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Air (se donner ou se pousser de l’)

France, 1907 : Figures pour partir, se sauver.
Jouer la fille de l’air a la même signification : c’est une réminiscence d’une ancienne pièce du boulevard du Temple, La Fille de l’air. A. Barrère, dans son Argot et Slang, a réuni les différentes expressions du même acte. Elles sont aussi nombreuses que pittoresques :

Faire le patatrot, le lézard, le jat-jat, la paire, crie, gilles ; jouer la fille de l’air, se déguiser en cerf, s’évanouir, se cramper, tirer sa crampe, se lâcher du ballon, se la couler, se donner de l’air, se pousser du zeph, se sylphider, se la trotter, se la courir, se faire la débinette, jouer des fourchettes, se la donner, se la briser, ramasser un bidon, se la casser, se la tirer, tirer ses grinches, valser, se tirer les pincettes, se tirer des pieds, se tirer les baladoires, les pattes, les trimoires ou les flûtes ; jouer des guibes ou des quilles, se carapater, se barrer, baudrouiller, se cavaler, faire une cavale, jouer des paturons, happer le taillis, flasquer du poivre, décaniller, décarrer, gagner les gigoteaux, se faire une paire de mains courantes à la mode, fendre l’ergot, filer son nœud, se défiler, s’écarbouiller, esbalonner, filer son câble par le bout, faire chibis, déraper, fouiner, se la fracturer, jouer des gambettes, s’esbigner, ramoner ses tuyaux, foutre le camp, tirer le chausson, se vanner, ambier, chier du poivre, se débiner, caleter, attacher une gamelle, décamper.

Barda

Merlin, 1888 : Sac.

Rossignol, 1901 : Havresac du troupier. C’est probablement de barda que vient le mot barder. La hauteur d’un sac de zouave est connue, il n’a pas plus à porter qu’un soldat d’infanterie ; mais, comme il a l’habitude du voyage, il ne met rien dans le sac, mais tout dessus, de façon que la Charge porte sur les épaules et non sur les reins. Dans le temps, un zouave avait toujours sur son sac un rouleau contenant son linge, un pantalon de drap, une couverture, son manteau, une toile et demie pour camper à deux, un bâton, quatre piquets, une paire de souliers, huit jours de vivres de réserve, soit quatre pains, et un des ustensiles de cuisine et sa gamelle individuelle ; avec les cent cartouches, le fusil, et quelques petits Souvenirs de famille conservés précieusement dans le sac, ça finissait par barder.

France, 1907 : Bagages ; mot arabe rapporté par les soldats d’Algérie.

Baudrouiller

Halbert, 1849 : Filer.

Delvau, 1866 : v. n. Filer, — dans le même argot [des voleurs parisiens]. Se dit aussi pour Fouet s. m.

La Rue, 1894 : Se promener, filer.

France, 1907 : Décamper.

Caleter

Rigaud, 1881 : Décamper, — dans le jargon des truqueurs. Lorsque le bonneteur ou l’un de ses compères a aperçu de loin le képi d’un sergent de ville, tout ce monde de filous qui entoure les jeux de hasard se sauve à la débandade au mot d’ordre de : Tronche à la manque, Plaine et Norvège, caletez fort, caletez bien ! La police ! Sauvez-vous vite, sauvez-vous bien de tous les côtés !

La Rue, 1894 : Se sauver. Tronche à la manque, plaine et Norvège, caletez fort ! crie le guetteur au bonneteur (la police ! sauvez-vous vite !)

Caleter ou calter

France, 1907 : Décamper.

Si tu dis : Un millet qui tombe !
Si ça perd, calte comme bombe.

(Hogier-Grison, Maximes des tricheurs)

Campage, campe

Rigaud, 1881 : Évasion, départ précipité, poudre d’escampette, — dans le jargon des voleurs. Déformation d’escampette. Camper, se sauver en toute hâte ; pour décamper. C’est le mot français camper, quitter, à peine détourné de son acception.

Camper

d’Hautel, 1808 : Camper un soufflet à quelqu’un. Pour lui appliquer, lui donner un soufflet.
Campe-toi où tu pourras ; campe-toi là. Pour mets-toi où tu pourras ; mets-toi à cette place.
On dit d’un homme qui change continuellement de logis, qu’il ne reste pas long-temps campé dans le même endroit.

France, 1907 : Abréviation de décamper, s’en aller. Se faire camper, se faire prendre.

Camperousse

France, 1907 : Prostituée. Il faut remarquer que camperou est, dans le Midi, le nom d’un champignon vénéneux.

Comper

France, 1907 : S’évader ; altération de décamper.

Courant d’air (se pousser un)

France, 1907 : Fuir, décamper.

Décamper

d’Hautel, 1808 : S’esquiver ; déloger au plus vite s’enfuir à toutes jambes.

Delvau, 1866 : v. n. S’en aller, s’enfuir, — dans l’argot du peuple. Décamper sans tambour ni trompette. S’en aller discrètement ou honteusement, selon qu’on est bien élevé ou qu’on a été inconvenant. On dit aussi Décampiller.

Rossignol, 1901 : S’en aller.

Veux-tu décamper d’ici.

Décamper sans tambour ni trompette

Virmaître, 1894 : Lâcher une femme ou un patron sans les prévenir. Fausser compagnie à quelqu’un. Laisser une affaire en plan (Argot du peuple).

France, 1907 : Fausser compagnie, laisser en plan une personne ou une affaire sans prévenir.

Décaniller

Larchey, 1865 : Décamper. — Mot à mot : sortir du chenil (canil). V. Roquefort.

Ils ont tous décanillé dès le patron-jacquette.

(Balzac)

Delvau, 1866 : v. n. Déguerpir, partir comme un chien, — dans le même argot [du peuple]. On demande pourquoi, ayant sous la main une étymologie si simple et si rationnelle (canis), M. Francisque Michel a été jusqu’en Picardie chercher une chenille.

Rigaud, 1881 : Partir.

Décanillons et presto !

(G. Marot, l’Enfant de la Morgue 1880)

Virmaître, 1894 : Se lever de sa chaise ou de son lit.
— Allons, paresseux, décanille plus vite que ça (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Quitter sa chaise ou son lit.

France, 1907 : Partir, s’en aller ; quitter le chenil (canil).

— C’est fait, monsieur, me dit le garde, j’ai mis l’hospitalisés en chemin de fer… Je l’ai trouvé sur la porte de la cabane, en train de se chauffer au soleil… Si vous aviez vu son trou !… Il n’y a pas de baraque à cochons qui ne soit plus logeable… Le toit est percé comme une poêle à châtaignes ; l’eau dégouline des murs, et la pluie a transformé la litière en une purée de paille et de boue… Un vrai fumier, quoi !… Eh bien ! monsieur, croiriez-vous que le vieux était tout chagrin de quitter son chenil ?… Pendant un bon quart d’heure, il s’est mis à tourner tout autour de la hutte, en poussant des soupirs ; et quand il s’est enfin décidé à décaniller, ma parole ! Il pleurait, monsieur, il pleurait comme un gosse !

(André Theuriet)

L’un des hommes, haussé sur la pointe des pieds, chercha alors à regarder à travers les carreaux dépolis ; et comme il déclarait ne rien voir, les autres un à un décanillèrent.

(Camille Lemonnier, Happe-chair)

Escamper

d’Hautel, 1808 : Pour, s’esquiver, s’enfuir, mettre la clef sous la porte.

Évanouir (s’)

Larchey, 1865 : Mourir, s’enfuir.

Delvau, 1866 : S’en aller de quelque part, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Quitter un lieu avec précipitation, décamper. La variante est : S’évaporer. Il paraît que le caissier s’est évaporé.

La Rue, 1894 : Fuir.

France, 1907 : Disparaitre, s’en aller, mourir.

Faire le lézard

Delvau, 1866 : v. n. S’étendre au soleil et y dormir ou y rêver, — dans l’argot des bohèmes et du peuple.

Virmaître, 1894 : Battre sa flemme sur l’herbe, le ventre au soleil. On dit aussi : manger une soupe à l’herbe (Argot du peuple). V. Loupeur.

Rossignol, 1901 : Se coucher sur l’herbe au soleil.

France, 1907 : Décamper.

France, 1907 : S’étendre an soleil. On dit dans le même sens : prendre un bain de lézard.

Faire un trou à la lune

Larchey, 1865 : Décamper par un trou à la clarté de la lune.

Mazarin a fait un trou à la lune, comme font ordinairement les larrons.

(Le Ministre fugitif, Paris, 1651)

Delvau, 1866 : Faire faillite, enlever la caisse de son patron et se réfugier en Belgique. Argot du peuple.

Ficher le camp

Larchey, 1865 : Décamper.

Mon enfant, fiche moi le camp.

(Rétif, 1778 Contemporaine, 1783)

Delvau, 1866 : v. a. S’en aller, s’enfuir. Le peuple dit : Foutre le camp.

France, 1907 : S’en aller, fuir.

L’heure de retourner au gîte
Venant pour eux un peu trop vite,
Il fallut payer sur-le-champ,
Et, comme on dit, ficher le camp.

(J.J. Vadé)

Foirer

Larchey, 1865 : Défaillir au moment de l’action. Mot à mot : faire une cacade. On connaît l’action du danger sur les intestins. Une mazarinade nous donne l’équivalent de Foirer dans cet extrait :

On en alloit voir escamper qui, pour rendre un prétexte honneste, auroient dit : J’ay mal à la teste. Que de pisseurs, que de chieurs s’alloient séparer de Messieurs et dont le lendemain l’absence fit voir le crime et la prudence.

(Courrier burlesque, 1650, 2e pièce)

Foireux : Poltron. V. Du Cange (d’Hautel, 1808). — Foirou : Derrière (Vidocq).

Delvau, 1866 : v. n. Avoir peur, — dans l’argot des faubouriens. Par extension, Mourir. On dit aussi Avoir la foire.

Fustier, 1889 : Avoir la dysenterie. Expression très triviale. (V. Foire au Dictionnaire.)

Fustier, 1889 : Avoir la foire.

France, 1907 : Avoir peur. C’en est généralement le résultat.

Des muff’s qu’a toujours la colique
Et qui foirent dans ses pantalons…

(Mac-Nab)

Fouiner

d’Hautel, 1808 : S’échapper, se glisser, s’esquiver.
Ce verbe, fort usité parmi le peuple, doit sans doute son origine à la fouine, espèce de grosse belette. Il exprime, comme on voit, l’action d’une personne qui se retire à dessein, qui s’esquive à bas bruit d’un lieu où elle étoit retenue ; ainsi que le pratique la fouine pour surprendre les oiseaux dans la chasse qu’elle leur fait.

Larchey, 1865 : S’échapper. — Mot de la langue romane. V. Roquefort.

S’il est pressé, qué qui l’empêche de fouiner ?

(Vadé, 1755)

Allons, il faut fouiner, la queue entre les jambes.

(P. Lacroix, 1832)

Delvau, 1866 : v. n. S’occuper de ce qui ne vous regarde pas, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi S’enfuir.

Rigaud, 1881 : Avoir peur ; décamper. — Espionner.

France, 1907 : S’esquiver, s’en aller, fuir, se dérober comme la fouine.

— Dépêche-toi, — Que je me dépêche !
S’il est si pressé, qu’est-ce qui l’empêche
De fouiner ?…

(Vadé)

France, 1907 : S’occuper de ce qui ne vous regarde pas ; fourrer son nez où l’on n’a que faire.

À force de fouiner, il apprit que je me permettais de recevoir des journaux et en déduisit que ce ne pouvait être que moi l’auteur de tout ce pétard.

(La Sociale)

Gagner

d’Hautel, 1808 : Gagner la porte ; gagner les champs. Pour s’esquiver ; s’en aller ; décamper.
N’est pas marchand qui toujours gagne. Signifie que le commerce a ses vicissitudes ; que tous les jours n’apportent pas également du bénéfice.
Crier ville gagnée. Se glorifier à haute voix d’un avantage que l’on a remporté.
On leur a bien fait gagner leur avoine. Se dit des hommes ou des animaux que l’on a bien fait travailler.

Girond

Rigaud, 1881 : Bien mis. Être girond, faire son girond, faire le beau, poser. C’est un diminutif de girondin, dans le sens de beau. (Jargon des voyous.)

Rossignol, 1901 : Beau, synonyme de chatte. Une belle fille est gironde. Tout ce qui est beau est girond. Dans les régiments de zouaves, on nomme un girond le jeune soldat, beau garçon, qui campe avec un vieux. En route, le vieux a toutes les prévenances pour lui, il lui lave son linge, lui fait ses guêtres, lui porte ses cartouches et lui astique son fourbi. Un jour, un zouave faisait une réclamation parce que l’on voulait que le campement fût par trois et non par deux. « Laissez-les donc, dit le général qui entendait, la réclamation, camper comme bon leur semblera ; on sait bien ce que c’est que les petits ménages. » Voir Chatte.

France, 1907 : Joli, beau.

Ô quel minois girond !
Ô quel pif admirable !
Excusez, beau tendron,
Un zig impressionnable
Dont le cœur irritable
Est chipé par vos feux.
— Le français, dit la fable,
Est la langue des dieux.

(Alfred L. Marquiset, Rasures et Ramandons)

Guibe, guibon, guibolle

Rigaud, 1881 : Jambe. — Guibe de satou, jambe de bois. — Guibe à la manque, boiteux. — Jouer des guibolles, décamper.

Hancher (se)

Rigaud, 1881 : Se camper sur la hanche ; faire le rodomont.

France, 1907 : Prendre des airs, à l’instar des bretteurs qui mettent le poing sur la hanche.

Jacques

d’Hautel, 1808 : Prendre Jacques déloge pour son procureur. Se retirer sans bruit ; mettre la clef sous la porte ; décamper.
Un Pâtissier Jacques. Un mauvais pâtissier.

Rigaud, 1881 : Sou, — dans le jargon des chiffonniers. — Qui veut mes chocottes ? — Je t’en colle dix jacques. Qui veut mes os ? — Je t’en donne dix sous.

Virmaître, 1894 : Sou (Argot du peuple). V. Fricadier. Jacques : mollets (Argot du peuple). V. Jacquots.

Rossignol, 1901 : Sou.

Rossignol, 1901 : Voir jacobin.

Hayard, 1907 : Petite pince-monseigneur.

France, 1907 : Pince-monseigneur.

— La clef n’y est pas, conclut l’Avocat en ricanant, mais c’est de la serrurerie du faubourg ; on en viendra vite à bout avec un jacques. La tuyauterie examinée pour la forme, le faux inspecteur avait habilement interrogé le jardinier sur le retour des propriétaires, sur les conditions de la garde.

(Hugues Le Roux, Les Larrons)

Jouer

d’Hautel, 1808 : Jouer des jambes. Pour dire, décamper, s’enfuir au plus vite.
Jouer à la faillousse. Jeu auquel se divertissent les écoliers, et notamment les petits polissons des rues, et qui consiste à introduire autant de pièces que l’on peut d’un seul coup dans un petit trou fait en terre, que l’on nomme le pot.
Faire jouer du pouce à quelqu’un.
Pour lui faire débourser de l’argent contre sa fantaisie.
Jouer à quitte ou double. Risquer le tout pour le tout.
Jouer une pièce à quelqu’un. Pour, lui jouer quelque tour.
Jouer des griffes, ou des mains. Pour dire, filouter, voler avec adresse.
Jouer des prunelles. Clignoter les yeux ; regarder quelqu’un ou quelque chose avec une grande attention.
Jouer de son reste. Employer le peu de temps que l’on a à se divertir ; tenter les derniers efforts dans une affaire désespérée.
Jouer des éperons. Pour, donner des coups de pieds.
Jouer des épinettes. Pour, friponner, tricher, voler.
Il joueroit jusqu’à sa chemise. Se dit d’un joueur déterminé ; d’un homme qui s’entête au jeu.
Jouer du cœur. Pour, vomir, dégobiller.
Jouer quelqu’un par-dessus la jambe. Avoir une grande supériorité sur quelqu’un ; le gagner sans effort.

Jouer un pied de cochon

Larchey, 1865 : Tromper, décamper.

Vous avez donc voulu nous jouer un pied de cochon.

(Canler)

Virmaître, 1894 : Jouer un bon tour à quelqu’un ; s’en aller, le laisser en plan au moment de payer son écot, sachant qu’il est sans le sou (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Faire une méchanceté, ou une mauvaise farce à quelqu’un, c’est lui jouer un pied de cochon.

France, 1907 : Jouer un mauvais tour.

Après nous avoir bien fait poser, manger la botte et notre prêt, faire l’œil en coulisse et le pied de grue, la mâtine disparut avec un gendarme, nous jouant ainsi un pied de cochon.

(Les joyeusetés du régiment)

Larguer

France, 1907 : Donner ; argot des gens de mer. Larguer, en terme maritime, est lâcher un cordage qui retient une voile.

— Pour lors et d’une, c’est pas tout ça, continua le matelot en quittant sa table pour venir se camper en face de Danton, vous m’avez largué de bonnes paroles, vous ; vous me faites celui d’être solide comme un gabier d’artimon. Faut pas être fier avec un pauvre matelot qui aime ses chefs et lui larguer la vérité dans le grand !

(Ernest Capendu, L’Hôtel de Niorres)

Patatrot (faire le)

France, 1907 : Décamper, se sauver ; corruption de pattes au trot. « Faire un patatrot », poursuivre à grande vitesse.
Les synonymes sont nombreux ; en voici les principaux :

Jouer la fille de l’air, faire le lézard, le jat jat, la paire, cric, gilles ; se déguiser en cerf, s’évanouir, se cramper, tirer sa crampe, se lâcher du ballon, se la couler, se donner de l’air, se pousser du zeph, se sylphider, se la trotter, se la couvrir, se faire la débinette, jouer des fourchettes, se la donner, se la briser, ramasser un bidon, se la casser, se la tirer, tirer ses grinches, valser, se tirer les pincettes, se tirer des pieds, se tirer les baladoires, les pattes, les trimoires ou les flûtes ; jouer des guibes ou des quilles, se carapater, se barrer, bandrouiller, se cavaler, faire une cavale, jouer des paturons, happer le taillis, flasquer du poivre, décaniller, décarer, exhiber son prussien, démurger, désarrer, gagner les gigoteaux, se faire une paire de mains courante à la mode, fendre l’ergot, filer son nœud, se défiler, s’écarbouiller, esballonner, filer son câble par le bout, faire chibis, déraper, fouiner, se la fracturer, jouer des gambettes, s’esbigner, ramoner ses tuyaux, foutre le camp, tirer le chausson, se vanner, ambier, chier du poivre, se débiner, caleter, attacher une gamelle, camper.

Pincette

d’Hautel, 1808 : Baiser en pincette ou à la pincette. Serrer doucement avec les doigts, les joues de la personne que l’on veut embrasser.

France, 1907 : Jambe. Affûter ses pincettes, décamper, courir. Remuer ses pincettes, danser.

Thomas, au son des clarinettes,
S’écrie : « À cet air musical,
Je remuerais bien mes pincettes ;
Allons-nous faire un tour au bal ? »

(Réal)

Pincettes (se tirer les)

Rigaud, 1881 : Décamper. Les pincettes, ce sont les jambes, qui ont fourni à l’argot un assez joli contingent de transformations.

Poudre d’escampette (prendre la)

Larchey, 1865 : Décamper. — Jadis, on disait escamper pour décamper.

Prendre la poudre d’escampette

France, 1907 : Se sauver, senfuir, du vieux verbe escamper, prendre les champs, qui vient lui-même de l’italien scampare, même signification ; on dit aussi : prendre la clef des champs.

Puff

Larchey, 1865 : Banqueroute — V. Pouf.

Il serait homme à décamper gratis. Ce serait un puff abominable.

(Balzac)

Larchey, 1865 : Réclame effrontée. — Mot anglais.

Le Lafayette du puff qui en matière de réclames est le héros des deux mondes.

(Heine)

Delvau, 1866 : s. m. Charlatanerie. Vient du verbe anglais to puff, bouffer, boursoufler, faire mousser.

Rigaud, 1881 : Réclame exagérée ; charlatanisme.

France, 1907 : Banqueroute.

France, 1907 : Réclame tintamarresque : anglicisme, de puff, souffle, bouffée ; onomatopée. C’est Le bruit que font les lèvres en lâchant, soit une bouffée de fumée, soit du vent.

Quamper

Halbert, 1849 : Abandonner.

France, 1907 : Abandonner, tomber ; dérivation évidente de camper.

Quilles

d’Hautel, 1808 : Pour jambes.
Il est planté là comme une quille. Se dit par raillerie d’un homme qui reste debout, sans savoir quelle contenance tenir.
On lui a donné son sac et ses quilles. C’est-à-dire, on lui a donné son compte, on l’a chassé.

un détenu, 1846 : Jambes. Jouer des quilles : s’évader, fuir.

Delvau, 1866 : s. f. pl. Jambes, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Jambes, — dans le jargon des gens pour qui la tête est une boule. — Jouer des quilles, décamper.

Inutile de jouer des quilles, mon vieux.

(X. de Montépin, Le Fiacre no 13)

La Rue, 1894 : Jambes.

France, 1907 : Jambes.

Pendant la répétition d’un ballet, quelques figurantes, adolescentes aux formes grêles, font des pointes et des entrechats. Le petit chien de l’une d’elles s’aventure sur la scène :
— Malheureux ! s’écrie le régisseur, sauve-toi, tu te risques dans un jeu de quilles.

   La femme en tartane blanche,
   Avec ses quilles en fuseau,
   Fait des manières, se déhanche
   Et grimace avec son museau.

(Jacques Rédelsperger)

Les synonymes argotiques sont : ambes, allumettes ; bâtons de cire, de tremplin ; chevaux à double semelle ; cotrets ; échalas, échasses ; flûtes ; gambettes, gambilles, gigues, guibes, guibolles, guibonnes ; merlins ; train numéro 11, trimoises, tuyaux.

Raclette

Larchey, 1865 : Ronde de police. — Elle racle les gens sans aveu sur son passage. V. Balai.

Delvau, 1866 : s. f. Agent de la police secrète, — dans l’argot des voleurs.

La Rue, 1894 : Agent de police. Ramoneur. Violon.

Virmaître, 1894 : Agent de police de la Sûreté ou sergent de ville. Allusion à la raclette du ramoneur qui enlève la suie des cheminées. Les agents raclent les malfaiteurs qui sont la suie de la société (Argot des voleurs). N.

France, 1907 : Balai de ramoneur.

France, 1907 : La police ; agent de police ; argot les voleurs. Allusion à la raclette du ramoneur. « Les agents, dit Virmaître, raclent les malfaiteurs qui sont la suie de la société. »

— Lorsque vous êtes entrés, un individu assis à côté de moi m’a donné un coup de coude en disant :
— Tiens, voilà la raclette.
— Non, a répondu un autre ; c’est des étrangers.
— Des étrangers ?… a repris le premier. Allons donc !… Un joli bouquet de vaches, oui !… et nous ferions bien de décamper au plus vite.

(G. Macé, Un Joli Monde)

France, 1907 : Violon.

Ripatons

Delvau, 1866 : s. m. pl. Souliers, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Pieds. — Vieux souliers, souliers raccommodés. Jouer des ripatons, décamper.

Merlin, 1888 : Souliers, — de l’argot parisien.

La Rue, 1894 : Pieds.

Virmaître, 1894 : Souliers (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Souliers.

Tirer le chausson

Delvau, 1866 : v. a. S’enfuir, — dans l’argot des faubouriens. Signifie aussi se battre.

Rigaud, 1881 : Décamper.

Tourte

Rigaud, 1881 : Tête. — Écrevisse dans la tourte, grain de folie, grande excentricité. Variantes : Obus dans la casemate, chauve-souris dans la mansarde.

Rigaud, 1881 : Vieille femme ridicule. — Chapeau mal fait, grotesque, — dans le jargon des modistes.

La Rue, 1894 : Vieille ridicule, Imbécile.

Hayard, 1907 : Bête, imbécile.

France, 1907 : Imbécile.

La fille se sentit un froid dans le dos — et positivement elle trembla, lorsque son vieux vint se camper devant le poêle et commença d’un air soupçonneux :
— Ah çà ! vous autres, qu’est-ce que c’est que cette histoire-là ?…
Connais pas Séraphin, moi ! Es-tu mariée avec lui, Mélie, par hasard ! Toi, vieille, tu m’as donc caché quelque chose ? Eh bien ! quoi, vous restez là, comme des tourtes ; faudrait voir à parler, hein ? et un peu vite.

(Serge Basset)

Rigoler comme une tourte, rire niaisement.

— Oh ! lui, il a rigolé comme une tourte. D’abord, tous les amants sont des tourtes, d’infâmes tourtes. Il s’est foutu de moi.

(Hook, Fin-de-Siècle)

France, 1907 : Tête. Avoir une écrevisse dans la tourte, être détraqué.

France, 1907 : Vieille coquette.

Valser

d’Hautel, 1808 : Au propre, danser une valse ; au figuré, se sauver, prendre la poudre d’escampette.

Larchey, 1865 : Courir. V. Cheval.

Delvau, 1866 : v. n. S’enfuir, ou seulement s’en aller. Faire valser quelqu’un. Le mettre brutalement à la porte.

Rigaud, 1881 : Décamper.

Virmaître, 1894 : Battre quelqu’un.
— Je vais te faire valser sans musique.
Ce qui arrive souvent le samedi de paye, quand le mari rentre au logis plus qu’éméché : il fait faire un tour de valse à sa ménagère si elle ronchonne (Argot du peuple).

France, 1907 : S’en aller, s’enfuir. Faire valser quelqu’un, le mettre à la porte, ou le battre.


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Dictionnaire d’argot classique