Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Attrape

Delvau, 1866 : s. f. Plaisanterie, mensonge, — dans l’argot du peuple, qui disait cela du temps de Calvin. On dit aussi Graine d’attrape.

France, 1907 : Plaisanterie, mensonge ; argot populaire.

Cabe, cabot

Larchey, 1865 : Chien (Vidocq). — Contraction des deux mots : qui aboie. Les voleurs ont, comme toujours, donné le nom de l’acte à l’acteur. Au lieu de dire le chien, ils ont dit : le qui aboie, et en abrégeant : le qu’abe, le qu’abo. V. Calvin, Combre.

Calvin

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Raisin.

Vidocq, 1837 : s. m. — Raisin.

Halbert, 1849 : Raisin.

Larchey, 1865 : Raisin (Vidocq). — Donnant le nom du jus au fruit, les voleurs ont dit le qu’a le vin pour le raisin. V. Cabe.

Delvau, 1866 : s. m. Raisin. On dit aussi Clavin.

Rigaud, 1881 : Raisin. — Calvigne, vigne, — dans l’ancien argot.

Calvine

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Vigne.

Camisard

France, 1907 : Soldat des compagnies de discipline. On donne quelquefois aussi ce nom à ceux des bataillons d’Afrique composés, comme on le sait, de soldats ayant subi une condamnation.
Le mot vient des Cévenols calvinistes qui se révoltèrent après la révocation de l’édit de Nantes et firent, pendant deux ans, la guerre à Louis XIV. On les appelait camisards à cause de la chemise qu’ils portaient par-dessus leurs vêtements pour se reconnaître, et aussi pour échapper aux représailles. Des bandes irrégulières de catholiques les imitèrent. Il y eut les camisards blancs et les camisards noirs qui commirent tous les excès. Les blancs furent exterminés par le maréchal de Montrevel ; quant aux noirs, déserteurs, vagabonds, repris de justice, galériens fugitifs, ils se barbouillaient le visage de suie pour voler et tuer avec impunité. Jean Cavalier dut en faire pendre ou fusiller un grand nombre.

Cléricafard

France, 1907 : Réunion des mots clérical et cafard ; sorte de pléonasme, car tout clérical est cafard par grâce d’état, et le cafard est généralement un clérical, qu’il soit catholique, anglican, calviniste ou luthérien.

Les cléricafards, au lieu de se poser en victimes, devraient avoir la pudeur de se taire et de se faire oublier, afin qu’on ne leur rappelle pas les innombrables crimes qu’ils ont commis pendant tant de siècles.

(Louis Tranier, Le Souverain)

Combre, combrieu

Larchey, 1865 : Chapeau (Vidocq). — Même observation pour ce mot que pour cabe et calvin. Le chapeau est ce qui ombrage la tête et, par contraction, ce qu’ombre. — Combrieu est un diminutif de Combre V. Tirant.

La Rue, 1894 : Chapeau.

Duchêne (passer à)

Rigaud, 1881 : Payer, — dans le jargon des barrières. C’est-à-dire se faire arracher une dent. Duchêne est le nom d’un très populaire et très habile dentiste, le Calvin de la mâchoire. Maintenant que nous avons bouffé, faut passer à Duchêne ; garçon ! la craie.

France, 1907 : Se faire extraire une dent. Allusion à un fameux dentiste de ce nom.

Fadrine

France, 1907 : Fille ou femme de mauvaise vie.

C’est le nom donné par l’un des personnages des Églogues de Fondeville à la femme que prit Calvin, laquelle faisait profession « de ha l’homi cornart per gran devotion », de cocufier son mari par grande dévotion. Dans la commune de Lée, il y avait, en 1835, une maison désignée ainsi : L’ostau de la fadrine.

(Paul Raymond)

Mirzale

Vidocq, 1837 : s. f. — Boucle d’oreille.

Larchey, 1865 : Boucle d’oreille (Vidocq). — Même construction que dans cabe, combre, calvin. Une mirzale est mot à mot : ce qui mir-oite z’à l’oreille.

Rigaud, 1881 : Boucle d’oreilles.

Mômier

France, 1907 : Cafard, hypocrite religieux, faiseur de momeries et débiteur de patenôtres.
C’est le sobriquet donné autrefois aux calvinistes, principalement aux calvinistes suisses.

Il paraît qu’avoir sauvé une femme russe de la potence et un républicain français du peloton d’exécution constitue un crime aux yeux des mômiers protestants, décidément aussi abjects que les sacristains catholiques.

(Henri Rochefort)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique