Ansiaume, 1821 : Vendre.
J’ai abloqué pour 200 balles de camelotte.
Virmaître, 1894 : Acheter en tas, en bloc. Les brocanteurs bloquent un tas de marchandises les plus disparates (Argot des camelots). V. revidage.
Abloquer
Ansiaume, 1821 : Vendre.
J’ai abloqué pour 200 balles de camelotte.
Virmaître, 1894 : Acheter en tas, en bloc. Les brocanteurs bloquent un tas de marchandises les plus disparates (Argot des camelots). V. revidage.
Abloquer ou abloquir
Delvau, 1866 : v. n. Acheter, — dans l’argot des voleurs, qui n’achètent cependant presque jamais, excepté en bloc, à l’étalage des marchands.
Abloquer, abloquir
France, 1907 : Acheter, argot des voleurs ; de bloc.
Abloquer, ablotier
La Rue, 1894 : Acheter.
Abloquir
anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Acheter.
Vidocq, 1837 : v. a. — Acheter à prix d’argent ; se dit aussi pour acquérir.
Clémens, 1840 / Halbert, 1849 : Acheter.
Larchey, 1865 : Acheter en bloc (Vidocq). — Bazarder a, au point de vue de la vente, le même sens. — Du vieux mot bloquer : arrêter un marché. V. Lacombe.
Bloc
Larchey, 1865 : Prison. — Du vieux mot bloc : barrière. V. Roquefort.
Prenez trois hommes et menez cette fille au bloc.
(V. Hugo)
Bloquer : Consigner.
Colonel, c’est que je suis bloque. — Je vous débloque.
(J. Arago, 1838)
Delvau, 1866 : s. m. La salle de police. Argot des soldats. Être au bloc. Être consigné. Signifie aussi Prison.
Rigaud, 1881 : Prison, salle de police, — dans le jargon des troupiers.
Encore deux jours de bloc pour cette chienne de théorie.
(Randon, Croquis militaires)
Pourquoi es-tu au bloc, mon pauvre vieux ?
(Vte Richard, Les Femmes des autres)
Mettre, fourrer au bloc, consigner.
Merlin, 1888 : Salle de police, prison. On dit : mettre, et mieux f… au bloc, à la boîte, ou clou, etc.
La Rue, 1894 : Marché. Prison.
France, 1907 : Prison ; argot populaire.
On parle de progrès, d’humanité, de sentiments altruistes, on invoque comme une des plus précieuses conquêtes de 89 la liberté individuelle. Voilà le cas qu’ils en font, les gredins que ton vote imbécile vient de rehausser au pouvoir ! Défense d’avoir faim, défense d’être sans travail et sans logis, sinon au bloc !…
(Jean Grave, La Révolte)
Mais si — prodigieux progrès !
Un beau matin Thémis s’emballe
Et, pour servir nos intérêts,
Renvoie à l’argousin la balle ;
Si, pour son amabilité,
Sa douceur, son humeur amène,
Au bloc à son tour on l’emmène,
J’en suis rudement épaté.
(Blédort)
Bloquer
d’Hautel, 1808 : Au propre, terme d’imprimerie qui signifie suppléer à une lettre manquante, par une autre lettre que l’on renverse ; au figuré, oublier quelqu’un dans une distribution où il avoit droit.
On l’a bloqué. Pour, on a pris sa part ; on n’a pas pensé à lui ; on l’a totalement oublié.
Halbert, 1849 : Abandonner.
Larchey, 1865 : Vendre. V. Abloquir.
Delvau, 1866 : v. a. Abandonner, — dans l’argot des voleurs.
Delvau, 1866 : v. a. Jouer à la bloquette, — dans l’argot des enfants.
Delvau, 1866 : v. a. Mettre un soldat au bloc, à la salle de police, — ce qui est le boucler, vieille forme au verbe blouquet.
Rigaud, 1881 : Abandonner, — dans le jargon des voleurs.
Rigaud, 1881 : Faire défaut, faillir, dans le jargon des typographes ; allusion au terme d’imprimerie bloquer qui a le sens de mettre provisoirement un caractère au lieu et place d’un autre. (L. Larchey) Bloquer le mastroquet, ne pas payer le marchand de vin.
Rigaud, 1881 : Mettre en prison, au bloc — dans le jargon des troupiers.
Boutmy, 1883 : v. a. Remplacer provisoirement un signe typographique dont on manque par un autre de même force. Par extension, Manquer, faire défaut, faillir. Bloquer le mastroquet, c’est ne pas payer le marchand de vin.
La Rue, 1894 : Mettre en prison. Abandonner.
France, 1907 : Emprisonner, consigner ; se dit aussi pour abandonner. Dans l’argot des typographes, c’est remplacer temporairement une lettre par une autre.
Bloquir
Ansiaume, 1821 : Vendre.
J’ai bloqui ma camelotte au fourgat, il n’y avoit point de carle à son boucard.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Vendre.
Vidocq, 1837 : v. a. — Vendre des objets volés.
Clémens, 1840 : Vendre.
Delvau, 1866 : v. a. Vendre des objets volés, ordinairement en bloc. (V. Abloquer.)
Rigaud, 1881 : Vendre. — Bloquisseur, bloquisseuse, marchand, marchande, — dans le jargon des voleurs.
La Rue, 1894 : Vendre. Acheter.
France, 1907 : Vendre.
Il est entendu que c’est toi qui va bloquir, puisque tu connais le fourgat.
(Marc Mario et Louis Launay.)
Débloquer
Larchey, 1865 : Lever une consigne. V. Bloquer.
France, 1907 : Lever une punition dans l’argot militaire, faire sortir du bloc.
Esbloquer
Fustier, 1889 : Étonner, stupéfier.
France, 1907 : S’étonner.
Esbloquer (s’)
La Rue, 1894 : Étonner, stupéfier.
Pot
d’Hautel, 1808 : Être sur le pot. Terme d’atelier, pour dire être sans place, sans ouvrage ; avoir perdu son emploi.
Bête comme un pot. Epithète injurieuse pour dire qu’une personne est très-bornée.
Un pot à beurre, un pot à l’eau. Un usage vicieux fait dire presque généralement au pluriel, des po tà beurre, des po tà l’eau ; au lieu de pot sà beurre, pot sà l’eau.
On n’en mettra pas plus grand pot au feu. Se dit quand on invite quelqu’un à dîner, pour lui faire entendre qu’on ne fera pas plus grande dépense que celle qu’on a coutume de faire ; que sa présence n’occasionnera aucun frais.
Être ensemble à pot et à rot. Vivre en très-grande familiarité ; être compère et compagnon.
Se dit aussi d’une femme qui, sans être mariée, vit librement avec un homme.
Payer les pots cassés. Supporter les charges, les dommages d’une affaire dont les autres ont fait leur profit.
C’est un pot de terre contre un pot de fer. Pour c’est un homme foible contre un homme puissant.
Faire bouillir le pot. Fournir aux dépenses d’un ménage.
Vidocq, 1837 : s. m. — Cabriolet.
Delvau, 1866 : s. m. Cabriolet, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Cuiller à pot et Potiron roulant.
Delvau, 1866 : s. m. Trou fait au pied d’un mur ou au pied d’un arbre pour bloquer les billes. Argot des gamins.
France, 1907 : Dans un opuscule de Louis Randol, pseudonyme d’Eusèbe Salveste, Un pot sans couvercle, ou Les Mystères de la rue de la Lune, paru en l’an VII, l’auteur s’amuse à citer toutes les expressions auxquelles le pot a donné lieu :
Passons en revue, dit-il, tous les pots imaginables, afin de découvrir celui sous lequel le diable est caché, et de ne pas tenir trop longtemps l’assemblée sur le pot. Je ne parlerai point de la fortune du pot. De cette expression proverbiale encore, parce qu’elle est consacrée par une expérience bien plus universelle ; l’infortune du pot. Sans citer non plus le pot aux roses, je distingue le pot à fleurs, le pot à feu, le pot en tête, le pot cassé, qui rappelle un proverbe que rien d’ailleurs ne rappellerait ici ; les pots cassés, qu’il faut tâcher de ne jamais payer ; le pot au noir, où nous avons tous donné ; le petit pot, d’où les belles tirent des appas éphémères, dont la séduction nous procure quelquefois plus d’un an de regrets ; le pot à part, que dans un malheur général chaque individu voudrait pouvoir faire pour son compte ; le pot de fer, qui se casse contre le pot de terre ainsi qu’on le voit dans les tragédies de La Fontaine ; le pot au lait dont l’histoire peut nous être rappelée par l’issue de mainte grande fortune, le pot à ville qui, lorsqu’il est sans couvercle et qu’il n’y a rien dedans, présente un emblème terrible de la famille ; le pot de vin, bien connu de nous, de nos maîtresses et de nos protectrices ; le pot pourri, auquel ressemblent tant de conversations, tant de livres, tant d’ouvrages dramatiques ; le pot à deux anses, que nous figurons si gracieusement au bal : enfin le pot de chambre… Faut-il tant tourner autour du pot ?…
Rebloquer
Ansiaume, 1821 : Revendre.
Il faut rebloquer les agraffes en cé pour avoir du carle.
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