d’Hautel, 1808 : Hypocrite, cagot, homme fin, rusé et de mauvaise foi, qui se fait un jeu d’abuser de la simplicité des gens.
Attrappe-minon
Bondieusardisme
France, 1907 : Cagotisme, hypocrisie religieuse.
On demandait à une fille en pleine maturité, atteinte, comme beaucoup, de bondieusardisme, pourquoi elle déployait pour aller à la messe un si grand luxe de jupons blancs ornés de dentelles et des bas de soie bien tirés sur le mollet…
— Que voulez-vous, répondit la dévote, par ce temps de perdition, ces précautions sont indispensables… On peut rencontrer un… insolent. Il trouverait le tout propre, le dessous comme le dessus.
Cafard
Rigaud, 1881 : Écolier rapporteur, petit espion de collège, — dans le jargon des collégiens.
Fustier, 1889 : Argot militaire. Insecte qui travaille la tête d’un officier et le rend intolérable pour ses hommes. Par extension, l’officier lui-même, atteint de cette infirmité. (Ginisty, Manuel du réserviste)
Virmaître, 1894 : Individu qui affecte des dehors religieux. Hypocrite qui n’en croit pas un traître mot et exploite la crédulité publique. Cafard est employé comme terme de mépris (Argot du peuple). N.
Virmaître, 1894 : Ouvrier qui, dans les ateliers, capte la confiance de ses camarades pour rapporter aux patrons ce qu’ils pensent et ce qu’ils disent (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Rapporteur. Celui qui rapporte au patron ce que font ou disent ses camarades.
Hayard, 1907 : Mouchard.
France, 1907 : Mouchard, terme d’atelier ; de l’arabe caphara, renégat.
Cafard s’écrivait autrefois caphards, ainsi qu’on le trouve dans Rabelais.
Ci n’entrez pas hypocrites, bigots,
Vieulx matagots, marmiteux, boursouflés…
…
Haires, cagots, caphards, empantouphlés…
Chasublard
Rigaud, 1881 : Prêtre, celui qui porte la chasuble.
Vit-on un seul royaliste, un seul cagot, un seul chasublard, prendre les armes pour la défense du trône et de l’autel ?
(G. Guillemot, le Mot d’Ordre, du 6 septembre 1877)
France, 1907 : Prêtre. Allusion à l’espère de manteau composé de deux pièces que le prêtre porte sur l’aube quand il célèbre la messe et appelé chasuble, du latin casula, petite cabane : elle était autrefois de forme ronde et couvrait tout le corps, sans manches, avec une ouverture pour passer la tête. Les gens du peuple portaient ce vêtement en temps de pluie.
Frocaille
France, 1907 : Le clergé, tout ce qui de loin ou de près touche à l’Église, porte la capuche, la guimpe ou le froc.
C’est la frocaille : moines moinillant, nonnes et nonnains, évêques, curés, vicaires, cagots et ostrogoths… au total, tout le paquet de la puante ratichonnerie.
(Almanach du Père Peinard, 1894)
Libertin
Delvau, 1864 : Homme qui prend volontiers des libertés avec les femmes, — des libertés et le cul.
Chez ce libertin cagot
Qu’ j’ai tant d’mal à satisfaire.
(Jules Poincloud)
Sacristie (pou de)
France, 1907 : Dévot, cagot. Le dévot est le pou, la dévote est la punaise… quand elle est vieille, s’entend. Tant qu’elle est jeune et jolie, c’est une colombe ou une douce brebis du Seigneur.
Les poux de sacristie ont trouvé une sorte de plaisanterie extra-topique. Quand ils ont un surcroit d’absinthe sur la conscience (c’est-à-dire l’estomac), ils cultivent un brin de poésie. Ils s’amusent à fabriquer des chansons atroces, épouvantables ; puis ils prétendent les avoir reçues par la poste et les publient pour terroriser les deux douzaines de gâteux auxquels ils envoient leur journal gratis.
(L’Évènement, nov. 1877)
Satisfaire un homme
Delvau, 1864 : Le branler, ou se laissent baiser par lui — ce qui, en effet, le comble de satisfaction.
Chez ce libertin cagot
Qu’j’ai tant d’ mal à satisfaire,
Je suis entré pour tout faire ;
Aussi j’y fais mon magot.
(J. Poincloud)
Ultramontain
Delvau, 1864 : Employé pour désigner un homme adonné au péché contre nature.
L’ultramontain, à son culte fidèle,
La refusait, et même avec dédain.
(Piron)
Delvau, 1866 : s. m. et adj. Catholique plus papiste que le pape, — dans l’argot des voltairiens. Cagot, — dans l’argot des abonnés du Siècle.
France, 1907 : Pédéraste, appelé ainsi à cause des vices hors nature attribués aux habitants de l’autre côté des montagnes alpines, l’Italie.
L’ultramontain, à son culte fidèle,
La refusait, et même avec dédain.
(Piron)
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