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Brûlage

Larchey, 1865 : Déconfiture.

C’est un brûlage général.

(Balzac)

Brûler : Perdre sans retour.

Comment sommes-nous avec le boulanger ? — M’sieur, le boulanger est brûlé, il demande un à-compte.

(Champfleury)

Brûler : Démasquer.

Le grec brûlé prend son parti lestement et va, sous un autre nom nobiliaire, se faire pendre ailleurs.

(Mornand)

Brûler la politesse : S’esquiver sans faire la politesse d’un adieu.

Quand il nous met à l’ombre, c’est que nous avons brûlé la politesse à la consigne.

(J. Arago, 1838)

Brûle-gueule : Pipe dont le tuyau écourté brûle les lèvres.

Une de ces pipes courtes et noires dite brûle-gueule.

(De Banville)

Delvau, 1866 : s. m. Déconfiture générale de l’homme brûlé. L’expression appartient à Balzac.

France, 1907 : Déconfiture générale ; néologisme de Balzac.

Brûler

d’Hautel, 1808 : Brûler le jour. Signifie faire usage de lumière en plein midi.
Faire brûler quelqu’un à petit feu. Le tourmenter, l’inquiéter, lui faire endurer toutes sortes de mauvais traitemens.
Il leur a brûlé le cul. Se dit de quelqu’un qui a abandonné sans mot dire la-société où, il se trouvoit ; de celui qui s’est esquivé d’un lieu où il étoit retenu malgré lui.
Se brûler. Signifie se méprendre, se tromper, s’abuser dans ses spéculations.
Se brûler à la chandelle. Découvrir soi-même, sans le vouloir, les fautes dont on s’est rendu coupable ; se laisser entraîner malgré soi dans un piège que l’on avoit d’abord évité.
Le tapis brûle. Signifie, il n’y a pas de temps à perdre ; se dit pour exciter des joueurs à doubler leur jeu.

Delvau, 1866 : v. a. Dépasser une voiture, — dans l’argot des cochers qui se plaisent à ce jeu dangereux, malgré les conseils de la prudence et les règlements de la police.

Delvau, 1866 : v. n. Approcher du but, être sur le point de découvrir une chose, — dans l’argot des enfants et des grandes personnes, qui devinent, les uns qui savent à quoi on s’expose en s’approchant du feu.

Rigaud, 1881 : Retirer de la main en les jetant au panier, après en avoir annoncé le nombre, une ou plusieurs cartes avant de commencer une partie de baccarat en banque. Ce droit du banquier ne s’exerce plus que dans les cercles de bas étage.

France, 1907 : Dénoncer, vendre.

La République est un régime de lumière et de loyauté qui n’a que faire d’une police secrète. Rappelons-nous toujours que la police secrète a été instituée par Louis XIV et développée outre mesure par les deux Bonaparte. Louis XIV et les Bonaparte ne sont certainement pas des modèles à suivre pour nous. Je ne puis me désoler, quant à moi, parce qu’un mouchard vient de brûler ses patrons.

(Germinal)

Les filles qui dénoncent les malfaiteurs se fiant à elles sont plus rares qu’on ne le pense. Gloria est une exception ; c’est pourquoi je ne tiens pas à la brûler (faire connaître).

(G. Macé, Un Joli monde)

Brûler, approcher du but, être sur le point de deviner une chose, dépasser une voiture.
Brûler les planches, jouer avec beaucoup de feu et d’art ; argot des coulisses. Brûler la politesse, s’esquiver sans rien dire ; — le pégriot, faire disparaître la trace d’un vol ; — à la rampe, jouer comme si l’on était seul pour attirer sur soi l’attention, sans avoir égard au jeu de ses camarades ; argot des coulisses ; — du sucre, recevoir des applaudissements ; — sa chandelle par les deux bouts, dissiper sa fortune, sa santé ou son cerveau de toutes les façons ; argot des bourgeois.

Brûler la politesse

Delvau, 1866 : v. a. Disparaître sans avertir, — dans l’argot des bourgeois.

Faire chibis

Rigaud, 1881 : Se sauver de prison.

Virmaître, 1894 : S’enfuir d’une prison avec le concours d’un camarade, sans prévenir le gardien. C’est brûler la politesse au directeur (Argot des voleurs).

France, 1907 : S’échapper de prison.

À Biribi c’est en Afrique
Où que l’pus fort
Est obligé d’poser sa chique
Et d’fair’ le mort ;
Où que l’pus malin désespère
De fair’ chibi…

(Aristide Bruant)

Politesse

d’Hautel, 1808 : Brûler la politesse. Pour dire s’esquiver, s’échapper, se sauver d’un endroit où l’on étoit retenu, avant le temps où l’on en devoit sortir.

Delvau, 1866 : s. f. Offre d’un verre de vin sur le comptoir, — dans l’argot du peuple qui entend la civilité à sa manière. Une politesse en vaut une autre. Un canon doit succéder à un autre canon.


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