France, 1907 : Budgétivore, sénateur, député, riche bourgeois ; argot populaire.
Les bouffe-galette sont en train d’accoucher d’une loi.
(Le Père Peinard)
Bouffe-galette
France, 1907 : Budgétivore, sénateur, député, riche bourgeois ; argot populaire.
Les bouffe-galette sont en train d’accoucher d’une loi.
(Le Père Peinard)
Chiottes
Fustier, 1889 : Cabinets d’aisances.
France, 1907 : Latrines.
Après cette racaille viennent les opportunistes et les radigaleux ; ceux-là ne veulent rien changer à la mécanique sociale ; tout au plus sont-ils d’avis que de temps à autre on répare les chiottes et nettoie les cuvettes où les bouffe-galette, les richards et les patrons foirent et dégueulent.
(Almanach du Père Peinard, 1894)
Feignant
Delvau, 1866 : s. et adj. Fainéant, — dans l’argot du peuple, qui parle plus correctement qu’on ne serait tenté à première vue, de le supposer, feignant venant du verbe feindre, racine de fainéantise, qu’on écrivait autrefois faintise. Signifie aussi Poltron, lâche, et c’est alors une suprême injure, — l’ignavus de Cicéron, Barbarisme nécessaire, car fainéant ne rendrait pas du tout la même idée, parce qu’il n’a pas la même énergie et ne contient pas autant de mépris.
Virmaître, 1894 : Propre à rien. Lâche, poltron, paresseux.
Descends-donc de ton cheval, eh ! Feignant !
Apostrophe d’un voyou charitable à Henri IV sur le Pont-Neuf pour lui offrir un canon. On dit également feignasse (Argot du peuple).
France, 1907 : Fainéant, poltron, lâche. Ce n’est pas, comme on pourrait le croire, une corruption de fainéant, mais le participe présent du verbe feindre. Le feignant feint de travailler.
Deux pâles voyous errent autour de la Roquette, et ils n’ont que faire, si ce n’est que d’être enfermés, si on le voulait bien.
Gugusse a des pleurs dans les yeux.
Bibi, son camarade, le pousse du coude.
— Eh bien ! qu’est-ce qui te prend ?
Gugusse, très mélancolique et très shakespearien :
— Nous sommes des feignants, des propres à rien… à notre âge, Barré et Lebiez avaient déjà été fauchés.
(Écho de Paris)
Mille pétards ! Celle-là me dépasse. Sacrés gobeurs, rendez-vous compte que la Sociale a justement pour but de supprimer les feignants. La cause de nos mistoufles, c’est que la société actuelle en est bondée. La racaille de la haute : gouvernants, richards, curés… bouffe-galette de tout calibre, que sont-ils, sinon la crème des feignants ?
(Père Peinard)
Mais ceux dont la bourse se ferme
Et qui conservent leur argent
Pour mieux pouvoir payer leur terme,
Ça c’est des feignants !
(Caran d’Ache, Les Chevaliers du Travail)
Soiffer
d’Hautel, 1808 : Pour riboter, ivrogner, pinter, faire débauche de vin.
Larchey, 1865 : Boire outre mesure comme si on avait grand’soif.
Là, j’soiffons, Je n’sais comme, Chacun nos trois poissons.
(Les Amours de Jeannette, ch., 1813)
T’as soiffé, malheureux, Que c’en est désastreux.
(Moineaux)
Soiffard, soiffeur : Grand buveur.
Le franc soiffeur Offre son cœur, Avec un sou d’galette.
(Dalès)
Soiffard de Nini Moulin.
(E. Sue)
Delvau, 1866 : v. n. Boire outre mesure, — sous prétexte de soif.
Rigaud, 1881 : Boire beaucoup.
Virmaître, 1894 : Boire comme une éponge (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Boire beaucoup.
France, 1907 : Boire.
Elle est au grand complet la collection de bouffe-galette qui, pendant quatre ans, va nous tenir sous sa coupe.
D’ici peu, ces oiseaux-là recommenceront la ritournelle de leurs prédécesseurs : ils pondront des lois et se délasseront de ce turbin en soiffant à la buvette et en chéquardant sans scrupules.
(Le Père Peinard, 1898)
anon., 1907 : Boire.
Trifouillée
Virmaître, 1894 : Remuer, chercher en bousculant tout. A. D. Trifouillée, c’est trois fois fouiller, mais le peuple ne donne pas ce sens à cette expression. Trifouillée veut dire battre.
— Je vais te coller une trifouillée en cinq sec (Argot du peuple). N.
France, 1907 : Foule, tas ; grand nombre de personnes ou de choses. Argot populaire.
Bougre d’andouille, que j’y fais, tu ne vois donc pas que tous les bouffe-galette de l’Aquarium se foutent de vous ! Vous attendrez bougrement des années avant qu’ils votent nos lois ; et en admettant qu’ils les votent demain, tu ne vois donc pas qu’il y a dans les administraces une trifouillée d’employés qui n’entendent pas de celle oreille ? Même votée à l’Aquarium, à la Charcuterie Sénatoriale, partout, nom de dieu, ta loi sur les huit heures ne sera pas appliquée, parce que les ronds-de-cuir ne veulent pas.
(Le Père Peinard)
Vide-budget
France, 1907 : Fonctionnaire, employé gouvernemental. On dit aussi bouffe-galette.
Le rond-de-cuir, dont trente années de république et de boniments électoraux n’ont pas réussi à nous débarrasser, le hideux rond-de-cuir, flétri par les chroniqueurs, ridiculisé par les satiristes, honni par les romanciers, n’est pas seulement la plaie gangrenée qui résiste à tous les onguents de la pharmacopée démocratique, l’intrépide vide-budget que nul régime ne supprimera ; il est encore, parfois, la bête puante qui se venge d’être inutile en tâchant d’être nuisible.
L’engeance bureaucratique, j’entends celle qui émarge aux fonds nationaux, la troupe oisive et affairée des ministères et des établissements de l’État, qui ne s’arrête d’être sotte et insolente que pour user l’encre et le temps que nous lui pavons à des méchantes besognes, est seule visée ici !
J’épargne et j’excepte la théorie des besogneux des grandes administrations, l’immense et résignée légion des gagne-petit, condamnée au linge propre, aux redingotes présentables, aux diners de gargote, et aux travaux abétissants.
(Mentor, Le Journal)
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