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Accoler

d’Hautel, 1808 : Accoler la cuisse. Accoler la botte à quelqu’un. Pour dire lui embrasser la cuisse.
On ne se sert de cette locution qu’en mauvaise part, et pour tourner en ridicule les témoignages affectés d’amitié, de joie ou de soumission d’un subalterne envers son supérieur.

Delvau, 1864 : Faire l’acte vénérien, — dont le début est presque toujours une accolade mutuelle.

Quand le jeune et charmant champion
Accola la charmante Armide,
Notre morpion se hâta
De gagner la forêt humide
Qui devant lui se présenta.

(B. de Maurice)

C’était un adieu que lui disaient toutes les femmes, filles et garces qu’il avait accolées.

(Moyen de parvenir)

Antiquité

Virmaître, 1894 : Vieille femme Au temps de sa jeunesse Théophile Gautier, en compagnie d’un de ses amis, se promenait dans le jardin des Tuileries. Il avisa une vieille femme vêtue d’une robe à ramages qui datait au moins du Directoire. Il s’approcha d’elle, le chapeau à la main.
— Madame, lui dit-il, je raffole des antiquités, voulez-vous me permettre de baiser le bas de votre robe ?
Elle répondit fièrement :
— Si monsieur veut embrasser mon cul, il a vingt cinq ans de plus que ma robe (Argot du peuple).

Arbre

d’Hautel, 1808 : Il faut se tenir au gros de l’arbre. Signifie que, dans toute affaire, il faut embrasser le parti qui semble le plus raisonnable, et choisir autant que possible le plus juste et le plus fort.

Baiser

d’Hautel, 1808 : Baiser le cul de la vieille. Signifie en terme de jeu, ne pas prendre un point dans toute la partie ; et en terme de commerce, ne pas étrenner de la journée.
Il devroit baiser les pas par où elle passe. Se dit d’un homme ingrat, qui cherche à dénigrer une personne à laquelle il a de grandes obligations.
Baiser à la pincette. C’est pincer avec les doigts les deux joues de la personne que l’on veut embrasser sur la bouche ; ce que les enfans appellent Baiser à la godinette.

Delvau, 1864 : Verbe excessivement actif, que l’humanité passa son temps à conjuguer depuis le premier jour du monde, et qu’Adam et Ève savaient dans tous ses modes avant les conseils libertins du serpent. C’est le to leacher des Anglais, le far l’atto venereo des Italiens et le basiare des latins. — Quant à son étymologie, elle est d’une clarté éblouissante même pour un aveugle. Agnès la devinerait. Baiser, verbe, vient de Baiser, substantif, car la conjonction d’en haut précède toujours la conjonction d’en bas, et il est impossible à une femme dont les petites lèvres ont été touchées par une bouche, de ne pas laisser toucher ses grandes lèvres par une pine. De ceci vient cela, dirait Hugo.

…Et l’homme marié
Baise tout simplement, quand il peut, sa moitié.

(Protat)

…Le galant, en effet,
Crut que par là baiserait la commère.

(La Fontaine)

Parbleu, qu’un autre la baise.
J’aime mieux baiser mes sœurs.

(Collé)

Chaud de boisson, certain docteur en droit,
Voulant un jour baiser sa chambrière,
Fourbit très bien d’abord le bon endroit.

(Piron)

Batteuse d’asphalte

France, 1907 : Prostituée qui raccroche sur le trottoir.
Les femmes des restaurants de nuit forment une catégorie toute spéciale de la prostitution parisienne, entre la batteuse d’asphalte et la fille de brasserie, plus près de celle-ci avec qui elles se rencontrent souvent dans les maisons où on soupe. Elles ont pour la première le plus profond mépris.

Bécot

Larchey, 1865 : Petit baiser pris du bout des lèvres avec la prestesse de l’oiseau qui donne son coup de bec.

Encore un bécot.

(Champfleury)

Bécoter : Donner des bécots.

Tiens, j’effarouche les tourtereaux… On se bécotait ici.

(Cormon)

Delvau, 1866 : s. m. Bouche, — dans l’argot des mères et des amoureux. Signifie aussi Baiser.

Virmaître, 1894 : Bouche, baiser.
— Mon petit homme, donne-moi un bécot.
Embrasse-moi (Argot des filles).

Rossignol, 1901 : Embrasser.

Donnez-moi un bécot.

France, 1907 : Baiser.

Bécoter

Delvau, 1866 : v. a. Donner des baisers. Se bécoter. S’embrasser à chaque instant.

France, 1907 : Embrasser à petit coups comme font les amoureux.

Becotter

Virmaître, 1894 : Embrasser.
— C’est dégoûtant ! Ces jeunes mariés se bécottent toute la journée (Argot du peuple).

Bécotter

Delvau, 1864 : Donner des bécots.

Petit bossu
Noir et tortu,
Qui me bécottes
Et fripes mes cottes ;
Petit bossu, noir et tortu,
De me baiser, finiras-tu ?

(Béranger)

Rossignol, 1901 : Embrasser.

Ils sont jeunes, ils passent leur temps à se bécotter.

Belle de nuit

Delvau, 1866 : s. f. Fille oui hante les brasseries et les bals. Même argot [du peuple].

Rigaud, 1881 : Rôdeuse de pavé, coureuse de bastringues.

Virmaître, 1894 : Fille publique déjà vieille qui raccroche la nuit parce que la nuit tous les chats sont gris. Cette expression est ancienne. Vers 1850, on chantait dans une revue intitulée : Vive la Joie et les Pommes de terre représentée aux Folies-Dramatiques, à l’ancien boulevard du Temple.

Tous les soirs l’amateur contemple
Les belles de nuit qui s’font voir,
Sur le boulevard du Temple.

(Argot du peuple)

Bibelotter

Delvau, 1866 : v. a. Vendre ses bibelots, et, par extension, ses habits, ses meubles, etc. Argot des filles et des bohèmes. Par extension aussi : Bibelotter une affaire dans le sens de Brasser.

Bicher

Virmaître, 1894 : Ça prend, ça mord. Dupe qui, comme le poisson, mord à l’hameçon (Argot des gens d’affaires et des pêcheurs).

Hayard, 1907 : Aller à souhait.

France, 1907 : Embrasser. Bicher de la mirette, loucher ; ça biche, tout va bien.

Bise

Rigaud, 1881 : Baiser, caresse, — dans le jargon des enfants et des femmes qui aiment à s’entendre appeler « des chattes ». — Biser, embrasser. — Bise-moi, mon chéri !

Biser

France, 1907 : Embrasser. « Bisons-nous, la belle. »

Blonde, brune

Fustier, 1889 : Verre de bière de couleur brune ou blonde.

Les garçons (de café) libérés avant leurs confrères dépouillent rapidement la veste et le tablier blanc, se mettent en civil comme ils disent, et s’en vont boire des bocks dans les brasseries attardées. Seulement, ils ne sont pas assez naïfs pour donner en s’en allant le pourboire d’usage ; ils demanderaient plutôt, quand vient le quart d’heure de Rabelais, une remise sur le prix des brunes et des blondes qu’ils ont absorbées.

(Figaro, 1882)

Boîte à cornes

Delvau, 1866 : s. f. Chapeau, coiffure quelconque, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Chapeau d’homme.

Virmaître, 1894 : Chapeau. Allusion aux cocus qui y cachent leurs cornes (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Chapeau haut de forme ou autres.

Hayard, 1907 : Chapeau.

France, 1907 : Chapeau ou bonnet. Boîte à dominos, bouche, allusion aux dents ; cercueil, allusion aux os ; — à gaz, estomac ; — à surprise, la tête ; — à violon, cercueil ; — à biscuit, pistolet ; — à jaunets, écrin ; — à femmes, brasserie ; — à pastilles, ciboire ; — à pandore, boîte contenant de la cire molle pour prendre l’empreinte des serrures ; — au sel, tête ; — aux cailloux ou aux réflexions, prison ; — aux refroidis, la Morgue ; — d’échantillons, tonneau de vidange ; — au lait, la gorge. Tête à boîte, tête à punitions, figure d’imbécile ou de raisonneur, dans l’argot militaire.

Brasser

d’Hautel, 1808 : Maltoter, comploter, tramer une perfidie.

Brasset

Halbert, 1849 : Gros.

Delvau, 1866 : adj. m. Gros, — homme difficile à embrasser.

France, 1907 : Gros homme.

Buverie

Rigaud, 1881 : Brasserie. — Endroit où l’on se réunit pourboire, du vieux mot beuverie.

Caboulot

Larchey, 1865 : « Le caboulot est un petit café où l’on vend plus spécialement des prunes, des chinois et de l’absinthe. » — Daunay, 1861. — Une monographie des Caboulots de Paris a paru en 1862. — C’est aussi un cabaret de dernier ordre. V. Camphrier.

Delvau, 1866 : s. m. Boutique de liquoriste tenue par de belles filles bien habillées, qui n’ont pour unique profit que les deux sous du garçon.
Ce mot a une vingtaine d’années. Au début, il a servi d’enseigne à un petit cabaret modeste du boulevard Montparnasse, puis il a été jeté un jour par fantaisie, dans la circulation, appliqué à toutes sortes de petits endroits à jeunes filles et à jeunes gens, et il a fait son chemin.

Rigaud, 1881 : Débit de liqueurs servies par des femmes aimables, trop aimables. Les fruits à l’eau-de-vie et l’absinthe y tiennent le premier rang.

Mot pittoresque du patois franc-comtois, qui a obtenu droit de cité dans l’argot parisien. Il désigne un trou, un lieu de sordide et mesquine apparence, par extension petit bazar, petit café. Le caboulot de la rue des Cordiers, qui est le plus ancien de tous, s’ouvrit en 1852.

(Ces dames, 1860)

Le caboulot, c’est-à-dire le débit de la prune et du chinois, du citron confit à l’état de fœtus dans l’esprit-de-vin, le tout couronné par une femme à peu près vêtue, belle comme la beauté diabolique d’Astarté… et elle rit et elle chante et elle trinque, et elle passe ensuite derrière le rideau… et le caboulot a multiplié comme la race d’Abraham.

(Eug. Pelletan, La Nouvelle Babylone)

La Rue, 1894 : Petit débit de liqueurs.

Virmaître, 1894 : Cabaret de bas étage. Brasserie où les consommateurs sont servis par des femmes. Caboulot n’est pas juste, on devrait dire maison tolérée. Cette expression a pour berceau le quartier latin (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Débit de bas étage.

Hayard, 1907 : Cabaret.

France, 1907 : Petit café où l’on vend plus spécialement des liqueurs et où l’on est généralement servi par des femmes.

Le mot, écrivait Delvau en 1880, au début, servait d’enseigne à un petit cabaret du boulevard Montparnasse, puis il a été jeté un jour, par fantaisie, dans la circulation, appliqué à toutes sortes de petits endroits à jeunes filles et à jeunes gens, et il a fait son chemin.
Les artistes ne sont pas payés par l’établissement. Après chaque chanson, ils font le tour des tables, un plateau à la main, et ce sont les clients qui rémunèrent eux-mêmes leurs distractions. Absolument comme dans les caboulots de province, avec cette différence pourtant que la chanteuse légère — oh ! oui, légère ! — ne met pas la clé de sa chambre en tombola.

Caillou

Delvau, 1866 : s. m. Figure grotesque, — dans l’argot des voyous. Signifie aussi Nez.

Rigaud, 1881 : Figure. — Se sucer le caillou, s’embrasser. — Avez-vous fini de vous sucer le caillou ?

Rigaud, 1881 : Nez, — dans le jargon des voyous. (A. Delvau)Avoir son caillou, être légèrement pris de vin.

La Rue, 1894 : Bonne tête, Naïf. Crâne. Nez.

Virmaître, 1894 : Tête. Il a rien un sale caillou (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Tête.

Hayard, 1907 : Tête chauve.

France, 1907 : Figure, crâne. Caillou déplumé, tête chauve. On dit aussi dans le même sens : n’avoir plus de mousse sur le caillou.

Un affreux rôdeur de barrière comparaît en cour d’assises ; il a assassiné un malheureux vieillard sans défense.
— Votre profession ?
— Casseur de cailloux.
Et il jette un regard menaçant et féroce sur le crâne chauve du président !

Se dit aussi simplement pour tête.

Si l’bigornot barr’ ton trimin,
Sur le caillou mets-lui un pain.

(Hogier-Grison)

Le mot caillou désigne également un naïf qui, dans les salles de vente, se laisse entraîner et se voit adjuger l’objet beaucoup plus cher qu’il ne vaut.

Casser du sucre

Delvau, 1866 : v. a. Faire des cancans, — dans l’argot des cabotins.

Rigaud, 1881 : Dire du mal. — Casser du sucre à la rousse, dénoncer un complice.

La Rue, 1894 : Médire de quelqu’un. Dénoncer.

Virmaître, 1894 : Dénoncer. Casser du sucre sur quelqu’un : en dire du mal (Argot des voleurs). V. Mouton.

Rossignol, 1901 : Dire du mal de quelqu’un.

Il a cassé du sucre sur mon orgue au patron.

Hayard, 1907 : Dénoncer.

France, 1907 : Avouer un crime. Casser du sucre à la rousse, dénoncer un complice. Casser du sucre sur la tête de quelqu’un, médire de lui en son absence.

Dans l’une de ces brasseries, j’ai entendu chuchoter l’histoire suivante, par un bon petit camarade, sur un autre membre de la société d’admiration mutuelle qui se pique d’être un fort latiniste ; du reste, le conteur est surnommé la machine à casser du sucre.

(Ch. Virmaître, Paris oublié)

Casser les os de la tête

Rigaud, 1881 : Embrasser avec effusion, — dans le jargon du peuple.

Chef de cuisine

Rigaud, 1881 : Contre-maître dans une brasserie.

Consulter Larousse

Fustier, 1889 : ou, pour parler plus clairement : consulter le Dictionnaire rédigé par M. Larousse. Argot des écoles. Je vais consulter Larousse à la bibliothèque, disent à leurs parents les jeunes collégiens de seize à dix-huit ans. Et au lieu de se rendre à la bibliothèque Sainte-Geneviève ou dans un cabinet de lecture, ils s’en vont tout droit… à la plus proche brasserie desservie par des femmes.

Les tout jeunes gens y vont (dans ces brasseries) sous prétexte de boire un bock et de consulter le Dictionnaire Larousse. Aujourd’hui, ces deux mots : Consulter Larousse ont, dans le langage des lycées, un sens sur lequel je n’ai pas besoin d’insister.

(La Ligue, juillet 1885)

Coquer

Vidocq, 1837 : v. a. — Dénoncer.

un détenu, 1846 : Donner, être révêlé, enseigner, indiquer.

Halbert, 1849 : Embrasser.

Larchey, 1865 : Dénoncer. — Mot à mot : cuisiner, apporter tout préparé. — Du vieux mot coc : cuisinier (coquus). V. Raynouard. — On retrouve la même allusion dans les mots cuisinier et casserole.

En province, il avait coqué quelqu’un de leur bande.

(E. Sue)

Delvau, 1866 : v. a. Dénoncer, — dans l’argot des voleurs, qui ont emprunté à l’argot lyonnais ce mot qui signifie embrasser, comme fit Judas Iscariote pour Jésus.

Delvau, 1866 : v. a. Donner, — dans le même argot [des voleurs]. Coquer la camouffle. Présenter la chandelle. Coquer la loffitude. Donner l’absolution. Coquer le poivre. Empoisonner. Coquer le taf. Faire peur.

Rigaud, 1881 : Dénoncer. C’est le mot croquer moins l’R. En argot manger le morceau aie même sens.

Rigaud, 1881 : Donner. Coquer le poivre, donner du poison.

Rigaud, 1881 : Mettre. Coquer le rifle, mettre le feu.

La Rue, 1894 : Dénoncer. Donner. Mettre. Embrasser. Coquer son centre, donner, son nom. Coquez ! Enlevez ! Volez ! Il est temps.

Virmaître, 1894 : Dénoncer (Argot des voleurs). V. Mouton.

Rossignol, 1901 : Dénoncer quelqu’un.

Hayard, 1907 : Vendre, dénoncer.

France, 1907 : Dénoncer ; du mot coq, cuisinier, qui, en argot, signifie dénonciateur.

Quand on en aura refroidi quatre ou cinq dans les préaux, les autres tourneront leur langue deux fois avant de coquer la pègre.

(Eugène Sue, Les Mystères de Paris)

France, 1907 : Donner. Coquer son centre, donner son nom. Coquer la loffitude, donner l’absolution.

France, 1907 : Embrasser.

— Tandis que, très allumé, j’étais en train de coquer la grosse cantinière en lui fourrageant l’arrière-train, v’là que rapplique le cornard de mari.

(Les Joyeusetés du régiment)

Croûte

d’Hautel, 1808 : Ne manger que des croûtes sèches. Faire maigre chère.
Casser la croûte avec quelqu’un. Pour dire, manger amicalement et familièrement avec lui.
On dit par mépris, et en parlant d’un mauvais tableau : c’est une croûte.

Delvau, 1866 : s. f. Tableau mal peint et mal dessiné, — dans argot des artistes, qui doivent employer ce mot depuis longtemps, car on le trouve dans les Mémoires secrets de Bachaumont.

France, 1907 : Homme nul, aux idées étroites. « Il ne manque pas de croûtes au Sénat. » « Combien de nos représentants à l’étranger sont de véritables croûtes ! »

France, 1907 : Tableau de nulle valeur.

Dans ces brasseries, c’est un débinage perpétuel contre tous les arrivés : il suffit d’avoir un peu de talent pour être un propre à rien ; en dehors d’eux, rien n’existe. Et les femmes ? Elles s’étalent, fument, boivent, la plupart sont vieilles, elles sont les dignes pendants des croûtes qui garnissent les murs ; d’étapes en étapes, elles ont échoué dans ces caboulots, comme la baleine échoue sur la grève, et les ratés en font leurs choux gras.

(Ch. Virmaître, Paris oublié)

Vous lui facilitez la route
Et lui servez de repoussoir.
Elle se dit : « Près d’une croûte,
Je suis encor très belle à voir ! »

(Jacques Redelsperger, Nos Ingénues au Salon)

Distingué

Fustier, 1889 : Verre de bière.

France, 1907 : Grand verre à bière, double bock ; argot des brasseries.

Embrasser

d’Hautel, 1808 : S’embrasser comme du pain. S’embrasser mutuellement ; avec amour et tendresse.
Qui trop embrasse mal étreint. Proverbe qui signifie que l’on réussit rarement quand on entre prend trop de choses à la fois.

Envoûter

Rossignol, 1901 : Pendant la campagne de Chine, en 1859, Berger, caporal au 2e bataillon de chasseurs à pied, surprit un grand cadavre de spahi qui cherchait à déshabiller un Chinois qui se défendait autant qu’il pouvait.

Que fais-tu là, grand sauvage, tu vois bien que c’est un Chinois. — Scientifique, répond l’Arabe ; macache toucar nico basta, macache trouvé chinoise, trouve chinois, c’est kifkif : ça m’est égal veux pas faire de mal, en… brasser seulement ; pas trouvé chinoise, trouvé chinois, c’est la même chose.

Essuyer les plâtres

Delvau, 1866 : v. a. Habiter une maison récemment construite, dont les plâtres n’ont pas encore eu le temps de sécher. Se dit aussi, ironiquement, des Gandins qui embrassent des filles trop maquillées.

Rigaud, 1881 : Habiter une maison nouvellement construite. Lorsqu’on eût bâti le quartier Saint-Georges, les loyers des maisons y furent cotés à très bas prix, pour attirer les locataires. Les filles plus ou moins entretenues s’y réfugièrent, furent baptisées lorettes et essuyèrent pas mal de plâtres. De cette époque date la locution. Aujourd’hui, l’essuyage des plâtres est plus cher : il s’opère rue Maubeuge avec le concours des lorettes du jour, nommées biches, cocottes, etc… — Essuyer les plâtres signifie encore, en termes galants, obtenir les premières faveurs d’une belle.

France, 1907 : Entrer dans une maison nouvellement construite et dont les murs ne sont pas encore secs. Embrasser une femme dont le visage est maquillé.

Faire

d’Hautel, 1808 : Pour tromper, duper, attraper, friponner ; filouter, voler.
Je suis fait. Pour dire attrapé, on m’a trompé.
Faire de l’eau. Pour dire uriner, pisser. Hors de ce cas, c’est un terme de marine qui signifie relâcher en quelqu’endroit pour faire provision d’eau.
Faire de nécessité vertu. Se conformer sans rien dire aux circonstances.
Faire et défaire, c’est toujours travailler. Se dit par ironie à celui qui a mal fait un ouvrage quelconque, et qu’on oblige à le recommencer.
Quand on fait ce qu’on peut, on fait ce qu’on doit. Signifie qu’il faut savoir gré à celui qui marque du zèle et de l’ardeur dans une affaire, lors même qu’elle vient à ne pas réussir.
Paris ne s’est pas fait en un jour. Signifie qu’il faut du temps à un petit établissement pour devenir considérable ; qu’il faut commencer par de petites affaires avant que d’en faire de grandes.
Allez vous faire faire. Pour allez au diable ; allez vous promener, vous m’impatientez. Ce mot couvre un jurement très-grossier.
Le bon oiseau se fait de lui-même. Signifie qu’un bon sujet fait son sort par lui-même.
Faire et dire sont deux. Signifie qu’il est différent de faire les choses en paroles et de les exécuter.
Il n’en fait qu’à sa tête. Se dit d’un homme entier, opiniâtre, qui se dirige absolument d’après sa volonté.
Qui fait le plus fait le moins. Pour dire qu’un homme qui s’adonne à faire de grandes choses, peut sans contredit exécuter les plus petites.
Faire ses orges. S’enrichir aux dépens des autres s’en donner à bride abattue.
Faire le diable à quatre. Signifie faire des siennes, faire des fredaines ; un bruit qui dégénère en tintamare.
Faire les yeux doux. Regarder avec des yeux tendres et passionnés.
Faire son paquet. S’en aller ; sortir précipitamment d’une maison où l’on étoit engagé.
Faire la vie. Mener une vie honteuse et débauchée.
Il en fait métier et marchandise. Se dit en mauvaise part, pour c’est son habitude ; il n’est pas autrement.
Faire la sauce, et plus communément donner une sauce, etc. Signifie faire de vifs reproches à quelqu’un.
Faire d’une mouche un éléphant. Exagérer un malheur ; faire un grand mystère de peu de chose.
L’occasion fait le larron. C’est-à-dire, que l’occasion suffit souvent pour égarer un honnête homme.
Ce qui est fait n’est pas à faire. Signifie que quand on peut faire une chose sur-le-champ, il ne faut pas la remettre au lendemain.
Allez vous faire paître. Pour allez vous promener.
Les première et seconde personnes du pluriel du présent de l’indicatif de ce verbe sont altérées dans le langage du peuple. À la première personne il dit, par une espèce de syncope, nous fons, au lieu de nous faisons ; et à la seconde, vous faisez, au lieu de vous faites.

Larchey, 1865 : Faire la place, commercialement parlant.

De tous les points de Paris, une fille de joie accourait faire son Palais-Royal.

(Balzac)

Je suis heureux d’avoir pris ce jour-ci pour faire la vallée de l’Oise.

(Id.)

Larchey, 1865 : Nouer une intrigue galante.

Est-ce qu’un homme qui a la main large peut prétendre à faire des femmes ?

(Ed. Lemoine)

Dans une bouche féminine, le mot faire indique de plus une arrière-pensée de lucre. C’est l’amour uni au commerce.

Et toi, ma petite, où donc as-tu volé les boutons de diamant que tu as aux oreilles ? As-tu fait un prince indien ?

(Balzac)

Tu as donc fait ton journaliste ? répondit Florine. — Non, ma chère, je l’aime, répliqua Coralie.

(id.)

Larchey, 1865 : Risquer au jeu.

Nous faisions l’absinthe au piquet à trois.

(Noriac)

Faire dans la quincaillerie, l’épicerie, la banque, etc. ; Faire des affaires dans la quincaillerie, etc.

Larchey, 1865 : Voler.

Nous sommes arrivés à faire les montres avec la plus grande facilité.

(Bertall)

Son fils qui fait le foulard à ses moments perdus.

(Commerson)

Delvau, 1866 : s. m. Façon d’écrire ou de peindre, — dans l’argot des gens de lettres et des artistes.

Delvau, 1866 : v. a. Dépecer un animal, — dans l’argot des bouchers, qui font un veau, comme les vaudevillistes un ours.

Delvau, 1866 : v. a. Visiter tel quartier commerçant, telle ville commerçante, pour y offrir des marchandises, — dans l’argot des commis voyageurs et des petits marchands.

Delvau, 1866 : v. a. Voler, et même Tuer, — dans l’argot des prisons. Faire le foulard. Voler des mouchoirs de poche. Faire des poivrots ou des gavés. Voler des gens ivres. Faire une maison entière. En assassiner tous les habitants sans exception et y voler tout ce qui s’y trouve.

Delvau, 1866 : v. n. Cacare, — dans l’argot à moitié chaste des bourgeois. Faire dans ses bas. Se conduire en enfant, ou comme un vieillard en enfance ; ne plus savoir ce qu’on fait.

Delvau, 1866 : v. n. Jouer, — dans l’argot des bohèmes. Faire son absinthe. Jouer son absinthe contre quelqu’un, afin de la boire sans la payer. On fait de même son dîner, son café, le billard, et le reste.

Delvau, 1866 : v. n. Travailler, être ceci ou cela, — dans l’argot des bourgeois. Faire dans l’épicerie. Être épicier. Faire dans la banque. Travailler chez un banquier.

Rigaud, 1881 : Dérober. — Faire le mouchoir, faire la montre. L’expression date de loin. M. Ch. Nisard l’a relevée dans Apulée.

Vous êtes de ces discrets voleurs, bons pour les filouteries domestiques, qui se glissent dans les taudis des vieilles femmes pour faire quelque méchante loque. (Scutariam facitis)

Rigaud, 1881 : Distribuer les cartes, — dans le jargon des joueurs de whist. — Jouer des consommations, soit aux cartes, soit au billard. Faire le café en vingt points, — dans le jargon des piliers de café.

Rigaud, 1881 : Exploiter, duper. — Faire faire, trahir. Il m’a fait faire, — dans le jargon des voleurs.

Rigaud, 1881 : Faire le commerce de ; être employé dans une branche quelconque du commerce. — Faire les huiles, les cafés, les cotons. Mot à mot : faire le commerce des huiles, des cotons, etc.

Rigaud, 1881 : Guillotiner, — dans le langage de l’exécuteur des hautes-œuvres.

M. Roch (le bourreau de Paris) se sert d’une expression très pittoresque pour définir son opération. Les criminels qu’il exécute, il les fait.

(Imbert.)

Rigaud, 1881 : Parcourir un quartier au point de vue de la clientèle, — dans l’argot des filles. Elles font le Boulevard, le Bois, les Champs-Élysées, comme les placières font la place.

Rigaud, 1881 : Séduire.

La puissante étreinte de la misère qui mordait au sang Valérie, le jour où, selon l’expression de Marneffe, elle avait fait Hulot.

(Balzac, La Cousine Bette)

L’artiste qui, la veille, avait voulu faire madame Marneffe.

(Idem)

Faire une femme, c’est mot à mot : faire la conquête d’une femme.

Le temps de faire deux bébés que nous ramènerons souper ; j’ai le sac.

(Jean Rousseau, Paris-Dansant)

Quand une femme dit qu’elle a fait un homme, cela veut dire qu’elle fonde des espérances pécuniaires sur celui qu’elle a séduit, qu’elle a fait une affaire avec un homme. — Les bals publics sont des lieux où les femmes vont faire des hommes, mot à mot : le commerce des hommes.

Rigaud, 1881 : Tuer, — dans le jargon des bouchers : faire un bœuf, tuer un bœuf et le dépecer.

Rigaud, 1881 : Vaincre, terrasser, — dans l’argot des lutteurs.

Il ajouta qu’en se glorifiant d’avoir fait le Crâne-des-Crânes, certains saltimbanques en avaient menti.

(Cladel, Ompdrailles, Le Tombeau des lutteurs.)

Fustier, 1889 : Arrêter. Argot des voleurs. Être fait, être arrêté.

Le lendemain matin, il questionne la Lie-de-Vin… puis il part. Dans l’après-midi il était fait.

(Gil Blas, juin, 1886.)

La Rue, 1894 : Exploiter, duper. Arrêter. Jouer. Trahir. Séduire : faire une femme, faire un homme. Raccrocher. Dérober. Tuer. Vaincre, terrasser. Guillotiner.

Virmaître, 1894 : Les bouchers font un animal à l’abattoir. Faire : tuer, voler. Faire quelqu’un : le lever. Faire : synonyme de fabriquer (Argot du peuple et des voleurs).

France, 1907 : Exploiter.

Elles faisaient les bains de mer et les villes d’eaux, émigrant suivant la saison, comme les bohémiens, comme les hirondelles, des falaises grises de la Manche qu’un gazon plat encapuchonne aux côtes méditerranéennes où la blancheur luit dans l’azur.

(Paul Arène)

France, 1907 : Voler.

Deux filous causent de la future Exposition :
— C’est une bonne affaire pour nous… Ça fournit des occupations…
— Qu’est-ce que tu y faisais en 1869 ?
— Les montres.

(Le Journal)

Il lançait de vastes affaires sur le marché, comme la Caisse d’Algérie, et il ne dédaignait pas de vulgaires filouteries. Ses opérations se trouvèrent ainsi embrasser tous les cercles de la vie de Paris. Il ne dédaignait aucun coup à tenter. Il faisait le million aux riches gogos et le porte-monnaie aux passants.

(Edmond Lepelletier)

Un monsieur, très pressé, court dans la rue.
Un quidam le rejoint, lui frappe sur l’épaule et lui demande impérieusement :
— Où allez-vous ?
— Qu’est-ce que ça peut vous faire ? répond le monsieur furieux.
— Ça me fait beaucoup… on vient de me voler !
— Et vous m’accusez ?
— Oui.
— C’est trop fort !
— N’essayez pas de m’en imposer.
— Mais fouillez-moi, espèce de crétin !
Le quidam fouille le monsieur, et se retire en présentant de plates excuses.
Quand Le monsieur se fouille à son tour, il s’aperçoit qu’on lui a fait sa montre et son porte-monnaie.

(Gil Blas)

À la correctionnelle :
— Alors, dit familièrement le président au prévenu, vous vous vantez de faire la montre aves une remarquable dextérité ?
— Aussi bien que personne ici !
Puis il ajoute courtoisement :
— Soit dit sans vous offenser.

Faire des gaufres

Delvau, 1866 : S’embrasser entre grêlés, — dans l’argot du peuple.

Faire un rigolo

Virmaître, 1894 : Vol identique à celui que l’on nomme l’embrassade. L’homme volé n’a guère envie de rigoler et ne trouve pas rigolo le vol dont il est victime (Argot des voleurs).

France, 1907 : Se précipiter sur un inconnu sous le prétexte de l’embrasser en le prenant pour un parent ou un ami, et lui voler en même temps sa montre ou son porte-monnaie. Le volé, tout ahuri de l’accolade, fait, en effet, un visage rigolo.

Fauché (être)

Halbert, 1849 : Être mis à mort.

Delvau, 1866 : Être guillotiné au bagne.

France, 1907 : Être guillotiné. Il y a de nombreux synonymes : être buté, être glaivé, être mécanisé, être raccourci, épouser la veuve, éternuer dans le son ou dans de sac, embrasser Charlot, mettre la tête à la fenêtre, jouer à la main chaude, monter à l’abbaye de Monte-à-regret, mouflonner son mufle dans le son, passer sa bille au glaive, passer à la voyante, tirer sa crampe avec la veuve, faucher le colas.

France, 1907 : N’avoir pas d’argent ; jeûner.

anon., 1907 : N’avoir pas d’argent.

Faux-col

Delvau, 1866 : s. m. La mousse d’une chope de bière, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Mousse qui se produit au-dessus d’un verre de bière, lorsque le garçon n’a pas eu la précaution de le remplir doucement. Le faux-col est un trompe-l’œil, moins sale que le soulier de l’Auvergnat, mais qui tient, lui aussi, de la place. Le faux-col fait le désespoir des amateurs de bière. Aussi, dans toutes les brasseries, entend-on cette recommandation plus de cent fois répétée par jour : « Un bock et sans faux-col ! »

France, 1907 : C’est, en langage de brasserie, la mousse qui monte an sommet du bock et qui parfois fort épaisse, diminue considérablement la portion de bière servie aux consommateurs.

Que le port du faux-col chez les bocks soit dorénavant prohibé, tel est le vœu de la majeure partie de la population parisienne.
Les patrons des brasseries prétendent que le bock est plus élégant avec un faux-col et qu’au contraire, sans cet artifice de toilette, il a un je ne sais quoi de débraillé qui choque les natures délicates.
Il convient de ne pas se laisser influencer par ces considérations esthétiques, dont l’hypocrisie n’échappera à personne.
On a été jusqu’à soupçonner les débitants d’imiter cette mousse par des procédés nouveaux et mystérieux, de la fabriquer à part et de la disposer au-dessus des bocks avec la cuiller, dans la proportion d’un tiers.

(Écho de Paris)

Les altérés et les passionnés de bière qui sont à la coule ne manquent jamais de demander au garçon un demi sans faux-col.

Ou qu’à Ponchon, lorsqu’il balance
Son demi sans faux-col par l’anse,
Tu donnes le prix d’excellence.

(Edmond Rostand)

Fricassée de museau

Virmaître, 1894 : S’embrasser mutuellement. Cela indique bien le frottement de deux visages. Mot à mot : s’embrasser avec effusion (Argot du peuple).

France, 1907 : Embrassades sans fin, comme ont coutume de s’en donner les femmes qui se détestent le plus.

Fricassée de museaux

Rossignol, 1901 : S’embrasser.

Fureur grise

France, 1907 : Grande colère.

On l’avait, parait-il, sur le matin, surprise
Se laissant embrasser :
Madame était entrée en une fureur grise,
Et la voulait chasser !

(Albert Glatigny, Joyeusetés galantes)

On dit aussi fureur bleue.

Gambettiste

Rigaud, 1881 : Partisan de la politique de M. Gambetta ; admirateur de M. Gambetta. — Fonctionnaire nommé par M. Gambetta, à l’époque de la guerre de 1870-71. — Préfet, général gambettiste.

France, 1907 : Partisan de Gambetta, ou fonctionnaire nommé par Gambetta.
Des buveurs de bocks, des braillards de brasserie du quartier Latin furent bombardés sous-préfets, préfets, officiers supérieurs d’état-major et devinrent d’enragés gambettistes.

Godinette

d’Hautel, 1808 : Pour amante, maîtresse.
Embrasser quelqu’un en godinette. C’est baiser sur la bouche, en pressant avec les doigts les joues de la personne que l’on veut embrasser, ainsi que le font les enfans entre eux.

Delvau, 1866 : s. f. Grisette, maîtresse. Baiser en godinette. « Baiser sur la bouche en pinçant les joues de la personne, » — sans doute comme baisent les grisettes des romans de Paul de Kock.

Virmaître, 1894 : Grisette. Elle gode pour tous les hommes (Argot du peuple).

France, 1907 : Grisette. Baiser en godinette, c’est baiser sur la bouche en prenant les joues.

Buvons encor chopinette
De ce tout doux brandevin ;
Bois au tambour de Catin,
Je bois à ta Fanchonnette :
Baisons-nous en godinette.

(Vadé)

Grouin

Delvau, 1866 : s. m. Visage, — dans l’argot des faubouriens, qui n’ont pas le moindre respect pour le « miroir de l’âme ».

France, 1907 : Visage. Se lécher le grouin, s’embrasser.

Huile blonde

Delvau, 1866 : s. f. Bière, — dans l’argot des étudiants, habitués des brasseries.

Rigaud, 1881 : Bière.

Inviteuse

Fustier, 1889 : Fille qui sert dans les brasseries.

L’inviteuse, c’est l’agente provocatrice du consommateur.

(Citoyen, avril 1882)

France, 1907 : Servante de brasserie.

Jeune (tu es trop)

Larchey, 1865 : Tu n’as pas l’intelligence nécessaire à l’accomplissement de telle ou telle chose. — Cela peut se dire à un octogénaire.
Jeune France : « Les romantiques se divisèrent en Bouzingots et en Jeune France. Les Jeune France conservèrent longtemps leurs pourpoints, leurs barbes fourchues, leurs cheveux buissonneux. » — Privat d’Anglemont. — « Ils ont fait de moi un Jeune France accompli. J’ai un pseudonyme très-long, et une moustache fort courte ; j’ai une raie dans les cheveux à la Raphaël. Mon tailleur m’a fait un gilet… délirant. Je parle art pendant beaucoup de temps sans ravaler ma salive, et j’appelle bourgeois ceux qui ont un col de chemise ; de plus j’ai fait acquisition d’une mignonne petite dague en acier de Toscane, pas plus longue qu’un aiguillon de guêpe. » — Th. Gautier, Préface des Jeune France, 1833.
Avoir son jeune homme : Être gris. — Allusion à la forte mesure de liquide qui dans les brasseries a reçu le nom de jeune homme, et qui vaut deux moos.

Chaque fois qu’il rentrait avec son jeune homme.

(Privat d’Anglemont)

Un individu en blouse qui semblait avoir son petit jeune homme.

(G. de Nerval)

Judacer

Vidocq, 1837 : v. a. — Embrasser quelqu’un pour le tromper.

Larchey, 1865 : Trahir. — Judacerie : Trahison (Vidocq). — Allusion biblique.

Lécher le grouin

Rigaud, 1881 : Embrasser. (Dict. comique.) Aujourd’hui l’on dit plus fréquemment : sucer, se sucer le caillou.

Lécheur

Delvau, 1866 : s. et adj. Qui aime à embrasser ; qui se plaît à recevoir et à donner des baisers, — dans l’argot du peuple, qui n’est pas précisément de la tribu des Amalécites.

Lécheur, lécheuse

Rigaud, 1881 : Celui, celle qui, à tout bout de champ, trouve moyen d’embrasser. Celui, celle qui se fond en caresses.

Licher

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Boire.

Larchey, 1865 : Aimer les bons plats, faire débauche. — Jadis, on disait licharder.

Je liche chez le mannezingue, motus !

(Paillet)

Buvons plutôt bouteille. En lichant, nous ne penserons pas à toutes ces bagatelles.

(Chanson poissarde, 1772)

Larchey, 1865 : Boire. — V. Béquiller.

Puis il liche tout’la bouteille. Rien n’est sacré pour un sapeur.

(Houssot)

Delvau, 1866 : v. a. et n. Manger et boire à s’en lècher les lèvres.

France, 1907 : Boire.

Il a liché toute la bouteille,
Rien n’est sacré pour un sapeur.

(Répertoire de Thérésa)

En Normandie, les hommes accompagnent leurs sœurs ou leurs femmes jusqu’au seuil du saint lieu, puis ils se distribuent dans les joyeux petits bouchons des alentours, où l’on fait si bien la partie en lichant un coup de cidre ou de marc jusqu’à l’heure où la cloche sonore annonce aux « sexe fort » qu’il faut aller rechercher les « sexe faible. »

(Marc Anfossi)

France, 1907 : Lécher, embrasser.

Et tous les poissons lubriques, comme anguilles, congres, lamproies, ainsi nommés vulgairement parce qu’ils lichent les pierres.

(Prosper Colonius)

Tu resteras pour licher mes blessures ;
Mon pauvre chien, ne me quitte jamais.

(Vieille complainte)

Je ne connais rien de plus agréable que de passer une semaine ou deux sans apercevoir un journal ; c’est ce qui vient de m’arriver, et je m’en fiche encore les paupières ; mais toute médaille a un revers : j’ai fini par m’apercevoir, à la longue, que ce n’était pas le moyen de se tenir au courant de l’actualité.

(Grosclaude)

France, 1907 : Manger.

Je te bénis, ô mon poète,
Car c’est son rêve, à ta Nini,
D’aller licher chez Tortoni.

(Léon Rossignol)

Licher le morviau (se)

Fustier, 1889 : S’embrasser.

France, 1907 : S’embrasser.

— As-tu remarqué que plus les bonnes amies se jalousent et se détestent, plus elles se lichent complaisamment le morviau ?

Mettre en brasserie (se)

Fustier, 1889 : Servir dans une brasserie.

Cédant à des suggestions funestes, elle se mit en brasserie, c’est l’expression consacrée.

(F. Sarcey : XIXe siècle, 1881)

Mignoter

d’Hautel, 1808 : Caresser, dorloter, traiter délicatement. Il se dit particulièrement des enfans.
Se mignoter. Se traiter avec beaucoup de précaution, mettre de l’affectation dans les soins qu’on prend de sa personne.

Fustier, 1889 : Cajoler, embrasser, faire mignon.

Elle mignotait Céline, sa préférée, dont la tignasse jaune de chrome l’intéressait.

(Huysmans, les Sœurs Vatard)

France, 1907 : Caresser.

Misti

Delvau, 1866 : s. m. Apocope de Mistigri, — dans l’argot des brelandières de brasseries.

France, 1907 : Abréviation de mistigri ; argot des joueurs. Le mistigri est le valet de trèfle qui a donné son nom à un jeu où, pour gagner, il faut faire brelan avec ce valet escorté de deux autres.

Monfier

Delvau, 1866 : v. a. Embrasser, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Embrasser, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Embrasser.

France, 1907 : Embrasser ; argot des voleurs.

Morveau

d’Hautel, 1808 : Lécher le morveau à quelqu’un. Le caresser, lui faire une cour assidue, l’embrasser continuellement.

Morviau

Delvau, 1866 : s. m. Le nez, — dans l’argot des faubouriens. Se dit aussi pour les Mucosités qui sortent du nez.

Rigaud, 1881 : Morve. — Petit morveux.

France, 1907 : Fruit de l’if, à cause sans doute de la nature glaireuse de sa capsule.

France, 1907 : Nez. Lécher de morviau, embrasser.

Lécher le morviau, manière de parler ironique qui signifie caresser une femme, la courtiser, la servir, faire l’amour, de même que lécher le grouin, baiser, être assidu et attaché à une personne.

(Le Roux, Dictionnaire comique)

Moss

France, 1907 : Pot de bière, de la capacité de deux canettes.

Je revoyais le beau Danube, aux eaux d’un bleu vert, les brasseries hongroises sur le bord même du fleuve, où les vieux hussards viennent fumer leur pipe au long fourneau de porcelaine, en buvant de la bière allemande, où les belles filles blondes s’assoient sans façon près de vous, après avoir placé sur votre table le moss couvert d’écume, et où moi-même je venais passer des nuits entières, regardant à travers les branches courir l’eau du fleuve et écoutant, dans une sorte d’extase, les mélopées saccadées et mélancoliques des étranges bohémiens.

(Carle des Perrières)

Mourir (tu t’en ferais) !

Rigaud, 1881 : Tu ne le voudrais pas. Cela est au-dessus de tes forces. — Expression dont le peuple a abusé comme : de tant d’autres et qu’il mettait : à toutes sauces. — Voulez-vous m’embrasser ? demandait un jeune homme timide à une drôlesse. — Tu t’en ferais mourir. — Voulez-vous m’accompagner jusqu’à la Bastille à pied ? — Tu t’en ferais mourir.

Murer

Rigaud, 1881 : Battre, porter des coups. — Je te vas murer.

La Rue, 1894 : Assommer, tuer. Se murer, se battre.

Rossignol, 1901 : Frapper quelqu’un c’est le murer.

France, 1907 : Frapper ; littéralement accoler au mur.

— J’avais rencontré J., dit-elle. C’est mon pays. Il m’offrit un verre de vin. J’acceptai, naturellement. Il me pria de lui servir de nourrice et de venir chez lui. Là, il commença à m’embrasser. Ma foi, comme pour le verre de vin, il n’y avait pas de refus. Il ne me déplaisait pas, cet homme. Il voulut même m’habiller avec une chemise de sa femme. Mais voici qu’il me propose des choses que je ne pouvais accepter, et qu’il me menace de me murer si je dis un mot.
Alors, je me suis défendue. Il y avait sur la table, à ma portée, un litre vide. Je m’en empare et le lui ai cassé sur la tête. Voilà toute l’affaire. Vous pensez, mon président, que je n’avais que ce moyen de protéger ma vertu.

(Gazette des Tribunaux)

Museaux (fricassée de)

France, 1907 : Embrassade, surtout les embrassades entre amants et celles entre femmes qui font d’autant plus de fricassées de museaux qu’elles se détestent davantage.

Moi, ça m’emmerde l’jour de l’an :
C’est des giri’s, c’est des magnières,
On dirait qu’on est des rosières
Qui va embrasser sa maman.
C’en est des fricassés d’museau :
Du p’tit môme à la trisaïeule
Les générations s’lich’nt la gueule…
En d’dans ça s’dit : Crèv’ donc, chameau !

(Aristide Bruant, Dans la rue)

Nocer

Larchey, 1865 : Faire la noce.

Est-ce que tu as nocé aujourd’hui ? — Nocé ! ah bien oui !

(E. Sue)

Delvau, 1866 : v. n. S’amuser plus ou moins crapuleusement.

France, 1907 : S’amuser, faire la noce.

— Chacun, dans cette foul’ mêlée,
Trouve sa chacune aisément,
— La veuv’ qui veut êtr’ consolée
Fait choix d’un homm’ commodément.
— Moi, c’qui m’amus’, c’est la binette
Du maîtr’ chez qui l’on vient nocer !
— J’ai l’plaisir de m’payer sa tête
Chaqu’ fois qu’sa femme s’laisse embrasser !

(Jules Célès)

Œil (boucher ou crever l’)

France, 1907 : Cesser de faire crédit.

Elle se fit à tout, aux privations, aux longues flânes à la brasserie, à la soucoupe qu’on ne sait comment régler, à l’incertitude du lendemain, à la chasse au repas, à l’humiliation de se voir boucher l’œil. Du moment que son Camille, « un si bon garçon qui m’a eue sage et que je ne tromperai jamais », aimait ce genre de vue s’y plaisait même comme le poisson dans l’eau, elle arrivait à s’y plaire également et n’aurait pas changé son sort contre un autre. Seulement, voilà ! pour mener une pareille existence, il faut de la santé.

(Paul Alexis)

Peloter

d’Hautel, 1808 : Peloter en attendant partie. S’amuser, s’essayer à quelque chose, que l’on doit par la suite embrasser sérieusement.
Se peloter. Pour dire, se battre, se prendre aux cheveux.

Larchey, 1865 : Caresser des charmes arrondis en pelote. — Pelotteur : Flatteur.

Se montrer rampant, pelotteur et bêta.

(Wado, Chansons)

Delvau, 1866 : v. a. Manquer de respect à une femme honnête en se livrant de la main, sur sa personne, aux mêmes investigations que Tartufe sur la personne d’Elmire. Par extension, Amadouer par promesses quelqu’un dont on attend quelque chose.

Rigaud, 1881 : C’est l’équivalent de patiner, mais avec plus de délicatesse de touche. — Flatter quelqu’un pour obtenir un service. — Peloter le carton, peloter la dame de pique, jouer aux cartes. — Peloter le carme, faire les yeux doux aux sébiles des changeurs, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Flatter. Courtiser une femme avec la main.

France, 1907 : Flatter, flagorner.

Il ne blaguait plus le sergent de ville en l’appelant Badingue, allait jusqu’à lui concéder que l’empereur était un bon garçon… C’était visible, il le pelotait.

(Émile Zola, L’Assommoir)

France, 1907 : Palper, caresser les formes d’une femme.

— Laissez-moi vous caresser, vous aimer, vous dorloter, vous peloter, petite Vanina !
— Ici ?
— Oui, ici. Tandis que le peuple chante, danse, rit ; tandis qu’il est tout à la joie, au son des marches guerrières, enfilons la cadence d’amour. Nos soupirs battront la mesure…

(Fin de Siècle)

Albertine, qui savait ce que peloter veut dire, ne se scandalisait pas pour si peu. En gloussant de plaisir comme une poule, elle ne trouva que cette protestation assez vague : — Vous me chatouillez.

(Jean Deslilas, Fin de Siècle)

Au flambe il faut voir la bergère
Sans lui peloter le derrière.

Ce distique, tiré de Pigeons et Vautours d’Hogier-Grison, ne renferme aucune idée indécente, il signifie simplement en argot des grecs :

Au jeu il faut voir la dernière carte
Sans être obligé de la toucher.

Pincette

d’Hautel, 1808 : Baiser en pincette ou à la pincette. Serrer doucement avec les doigts, les joues de la personne que l’on veut embrasser.

France, 1907 : Jambe. Affûter ses pincettes, décamper, courir. Remuer ses pincettes, danser.

Thomas, au son des clarinettes,
S’écrie : « À cet air musical,
Je remuerais bien mes pincettes ;
Allons-nous faire un tour au bal ? »

(Réal)

Pion de brasserie

France, 1907 : Vaniteux, gendelettres infatué d’une célébrité gagnée à l’aide d’un mince talent et d’une grosse réclame, qui, assis à une table de café ou de brasserie, régit comme du haut du Parnasse le monde littéraire.

Contentons-nous de plaindre, un peu (il ne faut d’excès en rien), les arbitres de l’esprit national, au monocle implacablement parisien, régents de boulevard et pions de brasserie, inconsolables depuis que la disparition du perron de Tortoni leur a supprimé les trois quarts de leur précaire raison d’être.

(Joseph Montel)

Pissoir

France, 1907 : Nom vulgaire des vespasiennes.

Juste au-dessous du chef d’orchestre, bien en vue de tous les consommateurs, un énorme écriteau blanc portait cette inscription en lettres noires : « Le pissoir est au fond du jardin. » Or, on vient en famille à la brasserie du Lion ; il y a, dans l’assemblée, beaucoup de femmes, de jeunes filles. Mais cette grossièreté ne choque personne. La naïveté tudesque est parfois bien répugnante.

(François Coppée)

Poirette

Rigaud, 1881 : Figure. Laver la poirette, embrasser, — dans le jargon des voleurs.

France, 1907 : Figure ; argot des voleurs. « Laver la poirette », embrasser.

— Reluque donc le vieux birbe qui lave la poirette à la gosseline.

(Les Propos du Commandeur)

Poker

France, 1907 : Jeu de cartes importé d’Amérique où il est en grande faveur. Jeu de café, on le jouait beaucoup il y a quinze ou vingt ans au café des Variétés puis il eut son heure dans les brasseries de Montmartre. Maintenant on le joue un peu partout.

Après les dés, dont l’origine se perd dans la nuit des temps, et qui ont passionné tout le moyen âge, il y a eu le lansquenet, qui florissait sous Louis XIII et mourut d’un accès de sagesse du bonhomme Colbert ; puis le pharaon, cet égyptien corrigé par les Grecs, qui a l’honneur d’avoir donné naissance au décevant paroli ; puis le baccara, puis le poker. Amusant et passionnant, il fait au hasard la part qu’il faut, mais laisse place à toutes les combinaisons, à toutes les inspirations, à toutes les finesses.
Long à apprendre, difficile à pratiquer, il s’empare du débutant, dès le premier engagement, et je connais des affaiblis du baccara qui s’y sont réveillés pleins d’ardeur, infatigables, passant les nuits comme aux beaux temps, dans les palpitantes ivresses du flush et du straight.

(Montjoyeux)

Pomme

d’Hautel, 1808 : C’est une véritable pomme cuite. Se dit par ironie d’un homme foible, que tout incommode.
On l’appaisera avec une pomme. Se dit de quelqu’un dont la colère n’est pas dangereuse, qui est facile à calmer.

Delvau, 1866 : s. f. Tête, — dans l’argot des faubouriens. Pomme de canne. Figure grotesque, physionomie bouffonne.

La Rue, 1894 : Tête. Pomme de canne, visage laid.

Rossignol, 1901 : Tête, visage.

France, 1907 : Tête, figure ; synonyme de poire. On dit aussi pomme de canne.

Allons, ho ! fais-moi voir ta pomme,
Rapplique un peu sous l’bec de gaz,
J’te gob’ : faut profiter d’l’occas’,
Y a pas d’erreur, va ; j’suis un homme.

(André Gill, La Muse à Bibi)

Se payer la pomme de quelqu’un, s’en moquer, se jouer de lui.

Omessa, qu’est un brave homme
Qui n’aim’ pas les quiproquos,
Occit l’officier d’turcos
Qui s’était payé sa pomme.

(É. Blédort, Chansons de faubourg)

« Se sucer la pomme », s’embrasser.

Pomponnette

France, 1907 : Chanson grivoise.

Le second candidat, député sortant, est le docteur Dumuffle, opportuniste ou radical, on ne sait pas au juste — en tout cas, personnage officiel.
Enfant du pays, il s’est, jadis, longtemps attardé au quartier Latin, où personne ne lui damait le pion pour chanter une pomponnette jusqu’à 2 heures du matin, au fond d’une brasserie, devant une pile de ronds de feutre rappelant l’architecture de la colonne Trajane.

(François Coppée)

Populo

d’Hautel, 1808 : Pour dire un petit enfant, un nouveau né.
Elle a fait un petit populo. Se dit par dérision d’une fille qui s’est laissé séduire.

Delvau, 1866 : s. m. Le peuple, — dans l’argot des bourgeois, qui disent cela avec le même dédain que les Anglais the mob.

Delvau, 1866 : s. m. Marmaille, grand nombre d’enfants, — dans l’argot des ouvriers.

France, 1907 : Le peuple, le monde des prolétaires.

Je me méfie un peu de ceux qui équilibrent le budget devant un picon-curaçao, ou qui résolvent la question sociale en faisant une partie de tourniquet sur le comptoir, bien que l’expérience m’ait démontré que, dans tout orateur de brasserie et dans tout beau parleur de cabaret, il y a l’étoffe d’un député ou d’un conseiller municipal. Et, pour qu’on ne m’accuse pas de dédaigner la démocratie, je me hâte d’ajouter que, dans de riches salons, où les hommes avaient des cravates plus blanches que les glaciers des Alpes et où les dames étaient décolletées que c’en était indécent, j’ai entendu débiter autant de sottises politiques qu’on en rabâche dans la bohème et dans le populo.

(François Coppée)

La Seine s’endort en marais…
Prostrés, vautrés, vie abymée,
Ils dorment sous les ardent rais,
Haillons d’où monte une fumée,
Soyez bénite, heure enflammée,
Par qui le triste populo
Peut, l’âme de rêves charmée,
Dormir dans l’herbe au bord de l’eau !

(Catulle Mendès)

Qui m’aime me suive

France, 1907 : C’est à Cyrus, suivant Montaigne, qu’il faut attribuer le premier ce mot tant de fois répété. Ce prince exhortait ses soldats en disant : « Qui m’aime me suive ! » Le roi de France, Philippe VI, le répéta avant d’entreprendre la guerre contre les Flamands. Comme son conseil il n’approuvait pas cette guerre, il s’adressa au connétable Gaucher de Châtillon : « Et vous, connétable, que pensez-vous de ceci ? Croyez-vous qu’il faille attendre un temps plus favorable ? — Sire, répondit Châtillon, qui à bon cœur a toujours le temps à propos. » Le roi courut embrasser le connétable et s’écria : « Qui m’aime me suive ! » Enfin le même mot est attribué à François Ier, le jour de la bataille de Pavie.

Qui trop embrasse mal étreint

France, 1907 : Il ne faut pas entreprendre trop de choses à la fois ; celui qui tient trop d’objets ne peut les embrasser tous. Vieux dicton.

Mais d’embrasser tant de matières
En un coup, tout n’est pas empraint,
Qui trop embrasse mal estraint.

(Coquillard)

Racler les côtelettes

France, 1907 : Ennuyer, importuner.

On aurait juré que mes parents et ceux de Fernand s’étaient donné le mot pour nous raser de leurs jérémiades bourgeoises. À les entendre, on ne pouvait s’embrasser un peu qu’après avoir poussé le verrou de sûreté. Heureusement que, Fernand et moi, nous ne sommes pas des types à nous laisser racler les côtelettes longtemps et impunément.
— Racler les côtelettes ?
— Oui, raser… quoi !

(Alphonse Allais)

Ranger des voitures (se)

Rigaud, 1881 : Se retirer du monde des plaisirs. On dit encore : se retirer de la circulation. Cette dernière expression signifie également se marier.

France, 1907 : S’assagir, devenir prudent après ne l’avoir pas été. Même sens qu’acheter une conduite.

C’était à coup sûr une remarquable et très intelligente gaillarde, magistralement experte en son métier de fille galante, et fine mouche d’ailleurs et toutes sortes de choses, que Mlle Gisette, dite autrefois (par les voyous, ses congénères à Belleville) la Gaufre, dite plus tard (par les carabins au quartier Latin) la Ventouse, dite plus tard encore (par ses vis-à-vis à Élysée-Montmartre) la môme Jambe-de-Laine, de son vrai nom Delphine-Esther Giset, ex-trottin, ex-modèle, ex-verseuse de brasserie, ex-étoile de chahut, ci-devant patronne d’un « Plumes et Fleurs » à un entresol de la rue de la Lune, et présentement femme entretenue dans les grands prix, au sac, rangée des voitures, au point d’en avoir une à elle.

(Jean Richepin, Flamboche)

Relicher

Rigaud, 1881 : Vider un verre ou une bouteille sans laisser une goutte de liquide au fond. Les garde-malades s’entendent très bien à ce genre de travail.

France, 1907 : Embrasser ; argot populaire.

Ah bien ! qu’elle se laissât surprendre à se faire relicher dehors, elle était sûre de son affaire !…

(É. Zola)

Relicher (se)

Delvau, 1866 : S’embrasser tendrement. On dit aussi Se relicher le morviau.

France, 1907 : Se passer la langue sur les lèvres après avoir dégusté un mets ou un liquide ; argot populaire.

Riper

Delvau, 1866 : v. a. Embrasser tendrement.

Virmaître, 1894 : Embrasser tendrement. A. D. C’est une singulière façon d’embrasser tendrement les gens que de les voler car riper dans le peuple signifie : prendre.
— Je lui ai ripé sa galette (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Embrasser.

Robert Macaire

Larchey, 1865 : Variété du cancan. — Allusion à la danse de Robert Macaire au premier acte de l’Auberge des Adrets. — V. Macaire.

Magistrats et docteurs commencent leur carrière, En se faisant danseurs De la Robert Macaire.

(1841, Phys. de la Chaumière)

France, 1907 : Escroc, tripoteur d’affaires véreuses, monteur de coups ; allusion an célèbre type de l’Auberge des Adrets.

Qu’ont fait pour leur bienfaiteur les Robert Macaire qui doivent et partie à Rochefort d’avoir réalisé le plus invraisemblable roman qu’on ait vu dans la bohème ? Ils ont envoyé Rochefort à Nouméa d’abord, puis ils l’ont forcé de se réfugier à Londres ; maintenant, ils s’apprêtent à le faire juger en effigie par des magistrats auprès desquels Delesvaux et Devienne étaient de petits saints…
Voyez-vous, cependant, le coup de théâtre d’ici, si tout à coup on venait dire à ces coquins installés dans tous les palais nationaux, chamarrés des ordres nationaux, gavés des fonds nationaux :
« Vous avez rêvé, mes enfants, un soir que vous vous êtes endormis ayant trop pinté à la Brasserie Serpente… Rochefort a accepté les avances de Morny ; il a été nommé directeur des Beaux-Arts, il a vécu heureux et tranquille sans procès, sans duels et sans injures… L’Empire n’a pas été affolé ; il n’a pas déclaré stupidement la guerre… Vous n’avez jamais été ministres… Vous ne vous êtes pas enrichis par les pots-de-vin : vous avez rien touché dans le Panama… Vous êtes toujours les besogneux et les galapiats d’autrefois. »

France, 1907 : Sorte de cancan fort en vogue dans Les bals publics appelé ainsi à cause d’une danse excentrique à laquelle se livre au premier acte le héros de l’Auberge des Adrets.

Messieurs les étudiants
S’en vont à la barrière
Pour y danser l’cancan
Et la Robert Macaire,
Le jour,
Le jour,
La nuit comme le jour.

(Vieille chanson du Quartier Latin)

Sagouin, sagouine

France, 1907 : Homme ou femme malpropre, allusion au singe de ce nom.

J’ai de féroces besoins
D’aller embrasser sa femme,
Fût-elle entre les sagouins
Les plus immondes, infâme.

(A. Glatigny, Joyeusetés galantes)

Se sucer la pomme ou la poire

Rossignol, 1901 : S’embrasser.

Serveuse

France, 1907 : Fille qui sert dans les brasseries.

De capiteuses serveuses en cheveux ondulés, torsant aux nuques de lourds chignons noirs et vermeils, d’une couleur massive de teinture, effilaient leurs bustes entre les sceaux de champagne frappé, les cornets de pralines et de pastilles de menthe, les flacons versicolores étalés sur le marbre des comptoirs.

(Camille Lemonnier)

Socialo

France, 1907 : Socialiste.

Espérons et souhaitons que, malgré tous les mic-macs de ces socialos assiette-beurriers, le populo ne se laissera pas embobiner.
Sans quoi y aurait plus de limite !
Un de ces quatre matins, messieurs les élus se déculotteraient et présenteraient leur postérieur aux nigaudins électoraux, leur ordonnant d’embrasser, sous prétexte que — mieux que la bague de l’évêque — ça porte bonheur.
Et, aux soupçonneux qui ne marcheraient pus, les birbes prouveraient que de pareilles baisades sont nécessaires pour l’émancipation humaine.
Ce courant de crétinisme n’est pas nouveau c’est le résidu de la masturbation autoritaire dont, depuis des siècles, nous sommes — de père en fils — les malheureuses victimes.

(Le Père Peinard)

Qu’on enterre un socialo,
Il sabre le populo
Et s’y montre fort habile,
L’sergent d’ville.
Puis, l’soir, aux autres, dans l’poste,
Il va dire, s’rengorgeant,
Comment au Peuple riposte
Le parfait agent (bis).

(É. Blédort)

Sucer la poire

France, 1907 : Embrasser.

Elle éprouve un’ joi’ folâtre
À conduire son mari
Tous les dimanch’s au théâtre,
Avec son cousin Henri.
Elle a soin d’prendre un’ baignoire,
Pour que son cousin dans l’fond
Puisse lui sucer la poire
Et lui chatouiller l’menton.

(A. Poupay)

Sucer la pomme

France, 1907 : Embrasser.

— Crois-tu, mon vieux ! V’là la gonzesse qu’est allée se faire sucer la pomme par un vieux qu’a cinquante-cinq piges ; mais j’vais la mettre à la redresse.

(Louis Barron, Paris-Étrange)

J’couch quèqu’fois sous des voitures ;
Mais on attrap’ du cambouis,
J’veux pas chlinguer la peinture
Quand j’suc’ la pomme à ma Louis.

(J. Richepin, La Chanson des gueux)

Sucer la pomme (se)

Delvau, 1866 : v. réfl. S’embrasser ; se bécotter. On dit aussi Se sucer le trognon.

Rigaud, 1881 : S’embrasser.

La Rue, 1894 : S’embrasser. On dit aussi fricassée de museaux.

Virmaître, 1894 : S’embrasser. Allusion au moutard qui suce une pomme avant de la manger (Argot du peuple). N.

Sucer le trognon

France, 1907 : Embrasser.

Les capitalos sont frangins et les gouvernants itou. Guillaume et Marianne se sucent de trognon à Kiel. Y aura donc plus que les travailleurs à se manger le nez.

(La Sociale)

Suceur, suceuse de pomme

Rigaud, 1881 : Celui, celle qui embrasse fréquemment, qui a la manie d’embrasser.

Troncher

Delvau, 1866 : v. a. Embrasser.

Virmaître, 1894 : Le vocable s’explique suffisamment par ceci :
— Bibi a tronché la môme, elle a avalé le pépin (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Voir rouscailler.

France, 1907 : Embrasser ; argot des voleurs.

Tulipe orageuse

Larchey, 1865 : Cancan.

Tous quatre frétillant des tulipes de plus en plus orageuses.

(E. Sue)

Allusion aux jupes plus ou moins ballotées des cancaneuses.

Delvau, 1866 : s. f. Variété de cancan ou de chahut.

France, 1907 : Sorte de danse excentrique, variété de chahut.

Ses occupations consistaient surtout à étudier la belle nature en la personne de filles de brasserie aux formes opulentes, et à se livrer, à la célèbre Closerie des Lilas, à des exercices acrobatiques, en dansant la Tulipe orageuse.

(Hector France)

Tuyau

d’Hautel, 1808 : Il m’a conté cela dans le tuyau de l’oreille. Pour dire mystérieusement, à voix basse, en cachette.

Delvau, 1866 : s. m. Gorge, gosier, — dans l’argot des faubouriens. Se jeter quelque chose dans le tuyau. Manger ou boire. Le tuyau est bouché. Quand on est enrhumé. Se dit aussi pour Oreille.

Fustier, 1889 : Argot de sport. Renseignement.

De plus, sportwoman passionnée et renseignée admirablement. Elle possède, comme on dit, les meilleurs tuyaux.

(Gazette de Cythère, journal, 1882)

En argot financier, avoir un tuyau signifie avoir reçu confidence d’un mouvement préparé par les banquiers, maîtres du parquet.

Rachetons, avait dit Léontin. — Pas encore, avait répondu le fils Marleroi. Ça n’est pas fini. La panique gagne les départements. J’ai un tuyau. Nous pouvons racheter plus bas encore.

(Cadol, La colonie étrangère)

La Rue, 1894 : Communication confidentielle.

Virmaître, 1894 : Le gosier. Le tuyau est bouché, pas mèche de boulotter (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Renseignement.

France, 1907 : Botte, soulier percé ; argot populaire.

France, 1907 : Gosier. Se rincer le tuyau, boire. Argot populaire.

France, 1907 : Renseignement confidentiel, de bonne source, sur l’état d’entrainement des chevaux qui doivent courir, les intentions de leurs propriétaires, le gagnant probable. Terme de course appelé ainsi parce qu’on se le glisse dans le tuyau de l’oreille.

Le samedi, veille de Grand Prix, mon patron, qui est notaire à Pontoise, me confie trois mille francs, avec mission de les déposer au Crédit lyonnais. J’arrive à Paris, j’entre chez un coiffeur pour me faire raser. Clients et garçons ne parlaient que de la course du lendemain. Il y avait des millions à brasser, une fortune à faire avec quelques louis, un rien, et ils le prouvaient par des calculs infaillibles, avec une certitude contagieuse, convaincante. Alors le garçon qui me rasait, une bonne figure sympathique, me dit à l’oreille :
— Monsieur veut-il un tuyau pour demain ? Une affaire d’or, mais nous partagerons les bénéfices.
Qu’est-ce que je risquais ? Je réponds :
— Dites toujours.
Alors il m’explique qu’il est le cousin du valet de chambre d’un gros entraineur de Chantilly, qu’il a une certitude pour le lendemain, et finalement il me donne rendez-vous jour le soir même dans un bar de la rue d’Amsterdam.
Plus souvent que j’y aurais manqué !

(Saint-Yrieix)

Comme je n’suis pas trop mal faite,
Dans un bar anglais je m’rends,
Et j’essaye la conquête
D’un garçon d’entrainement ;
Lui, pas fier, me dit de suite :
C’est un gagnant qu’il vous faut,
V’nez m’voir à Maisons-Lafitte,
Je vous donn’rai un tuyau.

(Puce)

Du monde des sports, tuyau est passé sur le boulevard et se dit maintenant pour toute information confidentielle concernant les personnes, les affaires.

Mme de Vizavih. — C’est une vieille catin ! Non, ça me met en colère qu’une femme comme ça vienne vous faire de la morale. Si on avait autant de toupet qu’elle, ça serait rudement facile de lui répondre, de lui river son clou. Mais la prochaine fois, si elle se met encore à rosser, je te promets que je ne me gênerai pas. Elle a été la maîtresse de l’oncle de mon mari et j’ai des tuyaux sur elle, ma chère, épatants. Ah ! elle trouve les femmes d’à-présent détraquées… et de son temps, c’était bien autre chose. Figure-toi qu’en 1840.

(Maurice Donnay)

Et nos frères, qui, au mépris de nos chastes oreilles, — tante Félicie, j’emprunte votre style ! — osent chanter devant nous les refrains à la mode, qu’ils rapportent de leurs cafés-concerts ! Et nos cousins, donc : en voilà qui fournissent de précieux tuyaux !

(Fernand Berolend)

Vacherie

Delvau, 1866 : s. f. Nonchalance, avachissement.

Rigaud, 1881 : Débit de liqueurs servies par des femmes, — dans le jargon des voyous, qui traitent sans façon « de vaches » les Hébés de caboulot.

La Rue, 1894 : Cabaret, brasserie de femmes.

Rossignol, 1901 : Brasserie où les consommateurs sont servis par des femmes. Faire une sottise à quelqu’un est aussi lui faire une vacherie.

France, 1907 : Brasserie servie par des filles galantes.

France, 1907 : Chose mauvaise. C’est de la vacherie, ça ne vaut rien.

France, 1907 : Nonchalance, paresse ; lâcheté.

Vacheries

Virmaître, 1894 : On nomme ainsi les brasseries où les consommateurs sont servis par des femmes. Le mot est juste, car elles sont de véritables vaches, pas à lait, par exemple (Argot du peuple). N.

Virmaître, 1894 : Saletés, cochonneries faites à quelqu’un. Prendre la femme d’un camarade et surtout la lui rendre, c’est une vacherie. Emprunter les effets d’un ami, les coller chez ma tante et ensuite laver la reconnaissance, c’est lui faire une vacherie (Argot du peuple). N.

Verseuse

Fustier, 1889 : « Il fréquente les établissements dits cafés à femmes, où les garçons sont remplacés par des demoiselles appelées verseuses. »

(Frondeur, 1880)

France, 1907 : Servante de brasserie.

La brasserie de femmes est infiniment plus périlleuse pour le jeune homme que la maison fermée.
La verseuse procure au naïf collégien l’illusion d’une femme libre d’aimer qui lui plait ; elle sait provoquer la jalousie du jouvenceau ; elle arrive à le dominer en paraissant accorder à d’autres consommateurs des privautés que, du reste, son métier l’oblige à laisser prendre à tout venant et qu’elle ne peut refuser sans encourir le blâme et la disgrâce des patrons.

(M. Goron)

Vésuvienne

Delvau, 1866 : s. f. Femme galante. L’expression date de 1848, et elle n’a pas survécu à la République qui l’avait vue naître. Les Vésuviennes ont défilé devant le Gouvernement Provisoire ; mais elles n’auraient pas défilé devant l’Histoire si un chansonnier de l’époque, Albert Montémont, ne les eût chantées sur son petit turlututu gaillard :

Je suis Vésuvienne,
À moi le pompon !
Que chacun me vienne
Friper le jupon ?

France, 1907 : Sobriquet donné aux membres d’un club féminin qui se forma en 1848, appellation que justifiait la pétulance de ces dames et demoiselles et l’ardeur de leur feu pour la nouvelle république. Ces excentriques personnes devaient être âgées de 15 à 30 ans. Le 26 mars 1848, Le bataillon des vésuviennes, drapeau tricolore en tête, se rendit à l’Hôtel de Ville pour y solliciter la protection du gouvernement provisoire. Ce fut Lamartine qui les reçut. Le porte-parole de la bande l’apostropha en ces termes :

Citoyen, les vésuviennes out tenu à t’exprimer toute l’admiration que tu leur inspires. Au nom de toutes nos sœurs, nous avons mission de t’embrasser !

Lamartine frémit. Il ne se sentait nulle attraction pour ces viragos en dépit de leur costume qui participait de celui de la cantinière et de la danseuse de corde ; mais il se tira habilement de la corvée dont on le menaçait :

Citoyennes, s’écria-t-il, merci des sentiments que vous me témoignez ! mais laissez-moi vous le dire : des patriotes telles que vous ne sont pas des femmes : elles sont des hommes. Entre hommes, on ne s’embrasse pas, on se tend la main…

Elles finirent, dit-on, toutes ou presque toutes à la Closerie des Lilas. C’est ce qu’elles avaient à faire de mieux. Elles furent chantonnées dans des couplets moqueurs :

Je suis vésuvienne,
À moi le pompon ;
Que chacun me vienne
Friper le jupon !

Vielle (long comme une)

France, 1907 : Se dit dans les campagnes du Centre d’une personne lente, qui n’en finit pas de faire quelque chose, qui est toujours en retard. Allusion aux sons trainants de la vielle, surtout dans les préludes du musicien attendant que les danseurs soient tous en place, ou bien lorsqu’il ralentit malicieusement son rythme pour les inviter à s’embrasser à un signal donné par l’instrument.

Wagnérisme

France, 1907 : Maladie imaginaire qui fait préférer la musique de Richard Wagner à toutes les autres.

— Et voulez-vous que je vous le dise ? La musique aussi, unie au cyclisme, tuera la littérature. On sent en musique, on ne pense pas, Richard Wagner, colosse d’ailleurs — les cloches de Parsifal m’ont fait pleurer tout comme un autre — Wagner a détrôné Hugo, Wagner est le Shakespeare vague et nébuleux des snobs qui n’ont pas lu Shakespeare et qui croient que tout date du géant de Bayreuth. Cet allemand a conquis la Gaule par une infiltration lente et sûre. Plus de musique française, de la musique wagnérienne. Plus de cafés où l’on cause, des brasseries où l’on fume. La liqueur verte et le germanisme ; adieu le vin clair et le sang de France !… Aux mythologies scandinaves, le Brocken et le Venusberg, je préfère l’élixir du vieux Pierre de Rouen, le vin de feu Hugo, le vin de Gascogne du père Dumas et le vin tourangeau de Balzac. Voulez-vous que je vous dise ? Ce qui me semble prouver l’infériorité de l’Allemagne, c’est sa supériorité en musique. M. Hugo, oui Victor Hugo nous a dit ça un jour… Ça ne m’a pas, en creusant, paru si bête que ça.

(Jules Claretie, Brichanteau, comédien.)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique