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Badouillard

Larchey, 1865 : « Pour être badouillard, il fallait passer trois ou quatre nuits au bal, déjeuner toute la journée et courir en costume de masque dans tous les cafés du quartier latin jusqu’à minuit. »

(Privat d’Anglemont)

Badouiller : Faire le badouillard.
Badouillerie : Art de badouiller.

La Badouillerie est la mort des sociétés de tempérance.

(1844, Cat. poissard)

Delvau, 1866 : s. m. Coureur de bals masqués, — dans l’argot des étudiants du temps de Louis-Philippe. Le type a disparu, mais le mot est resté.

Rigaud, 1881 : Viveur, épicurien, ami des plaisirs, de la bonne chère et des bals publics. Le Badouillard, une des nombreuses incarnations du Bousingot, s’est épanoui de 1840 à 1860. La société des Badouillards fut, dans le principe, composée d’étudiants. Pour faire partie de cette société, il fallait subir honorablement certaines épreuves. Il y avait celle du dîner, de l’ingurgitation du Champagne, du punch et des liqueurs fortes, de l’engueulement, du duel, des nuits passées, du bal. Celui qui sortait triomphant de cette série d’épreuves, dont la santé et souvent la raison étaient les enjeux, celui-là était proclamé : « Badouillard. »

Le foyer de l’Opéra était envahi par une multitude de charmants cureurs d’égouts, de délicieux badouillards.

(Musée Philipon, les bals masqués)

Grande charte des badouillards. Art. 2. — Tout badouillard qui ne sera pas ivre en entrant au bal, sera privé de ses droits civils.

(Physiologie du Carnaval, 1842)

Bousin, bousingot

Delvau, 1864 : Bordel, petit bordel. D’où, par extension : Faire du bousin, pour : Faire du bruit, — les bordels n’étant pas précédemment des Paraclets.

Un soir, dans la rue aux Fèves,
Près d’un boutingot,
un’ putain me suc’ les lèvres,
M’ fait l’offr’ du dodo.

(Schanne)

Rigaud, 1881 : Boutique, café borgne, débit de vin.

Bousingot

Delvau, 1866 : s. m. Étudiant romantique qui portait des gilets a la Robespierre et était affilié à la Société des saisons : un type héroïque, quoique un peu théâtral, qui a complètement disparu.

Rigaud, 1881 : Épithète injurieuse qu’on adressait aux républicains en 1830 et 1832. — Partisan des idées littéraires à la mode à cette époque. — Romantiques par opposition aux classiques, dont ils étaient les ennemis jurés.

Il (Pétrus Borel) passait, vêtu de son costume de bousingo : le gilet à la Robespierre, sur la tête le chapeau pointu et à large boucle des conventionnels, les cheveux ras à la Titus, la barbe entière et longue au moment où personne encore ne la portait ainsi.

(J. Claretie, Pétrus Borel le Lycanthrope)

En un mot les bousingots comme les Jeunes-France étaient « des poseurs ». M. Ch. Nisard fait venir bousingot de l’argot anglais Bowsingken, maison où l’on boit. Pourquoi pas de l’ancien bouis, maison vouée à Vénus publique, qui a fait bousin et bouis-bouis ? — Parce que c’était trop naturel et trop simple.

France, 1907 : Cabaret.

France, 1907 : Tapageur, homme violent et malappris ; du mot bousineur. Ce nom fut donné, à la Révolution de juillet 1830, aux étudiants romantiques affublés de l’habit de conventionnel, du gilet à la Robespierre et coiffés de chapeaux de cuir bouilli. Ils étaient affiliés à la Société des Saisons et ne sortaient qu’armés d’énormes gourdins. Ils étaient les opposés des Jeunes-France.

Bousingotisme

Delvau, 1866 : s. m. Doctrines et mœurs des bousingots.

Jeune-France

Delvau, 1866 : s. m. Variété de Romantique, d’étudiant ou de commis — en pourpoint de velours, en barbe fourchue, en cheveux en broussailles, avec le feutre mou campé sur l’oreille.

Rigaud, 1881 : Variété du bousingot. — C’était un bousingot fatal, à tout poil, à tout crin. Il y eut des subdivisions et des variétés du Jeune-France à l’infini ; depuis le Jeune-France blasé, jusqu’au Jeune-France étique, le saint Jean-Baptiste précurseur du petit-crevé de nos jours.

France, 1907 : On désignait ainsi, à l’éclosion du romantisme, vers 1830, une catégorie de jeunes gens portant longs cheveux, barbe fourchue, pourpoint de velours et feutre mou.

Les romantiques se divisèrent en Bousingots et en Jeune-France. Les Jeune-France conservèrent longtemps leurs pourpoints, leurs barbes fourchues, leurs cheveux buissonneux.

(Privat d’Anglemont)

Théophile Gautier a écrit un charmant volume sous le titre : Les Jeune-France.
Actuellement, on se sert de cette expression par plaisanterie pour désigner les jeunes gens.

Nez (avoir un)

France, 1907 : Être désappointé.

Le petit cornichon de lieutenant en avait un nez quand il a vu la donzelle qu’il chauffait depuis une heure filer avec le sergent-major !

(Les Joyeusetés du régiment)

On dit dans le même sens : faire un nez.

On se mouilla encore d’une tournée générale ; puis on alla la Puce qui renifle, un petit bousingot où il y avait un billard. Le chapelier fit un instant un nez parce que c’était une maison pas très propre. Le schnick y valait un franc le litre.

(Émile Zola, L’Assommoir)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique