France, 1907 : Chien. D’après Lorédan Larchey, ces mots seraient une contraction abrégée des deux mots : qui aboie. Les voleurs ont donné le nom de l’acte à l’acteur. Au lieu de dire le chien, ils ont dit : le qui aboie, et, en abrégeant : le qu’abe, le qu’abo. Le cab jaspine, le chien aboie. Cabot, en argot militaire, signifie caporal. C’est aussi l’apocope de cabotin.
Cab, cabe, cabot
Cabe
Vidocq, 1837 : s. m. — Chien.
Fustier, 1889 : Élève de troisième année à l’École normale.
France, 1907 : Étudiant de troisième année à l’École Normale.
Cabe, cabot
Larchey, 1865 : Chien (Vidocq). — Contraction des deux mots : qui aboie. Les voleurs ont, comme toujours, donné le nom de l’acte à l’acteur. Au lieu de dire le chien, ils ont dit : le qui aboie, et en abrégeant : le qu’abe, le qu’abo. V. Calvin, Combre.
Cabeau
Clémens, 1840 : Chien.
Cabèche, caboche
Hayard, 1907 : Tête.
Cabelot
France, 1907 : Tabouret ; argot des canuts.
Cabermon
Delvau, 1866 : s. f. Cabaret, — dans l’argot des voleurs.
France, 1907 : Cabaret.
Cabermont
Vidocq, 1837 : s. m. — Cabaret.
Larchey, 1865 : Cabaret (Vidocq). — Corruption de mot.
La Rue, 1894 : Cabaret.
Cabermont, cabermuche
Rigaud, 1881 : Cabaret, — dans le jargon des voleurs.
Cabestan
Vidocq, 1837 : s. m. — Officier de paix ou de police.
Larchey, 1865 : Agent de police. — Comparaison de la corde qu’enroule le cabestan à celle avec laquelle l’agent garrotte les criminels (?). V. Macaron.
Delvau, 1866 : s. m. Officier de paix, — dans le même argot [des voleurs].
Rigaud, 1881 : Officier de paix.
La Rue, 1894 : Agent de police. Officier de paix.
Virmaître, 1894 : Officier de paix. Il fait virer ses sous-ordres (Argot des voleurs). V. Bricule.
France, 1907 : Officier de paix.
Cabo
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Chien.
Delvau, 1866 : s. m. Chien, — dans l’argot du peuple, qui a contracté le vieux mot Clabaud. On dit aussi Cabe.
Rigaud, 1881 : Caporal, — dans l’argot du régiment.
Merlin, 1888 : Caporal. — N’est-ce qu’une apocope du mot, ou bien le désigne-t-on ainsi en raison de son métier de chien ?
Caboche, cabèce
Rigaud, 1881 : Forte tête. C’est la tête de l’homme intelligent. Une caboche à X, une tête à mathématiques.
D’un petit tonnerre de poche, Lui frêle toute la caboche.
(Scarron, Gigantomachie, chap. 5.)
Caboche, cabèche
La Rue, 1894 : Tête.
Calvin
anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Raisin.
Vidocq, 1837 : s. m. — Raisin.
Halbert, 1849 : Raisin.
Larchey, 1865 : Raisin (Vidocq). — Donnant le nom du jus au fruit, les voleurs ont dit le qu’a le vin pour le raisin. V. Cabe.
Delvau, 1866 : s. m. Raisin. On dit aussi Clavin.
Rigaud, 1881 : Raisin. — Calvigne, vigne, — dans l’ancien argot.
Chevance
Delvau, 1866 : s. f. Ivresse, — dans l’argot des voleurs, qui savent que, dans cet état, les plus gueux se croient toujours heureux et riches.
La Rue, 1894 : Ivresse.
France, 1907 : Ivresse. Vieux mot dérivé du bas latin cabentia, argent, propriété, fortune, l’ivresse donnant tout cela.
Combre, combrieu
Larchey, 1865 : Chapeau (Vidocq). — Même observation pour ce mot que pour cabe et calvin. Le chapeau est ce qui ombrage la tête et, par contraction, ce qu’ombre. — Combrieu est un diminutif de Combre V. Tirant.
La Rue, 1894 : Chapeau.
Cribleur de verdouse
La Rue, 1894 : Marchand des quatre-saisons. Cribleur de macabés, gardien de cimetière qui sonne la cloche à l’arrivée d’un convoi. Cribleur de lance, porteur d’eau.
Jaspinement du cabe
Vidocq, 1837 : s. m. — Aboiement d’un chien.
Macabé
La Rue, 1894 : Cadavre.
Macabée, machabée
Rigaud, 1881 : Cadavre quelconque d’homme ou d’animal. Se disait autrefois plus particulièrement du cadavre d’un homme noyé ou de celui d’un animal.
Ce gros machabée, horrible pendu,
Sur la dalle froide, on vient de l’étendre ;
Il a les contours accrus d’un scaphandre,
Et de ses haillons le mur est tendu.
(Le Pavé, 1879)
Macabées (case des)
Rigaud, 1881 : Cimetière. Mot à mot : maison des cadavres. — Le clou des macabées, la Morgue ; c’est-à-dire le Mont-de-Piété des cadavres, l’endroit où l’on met les cadavres en dépôt.
Macaron
Vidocq, 1837 : s. m. — Traître, dénonciateur par nature.
Larchey, 1865 : Dénonciation. — Du vieux mot maque : vente. V. Roquefort. — Un dénonciateur vous vend à la police.
Dans le nez toujours tu auras mes macarons et cabestans.
(Vidocq)
Macaroner : Trahir.
Delvau, 1866 : s. m. Huissier, — dans l’argot des voyous. Traître, — dans l’argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : Huissier. Allusion aux panonceaux qui figurent à la porte des huissiers. — Dénonciateur.
La Rue, 1894 : Huissier. Dénonciateur.
France, 1907 : Huissier.
Macaron, dans le peuple, veut dire huissier ; dans l’argot des voleurs, il veut dire traître. Il est vrai qu’il n’y a pas grande différence entre les deux. Un voleur est traître en dénonçant ses complices : un huissier est traître vis-à-vis des malheureux.
(Ch. Virmaître)
France, 1907 : Traître, dénonciateur ; argot des voleurs.
Dans le nez toujours tu auras
Macarons et cabestans.
(Commandements des voleurs)
Cet homme qui criait si fort contre ceux que les gens de sa sorte nomment des macarons s’est un des premiers mis à table.
(Mémoires de Vidocq)
Maccabée
anon., 1907 : Cadavre.
Mirzale
Vidocq, 1837 : s. f. — Boucle d’oreille.
Larchey, 1865 : Boucle d’oreille (Vidocq). — Même construction que dans cabe, combre, calvin. Une mirzale est mot à mot : ce qui mir-oite z’à l’oreille.
Rigaud, 1881 : Boucle d’oreilles.
Piqueur
d’Hautel, 1808 : Un piqueur d’assiette. Voy. Pique-assiette.
Un piqueur d’escabelle. Clerc de procureur, ou de notaire.
Un piqueur de coffre. Se dit d’un courtisan, d’un homme qui plante le piquet dans une antichambre.
Relever les escabelles
France, 1907 : Festoyer après une noce, continuer la fête patronale. Voir Reco.
Sirop de vessie
France, 1907 : Urine ; argot militaire.
Or, à ce moment même, une scène bizarre se passait sous les yeux des dragons, et attirait l’attention des officiers.
Maître Bastringue, après avoir flairé curieusement le pantalon de son maître, ne s’était-il pas avisé de lever l’aileron, et d’injecter ledit vêtement de certain liquide que, dans leur langage imagé, les troupiers appellent sirop de vessie.
(Théodore Cabe)
Tabouret (figure à)
France, 1907 : Figure de coquin. Cette expression, maintenant hors d’usage, vient de l’époque où l’on exposait les criminels sur la place publique, assis sur un escabeau avec un carcan de fer au cou qui les fixait an pilori.
Va donc, figure à tabouret,
J’t’irons voir en face le Palais,
dit le Catéchisme poissard.
Argot classique, le livre • Telegram