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Anisette de barbillon

Rigaud, 1881 : Eau.

La Rue, 1894 : Eau claire. On dit aussi sirop de canard.

France, 1907 : Eau. On dit aussi Élixir de grenouille.

Et comme le garçon lui apportait une carafe d’eau :
— Veux-tu remporter ça ! dit-il, je n’aime pas l’anisette à barbillons.

(Édouard Ducret, Paris-Canaille)

Barbe, barbeau, barbillon

La Rue, 1894 : Souteneur.

Barbeau

Delvau, 1864 : Souteneur de filles ; membre de la grande famille des maquereaux — qui n’a rien de commun, que le nom, avec la grande famille des scombéroïdes.

Pègr’ et barbeaux, aboulez au Sauvage ;
Et sans traquer livrez-vous au plaisir ;
On aurait tort de vouloir être sage,
Puisqu’après tout, on sait qu’il faut roidir.

(A. Dumoulin)

Delvau, 1866 : s. m. Souteneur de tilles, homme-poisson qui sait nager entre deux eaux, l’eau du vice et celle du vol.

France, 1907 : Souteneur, domestique attaché à un bordel. On dit aussi barbillon.

Barbeau, barbillon

Rigaud, 1881 : Souteneur de filles. Encore un mot emprunté à l’ichthyologie pour désigner cette intéressante classe d’industriels.

Barbill ou barbillon

Halbert, 1849 : Qui reçoit de l’argent d’une prostituée.

Barbillon

Vidocq, 1837 : s. m. — Souteneur de filles.

un détenu, 1846 : Souteneur de filles.

Delvau, 1864 : Souteneur de filles ; homme qui vend sa protection aux putains. — Du moment qu’il a été convenu qu’on appellerait ces drôles-là maquereaux, comme le maquereau est un poisson, on les a appelés aussi d’autres noms de poissons ; on les a même appelés poissons purement et simplement.

Quoi ! pour aller danser, ma chère,
Tu abandonnes le persil,
Et de ton barbillon de père,
Tu ne conserves aucun souci.

(A. Dumoulin)

Larchey, 1865 : Souteneur de filles (Vidocq). — Équivalent de poisson.

Delvau, 1866 : s. m. Jeune souteneur de filles.

Virmaître, 1894 : Souteneur. Diminutif de brochet, quoiqu’ils soient aussi voraces l’un que l’autre pour dévorer la recette de la marmite (Argot des souteneurs).

Rossignol, 1901 : Synonyme de barbize.

France, 1907 : Jeune souteneur, l’amant des filles de joie.

Barbillon de Beauce

Virmaître, 1894 : Légumes. Les voleurs disent également : barbillon de Varenne pour navet. Cette dernière expression est des plus anciennes ; on lit en effet dans le dictionnaire d’Olivier Chéreau : barbillons de Varanne (Argot des voleurs).

Barbillons de Beauce

Delvau, 1866 : s. m. pl. Légumes, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Légumes. — Barbillons de Varenne, navets.

La Rue, 1894 / France, 1907 : Légumes.

Barbillons de Varenne

Halbert, 1849 : Navets.

Delvau, 1866 : s. m. pl. Navets, — dans l’argot des voleurs, qui savent que ce légume pousse, volontiers, dans les terres sablonneuses. Le dictionnaire d’Olivier Chéreau donne : Babillons de varane.

France, 1907 : Navets.

Bénir

d’Hautel, 1808 : Que le bon Dieu te bénisse ! Phrase interjective, qui marque la surprise, l’improbation, le mécontentement.
Dieu vous bénisse ! Salut, souhait que l’on fait à quelqu’un qui éternue. On se sert aussi de cette locution pour se débarrasser honnêtement d’un pauvre qui demande l’aumône, et auquel on ne veut rien donner.
Il dépenseroit autant de bien qu’un évêque en béniroit. Voyez Autant.
Eau bénite de cour. Fausses carresses, vaines protestations d’amitié.
C’est pain bénit que d’attraper un rusé, un avare. Pour dire que c’est un mal dont chacun rit.
Ventre bénit. Nom que l’on donne aux bedeaux de paroisses, parce qu’ils vivent le plus souvent du pain bénit qu’on les charge de distribuer aux fidèles.
Changement de corbillon, appétit de pain bénit. Vieux proverbe qui signifie que la diversité et la variété plaisent en toutes choses. Voyez Appétit.
Il est réduit à la chandelle bénite. Se dit d’un moribond qui approche de sa dernière heure.

Bille

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Argent.

Vidocq, 1837 : s. m. — Argent monnoyé.

Halbert, 1849 : Argent.

Delvau, 1866 : s. f. L’argent, — dans l’argot des voleurs, qui n’ont pas l’air de se douter que nous avons eu autrefois de la monnaie de billon.

Rigaud, 1881 : Monnaie de cuivre, dans le jargon des revendeurs. — Le mot avait la signification d’argent aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Ne pouvant pas s’empêcher
Pour de la bille attraper.

(Parnasse des Muses)

Rigaud, 1881 : Tête, — dans le jargon des voleurs, et, principalement, tête de dupe. — Faire une drôle de bille.

La Rue, 1894 : Tête. Monnaie de cuivre. Bille à l’estorque, fausse monnaie.

France, 1907 : Figure ; même sens que balle. Argot populaire.

Bille, billemont, billon

Larchey, 1865 : Espèces monnayées. — Billemont et billon sont des diminutifs de bille qui, comme balle, fait allusion à la forme ronde de la monnaie. V. Attache, Flacul.

L’argent au Temple est de la braise, ou de la thune, ou de la bille.

(Mornand)

Nous attendions la sorgue, voulant poisser des bogues, pour faire du billon.

Bog, bogue

Larchey, 1865 : Montre. — Onomatopée ; bog comme toc imite le bruit de la montre. — V. Toquante, Butter, Litrer, Billon.
Bogue en plâtre, en jonc : Montre d’argent, d’or. — Allusions de couleurs. — Tire-bogue : Voleur de montres. — Boguiste : Horloger.

France, 1907 : Montre.

Bourbillons

Delvau, 1866 : s. m. pl. Filaments d’encre épaisse qui restent dans le bec de la plume. Argot des écoliers.

France, 1907 : « Filaments d’encre épaisse qui restent dans le bec de la plume. Argot des écoliers. » (A. Delvau.)

Brochet

Virmaître, 1894 : Marlou, souteneur (Argot du peuple). V. Barbillon.

Rossignol, 1901 : Souteneur.

France, 1907 : Souteneur, maquereau. Brochet à la mie de pain, apprenti souteneur.

Changement

d’Hautel, 1808 : Changement de corbillon fait trouver le vin bon. Signifie qu’il suffit souvent de changer une chose de lieu ou de forme, pour la faire trouver meilleure.
On dit aussi, Changement de corbillon, appétit de pain bénit. Pour dire que la nouveauté et la variété plaisent en toute chose.

Charrieurs

Vidocq, 1837 : s. m. — Les Charrieurs sont en même temps voleurs et mystificateurs, et presque toujours ils spéculent sur la bonhomie d’un fripon qui n’exerce le métier que par occasion ; ils vont habituellement deux de compagnie, l’un se nomme l’Américain, et l’autre le Jardinier. Le Jardinier aborde le premier individu dont l’extérieur n’annonce pas une très-vaste conception, et il sait trouver le moyen de lier conversation avec lui ; tout à coup ils sont abordés par un quidam, richement vêtu, qui s’exprime difficilement en français, et qui désire être conduit, soit au Jardin du Roi, soit au Palais-Royal, soit à la Plaine de Grenelle pour y voir le petite foussillement pien choli, mais toujours à un lieu très-éloigné de l’endroit où l’on se trouve ; il offre pour payer ce léger service une pièce d’or, quelquefois même deux ; il s’est adressé au Jardinier, et celui-ci dit à la dupe : « Puisque nous sommes ensemble, nous partagerons cette bonne aubaine ; conduisons cet étranger où il désire aller, cela nous promènera. » On ne gagne pas tous les jours dix ou vingt francs sans se donner si peu de peine, aussi la dupe se garde bien de refuser la proposition ; les voilà partis tous les trois pour leur destination.
L’étranger est très-communicatif. Il raconte son histoire à ses deux compagnons ; il n’est que depuis peu de jours à Paris ; il était au service d’un riche étranger qui est mort en arrivant en France, et qui lui a laissé beaucoup de pièces jaunes, qui n’ont pas cours en France, et qu’il voudrait bien changer contre des pièces blanches ; il donnerait volontiers une des siennes pour deux de celles qu’il désire.
La dupe trouve l’affaire excellente, il y a 100 p. % à gagner à un pareil marché ; il s’entend avec le Jardinier, et il est convenu qu’ils duperont l’Américain. « Mais, dit le Jardinier, les pièces d’or ne sont peut-être pas bonnes, il faut aller les faire estimer. » Ils font comprendre cette nécessité à l’étranger, qui leur confie une pièce sans hésiter, et ils vont ensemble chez un changeur qui leur remet huit pièces de cinq francs en échange d’une de quarante ; ils en remettent quatre à l’Américain, qui paraît parfaitement content, et ils en gardent chacun deux : les bons comptes font les bons amis ; l’affaire est presque conclue, l’Américain étale ses rouleaux d’or, qu’il met successivement dans un petit sac fermé par un cadenas.
« Vous âvre fait estimer mon bièce d’or, dit-il alors, moi fouloir aussi savoir si votre archent il être pon. »
Rien de plus juste, dit le Jardinier. L’Américain ramasse toutes les pièces de cinq francs du pantre, et sort accompagné du Jardinier, soi-disant pour aller les faire estimer. Il va sans dire qu’il a laissé en garantie le petit sac qui contient ses rouleaux d’or.
Le simple est tout à fait tranquille ; il attend paisiblement dans la salle du marchand de vins, chez lequel il s’est laissé entraîner, qu’il plaise à ses deux compagnons de revenir ; il attend une demi-heure, puis une heure, puis deux, puis les soupçons commencent à lui venir, il ouvre le sac dans lequel au lieu de rouleaux de pièces d’or, il ne trouve que des rouleaux de monnaie de billon.

Chateaubriand

Rigaud, 1881 : Bifteck très épais, bifteck à triple étage, — dans le jargon des restaurants. — Un Chateaubriand aux pommes.

France, 1907 : Transformation du beef-steack sur la note du restaurateur. Une maison qui se respecte ne sert aux clients que des chateaubriands. Le publie bénévole paye le baptême. Pourquoi ce nom célèbre à un morceau de bœuf ? Théodore de Banville raconte qu’il voulut en avoir le cœur net :

Enfin, je n’y tins plus, je voulus absolument le savoir, et j’interrogeai Magny. À ce qu’il m’apprit, le chateaubriand fut baptisé ainsi, parce qu’il avait été inventé sous les auspices de… M. de Chabrillan ! N’est-ce pas là l’origine commune des histoires et des légendes qui, sauf de rares exceptions, sont toutes nées d’une faute de langue ou d’une faute d’orthographe ?

Il est vrai qu’il reste à ce grand écrivain, à ce philosophe morose, la popularité, énorme, permanente, la gloire en billon circulant du bouillon Duval au cabaret du Lyon d’Or, d’avoir servi de patron à un beefsteack renommé — lui qui n’en mangeait jamais et ne se nourrissait que de laitage, d’encens et de souvenirs. Ô ironie ! ô reconnaissance des peuples ! Un beefsteack aux pommes, voilà peut-être tout ce qui restera un jour d’un Atlas de la pensée, d’un Archimède de la philosophie. Il portait un monde dans son vaste cerveau, il rêvait d’en soulever un autre avec sa plume, et le résultat de tout cela : un nom qu’on crayonne sur un menu de restaurant. C’est ça la gloire !

(E. Lepelletier)

On vient d’installer à la Bibliothèque nationale un petit buffet, très commode pour les travailleurs. L’un de ceux-ci y pénètre dernièrement :
Que désire monsieur ?
— Qu’est-ce qu’on peut bien manger dans celte cité des lires ? Donnez-moi un Chateaubriand.
— Voilà, monsieur.
— Grand format, surtout.

Compagnie

d’Hautel, 1808 : Bonsoir la compagnie. Locution facétieuse, pour exprimer qu’une personne est sortie brusquement d’une société ; qu’une lumière s’est éteinte tout-à-coup ; ou que ce que l’on tenoit à la main vient à échapper subitement.
C’est une bête de compagnie. Se dit d’un homme opposé à la vie casanière ; qui ne plaît que dans le tumulte des plaisirs et le tourbillon du grand monde.

Coquillard

Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Halbert, 1849 : Pélerin.

Delvau, 1866 : s. m. Pèlerin, — dans l’argot des faubouriens.

Fustier, 1889 : Œil. S’en tamponner le coquillard, s’en battre l’œil, s’en moquer.

France, 1907 : Cuirassier.

— Voyez-vous, affirma le gros capitaine Chavoye, — ce colosse dont la cuirasse ressemble à une guérite dans laquelle on pourrait donner des rendez-vous secrets, — vous direz tout ce que vous voudrez, mais il n’y a encore que les coquillards…

(Pompon, Gil Blas)

France, 1907 : Œil ; allusion aux paupières qui ferment l’œil comme des coquilles.

Eh ben ! quand vous serez là, à écarquiller vos coquillards ! (Ouvrant une portière.) Prenez ma main, duchesse ! Vous allez entrer dans le tourbillon des plaisirs, comme ça, toute seule… ah ! malheur ! Comme si vous ne feriez pas mieux d’accepter une tournée d’un galant homme… de moi, par exemple ! Un verre de vin sur le zinc !… Quoi ? J’suis un homme propre, moi, et électeur… et ouvrier… sans ouvrage depuis qu’une sœur est à Saint-Lazare…

(Gil Blas)

France, 1907 : Pèlerin ; allusion aux coquilles dont s’ornait la pélerine des pieux vagabonds qui revenaient où feignaient revenir de la Terre sainte.

Coquillards sont les pélerins de Saint-Jacques ; la plus grande partie sont véritables et en viennent ; mais il y en a aussi qui trichent sur le coquillard.

(Le Jargon de l’argot)

Deux tables plus loin, un coquillard, avec son costume complet de pèlerin, épelait la complainte de Sainte-Reine, sans oublier la psalmodie et le nasillement.

(Victor Hugo, Notre-Dame de Paris)

Corbillon

d’Hautel, 1808 : Petite corbeille.
Changement de corbillon fait trouver le vin bon. Pour dire que le plus petit changement fait souvent trouver les choses meilleures.

Delvau, 1864 : Employé dans un sens obscène pour désigner la nature de la femme.

Là, près de la jeune Thémire.
À l’œil vif, au teint vermillon,
Qui rougît, et qui n’ose dire
Ce qu’il faut dans son corbillon.

(É. Debraux)

Cronée

Rigaud, 1881 : Plat ; assiette, — dans le jargon des voleurs.

Virmaître, 1894 : Écuelle. Une cronée de barbillons de Beauce, voilà la pitance à la Centrousse.

France, 1907 : Écuelle pleine.

Émile

Delvau, 1864 : Nom donné aux pédérastes que précédemment l’on appelait Tantes (V. ce mot). Les Émiles étaient en société, à Paris, en 1864. Leurs statuts ont été imprimés. La police, avertie de ces réunions, y fit une descente et fit fermer un établissement de marchand de vins de la Barrière de l’École, où ils se réunissaient. De hauts fonctionnaires furent compromis. Une chanson fut faite à cette occasion. Les patients s’habillaient en femme pour recevoir leur Émile. — Un dessinateur avait consenti à reproduire les poses lubriques de toutes ces scènes de sodomie.

Extrait d’une lettre du baron de Heeckeren, sénateur, saisie : « … Je ne pourrai venir à la réunion qu’à minuit, réservez-moi Dupanloup… »
— Duc de Mouchy. Jeune attaché d’ambassade, très connu pour ses goûts non-conformistes…, comme patient… S’habille ordinairement en femme, — Général d’Herbillon (Émile), général de division et sénateur.
Étaient encore acteurs dans la pièce : — Duc de Valmy, secrétaire d’ambassade. — Davilliers (J.-P.-E.), chef du deuxième bureau, première division, ministère de la guerre. Lieutenant d’état-major. Proxénète et mignon. On faisait des cancans sur lui dans son bureau ; indigné de bruits qui ternissaient son honneur, il fut s’en plaindre à son protecteur, le général Castelnau, chef de sa division au ministère. Le général, qui ne voulait pas que son protégé eût la réputation d’une putain, lui promit de faire cesser les bruits qui couraient. Il pria le préfet de police de faire use enquête ; pour toute réponse, le préfet lui montra une photographie représentant son protégé dans l’exercice de ses fonctions.
Plusieurs dénonciations étaient arrivées à la préfecture de police ; la plus drôle est celle d’un propriétaire qui, voyant arriver une masse de soldats dans la maison folichonne, et apprenant qu’on y avait apporté des uniformes de préfets, de sénateur, d’évêques, crut à un complot et en écrivit à la préfecture.

(La Sultane Rozréa, p. 21.)

France, 1907 : Souteneur ; pédéraste.

Entendre le « tu autem »

France, 1907 : Être prompt à saisir une affaire. Vieux dicton qui nous vient des moines, et dont on trouve l’explication dans le Moyen de parvenir : « Quand les moines dînent, il y en a un qui est en chaire, qui leur fait lecture des actions des satrapes, et ainsi légendant, il barbillonne les oreilles de ses confrères, qui cassent la bribe, sans songer à ce que dit ce pauvre lamponier, qui est là-haut perché… bien loin de ce qu’il dit, d’autant qu’il a l’oreille attentive vers le prieur, qui est sous le dais, ou en la belle place, à mouler des intelligences de tripes : durant quoi, il se souvient parfois de ce pauvre diable qui s’égueule à faute de s’écouter, et dit, en touchant du doigt sur table, tu autem, qui et à dire qu’il finisse, parce qu’à chaque bout de leçon, on dit cette fin. Si de fortune ce lecteur est si sot d’avoir plus d’attention à sa lecture qu’au dîner, absit, et qu’il veuille achever jusques au sens parfait, et qu’ainsi il perde le temps, les autres disent en concluant chapitrament contre lui, qu’il n’entend pas le tu autem. Le tu autem était suivi de Domine, miserere nobis, et chacun se levait. » Entendre le « tu autem » était si fort répandu à cause du nombre des couvents, qu’on emploie encore cette expression en beaucoup de provinces.

Estourbir

Larchey, 1865 : Tuer. — Mot à mot : mettre hors de combat. — Du vieux mot estor : choc, mêlée, duel (Roquefort).

En goupinant de cette sorte, les parains seront estourbis ; il sera donc impossible de jamais être marons.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : v. a. Tuer, — dans l’argot des faubouriens et des voleurs. Le vieux français avait esturbillon, tourbillon, et le latin exturbatio. L’homme que l’on tue au moment où il s’y attend le moins doit être en effet estourbillormé. Signifie aussi Mourir.

Rigaud, 1881 : Étourdir ; assommer à coups de poing, à coups de bâton.

La Rue, 1894 : Tuer.

Virmaître, 1894 : Tuer un individu par surprise (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Tuer.

France, 1907 : Tuer, éteindre une vie ou une chandelle.

Nuitamment, il s’était introduit chez elle sous prétexte de lui procurer la Liste officielle et complète des numéros gagnants des Bons de l’Exposition — et v’lan ! il l’avait estourbie avec un os de gigot.

(George Auriol)

— Allons, amis ! courage ! Empoignez-le, estourbissez-le et qu’il n’en soit plus parlé.

(Marc Mario et Louis Launay)

— Accusé, dit le président, avez-vous quelque chose à ajouter pour votre défense ?
L’accusé, qui a assassiné, à la fois, sa femme, sa belle-mère et sa belle-sœur : Une seule, mon juge, c’est que c’est la première fois que ça m’arrive d’estourbir des femelles : j’espère que vous m’en tiendrez compte et que vous m’appliquerez la loi Bérenger.

Faces (avoir des)

Boutmy, 1883 : v. Avoir de l’argent sans doute parce que la monnaie, qu’elle soit d’or ou de billon porte le plus souvent l’effigie, la face d’un souverain.

Fantasia (faire la)

France, 1907 : Faire du bruit avec grand déploiement de costumes, à la façon des Arabes qui, dans les noces et à certaines fêtes, tirent des coups de fusil et déploient leurs brillants oripeaux. C’est faire, en un mot, plus de bruit que de besogne.
La fantasia est une course de chevaux particulière aux Arabes, une fête à cheval en guerre comme en paix.
La course se fait soit en ligne, soit par groupes de cavaliers, soit un à un. Au signal donné, on s’élance au galop en poussant le cri de guerre, chacun décharge son arme, et, debout sur les étriers, lance son fusil en l’air et le rattrape, toujours chargeant avec une merveilleuse dextérité. Aux noces, aux fêtes de la tribu, la fantasia s’exécute près des tentes devant les femmes réunies qui acclament les cavaliers par des you you prolongés.

Fantasia ! Fantasia ! les coups de feu se précipitent. Les cavaliers s’ébranlent ; les longs chelils de soie aux franges d’or flottent sur les croupes ; les fusils jetés en l’air retombent dans les mains habiles ; jeunes et vieux, courbés sur les encolures, sont lancés au galop et, suivis des éclats stridents des femmes, disparaissent dans les tourbillons de sable jaune. Et dans les grandes lignes dorées de la plaine on voit fuir les couples d’autruches et bondir les troupeaux d’antilopes et de gazelles.

(Hector France, L’Amour au pays bleu)

Garé des voitures

Larchey, 1865 : Prudent et rangé. — L’effrayant tohu-bohu de la circulation parisienne devait enfanter ce synonyme.

Rigaud, 1881 : Rangé ; retiré du tourbillon des plaisirs.

France, 1907 : Homme prudent qui se gare des accidents comme on se gare des voitures.

Grinche

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Voleur. Grinche de la haute pègre, voleur de distinction qui ne fait que de grands vols.

Clémens, 1840 : Voleur.

un détenu, 1846 : Petit voleur.

Halbert, 1849 : Voleur, escroc.

Delvau, 1866 : s. m. Voleur. On dit aussi Grinchisseur.

Rigaud, 1881 : Filou. C’est le terme générique des voleurs adroits.

La Rue, 1894 : Voleur. Grinchir, voler. La grinche, le monde des voleurs.

Virmaître, 1894 : Voler (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Voleur. Une femme est une grincheuse ; c’est aussi une grincheuse lorsqu’elle a mauvais caractère.

Hayard, 1907 : Voleur.

France, 1907 : Voleur.

Nous étions dix à douze
Tous grinches de renom ;
Nous attendions à la sorgue,
Voulant poisser des bogues
Pour faire du billon.

(Vidocq)

Conséquemment des citoyens peuvent être divisés d’intérêts. Ainsi, le roi des grinches, Rothschild, est un citoyen de Paris. Tandis qu’un compagnon est un bon bougre de prolo, un bon fieu avec qui on partage son pain et ses misères, avec qui on est en communauté d’idées, d’espoirs et de besoins — c’est un copain ! avec qui on marche la main dans la main.

(Almanach du Père Peinard, 1894)

Il sait quels vices fangeux se cachent sous ces fronts domptés, sous ces physionomies immobiles et grises comme l’eau des étangs. « Dis donc, Jules… quand tu auras fait ton temps, qu’est-ce que tu voudrais être ? a-t-il un jour demandé à l’un d’eux, blondin aux yeux clairs, vers qui l’attirait une sympathie. — Grinche, comme papa », a répondu l’autre, avec un rire bref et méchant…

(François Coppée, Le Coupable)

Sans compter que grinchir, bien vite
À risquer plus ça vous invite.
C’est de voler qu’on a dessein ;
Mais un beau jour le volé bouge ;
Il veut se défendre ; on voit rouge ;
Et de grinche on est assassin.

(Jean Richepin)

Jaunet

d’Hautel, 1808 : Des jaunets. Pour dire des louis ; la pluie d’or ; argument auquel rien ne résiste ; qui d’un fat fait un honnête homme, et après lequel enfin tant de pauvres humains soupirent.

Larchey, 1865 : Pièce d’or.

Un seul regret, celui de n’avoir pu débarrasser les pigeons de leurs jaunets.

(Paillet)

Delvau, 1866 : s. m. Pièce d’or de vingt francs, — dans l’argot des faubouriens. Ils disent aussi Jauniau. Au XVIIe siècle, on disait Rouget.

France, 1907 : Pièce d’or.

Et, en attendant, il grêlait des sous, des francs, des roues de cinq balles, des jaunets, et aussi des cigares, des oranges, et il tourbillonnait encore des mouchoirs de dentelles, et des cravates de soie claire et des foulards, et des écharpes, qui venaient battre de l’aile autour du chanteur comme un vol caressant de grands papillons multicolores.

(Jean Richepin)

D’jaunets tu vas meubler ma poche,
Afin de rigoler à mort.

(Festeau)

Mac, macque, macchoux

Larchey, 1865 : Maquereau. — Maca : Maquerelle. — Macchoux est une corruption du mot maquereau. — Mac et maca sont deux abréviations. — Par un hasard singulier, la première de ces abréviations donne la clef même du mot Au moyen âge, le mot maque signifiait : vente, métier de marchand. V. Roquefort. — De là sont venus maquillon ou maquignon et maquerel ou maquereau. Le maquereau n’est qu’un maquignon de femmes. Pendant tout le moyen âge, on a écrit maquerel ou maqueriau. Ce dix-neuvième siècle a oublié la véritable source du mot qu’il a confondu avec celui du poisson, d’où les synonymes de poisson et de barbillon.

Le métier de mac autrefois n’était guère exercé que par des voleurs et des mouchards… maintenant les prêtresses de Vénus Callipyge ont pour amants des jeunes gens de famille.

(1837, Vidocq)

Le macque est le souteneur des filles de la plus basse classe. Presque toujours c’est un repris de justice.

(Canler, 1863)

Une vieille maca : Entremetteuse, femme vieillie dans le vice.

(1808, d’Hautel)

Maille à partir (avoir)

France, 1907 : Avoir un démêlé avec quelqu’un. Partir (du latin partire) signifie partager, diviser, et était employé autrefois dans ce sens. Maille était une petite monnaie de billon, au-dessous du denier, de la valeur d’une obole environ et dont le nom servait et sert encore à exprimer une chose de très mince valeur : n’avoir ni sou ni maille.

Ne laisser de sa bourse échapper une maille.

(Boileau)

Avoir maille à partir avec quelqu’un veut donc dire avoir une maille à partager, c’est-à-dire une chose infime, avoir des discussions, des différends, des tracasseries.
Il y a plusieurs autres expressions proverbiales sur le mot maille :
Faire la maille bonne,
garantir que le compte est juste, à une maille prés.
À sou, maille et denier, faire exactement un compte.
Je vaux aujourd’hui plus de sous qu’hier je ne valais de mailles.
Il y avait les mailles parisis et les mailles tournois.

Mitraille

d’Hautel, 1808 : Terme de mépris ; nom que l’on donne généralement à des choses de peu de valeur, et dont on ne fait aucun cas ; basse monnoie.

Larchey, 1865 : Monnaie de cuivre. — On disait autrefois mitaille. V. Roquefort.

Delvau, 1866 : s. f. Monnaie, gros sous, — dans l’argot des faubouriens, qui disent cela depuis longtemps.

Rigaud, 1881 : Une certaine quantité de sous s’appelle de la mitraille.

France, 1907 : Nom que l’on donnait autrefois à la monnaie de billon.

Moneron

France, 1907 : Petite monnaie de billon en cours pendant la Révolution.

Patard

d’Hautel, 1808 : Un patard. Nom que l’on donne à un gros sou double.
C’est aussi un sobriquet que l’on donne à un lourdaud, à un homme rustique et grossier.

Larchey, 1865 : Monnaie de billon — En 1808, on donnait ce nom à un gros sou double. V. d’Hautel. — Le patar était une monnaie flamande qui valait un sou au quinzième siècle. V. Du Cange.

Delvau, 1866 : s. m. Pièce de monnaie, gros sou, — dans l’argot des faubouriens, qui ne se doutent pas qu’ils emploient là une expression du temps de François Villon :

Item à maistre Jehan Cotard
Auquel doy encore un patard…
À ceste heure je m’en advise.

(Le Grand-Testament)

Rigaud, 1881 / La Rue, 1894 : Pièce de deux sous.

France, 1907 : Jeu de bouchon.

Bientôt, la bataille recommença, et on n’entendit plus que des voix grêles et potinières, avec le refrain des joueurs et le cliquetis des domaines sur la table de marbre.
— À vous la pose !
— J’ai le patard.
— Du quatre.
— Et du re-quatre.

(Dubut de Laforest, Morphine)

France, 1907 : Pièce de deux sous ; au temps de Rabelais, patac. Argot populaire. Le nom vient d’une vieille monnaie flamande de la valeur d’un sou. On trouve le mot dans le Testament de François Villon :

Item à maistre Jehan Cotard
Auquel doy encore ung patard.

En picard, en Flandre, dans le Hainaut et le pays de Liège, patar se dit pour sou.

Pauline

France, 1907 : Ancienne diligence.

Mais la grande source de l’ivresse, du vertige qui triomphait des joueurs hésitants, c’était, avec des piaffements de sabots, des cabrements de bêtes, des cris de conducteurs, les départs des grandes « Paulines » à cinq chevaux, menées à fond de train, dans un tourbillon de grelots et de coups de fouet.

(Hugues Le Roux, Les Larrons)

Poisser

Vidocq, 1837 : v. a. — Voler.

M.D., 1844 : Vole.

Larchey, 1865 : Voler. — Allusion aux propriétés de la poix. — Une main poissée garde volontiers ce qu’elle touche, — V. Baite, Billon, Philippe.

Delvau, 1866 : v. a. Voler. Poisser des philippes. Dérober des pièces de cinq francs.

Rigaud, 1881 : Voler. — Rattraper, prendre sa revanche, — dans le jargon des voyous. — Тoi, je t’poisserai !

La Rue, 1894 : Voler. Prendre une revanche. Être poissé, être pris.

Rossignol, 1901 : Voler, prendre. Se faire poisser est se faire arrêter.

France, 1907 : Arrêter ; voler, prendre et tenir comme avec de la poix.

— Patron, il est au clou… La rousse l’a poissé. Dans un moment le panier à salade viendra le prendre. Encore un de foutu.

(Michel Morphy)

Il fait nuit, le ciel s’opaque,
Viens-tu ? j’vas poisser l’auber…
Au bagne j’aurai une casaque !
C’est pas rigolo, l’hiver.

(Jean Richepin)

Se faire poisser, c’est se faire arrêter, se faire prendre par la police ou la gendarmerie.

I’va r’venir ; on nous l’ramène,
I’s’est fait poisser à Lyon,
On va r’constituer la scène.
Et dans la rue Champollion
On expos’ leur photographie
De fac’, de profil et d’trois quarts,
Et demain, sur les grands boul’vards,
On vendra leur biographie.

(Aristide Bruant)

Poisson

d’Hautel, 1808 : Il avaleroit la mer et les poissons. Se dit d’un homme affamé qui mange avec beaucoup d’appétit, d’avidité ; d’un goulu.
La sauce vaut mieux que le poisson. Pour dire que l’accessoire vaut mieux que le principal.
Il ne sait à quelle sauce manger le poisson. Se dit par raillerie d’une personne qui a reçu un affront, une injure, et qui hésite sur ce qu’il doit faire.
Un poisson d’avril. Attrape que l’on fait à quel qu’un le premier de ce mois.

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Souteneur.

Clémens, 1840 : Qui vit aux dépens d’une femme.

Halbert, 1849 : Souteneur, Amant d’une fille publique.

Delvau, 1864 : Maquereau, souteneur de filles.

Camille Fontallard, des poissons le monarque.

(Dumoulin)

Le perruquier jeune et actif est lui-même un poisson. Depuis un siècle, on l’appelle merlan ; mais quelquefois, souvent même, il cumule, — et ces dames ont des merlans — maquereaux.

Larchey, 1865 : « Jeune, beau, fort, le poisson ou barbillon est à la fois le défenseur et le valet des filles d’amour qui font le trottoir, » — Canler. — V. Mac, Paillasson.

Larchey, 1865 : Verre. — Du vieux mot poçon : tasse, coupe. V. Roquefort. — V. Camphre.

J’n’ suis pas trop pompette, Viens, je régale d’un poisson.

(Les Amours de Jeannette, ch., 1813)

Delvau, 1866 : s. m. Entremetteur, souteneur, maquereau.

Delvau, 1866 : s. m. Grand verre d’eau-de-vie, la moitié d’un demi-setier, — dans l’argot du peuple. Vieux mot certainement dérivé de pochon, petit pot, dont on a fait peu à peu poichon, posson, puis poisson.

Rigaud, 1881 : Mesure de vin, cinquième du litre. Il y a le grand et le petit poisson.

Rigaud, 1881 : Souteneur. Il nage dans les eaux de la prostitution.

La Rue, 1894 : Grand verre d’eau-de-vie. Souteneur.

France, 1907 : Mesure d’un demi-setier ; du vieux français poçon, tasse, dit Lorédan Larchey, mais plutôt parce que le contenu glisse dans le gosier comme un poisson dans l’eau.

Tous les matins, quand je m’lève,
J’ai l’cœur sans sus d’sous ;
J’l’envoie chercher cont’ la Grève
Un poisson d’quat sous.
Il rest’ trois quarts d’heure en route,
Et puis en r’montant,
I’m’lich’ la moitié d’ma goutte !
Qué cochon d’enfant !

(Les Plaintes de la portière)

France, 1907 : Souteneur ; argot populaire. Cette expression est déjà vieille, car d’après le Dictionnaire de Trévoux, on appelait déjà ainsi dans la seconde moitié du XVIIIe siècle les individus se livrant à cette dégradante industrie ; mais on y ajoutait le mot avril. On lit, en effet, à l’article avril à la date de 1771 : « On appelle poisson d’avril un poisson qu’on nomme autrement maquereau, et, parce qu’on appelle du même nom les entremetteurs des amours illicites, cela est cause qu’on nomme aussi ces gens-là poissons d’avril. »
Les synonymes sont fort nombreux, ce qui prouve quelle place ce monde interlope occupe dans la société moderne. Bornons-nous à citer : Alphonse, Baigne-dans-le-beurre, barbise, barbe, barbillon, barbeau, bibi, benoit, brochet, bouffeur de blanc, casquette à trois ponts, chevalier du bidet, chevalier de la guiche, chiqueur de blanc, costel, cravate verte, dauphin, dos, dos d’azur, écaillé, fish (anglicisme), foulard rouge, guiche, goujon, gentilhomme sous-marin, gonce à écailles, lacromuche, marlou, mac, macque, macquet, macrottin, maquereau, maquignon à bidoche, marloupatte, marloupin, marlousier, marquant, mec, mec de la guiche, meg en viande chaude, monsieur à nageoires, à rouflaquettes, patenté, porte-nageoires, roi de la mer, rouflaquette, roule-en-cul, soixante-six, un qui va aux épinards, valet de cœur, visqueux, etc.

Léon Gambetta, peu flatté,
Nous apparait, décapité,
Dans sa sonnette,
Observant d’un œil polisson
Un autre groupe où le poisson
Porte casquette.

(Chanson du Père Lunette)

Pontonnière

Vidocq, 1837 : s. f. — Fille publique de la Cité, qui exerce sur les ponts ; les Pontonnières sont presque toutes voleuses.

Larchey, 1865 : « Fille publique fréquentant le dessous des ponts. » — Canler.

Delvau, 1866 : s. f. Fille de mauvaises mœurs qui exerce sous les ponts.

La Rue, 1894 : Fille qui se prostitue sous, les ponts.

France, 1907 : Prostituée qui exerce son industrie sous les arches des ponts.

Les pontonnières fréquentent le dessous des ponts… Toutes ces filles sont des voleuses. Le macque, qui joue ici un rôle plus actif que le barbillon, ne quitte sa largue ni jour ni nuit.

(Mémoires de Canler)

Ratafiat de grenouille

Delvau, 1866 : s. m. L’eau, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Anisette de barbillon et Bourgogne de cheval.

Rêche

Delvau, 1866 : s. m. Sou, — dans l’argot des faubouriens, qui trouvent le billon rude.

France, 1907 : Rude, âpre. Une femme rêche, une femme acariâtre.

Sorgue

Ansiaume, 1821 : Nuit.

Il ne faut suivre le grand trimard que de sorgue.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Nuit.

Vidocq, 1837 : s. — Nuit.

Clémens, 1840 : Nuit.

M.D., 1844 / M.D., 1844 : La nuit.

un détenu, 1846 : Nuit.

Halbert, 1849 : La rue.

Larchey, 1865 : Soirée, nuit. — Roquefort donne sorne avec la même signification. V. Baïte, Chenu, Billon.
Sorguer : Passer la nuit.

Content de sorguer sur la dure, va, de la bride (chaîne) je n’ai pas peur.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : s. f. Nuit, — dans l’argot des voleurs. Les Maurice La Châtre de Poissy prétendent qu’il faut écrire Sorgne.

Rigaud, 1881 : Nuit, soir. — Sorgabon, bonsoir, bonne nuit ; qui ne vient pas du tout du basque gabon, bonsoir, comme l’a avancé V. Hugo. Sorgabon, c’est bon sorgue retourné.

La Rue, 1894 : Nuit. Sorguer, dormir.

Virmaître, 1894 : La nuit (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : La nuit.

Hayard, 1907 : Nuit.

Tomber de Charybde en Scylla

France, 1907 : Vouloir échapper d’un mal pour tomber dans un pire. Allusion à un tourbillon et à un rocher dangereux du détroit de Sicile. Les vaisseaux des anciens, d’une manœuvre difficile, n’échappaient au gouffre que pour se briser sur le rocher, ou vice versa.

Nous sommes, sortant de Sicile,
De Charybde tombés en Scylle,
C’est tomber de fièvre en chaud mal.

(Scarron, Virgile travesti)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique