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Amoureux

d’Hautel, 1808 : Amoureux des onze mille vierges. Terme de dérision. Homme volage et inconstant ; cœur banal qui s’enflamme également pour toutes les femmes.
Amoureux transi. Homme indifférent et flegmatique, qui n’aime que par calcul et intérêt.

France, 1907 : Bossu, dans l’argot populaire.

(Une bande de bambins poursuivant un enfant bossu.) — Hue ! l’amoureux, hue !
L’enfant. — Laissez-moi, vous me faites du mal !
La bande. — Hue ! l’amoureux, hue ! (Ils le frappent et le renversent.)
L’enfant. — Vous êtes méchants, vraiment… brigands, assassins, voleurs ! Ne me battez pas tous à la fois aujourd’hui, vous me battrez demain.
La bande. — Hue ! l’amoureux, hue !
L’enfant. — Oh ! si j’étais fort !
Tous. — Fort à quoi, l’amoureux, fort à quoi ?
L’enfant. — Fort, fort à casser le ciel, je vous écraserai tous.
La bande. — Hue ! l’amoureux, hue !…
Le bourgeois, attendri. — Chers enfants ! C’est l’espoir de la France, oui, monsieur, l’espoir de la France ; oui, monsieur, l’espoir de la France.

(Jules Noriac)

Brigeants

Halbert, 1849 : Cheveux.

Delvau, 1866 : s. m. pl. Cheveux, dans le même argot [des voleurs]. On dit aussi Brigands, — à cause de la physionomie rébarbative que vous donnent des cheveux ébouriffés.

Chauffer le four

Delvau, 1866 : v. a. Se griser. Avoir chauffé le four. Être en état d’ivresse.

Rigaud, 1881 : Boire beaucoup. — Ce n’est pas pour lui que le four chauffe, le profit, l’agrément ne sera pas pour lui.

France, 1907 : Se griser.

La fille — Ah ! t’as soif, cher trésor, et tu me l’disais pas !… Si soif que ça !
Le passant — J’en crève !
La fille — T’as chauffé le four, pas vrai, brigand ! t’es n’en ribotte !… J’connais ça, vu qu’ça m’arrive encore pus souvent qu’à mon tour…

(Henry Monnier, Les Bas-fonds de la société)

Chauffeurs (les)

France, 1907 : Nom donné à des bandes de brigands qui se formèrent pendant la Révolution, dans certaines provinces de l’ouest et du midi de la France, spécialement le Perche, le Maine, l’Île-de-France, le Languedoc. Bien armés, bien disciplinés, à cheval la plupart du temps, ils attaquaient les fermes et les maisons de maître isolées et chauffaient, c’est-à-dire brûlaient les pieds des victimes qui refusaient d’indiquer l’endroit où étaient cachés l’argent ou les bijoux. Ils se couvrirent, par la suite, d’une couleur politique et se confondirent avec les derniers chouans dans l’Ouest, et dans le Midi avec les Verdets, les Trestaillons, les Compagnons de Jéhu. Ils avaient un argot spécial dont Lorédan Larchey a reproduit le glossaire publié en l’an VIII, par P. Leclair, à la suite de son Histoire des Chauffeurs d’Orgères.
C’est à Fouché, ministre de la police, que l’on doit la disparition des chauffeurs.

Coësré

Vidocq, 1837 : s.m. — À chaque pas que l’on faisait dans l’ancien Paris, on rencontrait des ruelles sales et obscures qui servaient de retraite à tout ce que la capitale renfermait de vagabonds, gens sans aveu, mendians et voleurs. Les habitans nommaient ces réduits Cours des Miracles, parce que ceux des mendians qui en sortaient le matin pâles et estropiés, pour aller par la ville solliciter la charité des bonnes âmes, se trouvaient frais et dispos lorsque le soir ils y rentraient.
Le premier de ces asiles, ou Cours des Miracles, qui soit cité par les auteurs qui ont écrit l’histoire et la monographie de la capitale, est la rue du Sablon, dont aujourd’hui il ne reste plus rien ; cette rue, qui était située près l’Hôtel-Dieu, fut fermée en 1511 à la requête des administrateurs de l’hôpital, « pour qu’elle ne servit plus de retraite aux vagabonds et voleurs qui y menaient une vie honteuse et dissolue. »
Cette rue, dès l’an 1227, servait de retraite à ces sortes de gens. Étienne, doyen de Notre-Dame, et le chapitre de Paris, ne voulurent consentir à l’agrandissement de l’hôpital, qu’à la condition expresse qu’il ne serait point fait de porte à la rue du Sablon, du côté du Petit Pont : « De peur que les voleurs qui s’y réfugiaient ne se sauvassent, par cette rue, chargés de leur butin, et que la maison de Dieu ne servit d’asile à leurs vols et à leurs crimes. »
La rue de la Grande Truanderie, fut, après celle du Sablon, la plus ancienne Cour des Miracles ; son nom lui vient des gueux et fripons, qu’à cette époque on nommait truands, qui l’ont habitée primitivement ; la troisième fut établie, vers l’année 1350, dans la rue des Francs-Bourgeois, au Marais. Ce n’est que lorsque la population des gueux eut pris un certain accroissement, qu’ils se répandirent dans les cours : du roi François, près la rue du Ponceau ; Sainte-Catherine, rue de la Mortellerie ; Brisset, Gentien, Saint-Guillaume, puis enfin, Cour des Miracles. Sauval rapporte que de son temps, les rues Montmartre, de la Jussienne, et circonvoisines, étaient encore habitées par des individus mal famés et de mauvaises mœurs. « La Cour des Miracles, dit-il ailleurs, était encore habitée par plus de cinq cents misérables familles ; on voulut, ajoute-t-il, détruire ce cloaque, mais les maçons qui commençaient leurs travaux furent battus et chassés par les gueux, et l’on ne put rien y faire. »
On est étonné, sans doute, de voir dans une ville comme Paris, une aussi formidable assemblée de fripons, cependant rien n’est plus concevable. La police, à cette époque, n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui, et s’il faut croire ce que rapporte Louis Vervin, avocat à Paris, dans son ouvrage publié en 1622, intitulé : l’Enfer des Chicaneurs, elle se faisait d’une singulière manière : « Les sergens, dit-il, courent partout pour trouver des coupables, mais s’ils prennent des voleurs, ils les relâchent aussitôt que ceux-ci leur donnent de l’argent. » Ce n’était pas seulement l’incurie de l’administration qui avait donné naissance à la formidable corporation dont le grand Coësré était le chef, le mal avait pris naissance dans l’organisation même de l’État, et dans les événemens du temps. Jusqu’au règne de Louis XI, il n’y eut pas en France d’armée nationale ; le roi avait les archers de sa garde et ses gentilshommes : c’était là tout ; seulement, lorsque la guerre était déclarée, les vassaux de la couronne conduisaient leur contingent au secours du roi, et la campagne terminée, chacun s’en retournait dans ses foyers ; mais les serfs, ou gens de mainmorte, qui avaient acquis dans les camps une certaine expérience, ne se souciaient pas toujours de retourner sur les terres de leurs seigneurs, où ils étaient taillables et corvéables ; ils se débandaient, abandonnaient la bannière, et ceux qui n’allaient pas se joindre aux compagnies franches, qui, à tout prendre, n’étaient en temps de paix que des compagnies de brigands organisés, venaient chercher un asile dans les grandes villes, et principalement dans Paris, où ils se réunissaient aux bohémiens qui y étaient venus en 1427, aux mauvais sujets des universités, aux vagabonds, aux filous, qu’ils ne tardaient pas à imiter. La corporation, par la suite, devint si formidable, qu’elle eut pendant un laps de temps assez long, ses franchises et ses privilèges ; on pouvait bien, lorsqu’on l’avait attrapé, pendre un truand ou un mauvais garçon, mais un archer du guet, à pied ou à cheval, ne se serait pas avisé d’aller le chercher dans une Cour des Miracles, ces lieux étaient des asiles interdits aux profanes, et dont les habitans avaient une organisation pour ainsi dire sanctionnée par la police du temps. Le roi des Argotiers ou de l’Argot, le chef suprême des Courtauds de boutanche, Malingreux, Capons, Narquois, etc., avait une part d’autorité pour le moins aussi belle que celle du prévôt de Paris, part d’autorité que ce dernier avait été, pour ainsi dire, obligé de céder à la force.

Coupe-jarret

d’Hautel, 1808 : Brigand, bretteur, homme qui ne cherche que dispute. Nom donné dans la révolution aux Septembriseurs et aux exécuteurs d’ordres sanguinaires.

Dégueulas

Delvau, 1866 : adj. Dégoûtant, — dans l’argot des faubouriens, qui disent cela à propos des gens et des choses.

Rigaud, 1881 : Dégoûtant.

Rossignol, 1901 : Chose écœurante à voir.

France, 1907 : Qui donne envie de vomir. Le féminin est dégueulasse.

Voir cette fin de siècle, dégueulasse au possible, où tout est menteries, crapuleries et brigandages, — et assister la bouche close à tout ça : nom de Dieu ! je pouvais pas m’y faire.

(Almanach du Père Peinard, 1894)

Détrousseur

d’Hautel, 1808 : Larron, voleur qui exerce ses brigandages sur les grands chemins.

Emballer

Larchey, 1865 : Arrêter, écrouer.

Tu vas nous suivre à la Préfecture. Je t’emballe.

(Chenu)

On dit d’un cheval emporté qu’il emballe son cavalier, sans doute parce que celui-ci est réduit au rôle passif d’un simple ballot.

Delvau, 1866 : v. a. Arrêter, — dans l’argot des voleurs et des filles.

Delvau, 1866 : v. n. Se dit, — dans l’argot des maquignons, — d’un cheval qui prend le mors aux dents, sans se soucier des voyageurs qu’il traîne après lui. S’emballer, se dit dans le même sens d’un homme qui s’emporte.

Rigaud, 1881 : Mettre en prison. — Emballez-moi ce particulier.

Rigaud, 1881 : Terminer promptement. — L’ouvrage est emballé.

La Rue, 1894 : Conduire en prison. Donner un coup de poing. S’éprendre passionnément. Emballement, entraînement subit, emportement.

France, 1907 : Arrêter, emmener en prison.

— Dis donc, toi, si c’est comme ça que tu fais ta tournée !… Sais-tu où je l’ai trouvé, ton Delphin ?
— Où ça ?
— Sur ma fille… Je vas écrire au préfet, pour qu’il te casse, père de cochon, cochon toi-même.
Du coup, Bécu se fâcha.
— Ta fille, je ne vois que ses jambes en l’air… Ah ! elle a débauché Delphin ? Du tonnerre de Dieu si je ne la fais pas emballer par les gendarmes.
— Essaye donc, brigand !

(Émile Zola, La Terre)

C’est que le coup d’État les atteignit, eux ! À l’abri des représailles dont se décime toute effervescence populaire, se moquant comme d’une guigne qu’on ait mitraillé les faubourgs en Juin ; ayant approuvé, sinon commandé la canonnade ; ne se rendant même pas compte — les imbéciles ! — que la dictature en était la résultante (les ouvriers les regardant narquoisement emballer pour Mazas) ils sentirent, pour la première fois, la poigne du gendarme s’abattre à leur collet.

(Séverine, Le Journal)

France, 1907 : Donner un coup de poing.

Guerre sans feu ne vaut pas mieux qu’andouille sans moutarde

France, 1907 : Mot prêté à Henri V, roi d’Angleterre, à la suite de la bataille d’Azincourt (1415), ses troupes se répandirent en France, pillant et ravageant tout. Les habitants de Paris lui envoyèrent une députation pour le prier d’empêcher les brigandages et les incendies, Henri V les renvoya en disant : « C’est l’usage de la guerre. Guerre sans feu ne vaut pas mieux qu’andouille sans moutarde. »

Guilleri (compère)

France, 1907 : Célèbre capitaine de brigands devenu le héros d’une chanson populaire fort ancienne dont voici le refrain :

Toto carabi !
Toto carabo !
Compère Guilleri,
Te lairas-tu
Te lairas-tu
Te lairas-tu
Mouri ?

Histoire de brigands

France, 1907 : Conte à dormir debout ; récit de pure invention ; mensonge comme en contaient les voyageurs d’autrefois qui se vantaient d’aventures extraordinaires, de rencontres avec les brigands.

Les histoires de brigands ont le don de passionner la France en général et Paris en particulier. — Une histoire de brigands ? demandait-on à Voltaire : le brave homme répondait d’un ton bénin : — Il était une fois un fermier général… Ma foi, j’ai oublié la suite… et l’on applaudissait.

(Gil Blas)

Oh ! plaignons la femme du monde ;
Ce n’est pas un métier si doux
De n’avoir pas une seconde
Entre les amants et l’époux.
Mais aussi comme elle est savante
Pour donner l’emploi de son temps !
Sans sourciller, comme elle invente
Quelques histoires de brigands !
C’est un concert, une visite,
L’essai d’un corsage raté,
De petits achats faits très vite
Dans les ventes de charité.

(Jacques Rédelsperger)

Lune (armée de la)

France, 1907 : Association de malfaiteurs militaires qui opérait pendant la nuit et épouvanta la province sous la Restauration.

Vidocq savait que la fameuse armée de la Lune était une association de malfaiteurs, dont les chefs s’étaient dérobés jusque-là aux investigations de la police.
Ces brigands, qui avaient organisé l’assassinat et le vol dans un rayon de plus de dix lieues, appartenaient à tous les régiments.
La nuit, ils rôdaient dans les camps ou s’embusquaient sur les routes, faisant de fausses rondes ou de fausses patrouilles et arrêtaient quiconque présentait l’espoir du plus léger butin.
Afin de n’éprouver aucun obstacle dans l’accomplissement de leurs ténébreux exploits, ils avaient à leur disposition des uniformes de tous les grades.
Au besoin, ils étaient capitaines, colonels, généraux, et ils faisaient à propos usage de mots d’ordre et de ralliement, dont quelques affidés, emplovés à l’état-major, avaient soin de communiquer la série par quinzaine.

(Marc Mario et Louis Launay, Vidocq)

Main

d’Hautel, 1808 : Il ne sait où mettre ses mains. Pour, il a l’air gauche et décontenancé ; il est dans un extrême embarras : se dit aussi pour exprimer que quelqu’un est dans l’ivresse du succès.
Faire quelque chose à deux mains trois cœurs. Pour dire, avec zèle et empressement ; de tout cœur.
Passez cela de main en main jusqu’au plus vilain. Se dit à dessein de plaisanter une personne dans les mains de laquelle doit rester l’objet que l’on fait passer.
Il a la main chaude. Pour dire que quelqu’un est en train de gagner au jeu.
Il est à deux mains. Se dit d’un homme propre à plusieurs emplois, ou que l’on occupe à différentes choses.
Il le surpasse haut la main. Pour, il le passe de beaucoup, il lui est bien supérieur.
Jeu de mains, jeu de vilains. Signifie qu’il n’y a que les gens mal élevés qui jouent à se frapper.
Fermez la main, et dites que vous ne tenez rien. Manière de dire à quelqu’un qu’on ne veut pas lui accorder ce qu’il demande.
Est-ce que tu as des mains de beurre. Se dit à une personne maladroite, qui laisse tomber tout ce qu’elle porte à la main.
Donner de la main à la main. C’est-à-dire mutuellement.
Il a toujours ses mains dans ses poches. Se dit d’un fainéant, d’un homme qui vit dans l’oisiveté.
Il a une belle main pour chanter et une belle voix pour écrire. Voyez Chanter et Écrire.
Il vaut mieux tendre la main que le coup. Pour il est moins déshonorant de demander l’aumône, que de s’exposer à être pendu en exerçant des vols et des brigandages.
Un homme de main. Pour dire, auquel on peut se fier pour l’exécution d’une chose difficile.
Faire la main. Pour faire des gains illicites et déshonnêtes.
L’argent lui fond dans les mains. Se dit d’un prodigue, d’un dissipateur.
Ils sont comme les deux doigts de la main. C’est-à-dire, inséparables ; ils vivent dans une grande familiarité.
Tous les doigts de la main ne se ressemblent pas. Signifie que dans la société, on rencontre des humeurs et des caractères différens.
Il faut regarder à ses mains plutôt qu’à ses pieds. Se dit d’un homme dont la probité est suspecte.
Il est Normand, il a les mains crochues. Parce qu’on prête beaucoup de finesse et d’habileté aux habitans de cette province, surtout dans leur manière de traiter. Il est certain que, quelque peu fondé que soit leur droit dans une affaire, ils ont l’adresse de la faire tourner toujours à leur avantage.
Il ne va jamais sans ses mains. Se dit d’un escroc, d’un fripon, d’un homme qui vit d’une industrie infâme.
De marchand à marchand, il n’y a que la main. Pour dire, qu’il suffit de toucher dans la main entre marchand, pour conclure un marché. Signifie aussi que le commerce égalise toutes les conditions.
Mettre le pain à la main de quelqu’un. L’assister dans la nécessité, ou lui ouvrir le chemin de la fortune.
Les mains lui démangent. Pour, il a envie de se battre ; il y a long-temps qu’il s’est battu.
Il a la main à la pâte. Pour, il est dans un emploi lucratif où il fait de bons profits.
Il faut aller bride en main dans cette affaire. Pour dire, prudemment, avec retenue.
Il a des mains de laine et des dents de fer. Se dit d’un homme nonchalant et paresseux, qui ne sait rien faire que boire et manger.
C’est un homme de sa main. Pour une de ses créatures.
Prenez cela de ma main. Pour, ayez confiance dans ce que je vous donne. Locution marchande, pour engager les chalands à acheter.
Jouer à la main chaude. Au propre, jouer au jeu de la main chaude ; au figuré, avoir les mains liées derrière le dos, comme le sont ordinairement les patiens que l’on conduit au supplice, et par allusion avec ce jeu. Voy. Chaude.
Mettre la main à la pâte. Se mêler des travaux les plus difficiles, des plus petits détails d’une affaire ; prendre part aux services domestiques ; se servir soi-même.
Il n’y va pas de main morte. Pour, il touche ferme ; il travaille avec ardeur.

Rigaud, 1881 : La totalité des cartes constituant une partie, soit au baccarat, soit au lansquenet. La main réglementaire est de quatre jeux de cinquante-deux cartes.

Rigaud, 1881 : Série de coups gagnés, — dans le jargon des joueurs de baccarat et de lansquenet. — Avoir la main, tenir les cartes à son tour. — Prendre la main, prendre les cartes qu’un joueur quitte après un ou plusieurs coups de gain. — Passer sa main, ne pas prendre les cartes à son tour. — Passer la main, passer les cartes après un ou plusieurs coups gagnés. — Brûler la main, jeter au panier les cartes du talon, après avoir gagné, en banque, un certain nombre de coups.

Mandrin

d’Hautel, 1808 : Nom d’un voleur, d’un brigand insigne, qui est devenu commun à tout voleur, escroc ; filou ; et que l’on donne généralement aux gens sans foi, sans probité.

Delvau, 1866 : s. m. Bandit, homme capable de tout, à quelque rang de la société qu’il appartienne, sur quelque échelon qu’il se soit posé. Cette expression — de l’argot du peuple — est dans la circulation depuis longtemps. On dit aussi Cartouche, — ces deux coquins faisant la paire.

France, 1907 : Vaurien, scélérat, mauvais sujet. Du nom d’un célèbre coupeur de bourses qui fut roué à Valence, le 26 mai 1755, après avoir terrorisé longtemps les bourgades du Midi, à la tête d’une bande désignée d’après lui sous le nom de les Mandrins. En décembre 1754, Louis Mandrin, à la tête de soixante-cinq bandits, contraignait la mairie et la ferme des sels d’Autun à lui donner 20.000 livres. Le lendemain, il résistait avec succès à un détachement de hussards et de chasseurs commandé par le colonel Fisher, mais cet officier avant reçu du renfort, Mandrin fut complètement battu à Guénand, près Brion, dans le baillage d’Autun. D’autres disent que ce furent des volontaires du Dauphiné qui s’emparèrent de lui au bourg de la Sauvelat en Velay.

Sur ces entrefaites, des marchands de bon sens populaire, dégonfleurs d’outres et propagateurs de Libre examen, eurent la curiosité de se pencher sur la vie des plus illustres diplomates et en particulier sur celle de ce Talleyrand qui en est le type consacré, et ils virent que cette vie n’en laissait rien, pour le crime, l’infamie, de mensonge, les trahisons et toutes les hontes aux existences abominables des Mandrin des Cartouche et des exemplaires les plus abjects de la bête humaine.

(Émile Bergerat)

Maraudaille

d’Hautel, 1808 : Troupe de fripons, de coquins, de brigands.

Mirliflor, mirliflore

France, 1907 : Prédécesseur du gommeux ; de mirer et de fleur.
Francisque Michel voit dans mirliflore une altération de mille-fleurs, bouquet de plusieurs leurs odorantes dont se paraient les élégants du siècle dernier, tandis que Littré pense que c’est une altération de mirlifique, altération elle-même de mirifique, mirificus, merveilleux. Le mirliflor florissait vers 1820.

Ces favoris de la mode appelés roués sous la Régence, merveilleux sous Louis XV, mirliflores sous Louis XVI, incroyables sous le Directoire, agréables sous l’empire, étaient-ils inférieurs aux lions de nos jours ?

(Sophie Gay)

Avec des bouquets comme celui-là, ou des œillets rouges flambants comme braise, et résistants dans les bagarres, on s’en allait, les demi-soldes, les « brigands de la Loire », au café Lamblin, à la Rotonde. Les mirliflores nous y attendaient, avec des œillets blancs au revers de leur habit de drap fin.
Ce n’était pas long. Un mot, une gifle ! « Vive le roi ! — Vive l’empereur ! » Et ce qu’on se battait !

(Sévérine)

Peignée, coup de peigne

Larchey, 1865 : Lutte dans laquelle on s’empoigne aux cheveux, et, par extension, combat.

Les enfants des sans-culottes qui vont se f… un coup de peigne avec les brigands de la Vendée.

(1793, Hébert)

Là-dessus, elles commencent à se repasser une peignée des mieux administrées, criant, jurant, se rossant comme deux enragées.

(Vidal, 1833)

Pieds chauds (avoir les)

France, 1907 : On disait autrefois d’un homme bavard : il a les pieds chauds, par allusion aux brigands du dernier siècle qui chauffaient les pieds le leurs victimes pour les forcer à parler, les obliger à dire où elles avaient caché leur argent, leurs bijoux.

Pipelette

France, 1907 : Féminin de pipelet.

Quelquefois ils ont des enfants,
Car ils aim’nt, après tout, ces gens !
Et leur fille,
S’ils en ont une ordinair’ment,
Ell’ cultive un art d’agrément
En famille !
Elle apprend l’piano, la diction
Pour s’fair’ plus tard un’ position
À la scène,
À moins qu’ell’ ne d’vienn’ tout bonn’ment
Pipelett’ comm’ Madam’ sa maman
Ou bien un’ grand’ demi-mondaine.

(Maurice de Marsau)

Il est question, chez la concierge, de la petite couturière du cintiéme, « enjôlée » puis lâchée par un calicot, son voisin.
— M’en parlez pas, m’ame Gibou, conclut la pipelette, ces brigands d’hommes sont tous les mêmes. Ils n’ont pas plutôt tourné la tête à une jeunesse qu’ils lui tournent le dos !

(Le Journal)

Point d’agent, point de Suisse

France, 1907 : Sans argent on n’a rien. Cette expression remonte aux guerres du Milanais, à la fin du XVe siècle et au commencement du XVIe, où les mercenaires suisses engagés au service de la France s’y retirèrent plusieurs fois faute de solde. « Payez-vous sur l’ennemi », leur disait-on ; en d’autres termes : « Pillez » ; ce que faisaient, du reste, les autres troupes mercenaires ; mais les Suisses répondaient : « Nous ne sommes pas des brigands, mais des soldats. » Les Suisses ont longtemps servi la France. Étant pauvres et leur pays n’offrant que peu de ressources, il se faisaient soldats. Un jour, en présence du colonel du régiment des gardes suisses, Louvois dit à Louis XIV qu’avec l’or et l’argent que les Suisses avaient reçu des rois de France, on pourrait paver une chaussée de Paris à Bâle : « :Cela peut être vrai, répliqua le colonel, mais si l’on pouvait recueillir tout le sang que les soldats de ma nation ont versé pour le service de la France, on pourrait en faire un canal pour aller de Bâle à Paris. »
Devenus vieux et impropres au service, on leur donnait des places de gardiens ou de concierges, d’où l’appellation de suisse appliquée aux portiers des grands hôtels, et au bedeau, armé de la hallebarde et accoutré d’un uniforme militaire, qui orne les cérémonies de l’Église.
Les filles, jouant sur cette expression, disent : « Point d’argent, point de cuisses. »

Poireauter

Fustier, 1889 : Attendre quelqu’un dans la rue.

France, 1907 : Attendre. Verbe dérivé de l’expression faire le poireau.

Les diligences ne sont plus de saison ? Eh bien, les brigands fin de siècle arrêteront les chemins de fer. Quéque je dis ? Nous n’avons pas à poireauter pour voir le tableau : on les arrête déjà ! En Italie, on a arrêté la malle des Indes et aux États-Unis les trains qui font la navette entre New-York et San-Francisco ont parfois des surprises désagréables.

(Almanach du Père Peinard, 1894)

Devant l’tramway faut qu’on poireaute
Pendant six heur’s à la station ;
À pied vaudrait mieux fair’ la trotte…
Ah ! zut ! je d’mand’ la révision.

(Victor Meusy)

Sabri, satou

Rigaud, 1881 : Forêt, bois, — dans l’ancien argot. — Sabrieux, voleur de bois.

La Rue, 1894 : Bois. Forêt. Sabrieux, voleur des bois ou brigand des grands chemins.

Sainte Canaille

France, 1907 : Le peuple.

Ancien ministre des travaux publics et toujours habile financier, celui-ci, depuis un quart de siècle au moins, volait tel qu’un vautour et plumait tous les oisillons qui lui tombaient entre les serres et sous le bec : à présent sénateur, ce pillard, ce goulu, ce brigand, siégeait au palais du Luxembourg, au milieu des Pères conscrits, et celui-là, naguère marchand de vins et déclaré plusieurs fois en faillite, ayant été depuis, nonobstant, décoré de la Légion d’honneur et même élu député, tempêtait à la chambre basse, composée de non moins de nullités et de fripons que la haute, et dirigeait trois ou quatre feuilles vénales vendues successivement à tous les chefs de parti : radicaux, opportunistes et réactionnaires.
Sans cesse ils me soupiraient la même litanie en m’offrant, avec une louable émulation, un des millions qu’ils avaient extorqués à la sainte canaille.

(Léon Cladel, La Juive errante)

Sorte

d’Hautel, 1808 : Plaisanterie, gausse, mensonge, gasconnade, conte fait à plaisir, récit peu digne de foi.
C’est une sorte, une bonne sorte. Pour dire, que ce que dit quelqu’un est controuvé ; que c’est une plaisanterie, un conte en l’air.

Delvau, 1866 : s. f. Mauvaise raison, faux prétexte, balançoire, — dans l’argot des typographes.

Rigaud, 1881 : Mensonge, bourde, mystification, — dans le jargon des typographes. — Au propre, les sortes sont les lettres de même caractère, de même sorte. — Chiquer des sortes, puiser dans la casse du voisin les lettres dont on a besoin.

Boutmy, 1883 : s. f. Quantité quelconque d’une même espèce de lettres. Au figuré, conte, plaisanterie, baliverne. « Conter une sorte », c’est narrer une histoire impossible interminable, cocasse, et que tout le monde raconte à peu près dans les mêmes termes. Les sortes varient à l’infini ; en voici quelques exemples : « Oui, Bidaut » est une réplique qui signifie « Oui, oui, c’est bien, soit ; je n’en crois pas un mot. » — « Il paraît qu’il va passer sur le nouveau labeur : le Rhinocéros. On dit que ça fait au moins 400 feuilles in-144, en cinq mal au pouce, cran sur l’œil. » Ou bien encore : « Le prote va mettre en main l’Histoire de la Chine dont la préface fera à elle seule 45 vol in-12. » C’est une scie qu’on monte aux nouveaux pour leur faire croire que le travail abonde. On dit aussi « Le pape est mort ! » quand on entend remuer l’argent de la banque, parce que ce bruit argentin rappelle celui des cloches qui annoncent la mort du pape. Quand un compositeur veut rompre le silence monotone observé depuis quelque temps, il s’écrie : « Tu disais donc, Matéo, que cette femme t’aimait ? » comme s’il reprenait tout à coup un dialogue commencé. Il y a aussi des sortes en action. Quand un compositeur n’est pas venu travailler, surtout le lundi, ses compagnons prennent sa blouse, la remplissent de maculatures, en font un mannequin qu’ils placent sur un tabouret devant sa casse, lui mettent en main un composteur et lui donnent l’attitude d’un compositeur dans son dur. « Quand un compositeur n’est pas matineux, dit l’auteur de Typographes et gens de lettres, ses compagnons, pendant son absence, lui font une petite chapelle. C’est l’assemblage de mille choses plus disparates les unes que les autres : blouses, vieux souliers, composteurs, galées, bouteilles vides, qu’on dispose artistement en trophée ; puis on allume autour tous les bouts de chandelle que l’on peut trouver. » Voici une autre sorte en action dont la victime s’est longtemps souvenue. C’était dans un atelier voisin du quai des Grands-Augustins. Il y a quelques années se trouvait sur ce quai le marché aux volailles connu sous le nom de la Vallée. Il arrivait parfois aux typographes de s’y égarer et d’acheter à la criée un lot de volailles : des poulets, des pigeons ou des oies. À l’atelier, on se partageait le lot acheté. Chacun contribuait au prorata de la dépense. On faisait des parts ; mais ces parts ne pouvaient jamais être égales : il était impossible, en effet, de disséquer les volatiles. Force était donc de tirer au sort. Il arriva un jour qu’un jeune fiancé gagna à cette loterie d’un nouveau genre une oie superbe, une oie de 15 livres, une oie grasse, blanche et dodue. Joyeux, il l’enveloppe soigneusement dans une belle feuille de papier blanc, à laquelle il adjoint un journal du jour, puis une maculature. Il ficelle le tout et dépose précieusement le paquet sous son rang. Le soir arrive ; notre jeune homme se hâte d’endosser son paletot, prend son paquet sous le bras et court, tout empressé, chez les parents de sa fiancée. « Je viens dîner avec vous », s’écrie-t-il. Puis, discrètement, avec un clignement d’yeux significatif, il remet à la ménagère son précieux fardeau ; c’en était un véritablement. On se met à table, on cause, on boit, on rit. La ménagère, curieuse de faire connaissance avec le cadeau du fiancé, profite d’un moment pour s’esquiver. Elle revient bientôt après, le visage allongé, et s’assied à sa place en grommelant. L’amoureux typo, s’apercevant de la mauvaise humeur de sa future belle-mère, veut en connaître la cause. On l’emmène à la cuisine, et quelle n’est pas sa stupéfaction de voir son oie changée en tiges de bottes moisies, en vieilles savates et autres objets aussi peu appétissants. Un compagnon facétieux avait accompli la métamorphose. L’oie fut mangée le lendemain chez un marchand de vin du voisinage. Le fiancé, dit-on, fut de la fête. Autre sorte en action, à laquelle ne manquent pas de se laisser prendre les novices. On a placé le long du mur, à une hauteur suffisante pour qu’il ne soit pas possible de voir ce qu’il contient, un sabot qui est censé vide. Le monteur de coup s’essaye à jeter une pièce de monnaie ; mais il n’atteint jamais le but. Un plâtre, impatienté de sa maladresse et tout heureux de se distinguer, tire une pièce de deux sous de sa poche, et, après quelques tentatives, la loge dans le sabot. Il est tout fier de son triomphe ; mais il ne veut pas laisser sa pièce. Pour l’avoir, il se hausse sur la pointe des pieds, plonge ses doigts dans le sabot, et les retire remplis… comment dire ? remplis d’ordure. Il existe des milliers de sortes dont beaucoup sont très vieilles et que la tradition a conservées jusqu’à nos jours.

La Rue, 1894 : Mensonge, bourde, mystification.

Virmaître, 1894 : Quand un camarade quitte son rang pour aller raconter à un copain une histoire de brigand inventée de toutes pièces, l’autre lui répond :
— Laisse-moi avec ta sorte.
Pour une mauvaise plaisanterie l’aile à un camarade, la réponse est la même. L’expression sorte vient de ce que, lorsqu’il manque des caractères dans une casse, la sorte est absente.
Sortier, celui qui fait des sortes (Argot d’imprimerie).

France, 1907 : Conte, baliverne, plaisanterie. Conter une sorte, dit Eugène Boutmy, c’est narrer une histoire impossible, interminable, cocasse, et que tout le monde raconte à peu près dans les mêmes termes. Les sortes varient à l’infini ; en voici quelques exemples : « Oui, Bidaut » est une réplique qui signifie : « Oui, oui, c’est bien, soit : je n’en crois pas un mot. » — On dit aussi : « Le pape est mort ! » quand on entend remuer l’argent de la banque, parce que ce bruit argentin rappelle celui des cloches qui annoncent la mort du pape.— Quand un compositeur veut rompre le silence monotone observé depuis quelque temps, il s’écrie : « Tu disais donc, Mateo, que cette femme t’aimait ? » comme s’il reprenait tout à coup un dialogue commencé.

Il y a aussi des sortes en action. Quand un compositeur n’est pas venu travailler, surtout le lundi, ses compagnons prennent sa blouse, la remplissent de maculatures, en font un mannequin qu’ils placent sur un tabouret devant sa casse, lui mettant en main un composteur et lui donnant l’attitude d’un compositeur dans son dur.

(L’Agot des typographes)

Suisse (point d’argent, point de)

France, 1907 : Sans argent, on ne peut rien avoir. Ce dicton, injurieux pour nos voisins qu’il fait considérer comme des mercenaires, est cependant à leur honneur. On sait que, sous l’ancien régime et pendant le moyen âge, les Suisses fournissaient pour les guerres de nombreux contingents. De Charles VII à Louis XVIII les rois de France entretinrent des compagnies appelées les Cent-Suisses, et des régiments entiers composés de Suisses. Pendant les guerres du Milanais, vers la fin du XVe siècle, et au commencement du XVIe siècle, ces régiments se retirèrent plusieurs fois faute de solde. — « Payez-vous sur l’ennemi », disaient les généraux, en d’autres termes « Pillez. » Mais leurs chefs refusaient, disant : « Nous ne sommes pas des brigands, nous sommes des soldats. » Étant pauvres et leur pays n’offrant alors que peu de ressources, ils se faisaient soldats, mais entendaient qu’on les payât, ou point d’argent, point de Suisse. Et ils tenaient bon, car d’après un proverbe du XVIIe siècle, ils avaient une réputation d’entêtés :

D’un Suisse n’entends point raison,
Ni d’un bigot en oraison,
Ou d’une femme en sa maison
Quand elle crie hors de saison.

Racine, dans les Plaideurs, fait dire à Petit-Jean :

On n’entrait pas chez nous sans graisser le marteau
Point d’argent, point de suisse ; et la porte était close.

Travailler

d’Hautel, 1808 : Travailler le casaquin à quelqu’un. Lui donner des coups de bâtons, le rosser.
On dit par menace à un enfant indocile, qu’on lui travaillera le casaquin.

Ansiaume, 1821 : Voler.

Il est temps de travailler, je n’ai plus de carle.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Voler.

Larchey, 1865 : Voler.

X. était prudent : il travaillait toujours seul, et son discret recéleur était des plus fins.

(H. Monnier)

V. Butter.

Delvau, 1866 : v. n. Aller au persil.

Delvau, 1866 : v. n. Voler.

Rigaud, 1881 : Voler ; assassiner ; se prostituer, — dans le jargon des voleurs et des filles.

France, 1907 : Le verbe varie de significations suivant le genre d’occupations auxquelles on l’applique. Le grec, le voleur, l’assassin, la prostituée travaillent tout comme l’ouvrier : chacun travaille pour son saint, c’est-à-dire pour gagner sa vie.

Le pain est cher, le vin falsifié est inabordable, les objets d’alimentation sont hors de proportion avec les salaires ouvriers ou les appointements des employés de toute catégorie, avec les minuscules rentes des petits bourgeois, avec les infimes retraites des anciens fonctionnaires et des vieux soldats : la matière première devient inaccessible aux petits industriels, et tout cela grâce à des syndicats, à des coalitions qui opérent soit au grand jour, soit dans l’ombre, où il serait facile, si on le voulait, de démasquer ou de punir leurs complots.
Courez partout, fouillez les dessous de notre organisme économique, financier, industriel, commercial, agricole ; partout vous verrez des syndicats « travaillant » comme travaillent les bandes de brigands qui s’entendent si bien, pour emplir leurs poches, à vider celles des voisins ou des passants.

(Le Parti Ouvrier)

France, 1907 : Voler.

Les champs de courses sont les seuls endroits où le tireur anglais travaille le mieux, et s’oublie en ne mettant pas en pratique les règles de sagesse qui, ailleurs, le guident constamment. Là, le terrain est favorable pour ses exploits, il se multiplie et commet des vols successifs.

(G. Macé, Un Joli Monde)

Valence

Ansiaume, 1821 : Brigand.

C’est un valence qui m’auroit escapé comme un autre.

France, 1907 : On a pu déjà constater maintes fois, dans ce recueil, combien les habitants des diverses localités de province se conspuaient les uns les autres par des sobriquets stigmatisant quelque tare vraie ou imaginaire. En voici sur Valence de nouveaux exemples, avocats, médecins, et la population en général, passent par la satire des localités voisines et sans doute jalouses :

C’est un avocat de Valence,
Longue robe et courte science.
Les médecins de Valence,
Longues robes et peu de science.
Petite conscience et grande diligence
Font l’homme riche à Valence.

C’est un peu comme cela partout.

Volé (être)

Larchey, 1865 : Être trompé ou mystifié sans être pour cela victime d’un vol. Capelle, dans ses Contes (1818) faire dire à Richelieu, près duquel une fille d’opéra s’est fait passer pour une paysanne : Grands dieux ! je suis volé.

On dit qu’un homme vole une femme galante lorsqu’il ne lui donne pas une somme promise. L’homme est au contraire volé lorsque la femme ne lui a laissé que du désanchantement.

(Cadol)

Un voleur se dira volé s’il trouve peu de butin.

Nicolas n’est pas volé ! s’écria Calebasse. — Non, répondit le brigand, j’ai fait mes frais.

(E. Sue)

Delvau, 1866 : Mystifié, trompé, déçu, — dans l’argot du peuple.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique