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Matraque

Delvau, 1866 : s. m. Bâton, canne, — dans l’argot des faubouriens qui ont servi dans l’armée d’Afrique. Ils ont entendu des Arabes, s’essayant au français, dire : ma traque pour ma trique, et ils ont pris cela pour du sabir.

France, 1907 : Bâton. Mot rapporté par les soldats d’Afrique.

Entre la Calle et Souk-Arras nous avions brûlé le pays. Vous dire pourquoi, j’en serais bien en peine ; une poule volée à un colon influent, un coup de matraque appliqué par un Bédouin ruiné sur la tête d’un juif voleur, quelques centaines de mille francs à faire passer dans la caisse d’un fournisseur ami d’un ministre, et pif, paf, boum, coups de fusil, obus, fusées, coups de canon, coups de sabre et finalement le feu aux gourbis, aux jardins et aux moissons.

(Hector France, Sous le Burnous)

Sunt lacrymæ rerum

France, 1907 : Les larmes sont dans les choses. Locution latine tirée de l’Énéide : certaines circonstances arrachent les larmes.

Le vers charmant de Virgile : Sunt lacrymæ rerum semble avoir été écrit pour Paris ; à chaque hiver, la pioche municipale éventre un quartier qui, depuis des siècles, a eu sa physionomie propre, sa vie, son histoire…

(Albert Callet, La Revue hebdomadaire)


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Dictionnaire d’argot classique