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Camionner

Rigaud, 1881 : Accompagner, promener. — Camionner une grue, promener une femme, — dans le jargon des voyous.

Côtier

Fustier, 1889 : Cheval de renfort. Homme qui le conduit.

Plus curieux encore sont les côtiers, c’est-à-dire les chevaux de renfort pour les montées.

(Estafette, 1882)

France, 1907 : Cheval de renfort qui aide les chevaux d’omnibus ou de camion à monter les côtes. L’homme qui le conduit est également appelé côtier.

Psit !… viens ici, viens que j’t’accroche,
V’là l’ommibus, faut démarrer !
Ruhau !… r’cul’ donc, hé ! têt’ de boche !
Tu vas p’têt’ pas t’foute à tirer
Au cul ? T’en as assez d’la côte ?
T’as déjà soupé du métier ?
Mais tu peux pus en faire un autre,
Te v’là comm’ moi, te v’là côtier.

(Aristide Bruant)

Faridon

Rigaud, 1881 : Misère. — Être à la faridon, être sans le sou, — dans le jargon des voyous.

J’peux pas t’camionner à la Reine-Blanche, j’suis c’soir à la faridon.

(Journal des Abrutis, du 10 oct. 1878)

La Rue, 1894 : Misère, dénûment.

France, 1907 : Pauvreté. Être à la faridon, être sans argent.

Piquage (faire un)

Rigaud, 1881 : Voler du vin ou de l’alcool à l’aide d’un trou pratiqué dans la barrique ; genre de vol en usage chez certains camionneurs, chez certains employés des chemins de fer ; moyen économique de se saouler sans passer par le marchand de vin.

Remisage

France, 1907 : Magasin ou vaste enclos où les recéleurs mettent toutes sortes de véhicules volés.

Dans les remisages vont s’engouffrer tous les camions, voitures, carrioles volés, pendant que les chevaux s’en vont au marché et que les victimes sont déjà au fond de l’eau.

(Mémoires de M. Claude)

Rognon (sale)

Rigaud, 1881 : Mot à mot : sale créature couverte de rogne, — dans le jargon des voyous. Rognon est une forme de rogne. — Qué qu’c’est que c’rognon qu’tu camionnes à présent ?

Roulotage (vol au)

Rigaud, 1881 : Vol de marchandise transportée par camion. — Vol dans l’intérieur des maisons de roulage.

France, 1907 : Vol dans les voitures opéré par les rouletiers. Voir ce mot.

Roulotte

Ansiaume, 1821 : Charrette.

Je préfère travailler à la roulotte sur le grand trimard.

Vidocq, 1837 : s. — Charrette, camion.

Clémens, 1840 / M.D., 1844 / Halbert, 1849 : Voiture.

Delvau, 1866 : s. f. Voiture. Grinchir une roulotte en salade. Voler sur une voiture.

Rigaud, 1881 : Voiture, charrette, camion, voiture de saltimbanque. — Grinchir une roulotte en salade, voler sur une voiture.

La Rue, 1894 : Charrette. Voiture de saltimbanque. Roulotte à treppe, omnibus.

Virmaître, 1894 : Voiture. Les voleurs qui pratiquent le vol à la roulotte disent :
— Grinchir une roulotte en salade (Argot des voleurs).

Hayard, 1907 : Voiture.

France, 1907 : Voiture, en général ; argot populaire.

Un coupé s’était en effet détaché de la file pendant que nous parlions — pauvre roulotte de remise prise cher un modeste loueur, dont la médiocrité contrastait singulièrement avec les autres équipages somptueusement attelés dont les chevaux piaffaient dans la longue rue.

(Paul Bourget, Trois âmes d’artistes)

Voiture de forain.

Cependant deux voitures, de celles que dans le monde des saltimbanques où appelle des roulottes, descendant la côte de Champs, trainées par des chevaux efflanqués et de couleur indécise : dans le calme du soir on entendait les mécaniques serrées grincer et les essieux crier avec la plainte lamentable des choses détraquées.

(Hector Malot, Zyte)

Roulottier

Vidocq, 1837 : Les Roulottiers sont ceux qui volent les malles, baches, valises, ou tous autres objets placés ou attachés sur les voitures. Les Roulottiers appartiennent presque tous aux dernières classes du peuple, et leur costume est presque toujours semblable à celui des commissionnaires ou des rouliers. Ils travaillent toujours plusieurs ensemble. Lorsqu’ils ont remarqué sur une voiture un objet qui paraît valoir la peine d’être volé, l’un d’eux aborde le conducteur et le retient à la tête de ses chevaux, tandis que les autres débachent la voiture et font tomber les ballots.
En général, les Roulottiers procèdent avec une audace vraiment extraordinaire. Il est arrivé plusieurs fois à un Roulottier fameux, le nommé Goupi, de monter en plein jour, et dans le quartier des halles, sur l’impériale d’une diligence, et d’en descendre une malle comme si elle lui appartenait.
Pour se mettre à l’abri des entreprises des Roulottiers, il ne faut attacher les ballots derrière les voitures en poste ou à petites journées, ni avec des cordes, ni avec des courroies, mais avec des chaînettes de fer qui ne pourraient être touchées sans qu’une sonnette placée dans l’intérieur de la voiture donnât l’éveil aux voyageurs.
Que les rouliers aient un chien sur leur camion, le plus méchant qu’ils pourront trouver sera le meilleur ; qu’ils renoncent surtout à la détestable habitude d’aller boire un canon avec le premier individu qu’ils rencontrent.
Que les gardiens de voitures de blanchisseuses ne dorment plus sur leurs paquets de linge sale, et l’industrie des Roulottiers sera bientôt mise aux abois.
Les plus fameux Roulottiers étaient jadis les France, les Mouchottes, les Dorés, les Cadet Hervier, les César Vioque. Ces individus, et surtout le dernier nommé, étaient capables de suivre une chaise de poste pendant plusieurs lieues. Ces individus ont presque tous achevé leur existence dans les bagnes et dans les prisons.

Clémens, 1840 : Voleur qui vole les chaises de postes et diligences.

Larchey, 1865 : « Il est, en quelque sorte, le cambrioleur de la rue. Au lieu de travailler en chambre, il travaille en voiture. Il saisit une malle, un colis sur un camion de roulage et s’éloigne avec sa proie. »

(H. Monnier)

Roulottin : Charretier (Vidocq).

Delvau, 1866 : s. m. Voleur qui a pour spécialité de dévaliser les voitures.

Rigaud, 1881 : Voleur qui exploite les camions, qui vole la marchandise que transportent les camions et quelquefois la voiture, pour ne rien laisser traîner.

La Rue, 1894 : Voleur qui dévalise les voitures. Roulottier en cambrouse, voleur de campagne.

Rossignol, 1901 : Celui qui commet des vols sur les voitures est un roulottier.

Hayard, 1907 : Voleur dans les voitures.

France, 1907 : Artiste ou industriel forain qui voyage en roulotte.

Allez à la place du Trône, quand la foire au pain d’épices est dans la fièvre des derniers préparatifs, avant le dimanche qui est la grande première des saltimbanques. Tous les roulottiers le France s’y donnent rendez-vous ; et parmi eux l’on a chance encore de trouver quelques bohémiens.

(Jean Richepin)

Roulottiers

Virmaître, 1894 : Vol à la roulotte. Quand un camionneur décharge une livraison, le roulottier, vêtu comme un employé des messageries, prend un ballot ; un complice est à quelques pas plus loin, avec une voiture à bras, toujours au détour d’une rue ; il charge le ballot sur sa voiture, et en route (Argot des voleurs). V. Fusilleurs.

Trimbaleur

Rigaud, 1881 : Cocher ; charretier, camionneur.

France, 1907 : Individu sur lequel on ne peut compter, qui fait de vaines promesses qu’il sait ne pouvoir tenir, qui vous fait perdre votre temps, vous trimballe. Paris est plein de trimbaleurs.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique