarades avaient été renvoyés… »

(Constitutionnel, février 1883)

France, 1907 : S’en aller. Se dévisser la pétrouille, se casser la tête.

Faire casser le ciboulotte (se)

France, 1907 : Se faire casser la tête. Voir Ciboulot.

— Pour en revenir à Panama, vous l’achetez et moi je l’entraîne et je le monte. Ça me connaît. De cette façon, je supprime l’entraîneur et le jockey, qui vous mettent toujours dedans. Voilà la part que j’apporte dans l’association.
— Tu ne débourses pas un centime. Qu’est-ce que tu risques ?
— Je peux me faire casser de ciboulot : à part ça, je ne risque rien.

(Maurice Donnay, Les Affaires)

Piler du poivre

Larchey, 1865 : Marcher avec la plante des pieds écorchées, en souffrant à chaque pas comme si du poivre pilé brûlait la chair.

Delvau, 1866 : Avoir des ampoules et marcher sur la pointe des pieds, par suite d’une très longue marche, — dans l’argot du peuple. Se dit également des cavaliers ou amazones novices, par suite d’exercices équestres trop prolongés. S’emploie aussi pour signifier Médire de quelqu’un en son absence, et S’ennuyer à attendre. Faire piler du poivre à quelqu’un. Le jeter plusieurs fois par terre, en le maniant avec aussi peu de précaution qu’un pilon.

Rigaud, 1881 : Ne pas se tenir d’aplomb à cheval, suivre, à contre-temps, le mouvement du trot, de façon à ce que le postérieur s’enlève de la selle et y retombe avec force, mouvement qui rappelle l’action de piler du poivre dans les mortiers des droguistes.

Merlin, 1888 : Marquer le pas, ou monter une faction. En cavalerie, enfourcher sans étriers un cheval à réactions dures.

Virmaître, 1894 : Individu qui a des chaussures neuves qui lui font mal ; il marche sur la pointe des pieds. Il pile du poivre. On dit également :
— Il est dans la prison de Saint-Crépin.
Quand une personne est absente et que l’on médit d’elle, on pile du poivre sur son compte.
On connaît cette anecdote de Tortoni :
Il y avait une vingtaine de journalistes réunis. Chaque fois que l’un s’en allait, aussitôt il était arrangé de belle façon, et ainsi de suite jusqu’au dernier.
Celui-là, en partant, se dit : au moins on ne pilera pas de poivre sur mon compte ; je reste seul.
Le garçon l’accompagna et dit en fermant la porte : — Quel crétin que ce coco-là, il se croit l’égal de Victor Hugo et il est plus bête que trente-six cochons.
Le garçon pilait du poivre.
Faire piler du poivre à quelqu’un :
lui casser la tête sur le pavé (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Être monté sur un cheval qui trotte sec ; argot militaire.

On use une culotte en trois séances, mais on y gagne un appétit qui ne peut être assouvi par la cantine de l’École que si le bienheureux propriétaire a des revenus princiers. Ajoutez que cet exercice vous fait marcher large, parce qu’il détériore d’une façon très sensible ce qui, dans votre individu, se montre rarement à visage découvert. On appelle cet piler du poivre.

(Théo-Critt, Nos farces à Saumur)

France, 1907 : Marcher difficilement, soit par suite de fatigue ou de blessure aux pieds.

France, 1907 : Médire derrière quelqu’un, synonyme de casser du sucre, c’est l’habitude des journalistes et des gens de lettres de piler du poivre en l’absence d’un camarade.
On connait cette anecdote de Tortoni :

Il y avait une vingtaine de journalistes réunis. Chaque fois que l’un s’en allait, aussitôt il était arrangé de belle façon, et ainsi de suite jusqu’au dernier.
Celui-là, en partant, se dit : Au moins on ne pilera pas de poivre sur mon compte ; je reste seul.
Le garçon l’accompagna et dit en fermant la porte :
— Quel crétin que ce coco-là ; il se croit l’égal de Victor Hugo et il est plus bête que trente-six cochons !
Le garçon pilait du poivre.

(Ch. Virmaître)

Pompon

d’Hautel, 1808 : Prétintailles, frivolités, ce qui tourne la tête aux femmes, et fait leurs plus chères délices.

Larchey, 1865 : Tête.

Il vous y envoie des pavés que ça brise les pompons.

(H. Monnier)

V. Cocarde. — Avoir le pompon : Être au premier rang. — Allusion au pompon qui distingue les compagnies d’élite.

À moi le pompon de la fidélité.

(M. Saint-Hilaire)

Delvau, 1866 : s. m. Supériorité, mérite, primauté. À moi le pompon ! À moi la gloire d’avoir fait ce que les autres n’ont pu faire. Avoir le pompon de la fidélité. Être le modèle des maris ou des femmes.

Delvau, 1866 : s. m. Tête, — dans l’argot des faubouriens. Dévisser le pompon à quelqu’un. Lui casser la tête d’un coup de poing ou d’un coup de pied. C’est la même expression que Dévisser le trognon.

Rigaud, 1881 : Soldat adonné à l’ivrognerie. Celui qui pompe, — dans le jargon des troupiers.

Le type du vieux pompon devient rare.

(Fréd. de Reiffenberg, La Vie de garnison, 1863)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique