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Branle-bas

Delvau, 1866 : s. m. Vacarme, bouleversement ; déménagement. Argot du peuple. Faire du branle-bas. Faire du tapage.

Casser (à tout)

Fustier, 1889 : Considérable, fantastique, inouï.

Le public voit la quatrième page de son journal occupée par la réclame à tout casser du grand bazar.

(Giffard, Les grands bazars)

France, 1907 : Superlatif exprimant une exagération dans les plaisirs, les dépenses, le scandale. Noce à tout casser ; potin à tout casser ; branle-bas à tout casser.

Rasetamouche, ayant surpris sa volage moitié en flagrant délit, lui fait une scène à tout casser.
Madame se jette aux pieds de son mari et, fondant en larmes :
— Pardonne-moi, mon ami, je t’en supp’ie… Pour une fois que ça m’arrive !

Coup de chien

Delvau, 1866 : s. m. Traîtrise, procédé déloyal et inattendu, — dans le même argot [du peuple].

France, 1907 : Remue-ménage, branle-bas, bataille, difficulté.

Il y a un instinct populaire qui ne se trompe pas et qui fait dire : Si l’on n’est pas prêt après les milliards dépensés depuis vingt ans, on ne le sera jamais ; si l’on est prêt, qu’attend-on ?
S’il faut « un coup de chien » pour rentrer dans nos frontières d’avant 1870, qu’on se le donne et qu’on en finisse. On ne peut épuiser toujours le pauvre monde d’impôts pour lubriquer des canons et des fusils qui ne partent pas.

(Camille Dreyfus, La Nation)

Piocheur

d’Hautel, 1808 : Ouvrier qui fait beaucoup d’ouvrage ; qui travaille à bride abattue, et souvent à dessein de rattraper le temps perdu.

Larchey, 1865 : « Les professeurs établissent deux catégories, celle des élèves forts dans leurs classes, des travailleurs, et celle des faibles qu’on flétrit du nom de paresseux (en style technique, les piocheurs et les cancres). » — H. Rolland.

Larchey, 1865 : Homme travailleur et judicieux.

Le Piocheur. Celui-ci a pris la carrière au sérieux, il étudie les choses, les hommes, les affaires.

(Balzac)

Delvau, 1866 : s. m. Étudiant qui se préoccupe plus de ses examens que de Bullier, et des cours de l’École que des demoiselles des bastringues du quartier.

Rigaud, 1881 : Travailleur sérieux.

France, 1907 : Travailleur acharné.

Le piocheur ne connait ni les plaisirs ni les succès attachés à la prodigalité : c’est un jeune homme sans fortune qui veut faire son chemin, ose lire Duranton, et affronte sans pâlir les volumineuses collections d’arrêts de Dalloz et de Sirey… Il n’est guère d’étudiant qui ne devienne piocheur au moins une fois par an, car l’approche des examens cause dans le quartier Latin une perturbation complète, un branle-bas général ; on se met à l’œuvre…

(E. de La Bédolière)

Prolongation de la nuit

France, 1907 : Cours de calculs nautiques, qui se fait à 5 h. 1/2 du matin ; argot du Borda.

Le cours de calculs nautiques, ayant lieu de grand matin, sitôt après le branle-bas, a été baptisé prolongation de la nuit, surnom caractéristique indiquant les dispositions qu’y apportent les élèves.

(Histoire de l’École navale)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique