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Calvados

France, 1907 : Eau-de-vie de cidre fabriquée en Normandie.

Ah ! les héritiers n’avaient fait qu’une enjambée jusqu’à Gonneville, et, maintenant, ils entouraient la vieille de soins ; ils lui faisaient boire des remèdes. Rien n’était assez bon : le pot-au-feu, le calvados à rasades !

(Hugues Le Roux)

Golgother

Delvau, 1866 : v. n. Poser en martyr ; se donner des airs de victime ; faire croire à un Calvaire, à un Golgotha imaginaire. Ce verbe appartient à Alexandre Pothey, graveur et chansonnier — sur bois.

Montante

Ansiaume, 1821 : Culotte.

J’ai grinchi 2 cigue dans la soude de la montante.

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Culotte.

Vidocq, 1837 : s. f. — Échelle.

M.D., 1844 : Une chaise.

Halbert, 1849 : Culotte.

Delvau, 1866 : s. f. Échelle, — dans le même argot [des voleurs].

Rigaud, 1881 : Échelle, — dans le jargon des voleurs.

Virmaître, 1894 : Échelle. L’image est frappante. Quand, autrefois, l’échafaud était élevé de treize marches que le condamné devait gravir, on nommait les marches la montante du calvaire (Argot des voleurs). N.

Hayard, 1907 / France, 1907 : Échelle.

Tord-boyaux

Larchey, 1865 : Mauvaise eau-de-vie.

Avaler un verre de tord-boyaux, comme l’appelait notre amphitryon.

(Vidal, 1833)

Delvau, 1866 : s. m. Eau-de-vie, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Eau-de-vie commune.

La riboteuse qui consomme
Plus de spiritueux qu’un homme
Et lampe sans peur le rogomme,
Le sacré-chien, le tord-boyaux.

(A. Pommier, Paris)

Hayard, 1907 : Eau-de-vie.

France, 1907 : Mauvaise eau-de-vie.

Quand on pense que l’eau de mélisse, la bourgeoise et rassurante eau de mélisse qui se présente, réconfortante, sur un morceau de sucre, l’eau de mélisse, comme le vulnéraire lui-même, produisent les mêmes effets que le trois-six et le tord-boyaux ! À qui, à qui se fier, bone Deus, si le vulnéraire et l’eau d’arquebuse sont aussi terribles que le dur calvados qui corrode, en Normandie, jusqu’aux lèvres des nouveaux-nés ?

(Jules Claretie)

Cette expression est employée métaphorique ment pour désigner quelque chose de fort, de scandaleux, qui déchire les oreilles pudiques comme la mauvaise eau-de-vie brûle les entrailles.

Ils me font toujours rire, ceux qui parlent des hardiesses du livre ou de la scène. Ce qui semble du tord-boyaux aujourd’hui, paraîtra de l’orgeat dans un quart de siècle.

(Séverine)

Veuve (la)

Delvau, 1866 : La guillotine, — dans l’argot des voleurs qui se marient quelquefois avec elle sans le vouloir. Épouser la veuve. Être guillotiné.

Rigaud, 1881 : Guillotine, — dans l’argot classique des voleurs. — Épouser la veuve, être guillotiné. — Crosser chez la veuve, monter sur l’échafaud.

Virmaître, 1894 : La guillotine (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Guillotine. Le guillotiné épouse la veuve.

Hayard, 1907 : La guillotine.

France, 1907 : Commandant en Second de l’École navale ; argot du Borda.

France, 1907 : La guillotine.

Voici encore une tête de tombée, et rien n’est changé pour cela ! La Veuve n’est plus, de loin, qu’un épouvantail à moineaux ; de près, qu’un piédestal, une tribune, un calvaire !
En vérité, je vous le dis, le remède est usé, le remède est infructueux ! Si l’on essayait d’autre chose ; d’un état social plus humain, plus juste ; de concessions à la faim des pauvres ; d’une répartition moins arbitraire des biens — de ce que Jésus le subversif, Jésus le supplicié, appelait simplement l’amour du prochain…

(Séverine)

La Veuve est là, qui guette mon cou lisse…
Par ses cousins je suis déjà saisi,
De froid moins que par la frousse transi,
Je tremble en face la rouge charpente…
Attention ! les aminches, voici
Qu’on va faucher la tête à Mort-au-Pante.

(Tibon, Ballade du Raccourci)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique