Fustier, 1889 : Terme de salle d’armes ; toucher à coups de fleuret.
France, 1907 : Ennuyer, vexer quelqu’un, comme, à l’escrime, toucher son adversaire avec le bouton du fleuret.
Boutonner
Fustier, 1889 : Terme de salle d’armes ; toucher à coups de fleuret.
France, 1907 : Ennuyer, vexer quelqu’un, comme, à l’escrime, toucher son adversaire avec le bouton du fleuret.
Chier debout
Rossignol, 1901 : Nom donné aux chasseurs de Vincennes qui, lors de la formation de leur corps par le duc d’Orléans, avaient comme les enfants le pantalon fendu sur le derrière, de façon qu’ils pussent satisfaire un besoin pressant sans quitter le havresac et le fourniment ; de là le nom de chier debout. Il arrivait parfois aux chasseurs étant en voyage, de jouer au saut de mouton. Souvent ils faisaient exprès de ne pas boutonner le derrière du pantalon et laisser passer le drapeau blanc.
Déboutancher
M.D., 1844 : Déboutonner.
Déboutonner
d’Hautel, 1808 : Se déboutonner avec ses amis. Parler librement et ouvertement à ses amis, leur dire franchement ce que l’on a sur le cœur.
Virmaître, 1894 : Parler, avouer.
— Tu peux te déboutonner mon vieux, il faut que nous sachions ce que tu as dans le ventre. On dit aussi : Déculotte ta pensée (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Dire la vérité, se décider à avouer une chose. On dit aussi : il s’est déboutonné, il m’a donné ce que je lui demandais.
Il nous a offert une bouteille, ce n’est cependant pas son habitude de se déboutonner.
Déboutonner (se)
Delvau, 1866 : Parler franchement, dire ce qu’on a sur le cœur ou dans le ventre. Argot des bourgeois.
France, 1907 : Parler franchement ; avouer.
— Vous payez… donc vous êtes mon gouvernement. Ah ! les idiots, s’ils m’avaient écouté !… J’étais prêt à tout, pourtant… oui, à tout, absolument à tout. Alors, vous disiez que les gens officiels ne veulent pas se débotonner ?… rien à faire avec eux ?…
(Hector France, La Mort du Czar)
Dégouliner
Larchey, 1865 : Couler doucement. — Onomatopée.
V’là au moins la vingtième (larme) qui dégouline sur ma joue.
(Ricard)
Delvau, 1866 : v. n. Couler, tomber goutte à goutte des yeux et surtout de la bouche, — dans l’argot du peuple.
Rigaud, 1881 : Couler doucement goutte à goutte. Les larmes dégoulinent le long des joues. — Dégouliner ce qu’on a sur le cœur, dire sa façon de penser, se soulager par l’aveu d’un secret. Le mot date de la fin du XVIIIe siècle.
Céline baissa la tête, alors l’autre baissa aussi la tête et une grosse larme lui dégoulina des cils.
(Huysmans, les Sœurs Vatard)
France, 1907 : Couler lentement, goutte à goutte. Dégouliner ce que l’on a sur le cœur, même sens que se déboutonner.
Il avait gardé dans les mâchoires une chique de tabac dont le jus coulait en filets bruns sur les picots de son menton, et de là dégoulinait parmi les ganglions du cou, comme à travers des rigoles.
(Camille Lemonnier, Happe-chair)
Dérondiner
Ansiaume, 1821 : Déboutonner.
Pour me dérondiner, ils étoient cinq cognes.
Halbert, 1849 : Payer.
Rigaud, 1881 : Payer, — dans l’ancien argot.
Virmaître, 1894 : Un sou se nommant un rond, de là l’expression pour indiquer que l’on s’en sépare en payant :
— Je me dérondine tous les jours pour sorguer (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Payer. De celui qui est avare, qui ne sort pas ses ronds (sous) de son porte-monnaie on dit qu’il n’est pas facile de le faire dérondiner.
France, 1907 : Payer. Mot à mot : se défaire de ses ronds.
Esbroufeur
Rigaud, 1881 : Voleur à l’esbroufe. L’esbroufeur exploite de préférence les abords de la Banque de France et des grandes compagnies financières. Quand on vient de toucher de l’argent dans ces parages, il est prudent de se boutonner, de serrer les coudes et de tenir le milieu de la chaussée. Le garçon de recette est le rêve de l’esbroufeur.
Lâcher un cran
Delvau, 1866 : v. a. Se déboutonner un peu quand on a bien dîné, — dans l’argot des bourgeois.
France, 1907 : Se déboutonner.
Piaffer
France, 1907 : Faire le beau.
Les ardents, les grands coureurs, les bons buveurs, ceux qui rient à se déboutonner d’un coup, ceux qui blaguent et baffrent et piaffent autour des filles, ce sont nos papas.
Leurs fils, mièvres, malsains, dégoûtés, font des mines de nonnettes scandalisées, rêvent, sourient à peine du bout du poil rare qui pousse à leurs lèvres, et se reposent avec des gestes las.
S’ils daignent parler, c’est de la tristesse de vivre.
(Le Journal)
Platine
d’Hautel, 1808 : Pour dire une bonne langue, une voix forte, un gosier rustique.
Il a une bonne platine. Se dit d’un grand babillard, d’un homme qui parle avec une grande volubilité et pendant long-temps ; d’un crieur public qui fait de grands efforts de voix.
Larchey, 1865 : « Il a une bonne platine, se dit d’un grand babillard. » — 1808, d’Hautel.
Delvau, 1866 : s. f. Faconde, éloquence gasconne, — dans le même argot. Avoir une fière platine. Parler longtemps ; mentir avec assurance.
Merlin, 1888 : Verve, faconde, — de l’argot parisien.
La Rue, 1894 : Faconde, bavardage.
Rossignol, 1901 : Voir grelot.
France, 1907 : Verve, facilité de parole ; argot populaire.
— Ah ! nom de Dieu ! nom de Dieu ! quelle platine… Comme c’est ça, comme c’est ça… Tu étais née pour être actrice, tu gagnerais ce que tu voudrais sur les planches… Nom de Dieu ! comme c’est bien ça, laisse-moi me déboutonner.
(René Maizeroy, Portraits parisiens)
Rondiner
d’Hautel, 1808 : Battre quelqu’un avec un rondin, lui donner des coups de bâton.
Vidocq, 1837 : v. a. — Boulonner.
Larchey, 1865 : Battre à coups de bâton. — Mot à mot : de rondin.
Qu’il est doux de pouvoir rondiner un ingrat.
(Le Rapatriage, parade du dix-huitième siècle)
Delvau, 1866 : v. a. Battre à coups de bâton, — dans l’argot du peuple.
Delvau, 1866 : v. a. Boutonner, — dans le même argot [des voleurs].
Delvau, 1866 : v. n. Dépenser de l’argent, des ronds, — dans l’argot des voyous. On dit aussi Se dérondiner.
Rigaud, 1881 : Sacrifier à Domange.
France, 1907 : Battre à coup de bâton, de rondin.
France, 1907 : Faire le tas, amasser.
Tout en cartonnant dans ton claque,
Rabats un douillard à ta marque ;
Qu’ell’ chauffe jarnaff, matelas,
Rondine et le tout sans taff’tas.
(Hogier-Grison, Pigeons et Vautours)
S’arrondir.
Son buste, d’une gracilité sèche qui, avec le duvet de ses lèvres et le déluré de sa mine, lui donnait à quinze ans l’air d’un joli garçon mauvais sujet, rondinait maintenant, appesanti d’un léger embonpoint. C’était l’acheminement à cette adiposité qui émoustillait les hommes du Culot, tous amoureux des femmes tétonnières, par un goût de chair mafflue.
(Camille Lemonnier, Happe-Chair)
France, 1907 : Faire ses besoins.
Rondiner (se)
Ansiaume, 1821 : Boutonner.
Tandis que je le dérondinois, les cognes sont arrivés et m’ont pris sur la falourde engourdie.
Ventre déboutonné (à)
France, 1907 : Manger ou rire de telle sorte qu’on est obligé de se déboutonner pour ne pas faire craquer sa culotte.
Enfin après avoir disné
Jusqu’à ventre déboutonné,
Ils se mirent à tue teste
À discourir de la tempeste.
(Scarron, Virgile travesti)
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