d’Hautel, 1808 : Se caliner, se dorloter ; s’attacher à quelque chose au point de ne pouvoir s’en séparer.
Acagnarder
Acagnarder (s’)
Delvau, 1866 : v. réfl. Se plaire dans la solitude, vivre dans son coin y comme un vieux chien las d’aboyer à la lune et de courir après les nuages, — ce gibier que nous poursuivons tous sans pouvoir même en jouir comme Ixion.
J’ai souligné à dessein coin et chien : c’est la double étymologie de ce verbe, que n’osent pas employer les gens du bel air, quoiqu’il ait eu l’honneur de monter dans les carrosses du roi Henri IV. (V. les lettres de ce prince.) S’acagnarder vient en effet du latin canis, chien, ou du vieux français cagnard, lieu retiré, solitaire, — coin. On dit aussi s’acagnarder dans un fauteuil.
France, 1907 : Fainéanter, vivre seul en son coin, argot populaire ; du vieux français cagnard, lieu retiré, encore en usage dans le Midi où, en beaucoup de localités, la promenade publique s’appelle le cagnard.
Dans certains départements du Nord, ce mot précédé du préfixe en a la signification de s’encanailler, ce qui montre sa dérivation du latin canis, chien : « Elle s’encagnarde avec tous les voyous. »
Soumis, toujours content quand il pouvait en pantoufles s’accargnarder au logis, — c’était lui qui époussetait les meubles, nettoyait les lampes et vidait les eaux dans les plombs.
(Camille Lemonnier)
Accagnardir (s’)
Virmaître, 1894 : Être indolent qui s’amuse à des bagatelles, qui piétine sur place et dormirait, comme dit le proverbe, le cul dans la rivière par dix degrés au-dessous de zéro (Argot du peuple).
Cagnard
d’Hautel, 1808 : Poltron, capon, pestard ; homme avare et paresseux ; très-attaché à ses foyers.
France, 1907 : Fainéant, flâneur.
Le cagnard est, dans le Midi, la promenade publique.
Cagnarder
d’Hautel, 1808 : Vivre dans l’oisiveté, dans une honteuse paresse ; faire de sordides économies.
Cagne
d’Hautel, 1808 : Un cagne. Synonyme de Cagnard, dont il semble être une apocope.
Bras-de-Fer, 1829 : Gendarme.
Vidocq, 1837 : s. m. — Cheval.
(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)
Larchey, 1865 : Cheval (Vidocq). — Pris en mauvaise part. Abrév. du vieux mot cagnard : mou, paresseux. V. Roquefort.
Delvau, 1866 : s. f. et m. Personne paresseuse comme une chienne, — dans l’argot du peuple. C’est aussi le nom qu’il donne au cheval, — pour les mêmes raisons.
Rigaud, 1881 : Agent de police. C’est une variante de cogne.
Rigaud, 1881 : Cheval, — dans le jargon des voleurs.
Avec ça qu’il est chouette ton cagne ! Il a une guibolle cassée.
(Cailler)
Rigaud, 1881 : Le comble de la paresse. Plus forte que la flemme, qui présente un état passager, la cagne est constitutionnelle ; c’est carogne, par suppression de deus lettres.
Vénus, la bonne cagne, aux paillards appétits.
(Saint-Amant, Le Melon)
Avoir la cagne, faire la cagne.
Fustier, 1889 : Mauvais chien.
Dans la bonté des chiens, il y a des bizarreries inouïes ; les disgraciés sont quelquefois les intelligents et, dans la même portée, il y a trois cagnes pour un bon chien.
(Carteron, Premières chasses)
France, 1907 : Mauvais cheval ; de cagnard, fainéant. Se dit aussi d’un mauvais chien et d’un agent de police.
Encroûter (s’)
Delvau, 1866 : S’acagnarder dans une habitude ou dans un emploi.
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