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Achever un homme

Delvau, 1864 : Le sucer, ou le branler, ou le faire piner tellement, dans la même soirée, qu’il tombe épuisé sur le flanc comme un lapin. — Les anciens avaient le même verbe ; ils disaient, soit : peragere viros ; soit : ex haurire crebro concubitu.

Tu l’as éreinté, ton homme ; encore un coup, et tu l’achèveras.

(Lemercier de Neuville)

Amuser (s’)

Delvau, 1864 : Se branler.

Amusette (faire l’)

Delvau, 1864 : Se peloter mutuellement en attendant le moment de baiser, ou après avoir baisé ; plus spécialement, se branler avec l’extrémité d’un membre viril, quand on est femme.

Lorsque nous avions couru quelques postes et que j’avais quelque peine à remonter sur ma bête, elle, qui n’était ni fatiguée ni rassasiée, s’emparait avec autorité de ma lavette et faisait l’amusette.

(A. François)

Arranger une femme, ou un homme

Delvau, 1864 : La bien baiser, ou le bien branler.

Tu dois bien arranger une femme, hein ?

(Lemercier de Neuville)

Qu’il soit vioc ou non,
Arrange-le tout d’même.

(Dumoulin)

Astiquer la baguette

Delvau, 1864 : Branler un homme, — le ventre de la femme servant de tambour à cette baguette-là, que nous savons tous manier aussi bien que les tapins de profession.

Celle-ci, d’un tambour astiquait la baguette.

(Louis Protat)

Avoir de l’agrément

Delvau, 1864 : Jouir avec une femme, soit en la baisant, soit en se faisant branler par elle.

Tu vas avoir de l’agrément, mon chéri, je t’en réponds.

(Lemercier de Neuville)

Avoir la main occupée

Delvau, 1864 : Se branler d’une main en lisant de l’autre un roman libertin ; ou pincer le cul à sa voisine en trinquant avec son voisin.

Souvent entre deux draps
Rêvant à ses appas,
Et d’une voix entrecoupée,
Je me dis, la main occupée,
Ah ! comme on tirait
Chez ell’ du vin clairet !

(E. De Pradel)

Avoir toujours l’anneau ou la bague au doigt

Delvau, 1864 : Passer sa vie à branler les femmes, le con étant pris pour un anneau — depuis celui de la femme d’Hans Carvel.

Baiser à blanc

Delvau, 1864 : Se branler, — ce qui est une façon de baiser sans femme, quand on est homme, sans homme quand on est femme.

Brandouiller

Delvau, 1864 : Branler doucettement quelqu’un où quelqu’une, pour le — ou la — faire bander et l’exciter à jouir.

Qui n’invoque point le secours
D’une main gui vous le brandouille.

(Satan et Eve, 47)

Le roi disait à la reine Victoire :
Si tu voulais,
Une heure ou deux, me brandouiller l’histoire,
Je banderais…
Plus d’une fois, une main sous ta cotte,
Tandis que l’autre écartait ton fichu.
Je caressais et brandouillais ta motte…
Dis-moi, Marton, dit-moi, t’en souviens-tu ?

(Chansons anonymes modernes.)

Branler

d’Hautel, 1808 : Il ne branle pas de cette place. Pour, il n’en démarre pas ; il ne peut s’arracher de cet endroit.
Branler dans le manche. Être peu assuré dans un emploi ; commencer à perdre de quelqu’un.
Branler la mâchoire. Signifie manger et boire à qui mieux mieux.
Tout ce qui branle ne tombe pas. Facétie populaire qui se dit à ceux qui brandillent la tête.
C’est un château branlant. Se dit d’une personne dont l’emploi n’est pas assuré ; d’un vieillard, d’un enfant, ou d’un convalescent mal assuré sur ses jambes, et qui chancelle continuellement.
Bonne femme, la tête vous branle. Se dit par raillerie à une radoteuse, à une vieille femme qui ne fait que grommeler.

Delvau, 1864 : Employer la masturbation pour faire jouir les hommes quand on est femme, ou les femmes quand on est homme.

Prends-le donc, petite coquine… Là… à poignée !… Branle ! branle ! pour le remettre en train.

(La Popelinière)

… …J’ai vu rarement
Une putain sachant branler parfaitement.

(Louis Protat)

Un jour que madame dormait, Monsieur branlait sa chambrière.

(Cabinet satyrique)

Branler (se)

Delvau, 1864 : Se servir de la main entière quand on est homme, et seulement du doigt médium quand on est femme, pour arriver à jouir sans collaboration.

On n’est jamais si bien branlé que par soi-même.

(Gérard de Nerval)

Maintenant je suis réduite, farouche,
À me branler, moi ! Que je te maudié !

(Parnasse satyrique)

Branler dans le manche

Delvau, 1866 : v. n. Se dit d’une chose ou d’une personne qu’on est menacé de perdre.

Branler du cul, ou branler la croupière

Delvau, 1864 : Remuer des fesses, de façon à faire jouir l’homme qui vous a payée pour cela.

Philis veut avoir un écu
Pour branler une heure du cu.

(Théophile)

Cette jeune espicière
Que vous cognoissez bien
Pour branler la croupière
A gagné tout son bien.

(Chansons folastres)

Branleur, ou branleuse

Delvau, 1864 : Paillard ou femme qui n’est pas assez belle ou qui n’est plus assez jeune pour être baisée, ou qui redoute de l’être à cause des enfants, et qui fait son métier de branler les hommes.

… On ne devient pas, il faut naître branleuse.

(Louis Protat)

Branlotter

Delvau, 1864 : Action de branler ou de se faire branler.

Colle-toi sur moi ; faisons-nous une bonne branlotte.

(La Popelinière)

Chinois

d’Hautel, 1808 : Un Chinois de paravent. Nom injurieux que l’on donne à un bambin, à un homme petit, laid, difforme et ridicule, comme on nous représente les Chinois.

Delvau, 1864 : Le vit, toujours chauve — par la tête — et pour qui le con est le céleste empire. On dit : se polir, ou se balancer le Chinois, pour se branler.

Larchey, 1865 : Homme original, fantasque.

Là-dessus, v’là mon Chinois qui se fâche.

(Monselet)

Delvau, 1866 : s. m. Original ; quidam quelconque, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Chinois de paravent.

Delvau, 1866 : s. m. Petite orange verte, confite dans l’eau-de-vie, qui est, à ce qu’il paraît, le produit d’un oranger particulier, le citrus vulgaris chinensis, le bigaradier chinois.

France, 1907 : Cafetier.

France, 1907 : Homme bizarre, singulier, original. On dit aussi : Chinois de paravent. Allusion aux Chinois que l’on représente spécialement sur les paravents.

France, 1907 : Petite orange confite dans l’eau-de-vie.

Clitoriser (se)

Delvau, 1864 : Se branler entre femmes ; se chatouiller le clitoris, seule ou à deux, réciproquement.

La nature le veut ; c’est le seul moyen d’être sage au couvent, puisqu’on ne peut l’être sans se clitoriser et se manueliser.

(Mercier De Compiègne)

Quelle vision ! grand Dieu !… Ma mère sur le dos, les cuisses repliées vers sa poitrine et les jambes en l’air, d’une main tenant un livre et de l’autre… se chatouillant le clitoris avec la plus belle vivacité.

(Mon Noviciat)

Contenter un homme

Delvau, 1864 : Le bien branler s’il aime cela, ou bien jouer des reins sous lui afin de le faire jouir.

Voici la recueil des principales choses que vous devez savoir pour contenter vos maris quand vous en aurez.

(Mililot)

Malgré son air renfrogné,
En tout point je le contente ;
S’il me laisse un’ petit’ rente,
Ça s’ra d’ l’argent bien gagné !

(Jules Poincloud)

Débranler

d’Hautel, 1808 : Mot vulgaire et borné.
Pour exprimer qu’un homme est fort assidu à son travail, que rien ne peut le distraire de ses occupations ; qu’il ne désempare pas que sa tâche ne soit remplie ; on dit qu’il ne débranle pas de son ouvrage.

Doigt de cour

Delvau, 1864 : Le médium de la main droite, qui sert à branler les femmes.

Savez-vous pourquoi nos belles
Sont si froides en amour ?
Ces dames se font entre elles,
Par un ingénieux retour,
Ce qu’on nomme un doigt de cour.

(De Champcenetz)

Éplucher des lentilles

Delvau, 1864 : Branler une femme avec les cinq doigts de la main droite.

Tribade avec le cotillon,
Je sais éplucher des lentilles ;
Je sais faire le postillon
Aux garçons comme aux jeunes filles.

(Parnasse satyrique)

Faire durer le plaisir

Delvau, 1864 : Branler savamment un homme, et, au moment où l’on devine à ses yeux tournés et à ses spasmes, que le sperme monte dans la colonne et qu’il va se jeter par-dessus le parapet, poser le doigt sur l’ouverture et ne le laisser s’échapper que par petits filets.

Faire minon minette

Delvau, 1864 : Branler une femme avec la langue.

— Comment, ma mie, ça s’appelle quand on branle avec sa langue ? — Faire minon-minette.

(Henry Monnier)

Elle vous fait minette
Et puis avale tout.

(Joachim Duflot)

Faire sauter le bouchon

Delvau, 1864 : Branler un homme, ou baiser avec lui, — ce qui, naturellement, provoque l’éjaculation du sperme.

Il se sent déjà des velléités pour cette friponne de Célestine, dont il est voisin, et qui joue avec lui de la prunelle à faire sauter le bouchon.

(A. de Nerciat)

Vous êtes gai comme un sermon,
L’abbé, le diable vous conseille ;
Faites sauter votre bouchon
Sans ma bouteille.

(H. Cantel)

Faire tout

Delvau, 1864 : Ce qu’une fille qui raccroche un homme dans la rue lui promet de faire quand ils seront seuls dans une chambre du bordel ; cela consiste à se mettre nue, à le branler, à le sucer, etc., etc.

J’te collerai cent sous… Mais tu m’f’ras tout !

(Lemercier de Neuville)

France, 1907 : Vider son ventre.

Est allé à la rencontre
De Marlborough, ce dit-on,
Quand il fut en sa présence,
Il entendit le canon.
Il eust si grand peur aux fesses
Qu’il fit tout sur ses talons.

(Chanson contre le maréchal de Villeroi)

Faire zague, zague

Delvau, 1864 : Branler un homme.

Comtesse, empoigne-le par le milieu… La ! là !… à merveille ! Promène ta main d’un bout à l’autre, et serre-le-moi fort, de peur qu’il n’échappe… Fais zague, zague… Ah !…

(La Popelinière)

Locher

d’Hautel, 1808 : Il y a toujours quelque chose qui loche. Pour dire, qui va mal. On dit plus communément, qui cloche.

Vidocq, 1837 : v. a. — Écouter.

Delvau, 1866 : v. a. et n. Écouter.

Delvau, 1866 : v. n. Branler, être près de tomber, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 : N’être pas d’aplomb, menacer de tomber ; c’est clocher en supprimant le C.

La Rue, 1894 : Écouler. Perdre l’équilibre, menacer de tomber.

Virmaître, 1894 : Branler, tomber.
— Tu branles dans le manche, tu vas être renvoyé de ta place.
Ce à quoi les farceurs répondent :
— Tout ce qui branle ne tombe pas (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Chanceler.

France, 1907 : Écouter.

Main experte (avoir la)

Delvau, 1864 : Savoir bien branler les hommes, chose difficile, en effet, et pour laquelle toute femme galante doit faire un apprentissage fort long et très minutieux, — manutieux, dirait Commerson.

J’ai les deux mains expertes,
Entrez dans mon boudoir.

(A. Montémont)

Manche

d’Hautel, 1808 : Branler dans le manche. Voyez Branler.
Jeter le manche après la Cognée. Voyez Cognée.
Se moucher sur la manche. Proverbe qui vient de ce qu’autrefois on mettoit un mouchoir sur sa manche pour se moucher.
Se moucher sur sa manche, signifie aussi être novice, sans expérience, d’une grande simplicité.
Ne pas se moucher sur la manche. Être hardi, courageux, entreprenant, n’avoir pas l’air, emprunté dans le monde. Ne pas se laisser faire la loi.
Avoir quelqu’un dans sa manche. Être sûr de ses bons offices ; être en droit d’en disposer à son gré.
Il ne se fait pas tirer la manche. Pour il fait cette chose de bonne volonté, d’une manière gracieuse.
C’est une autre paire de manches. Pour c’est une affaire tout à fait différente.
Avoir la conscience large comme la manche d’un cordelier. Pour n’être ni délicat, ni scrupuleux sur le point d’honneur.
Il en mettroit deux comme celui-ci dans sa manche. Se dit pour abaisser le mérite d’un homme, et élever à ses dépens celui d’une autre personne.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Quête. Faire la manche, quêter.

Bras-de-Fer, 1829 : Quête.

Delvau, 1866 : s. f. Partie, — dans l’argot des joueurs. Manche à (sous-entendu : Manche). Se dit quand chacun des joueurs a gagné une partie et qu’il reste à faire la belle.

Delvau, 1866 : s. f. Quête ; aumône, — dans l’argot des saltimbanques. Faire la manche. Quêter, mendier.

Rigaud, 1881 : Partie de cartes, — dans le jargon des joueurs.

Rigaud, 1881 : Patron. Un mot que le journal le Tam-Tam a lancé dans la circulation et qu’il pourrait bien avoir créé. Le mot lui plaît, car il n’y a pas de numéros où il ne se trouve répété plusieurs fois.

Rigaud, 1881 : Quête. — Faire la manche, faire la quête, attraper le public en faisant la quête, — dans le jargon des saltimbanques.

La Rue, 1894 : Partie, au jeu. Mendicité. Quête. La manche, le monde des mendiants. Coup de manche, mendicité à domicile.

Rossignol, 1901 : Maladroit. Il est maladroit comme un manche à bastos.

France, 1907 : E. Blédort, dans ses Chansons de faubourg, donne les diverses significations argotiques de ce mot. En voici quelques extraits :

Un mot souvent déconcertant,
Pour l’exotique qui l’entend,
C’est « manche »,
Avec « une » ou bien avec « un »,
Les deux genr’s ont son sens chacun
Dans « Manche »,
César, escomptant l’avenir,
De certain balai croyait t’nir
Le manche.

Sentant son patron s’amener,
L’arpett’ crie, en cessant d’flâner :
« V’là l’manche ! »
Du maladroit ou du croquant
Gavroche dit en se moquant :
« Quel manche ! »
Quand il a produit son effet,
L’artiste en plein vent vite fait
La manche.

Sans le voir aussi court qu’ils l’ont,
Des gens se croi’nt le bras plus long
Qu’la manche.

Si, chez vous, un sang français bout
Et qu’un’ main franche soit au bout
D’vot’ manche,
Jamais ne vous déconcertez,
Après la cogné’ ne jeter
Pas l’manche.
Quand on a perdu l’premier point,
Gardez l’espoir de n’perdre point
L’aut’ manche…
Qu’on cit’ Cambronne à l’Alsacien,
Aussitôt il répond : « Eh pien,
Doi, manche ! »

(É. Blédort)

France, 1907 : Le pénis.

En me tâtant le pouls au manche, elle me prédisait la santé.

(Cabinet satirique)

N’est plus guère employé dans ce sens.

France, 1907 : Mendicité, quête.

Moucher (se)

Delvau, 1864 : Bander, baiser ou se branler — afin de décharger.

Le vieux maréchal de Villerol ayant été envoyé à Lyon, en 1717, pour apaiser une sédition, ce ne furent pendant son séjour que réjouissances et. fêtes continuelles. Une grande dame de Paris, ayant appris que les Lyonnaises s’empressaient fort d’écrire au maréchal, écrivit à l’une d’elles : « Mandez-moi donc à qui M. le maréchal a jeté le mouchoir. » La vieille madame de Breault, qui habitait Lyon, et qui avait été autrefois des amies de Villerol, vit cette lettre et dit à celle qui la lui montrait : « Écrivez à votre amis qu’il y a longtemps que le maréchal ne se mouche plus. »

(P. Larousse)

Rigaud, 1881 : Faire, disparaître de l’argent, s’approprier quelques pièces d’or ou d’argent prises dans la masse constituant une banque, — dans l’argot des garçons de jeu. C’est ordinairement en se mouchant que s’exécute ce tour d’escamotage ; de là le nom.

Niquer

France, 1907 : Sommeiller sur une chaise en laissant de temps à autre sa tête se baisser. De l’allemand nicken, branler la tête.

Ôter le petit chapeau

Delvau, 1864 : Décalotter un homme en le branlant. — L’expression est moderne et imagée. Je ne saurais résister a la démangeaison que j’ai de citer l’anecdote qui y a trait. Un vieux monsieur croit apprendre a une ingénue la manœuvre de la masturbation.

Ôte le petit chapeau, lui dit-il ; remets le petit chapeau ; ôte le petit chapeau ; remets, etc.
Après le Capitole et la roche Tarpéienne, l’ingénue s’écrie :
Il fallait donc me dire tout de suite de vous branler !

Petits cons

Delvau, 1864 : Synonymes : l’anneau, le bijou, le petit centre, le conin, le conichon, l’hiatus divin, le petit lapin, la pissette, le trou chéri, etc., etc. Voici le pour :

Dans un petit con de jeunesse,
Qui n’entend ruse ni finesse,
Jamais je ne vais que le pas.
Je n’ai à faire aucun partage,
Je laboure tout l’héritage,
Encor ne me suffit-il pas.
[…]
Ces petits cons à grosse motte
Sur qui le poil encor ne flotte.
Sont bien de plus friands boucons ;
Le monde s’en irait grand erre
Si j’étais tout seul sur la terre
Et qu’il n’y eût que des grands cons.

(Le Sr de Sygognes)

Le contre :

Les cons si estroits de closture
Mettent un vit à la torture
Et le laissent sans mouvement :
J’aimerais mieux branler la pique
Que de foutre en paralytique :
Le plaisir gît au remûment.
[…]
Foutre des cons de ces pucelles,
Serrés comme des escarcelles,
Où te vit n’est en liberté ;
J’ai dans le con de ma voisine
Ma chambre, antichambre et cuisine,
Logis d’hiver, logis d’été.

(Motin)

Pique

d’Hautel, 1808 : Il a passé par les piques. Se dit lors que quelqu’un s’est trouvé dans des circonstances périlleuses, qu’il a essuyé quelque perte ; qu’il a couru de grands dangers.
Voilà bien rentrée de piques noires. Se dit de celui qui interrompt mal à propos un autre.
C’est un bon as de pique. Se dit par injure d’un stupide, d’un sot.
Pique. Signifie aussi bisbille, mésintelligence, querelle.

Delvau, 1864 : Le membre viril.

Laquelle passa et repassa par les piques de neuf amoureux.

(Brantôme)

Lors la lascive imprudemment applique
Son savoir grec pour redresser ma pique.

(Cabinet satyrique)

Mais voyez ce brave cynique,
Qu’un bougre a mis au rang des chiens,
Se branler gravement la pique
À la barbe des Athéniens.

(Piton)

De vieilles bigornes qui n’épargnent ni or ni argent pour se faire piquer.

(Molière)

Il piquait ses pages au lieu de piquer ses chevaux.

(Agrippa d’Aubigné)

En jouant au piquet,
Ma Philis me disait :
Je me sens tout en feu
De vie voir si beau jeu ;
Mais que me sert, hélas !
Que j’écarte si bien,
Si, dans ce que je porte,
Il n’entre jamais rien.

(Goguette du bon vieux temps)

Delvau, 1866 : s. f. Petite querelle d’amis, petite brouille d’amants, — dans l’argot des bourgeois.

Polir le chinois (se)

Delvau, 1864 : Se branler le vit. Boileau ; qui n’aimait pas les femmes nous a dit : Polissez-le sans cesse et le repolissez.

Le noir cocu que la chair aiguillonne.
Tranquillement se polit le chinois.

(Chanson anonyme moderne)

On dit aussi : Se balancer le chinois.

Postillon (faire)

Delvau, 1864 : Introduire le doigt, ordinairement l’index, dans le derrière d’une femme ou d’un homme, pendant l’acte vénérien, pour doubler la jouissance.

Je te branlerai, je te sucerai, je te ferai postillon… tu jouiras !

(Lemercier de Neuville)

L’homme, de ta main droite, ou lui fait postillon,
Ou la glisse en dessous et lui branle le con.

(L. Protat)

Saletés (dire des)

Delvau, 1864 : Tenir des propos de « haulte gresse » et de grande salacité, pour provoquer, les idées libertines et pousser à la consommation de la femme par l’homme et de l’homme par la femme. — Faire des saletés. Peloter une femme ou un homme, sucer ou gamahucher, branler ou faire postillon, etc., etc., — toutes les choses aimables de la fouterie.

Tu me disais alors que pour te plaire,
Une femme devait et dire et savoir faire
Toutes tes saletés et toutes les horreurs.

(L. Protat)

Satisfaire un homme

Delvau, 1864 : Le branler, ou se laissent baiser par lui — ce qui, en effet, le comble de satisfaction.

Chez ce libertin cagot
Qu’j’ai tant d’ mal à satisfaire,
Je suis entré pour tout faire ;
Aussi j’y fais mon magot.

(J. Poincloud)

Secouer la cartouche, le chinois, la boulette (se)

Delvau, 1864 : Se branler la pine.

Sans mot dire il se fait secouer la houlette.

(Louis Protat)

Secouer une femme

Delvau, 1864 : La baiser gaillardement, l’ébranler dans tous les sens en la branlant du bout de la queue.

Je te secouerai bien un peu entre l’huis et la muraille.

(P. De Larivey)

Vénus, ribaude paillarde,
D’une façon plus gaillarde
Sait bien remuer le cu
Quand le dieu Mars la secoue.

(Théophile)

Mon cher Adam, mon vieux et triste père,
Je crois te voir en un recoin d’Eden
Grossièrement former le genre humain,
En secouant madame Eve, ma mère.

(Grécourt)

Sonner le bouton ou le tocsin

Delvau, 1864 : Branler une femme ou un homme, — la femme avec le doigt, l’homme avec la

Le cochon sonnait le tocsin
Sur le bouton de son vagin
Avec son médium sans corne.

(A. Watripon)

Tout aussitôt sur son lit il la couche,
Sonne au bouton !
La reine alors déchargeant dans sa bouche,
Dit que c’est bon !

(La Gastibelzade)

Sonner son fils

Delvau, 1864 : Se branler. — L’expression, très juste comme image, a été trouvée par une dame ; Mme Octave, actrice du Vaudeville. On dit encore : Agacer le sous-préfet, se balancer le Chinois, Crier Vive l’empereur, Se donner une Saragosse, Se polir la colonne, Épouser la veuve Poignet, Se coller une douce.

Veuve Poignet

Delvau, 1864 : La main qui sert à branler, — la première maîtresse des jeunes gens, comme le médium est le premier amant de toutes les femmes.

Pour l’apaiser, je n’avais qu’une main :
Je m’en servis pour écumer sa bile.
Veuve Poignet, sans vous, qu’aurais-je fait ?
Mais avec vous, c’était chose facile.

(Anonyme)

La Rue, 1894 : L’onanisme.

Rossignol, 1901 : La main.

France, 1907 : Les quatre doigts et le pouce dont se servent les tristes sires adonnés à l’onanisme. Fréquenter la veuve Poignet, aller en soirée chez la veuve Poignet, se masturber. Voir Bataille de Jésuites.


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