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Arbif

Halbert, 1849 : En colère.

Delvau, 1866 : s. m. Homme violent, en colère, qui se rebiffe. Même argot [des voleurs].

La Rue, 1894 : En colère.

France, 1907 : « Homme violent, en colère, qui se rebiffe. » (Alfred Delvau) ; argot des voleurs.

Arrangemann

Virmaître, 1894 : Arranger. Arranger quelqu’un en lui faisant faire une opération ruineuse. Les grues arrangent les pantes. Une femme arrange un homme en lui communiquant un mal vénérien. On arrange un homme en le battant à plate couture.
— Il est arrangemann, le gonce, il ne rebiffera pas, il est foutu d’en crapser (Argot des souteneurs). N.

Barbifier (se)

Fustier, 1889 : Se griser. Argot des typographes. V. Delvau au mot Barbe.

Il s’est barbifié hier ; il a mal aux cheveux aujourd’hui.

(Typologie-Tucker, juin 1885)

Berge

Delvau, 1866 : s. f. Année, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Année, — dans l’argot des voleurs.

La Rue, 1894 : Année.

Virmaître, 1894 : Année.
— Je tire cinq berges à la Centrousse de Melun (Argot des voleurs).

Virmaître, 1894 : Brigadier. Pour distinguer un sous-ordre, on ne dit pas un sous-brigadier mais par abréviation un S. B. (Argot des agents de police). N.

Rossignol, 1901 : Année.

J’ai été sapé à cinq berges pour un vague qui ne m’a rapporté que peau.

Hayard, 1907 : Année.

France, 1907 : Année ; argot des voleurs.

C’était un malheureux paillasse, sorti de prison, où il avait tiré trois berges pour attentat à la pudeur. À part cela, le meilleur zig du monde, affirmait-il.

(Jean Richepin)

I’s apprirent à biffiner ;
Mais i’s n’aimaient pas chiner.
C’qui fait qu’à leur quinzièm’ berge
I’s plaquèr’nt tous deux l’boulot
Afin d’faire l’rigolo
Aux fortifs et l’long d’la berge.

(Blédort)

France, 1907 : Brigadier de police. Sous-berge, sous-brigadier.

anon., 1907 : Année.

Biffard

La Rue, 1894 : Bourgeois.

Virmaître, 1894 : Bourgeois (Argot des voleurs).

Hayard, 1907 / France, 1907 : Bourgeois.

Biffe

France, 1907 : Profession de chiffonnier ; du champenois biffe, qui veut dire chiffon. « Au moyen âge, dit Lorédan Larchey, c’était un nom d’étoffe, et, du temps de Saint Louis, on vendait à Paris les biffes rayés de Provins. »

Biffe (la)

Rigaud, 1881 : Le métier de chiffonnier.

Biffer

Vidocq, 1837 : v. a. — Manger goulûment.

(Villon)

Larchey, 1865 : Manger goulument (Vidocq). Forme de Bouffer.

Rigaud, 1881 : Exercer le métier de chiffonnier.

France, 1907 : Ramasser les chiffons.

Biffeton

Rigaud, 1881 : Contre-marque, — dans le jargon des ouvriers. — Lettre, procès-verbal, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Lettre, billet.

Virmaître, 1894 : Billet. Quelques-uns écrivent buffeton c’est une erreur (Argot des camelots).

Hayard, 1907 : Billet de chemin de fer, de théâtre, et aussi lettre.

France, 1907 : Lettre, contremarque, renseignement sur un prisonnier. Faux biffeton, faux billet de théâtre. (Grison)

Biffin

Clémens, 1840 : Chiffonnier.

Rigaud, 1881 : Soldat d’infanterie de ligne, — dans le jargon des soldats des autres armes. — Son crochet à lui c’est son fusil.

La Rue, 1894 : Chiffonnier. Soldat d’infanterie.

Virmaître, 1894 : Chiffonnier. Ainsi dénommé par le peuple à cause de son crochet qui lui sert à deux fins : à se défendre et à travailler. Depuis 1818, on dit d’un chiffonnier qu’il est membre du comité de recherches. Allusion à ce qu’il fouille dans les tas d’ordures pour y trouver sa vie (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Chiffonnier. On nomme aussi les soldats de la ligne des biffins.

Hayard, 1907 / anon., 1907 : Chiffonnier.

Biffin, biffine

Rigaud, 1881 : Chiffonnier, chiffonnière. Tout ce qui porte la hotte est connu dans la corporation des chiffonniers sous le nom de « biffin ».

France, 1907 : Chiffonnier, chiffonnière.

Dans un quartier purotin,
Polyte naquit un matin,
D’un biffin et d’une biffine.

(É. Blédort)

Se dit aussi pour fantassin, à cause sans doute du sac qui se porte comme la hotte.

Biffin, bifin

Larchey, 1865 : Chiffonnier. — Ce n’est pas le chiffonnier pur-sang, c’est celui qui a déchu d’une position meilleure. De là sans doute le nom de biffin : goulu, donné par l’ancien chiffonnier au nouveau venu.

J’ vois deux bifins et leurs femelles.

(Chansonnier, 1836)

Biffre

Rigaud, 1881 : Nourriture. Dérivé de bâfrer. Passer à biffre, manger. Passer à biffre train express, dévorer, manger comme un affamé.

France, 1907 : Nourriture. Passer à biffre, manger ; passer à biffre à train express, manger rapidement et gloutonnement.

Bifin

Delvau, 1866 : s. m. Chiffonnier, — dont le crochet sert à deux fins, à travailler et à se défendre.

Merlin, 1888 : Fantassin dont le sac est la hotte. Se dit aussi des prévôts d’arme dans la cavalerie.

Bifteck (faire du)

Rigaud, 1881 : Monter sur un cheval qui trotte dur et mortifie, comme s’il s’agissait d’un bifteck, la partie de l’individu qui repose sur la selle. (L. Larchey)

Bifteck à corbeau

France, 1907 : Vieille prostituée.

Bifteck à Maquart

Rigaud, 1881 : Sale individu, sale femme, — dans le jargon des voyous. — Maquart est le nom d’un équarrisseur bien connu.

Bifteck de grisette

Rigaud, 1881 : Saucisse plate, morceau de charcuterie pris dans la boîte du charcutier.

Bifteck ou bidoche à carabin

France, 1907 : Chair de morgue, d’hôpital ou de guillotine.

Entre autre, il a souci de sa dépouille ; ne résiste pas au désir de jouer un tour à la Faculté ; réclame son corps, lui-même : « Comme Prado et les autres, je ne veux pas aller à l’amphithéâtre. C’est pas parce qu’on m’aura coupé en deux que je serai devenu de la bidoche à carabin. »

(Séverine, Le Journal)

Bifteckifère

France, 1907 : Ce qui rapporte de quoi manger des biftecks. Besogne idiote, mais bifteckière, telle que celle d’employé de ministère ou des contributions indirectes.

Bifurqué

France, 1907 : Collégien qui, arrêté au point où l’étude des sciences se sépare de l’étude des lettres, abandonnait cette dernière pour celle des sciences. Ce système de bifurcation commença en 1832.

De mon temps, la bifurcation des études y était inscrite. On plaçait les élèves de quatrième à la fourche de deux chemins, comme Hercule, et l’on demandait à ces jeunes gens, qui, pour la plupart, n’avaient encore manifesté de dispositions que pour le chat perché ou l’élevage des vers à soie dans un pupitre, s’ils se destinaient aux lettres ou aux sciences, si la gloire d’un Racine ou d’un Bossuet les sollicitait plus que celle d’un Laplace ou d’un Cuvier. Il eût été aussi raisonnable de tirer la chose à l’as de cœur.

(François Coppée)

Chateaubriand

Rigaud, 1881 : Bifteck très épais, bifteck à triple étage, — dans le jargon des restaurants. — Un Chateaubriand aux pommes.

France, 1907 : Transformation du beef-steack sur la note du restaurateur. Une maison qui se respecte ne sert aux clients que des chateaubriands. Le publie bénévole paye le baptême. Pourquoi ce nom célèbre à un morceau de bœuf ? Théodore de Banville raconte qu’il voulut en avoir le cœur net :

Enfin, je n’y tins plus, je voulus absolument le savoir, et j’interrogeai Magny. À ce qu’il m’apprit, le chateaubriand fut baptisé ainsi, parce qu’il avait été inventé sous les auspices de… M. de Chabrillan ! N’est-ce pas là l’origine commune des histoires et des légendes qui, sauf de rares exceptions, sont toutes nées d’une faute de langue ou d’une faute d’orthographe ?

Il est vrai qu’il reste à ce grand écrivain, à ce philosophe morose, la popularité, énorme, permanente, la gloire en billon circulant du bouillon Duval au cabaret du Lyon d’Or, d’avoir servi de patron à un beefsteack renommé — lui qui n’en mangeait jamais et ne se nourrissait que de laitage, d’encens et de souvenirs. Ô ironie ! ô reconnaissance des peuples ! Un beefsteack aux pommes, voilà peut-être tout ce qui restera un jour d’un Atlas de la pensée, d’un Archimède de la philosophie. Il portait un monde dans son vaste cerveau, il rêvait d’en soulever un autre avec sa plume, et le résultat de tout cela : un nom qu’on crayonne sur un menu de restaurant. C’est ça la gloire !

(E. Lepelletier)

On vient d’installer à la Bibliothèque nationale un petit buffet, très commode pour les travailleurs. L’un de ceux-ci y pénètre dernièrement :
Que désire monsieur ?
— Qu’est-ce qu’on peut bien manger dans celte cité des lires ? Donnez-moi un Chateaubriand.
— Voilà, monsieur.
— Grand format, surtout.

Chiée (une)

Rossignol, 1901 : Beaucoup.

Garçon, j’ai faim, donnez-moi un bifteck large comme mes fesses, avec une chiée de haricots autour.

Cornichon

d’Hautel, 1808 : Petit concombre propre à confire. On dit ironiquement, bassement et figurément d’un homme niais, inepte, inhabile à faire quelque chose : C’est un cornichon, il a l’air d’un cornichon, il est bête comme un cornichon.

Vidocq, 1837 : s. m. — Veau.

Delvau, 1864 : Le membre viril, avec lequel les femmes aiment à accommoder leur viande.

Larchey, 1865 : Veau (id.). — Mot à mot : fils de cornante. — Cornichon : Niais (d’Hautel, 1808).

Jour de Dieu ! Constantin, fallait-il être cornichonne.

(Gavarni)

Cornichon : Élève de l’École militaire.

Une fois en élémentaires, il se bifurque de nouveau en élève de Saint-Cyr ou cornichon, et en bachot ou bachelier ès-sciences.

(Institutions de Paris, 1858)

Delvau, 1866 : s. et adj. Nigaud, homme simple, qui respecte les femmes, — dans l’argot de Breda-Street ; parfois imbécile, — dans l’argot du peuple, qui juge un peu comme les filles, ses filles.

Delvau, 1866 : s. m. Veau. Argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Aspirant à l’École militaire de Saint-Cyr.

France, 1907 : Niais, nigaud ; argot populaire.

Vous me disiez qu’il y a je ne sais combien de siècles, un vieux c…ornichon, qui faisait de la menuiserie, et qui s’appelait Joseph, avait épousé une petite brune… et que la petite brune avait fait la connaissance d’un pigeon, qui était le Saint-Esprit… et qu’à la suite de cette affaire votre idiot de menuisier était devenu pa ju d’un petit Jésus, sans avoir eu à en prendre la peine… et que la petite brune était restée demoiselle comme avant.

(Léo Taxil, Le Sacrement du Curé)

France, 1907 : Sobriquet donné par les potaches aux candidats à l’École de Saint-Cyr.

Le monôme des candidats à Saint-Cyr, autrefois dit le monôme des cornichons, a eu lien comme d’habitude. Plus de neuf cents jeunes gens y ont pris part. Les cornichons s’étaient réunis place du Panthéon. Ils se sont mis en marche à quatre heures et demie, précédés et flanqués de nombreux gardiens de la paix. En tête, un candidat portait un magnifique drapeau en soie frangé d’or, sur lequel on lisait : « Les candidats de Saint-Cyr — 1893. »

(Gaulois)

Couvre-bidon

France, 1907 : Soldat de la ligne.

Moi, j’ai jamais servi aux biffins ; je suis pas un 113e couvre-bidon ; je suis zouave.

(Georges d’Esparbès, Gil Blas)

Donner sur le biffeton

Rigaud, 1881 : Lire l’acte d’accusation et dévoiler les antécédents de l’accusé.

France, 1907 : Lire l’acte d’accusation.

Embistrouiller

France, 1907 : Embarrasser.

La politique c’est tout l’opposé du socialisme ; c’est l’art d’embistrouiller le populo, de lui faire avaler des couleuvres, de le mener par bout du nez, de l’abrutir, de le mater s’il se rebiffe… tout ça s’exprime d’un seul mot, gouverner.

(Almanach du Père Peinard, 1894)

Épicier

Clémens, 1840 : Celui qui critique les autres.

Larchey, 1865 : « Les romantiques n’avaient de commun que leur haine des bourgeois qu’ils appelèrent génériquement épiciers (1830). La société ne se divisa plus à leurs yeux qu’en bourgeois et en artistes, — les épiciers et les hommes. »

(Privat d’Anglemont)

Épicier s’emploie adjectivement :

Allons, vraiment, c’est épicier.

(Balzac)

Delvau, 1866 : s. et adj. Homme vulgaire, sans goût, sans esprit, sans rien du tout, — dans l’argot des gens de lettres et des artistes, pleins de dédain pour les métiers où l’on gagne facilement sa vie.

Rigaud, 1881 : Nom que donnent les collégiens à ceux de leurs camarades qui se destinent au commerce.

À l’élève bifurqué se rattache l’épicier ou épicemar, élève de français.

(Les Institutions de Paris, 1858.)

France, 1907 : Homme vulgaire, plat bourgeois, riche ignorant, sans goût et sans sentiment artistique. C’est la définition qu’en donnent les artistes et les gens de lettres ; mais je connais pas mal de gens de lettres et d’artistes qui sont de fameux épiciers !

Filer doux

Delvau, 1866 : v. n. Ne pas protester, — même lorsqu’il y a lieu ; souffrir ce qu’on ne peut empêcher. Argot des bourgeois.

Comme son lict est feict : que ne vous couchez-vous,
Monsieur n’est-il pas temps ? Et moi, de filer dous,

dit Mathurin Régnier en sa satire XIe.

Rigaud, 1881 : Se montrer soumis, obéissant.

France, 1907 : Ne pas se rebiffer, même sous les coups de trique ; recevoir apostrophes et affronts sans oser protester.

— Elle a cessé depuis cette fichue rencontre de jeter des pavés dans mon jardin, comme elle en avait l’habitude. Elle file doux avec moi maintenant, semble implorer mon silence !

(Albert Cim, Demoiselles à marier)

Gendarmer (se)

Delvau, 1866 : v. réfl. S’offenser. Signifie aussi : Regimber, résister.

France, 1907 : S’offenser, se rebiffer, protester.

Horse-steak

Rigaud, 1881 : Bifteck de cheval ; mot fabriqué pendant le siège de Paris, à l’époque où l’on mangeait tant de cheval.

Licheur, licheuse

Rigaud, 1881 : Buveur, buveuse. Gourmand, gourmande.

France, 1907 : Personne qui aime à bien boire et à bien manger : gourmand, parasite ; du vieux français lescheur.

Ainsi que fait un bon lescheur
Qui des morceaux est cognoisseur.

(Roman de la Rose, XIIIe siècle)

J’aime le vin par goût,
Par besoin de nature,
Fin licheur, je le jure,
Je le préfère à tout,
Il vaut mieux que la femme,
Le rosbif, le gisot ;
Mieux que le haricot
C’est lui le vrai dictame.

(Pierre Racque)

Lignard

Larchey, 1865 : Officier ou soldat des troupes de ligne.

Delvau, 1866 : s. m. Soldat de la ligne, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Pêcheur à la ligne, — dans le jargon des canotiers de la Seine.

Rigaud, 1881 : Rédacteur de journal payé à la ligne.

Rigaud, 1881 : Soldat d’infanterie de ligne.

Rigaud, 1881 : Typographe chargé de la ligne courante.

Boutmy, 1883 : s. m. Compositeur qui fait spécialement la ligne courante.

Virmaître, 1894 : V. Fantaboche.

France, 1907 : Dans l’argot des typographes, c’est le compositeur chargé spécialement de la ligne courante.

France, 1907 : Peintre qui s’attache plus à la pureté du dessin, à la perfection de la ligne qu’à la couleur.

France, 1907 : Soldat d’infanterie de ligne. Les cavaliers désignent aussi les fantassins sous les sobriquets de homard, écrevisse de rempart, bigorneau, carapata, méfiant, mille-pattes, fiflot, etc.

Un dragon, de taille gigantesque, cause avec un tout petit lignard, lequel se plaint amèrement que le soleil lui tape sur la tête.
Alors le cavalier, d’un ton de supériorité dédaigneuse :
— Que dirais-tu si tu étais à ma place ? Car je crois que ma tête est infiniment plus près du soleil que la tienne !

C’est le printemps : dans sa cuisine,
Quand Madame va faire un tour,
Elle trouve avec Catherine
Un lignard jaspinant d’amour.

(Grammont)

Le petit lignard, si bon, si dévoué, si naïf, est la glorieuse personnification de notre armée. C’est un héros qui s’ignore lui-même. Dans l’âme de ce descendant des Gaulois couve le feu sacré qui fit de nous la grande nation ; au moindre choc, l’étincelle jaillit, l’odeur enivrante de la poudre éveille les instincts guerriers qui sommeillent dans sa poitrine ; quand les mâles accords du clairon retentissent, un frisson de fierté passe dans ses veines ; il s’exalte lorsque tonne la grosse voix du canon ; ses narines se dilatent en aspirant les émanations brûlantes du combat ; son sang s’échauffe, sa tête s’anime et resplendit, il pousse à pleins poumons la clameur stridente des batailles, et il s’élance avec une fougue indicible au milieu de la mêlée…
C’est alors que l’infanterie fournit ces charges fameuses, ces charges furieuses et échevelées comme les vagues de la tempête, terribles et foudroyantes comme les avalanches des Alpes.

(Dick de Lonlay, Au Tonkin)

Concluons par ces beaux vers que Geogres d’Esparbès a dédiés au 46e de ligne, à l’anniversaire de la mort du brave La Tour-d’Auvergne :

Ô lignard ! bleu soldat de France
À l’œil ferme, au cœur vivandier,
Troubade, fils du grenadier,
Pousse-caillou de l’espérance,
Coq des blés vermeils et des seigles,
Sonne l’appel des bataillons,
Arme ton ergot d’aiguillons,
Vole vers le Rhin ! sus aux aigles !
Hardi, biffin ! boucle ta hotte,
Gretchen prépare ton fricot,
Mets une aile à ton godillot,
Loge une âme sous ta capote,
Les clairons font signe aux trompettes…
Bois un quart de vieux vin gaulois,
Et comme D’Auvergne autrefois,
Vas emplir ton sac de conquêtes !

Lingé (être)

Rigaud, 1881 : Porter du linge blanc ; avoir une chemise blanche.

France, 1907 : Avoir du beau linge. On dit aussi faire des effets de linge, en parlant des femmes qui retroussent leur robe pour montrer qu’elles ont des jupons blancs.

Car enfin, c’est des sottises
D’aller chez des gens tout nus
Pour leur apprend’e des bêtises
À qui personn’ ne croit pus !
Pour leur y dir’ que la Vierge
À fait tout’ seule un garçon,
Rien qu’en allumant un cierge
Apporté par un pigeon.
Et puis un évêq’, ça marque,
Ça coûte très cher au Trésor,
C’est lingé comme un monarque
Et ça s’habille tout en or.
P’têt’ que là-bas, les bons nègres
— Car y a pas d’municipal —
S’engraiss’ront (c’est bêt’ d’êt’ maigres)
D’un rosbif épiscopal !

(Gringoire)

Macquart (chair à)

France, 1907 : Viande d’équarrisseur. Voir Bifteck.

Patrons ! tas d’Héliogabales !
D’effroi saisis,
Quand vous tomberez sous nos balles,
Chair à fusils,
Pour que chaque chien, sur vos trognes,
Pisse, à l’écart,
Nous leur laisserons vos charognes,
Chair à Macquart !

(Jules Jouy)

Ça t’étonn’ ?… ben, vrai, tu m’épates ;
C’est la vi’… faut porter l’licou
Tant qu’on tient un peu su’ ses pattes
Et tant qu’on peut en foute un coup,
Et pis après c’est la grand’ sorgue,
Toi, tu t’en iras chez Macquart,
Moi, j’irai p’têt ben à la Morgue,
Ou ben ailleurs… ou ben aut’ part.

(Aristide Bruant)

Maquart

France, 1907 : Viande. Bifteck de Maquart, viande de cheval, du nom d’un équarrisseur.

Mascander

France, 1907 : Frapper avec violence.

Le soir, l’amant était rentré plus saoul que de coutume ! Il avait cherché des « raisons » à sa maîtresse parce que la soupe était trop chaude ou qu’elle était trop froide.
La femme s’était rebiffée. Alors, il avait saisi un fer à repasser, et les voisins l’avaient surpris en train de mascander la malheureuse étendue à terre…
Il l’aurait tuée tout à fait si l’on n’était intervenu. On l’avait descendu de force et remis aux mains des gardiens.

(Oscar Méténier)

Mégottier

Fustier, 1889 : Industriel oui ramasse les bouts de cigares, les mégots.

Là, sont réunis pêle-mêle des biffins… le mégottier avec son pistolet à la saind-homme.

(Réveil, 1882)

France, 1907 : Ramasseur de bouts de cigares et de bouts de cigarettes.

Mie de pain

Vidocq, 1837 : s. m. — Pou.

Larchey, 1865 : Vermine (Vidocq). — Allusion à la démangeaison causée par une mie de pain égarée.

Delvau, 1866 : s. f. Chose de peu de valeur, — dans l’argot des typographes. Ils disent cela à propos des gens qui ne leur conviennent pas.

Delvau, 1866 : s. f. Pou, — dans l’argot des voleurs, qui savent combien une miette de pain égarée sous la chemise cause de démangeaisons à la peau.

Rigaud, 1881 : Objet de nulle valeur. — Individu déplaisant, — dans le jargon des typographes. — Pellicules de la tête, — dans le jargon des enfants.

Boutmy, 1883 : s. f. Chose de peu d’importance, de mince valeur Compositeur mie de pain, ouvrier peu habile. Metteur en pages mie de pain, celui qui n’a que des ouvrages de peu d’importance, ou qui n’est chargé que par occasion de la mise en pages d’un travail de cette sorte.

Virmaître, 1894 : Moins que rien. Les typos, par la grande habitude, savent, du premier coup d’œil, discerner un bon article d’un mauvais. Le mauvais, c’est de la mie de pain (Argot d’imprimerie).

Virmaître, 1894 : Pou. On sait combien une mie de pain est désagréable sur la peau ; le pou occasionne une démangeaison semblable (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Pou.

dis donc, Gugusse, quoiq’t’as sur le cou ? — C’est une mie de pain. — Une mie de pain ? ça marche !

France, 1907 : Chose de nulle valeur. Ouvrier mie de pain, mauvais ouvrier. Mac à la mie de pain, souteneur qui ne sait pas tirer profit de sa marmite.

Pègr’… mais pas pègre à la mie d’pain,
Pègre d’naissanc’, d’autor et d’riffe,
Pègre d’la haute et j’colle un paing
Au pantrio, quand i’ se r’biffe.

(Aristide Bruant, Dans la rue)

France, 1907 : Pou.

— Oui, hier, je me peignais avec les doigts, rapport que j’ai oublié mon démêloir dans mon dernier garni. Vlan ! Voilà que j’en ramène un. Saleté de bête ! que je dis, et j’allais l’écraser quand je vois un capitaine d’artillerie qui passe avec sa dame.
— Permettez, mon officier, que j’y fais.
— Quoi donc ?
— Là, sur votre dolman, une mie de pain, vous aurez coudoyé quelqu’un de sale.
Et je fais celui qui enlève le pou en ayant l’air de me cacher de la dame.
— Merci, mon ami, qui dit.
Et il m’allonge une pièce de vingt ronds.

(Guy Tomel, Le Bas du pavé parisien)

Monter sur ses ergots

Delvau, 1866 : v. n. S’emporter, faire de violents reproches à quelqu’un, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Monter sur ses grands chevaux.

France, 1907 : S’emporter, se rebiffer comme un coq.

Montrer les dents

France, 1907 : Se fâcher, se rebiffer, faire voir qu’on est prêt à riposter à une attaque.

Mouscailleur

Fustier, 1889 : Vidangeur.

Là sont réunis pêle-mêle des biffins… des mouscailleurs.

(Réveil, 1882)

Nature

d’Hautel, 1808 : Faire les cinq sens de nature pour quelque chose. Se donner beaucoup de soins et de tourment pour en assurer le succès.

d’Hautel, 1808 : Nourriture passe nature. Pour dire que l’éducation change le naturel de l’homme.

Rigaud, 1881 : Naturel. — Comme c’est nature ! — Bifteck nature, bifteck au naturel, — dans le jargon des restaurateurs.

Nègre

d’Hautel, 1808 : Traiter quelqu’un comme un nègre. Le traiter d’une manière très-rigoureuse ; le maltraiter.

Virmaître, 1894 : Heure de minuit, à laquelle l’obscurité est la plus profonde (Argot des voleurs).

France, 1907 : « Corruption du mot nec, qui lui-même est une abréviation de nec plus ultra. En parlant d’un objet remarquable, on dit : « C’est le nègre ! » Le mot s’emploie au féminin. On dit : « J’ai la pipe négresse », c’est-à-dire la plus belle pipe et non, comme on pourrait le croire, la pipe la mieux culottée. »

(Albert Lévy et G. Pinet, L’Argot de l’X)

France, 1907 : Dans l’argot littéraire, c’est un débutant de lettres ou un besoigneux qui travaille pour le compte d’un « littérateur arrivé ». Celui-ci l’appelle son secrétaire, secrétaire dont la fonction est d’écrire moyennant un mince salaire des romans-feuilletons qui le patron signe et dont il empoche le profit. Auguste Maquet fut longtemps le nègre d’Alexandre Dumas père. De nos jours, nombre de romanciers populaires dont on adore sinon les œuvres, mais la fécondité, n’obtiennent cette fécondité que grâce à une dizaine de nègres.

Le nègre se tue à ce métier, qui lui assure le pain quotidien, mais qui donne à l’exploiteur des bénéfices considérables ; un feuilleton qui était payé en moyenne vingt mille francs à d’Ennery lui en coûtait à peine cinq cents. Il n’est personne qui ne connaisse cet étrange commerce. Je pourrais citer les nègres qui sont morts, à bout de surmenage…

(Don Juan)

France, 1907 : Domestique pour les dures besognes, souffre-douleur.

À Paris y a des quartiers
Où qu’les p’tiots qu’ont pas d’métiers
I’s s’font pègre ;
Nous, pour pas crever la faim,
À huit ans, chez un biffin
On est nègre…

(Aristide Bruant)

Nib

Rigaud, 1881 : Silence, — dans le jargon des voleurs. — Nib au truc, pas un mot sur le vol commis, pas de bavardages.

Virmaître, 1894 : Signifie rien. Cette expression n’est pourtant pas toujours prise dans ce sens. Quand on dit : nib de blaire, par exemple, pour qualifier un nez énorme, nib devient synonyme de mince qui veut dire beaucoup (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Pas, rien. Le vin ne vaut que nib.

Il ne m’a donné que nib.

Un chauve a nib de douilles.

Hayard, 1907 : Rien.

France, 1907 : Non, pas, rien ; argot des voyous. Abréviation de nibergue. Bon à nib, paresseux. « Ca fait nib dans mes blots », ça ne me convient pas.
Nib au truc, silence ! Ne me parlez pas de cette affaire.

Comm’ i’r’nouv’laient les dégâts,
On a chauffé nos deux gas
Et sur la place de la Roquette
On à tranché leurs kiki…
Il était p’têt’ fils ed’ marquis,
El’ môme à la gueul’ coquette !…
Polyt’, lui, était qu’biffin ;
Ça fait qu’nib, j’déplor’ la fin
De Polyte
Et d’son acolyte.

(Blédort)

anon., 1907 : Rien.

Pain (et du) ?

Rigaud, 1881 : Et le nécessaire ? Expression à l’adresse des gens qui font des dépenses peu en rapport avec leur position. — Réplique à une proposition extravagante sous le rapport de la dépense. — Demandez à un ouvrier convalescent pourquoi il ne mange pas, à tous ses repas, de bons biftecks saignants arrosés de bon vin de Bordeaux. Il répondra : Et du pain ?

Paing

France, 1907 : Poing. « Passer chez paing », battre. « Rapplique un peu, j’vas te passer chez paing. »
C’est aussi un coup de poing.

…Mais pas pègre à la mi’d’pain :
Pègre d’naissanc’, d’autor et d’riffe,
Pègre d’la haute j’colle un paing,
Au pantrio, quand i’se r’biffe.

(Aristide Bruant, Dans la Rue)

Palabre

Delvau, 1866 : s. m. Discours ennuyeux, prudhommesque, — dans l’argot du peuple, qui a emprunté ce mot aux marins, qui l’avaient emprunté à la langue espagnole, où, en effet, palabra signifie parole.

Virmaître, 1894 : Discours ennuyeux, prudhommesque. Palabra, en langue espagnole, signifie parole, il est vrai, mais ce n’est pas le sens dans le langage populaire. Palabre trembleuse : figure de bourgeois qui tremble à propos de rien, qui a peur de son ombre, qui se cache au moindre bruit. Palabre signifie figure :
— Le biffard a tellement la frousse que sa palabre défargue (Argot du peuple). N.

Hayard, 1907 : Discours ennuyeux.

France, 1907 : Paroles oiseuses, discours longs, pompeux, inutile ; de l’espagnol palabra, parole. On appelle palabre une conférence avec un roi nègre où l’on dépense inutilement beaucoup de paroles. C’est aussi les présents que les commerçants offrent à ces chefs de villages que nous appelons rois, pour les amadouer et se maintenir en bonne intelligence avec eux.

Écoutez-les : les mots sont changés, mais foutre, grattez l’écorce des palabres et, au-dessous, vous dégotterez la substance léthargique et vénéneuse que, de tous temps, ont utilisé les prêtres et les gouvernants de tout poil.

(Le Père Peinard)

Parlotteur

Delvau, 1866 : s. m. Bavard.

France, 1907 : Bavard ; orateur de réunions publiques ; débiteur de lieux communs.

Le système néo-chrétien de Tolstoï ne serait vrai que s’il réunissait un jour l’unanimité des suffrages, et ce jour-là est aussi loin que la Jérusalem céleste, et que tous les paradis promis. En attenant, il faut vivre avec les loups en leur résistant et en les refoulant le plus possible ; il faut faire valoir son droit à la force du poignet ; il faut toujours être prêts à se rebiffer contre l’exploiteur. Et si jamais la guerre devient impossible, si l’autorité croule et s’effondre, ce sera seulement quand le peuple conscient de sa force aura chassé tous les loups dévorants et ne consentira plus à servir les dirigeants, à nourrir les possédants. Nous, qui ne voyons pas plus l’histoire contemporaine et l’ensemble du mouvement actuel qu’un nageur sur le dos ne voit le mouvement des flots, nous ne savons pas trop si nous avançons ou si nous reculons ; et peut-être que, dans cinquante ans d’ici, quand nous serons tous claqués ou bien près, on dira des hommes de la fin du XIXe siècle que c’étaient des avachis, des parlotteurs et des imbéciles.

(Le Père Peinard)

Pays, payse

Merlin, 1888 : Compatriote.

France, 1907 : Compagnon, compatriote ; nom que les soldats donnent à leur maîtresse et réciproquement.

Une conversation des plus intéressantes était engagée entre le biffin et la nounou qui avait tout d’un coup découvert qu’ils étaient presque pays. — C’est toujours comme cela que ça commence…

(La Baïonnette)

Piffin (Biffin)

un détenu, 1846 : Chiffonnier.

Pistolier

France, 1907 : Prisonnier à la pistole. Voir ce mot.

Le régime alimentaire est le même pour les locataires des cellules que pour les hôtes de la salle commune. Mais le cantinier passe une fois par jour faisant ses offres de service. On peut se procurer ainsi de la charcuterie, du chocolat, du tabac et des portions au prix de 60 centimes. Un perruquier s’offre à barbifier et à tondre les pistoliers, nom des locataires des cellules. Certains détenus, condamnés pour diverses causes à des peines n’excédant pas un an, remplissent par tolérance, sous le nom d’auxiliaires, des services domestiques. Ils peuvent être utilisés par les pistoliers pour balayer leur cellule, faire leur lit et autres menus ouvrages. Ces auxiliaires sont vêtus de la casaque et du pantalon de couleur grise, qui est la livrée des établissements pénitentiaires.
Chaque adoucissement au régime se paie. Il faut aussi de l’argent en prison. Là, comme partout dans cette terrible société, la devise désespérante est : « Malheur aux pauvres ! »

(Edmond Lepelletier)

Pommes (aux)

Larchey, 1865 : Très-bien. V. Ognons. — Nous ne savons si ce superlatif est causé par la folle passion des voyous parisiens pour les chaussons aux pommes, ou s’il faut y voir une locution plus âgée.

Le feu duc de Brissac (mort en 1651) aimoit tant les pommes de reinette que, pour bien louer quelque chose, il ajoutait toujours de reinette au bout, tellement qu’on lui ouït dire quelquefois : C’étoit un honnête homme de reinette.

(Tallemant des Réaux)

Bath aux pommes : Bien (Lem. de Neuville).

J’ai mijoté pour ce numéro un petit éreintement aux pommes.

(J. Rousseau)

Rigaud, 1881 : Bate aux pommes, Soigné. — Deux consommateurs, un habitué et un étranger, demandent, dans un café, chacun un bifteck, le premier aux pommes, le second naturel, nature, dans l’argot des restaurateurs. Le garçon chargé des commandes voie vers les cuisines et s’écrie d’une voix retentissante : « Deux biftecks, dont un aux pommes, soigné ! » Le mot fît fortune. C’est depuis ce jour qu’on dit : « Aux pommes », pour soigné.

France, 1907 : Soigné, délicat ; synonyme d’aux petits oignons.
Rigaud donne l’origine de cette singulière expression : « Deux consommateurs, un habitué et un étranger, demandent chacun un bifteck, le premier aux pommes, le second nature. Le garçon vole vers les cuisines et s’écrie d’une voix retentissante : Deux biftecks, dont un aux pommes, soigné ! » Le mot fit fortune. C’est depuis ce jour qu’on dit aux pommes pour soigné.

Ces jours derniers, à l’équipe de la ferblanterie, une sale typesse emportait toujours les meilleures payes.
Pourquoi ?
Les copines ouvrirent leurs lucarnes et découvrirent que celle qu’elles avaient à l’œil mouchardait les camarades au contre-coup.
Oh ! foutre, quand les bonnes bougresses furent fixées, ça ne traîne pas : elles attendirent la moucharde à la sortie et lui administrèrent une brûlée faramineuse, — quelque chose de tapé et de bath aux pommmes !

(Le Père Peinard)

Poser pour la galerie

France, 1907 : Faire le beau ; prendre devant le public des poses avantageuses de façon à se faire admirer.

Des degrés du Parlement descendirent les ratés de a politique et les libidineux sénateurs. Ils causaient entre eux, plaisantaient, se montraient le public. Ils étaient gras, bien portants, robustes, en face de cette hâve multitude, tel un bon morceau de bifteck devant un lion maigre, et j’admirais la barrière morale qui sépare l’oppresseur de l’opprimé. De quoi parlaient-ils ? Qu’agitaient-ils dans leurs cervelles vides et confuses ? Les uns avaient des favoris, d’autres de la barbe ; d’autres étaient imberbes comme des comédiens et ils posaient pour la galerie, s’arrêtant sur les marches, pérorant à grands gestes… On les accusait de tripotages et de déprédations innombrables ; mais, comme ils servaient d’intermédiaires entre les autres pouvoirs et qu’ils faisaient les lois, ils se soustrayaient toujours eux-mêmes à des châtiments d’ailleurs illusoires !

(Léon Daudet)

Qui-qui

Virmaître, 1894 : Le col.
— Si tu rebiffes, je vais te serrer le qui-qui. (Argot du peuple).

Quoquillard

France, 1907 : Œil, même sens que coquillard. S’en tamponner le quoquillard, s’en battre l’œil.

Pour nous autres biffins, nous nous en tamponnons énergiquement le quoquillard, mais n’empêche qu’il nous faut du cœur au ventre ; avant peu il nous faudra montrer ce que valent les troupiers français.

(La Baïonnette)

Rapetasser

d’Hautel, 1808 : Des souliers rapetassés ; des habits rapetassés. Pour dire, raccommodés grossièrement.

France, 1907 : Refaire.

Cette saloperie d’impôts indirects qui, quoique pas visibles à l’œil nu des aveugles, se sentent bougrement, avait déjà subi pas mal d’anathèmes avant le grand coup de chien d’il y a cent ans. Tellement qu’au début, la Constituante dut les biffer du programme des nouveaux impôts, aussi bien que les dîmes.
Cet impôt d’origine féodale, qu’on appelait alors les aides, ne tarda pas à rappliquer, comme toutes les cochonneries dut « bon vieux temps » que les bourgeois rapetassaient en les débaptisant à peine ; la loi du 5 ventôse au XII le remit sur pattes.
Et ainsi pour tout ! Les corvées se muaient et prestations, la gabelle en impôt du sel, les douanes intérieures en octroi, la dime en budget des cultes, etc., etc.
Si bien que, petit à petit, la kyrielle des impôts devenait aussi longue que sous la défunte royauté.
Les impôts indirects — ceux qu’on ne voit pas — comme le disait dans un de ses moments de lucidité l’écrivassier bourgeois Bastiat, sont une chose d’une traitrise carabinée.
On les paies s’en apercevoir, au coin du feu, au plumard, à table, au café… à tous les instants de notre vie.

(Le Père Peinard)

Rebif

Vidocq, 1837 : s. f. — Vengeance.

Rebiffe

Rigaud, 1881 : Révolte. — Trimar de la rebiffe, route de la Révolte ; un des endroits les plus dangereux de Paris.

France, 1907 : Révolte, résistance, colère. Faire de la rebiffe, opposer de la résistance. À la rebiffe ! À la rescousse !

Rebiffe (il y a de la)

Virmaître, 1894 : Revenir à la charge, retomber sur un adversaire plus fort que soi. Se rebiffer contre une autorité quelconque (Argot du peuple).

Rebiffe au truc

Rigaud, 1881 : Récidive. — Rebiffer au truc, être en état de récidive.

Rebiffer

d’Hautel, 1808 : Se rebiffer. Regimber, faire le rétif ; répondre avec fierté, insolemment aux personnes à qui l’on doit du respect ; résister avec opiniâtreté à leurs ordres.

un détenu, 1846 : Faire une chose deux fois, ou bisser.

Rigaud, 1881 : Recommencer, — dans le jargon du peuple. — Tais-toi, t’as ton compte… ou je rebiffe. C’est un mot emprunté à l’argot des classes dangereuses.

Boutmy, 1883 : v. intr. Recommencer.

La Rue, 1894 : Recommencer. Regimber. Se révolter.

Rossignol, 1901 : Recommencer, de r’bif à la r’bif.

Tu ne vas pas r’biffer à me pincer, si tu r’biffes, prends garde à toi !

Hayard, 1907 : Recommencer, (se) se défendre.

France, 1907 : Recommencer, répéter. On dit aussi rebiffer au truc.

Elle rapporte an nouveau rafraîchissement d’absinthe au chanteur : « Tiens, mon petit, rebiffe au truc, c’est moi qui verse. »

(Louise Michel)

Rebiffer (se)

Delvau, 1866 : v. réfl. Regimber, protester plus ou moins énergiquement, — dans l’argot du peuple.

Delvau, 1866 : v. réfl. Se présenter avec avantage, — dans l’argot des troupiers, tous plus ou moins cocardiers.

Rigaud, 1881 : Affecter des airs hautains, redresser la tête avec affectation.

Merlin, 1888 : Répondre, se raidir, s’emporter.

France, 1907 : Se défendre, se révolter, regimber ; argot populaire.

— On a des remords… Voyons… est-on honnête au moins ?
À ce mot-là, tu penses si Sylvie s’est rebiffée, elle qui se laisserait crever de faim plutôt que de dégringoler le dernier des pantes.
— J’ai jamais été arrêtée, qu’elle lui dit, et regardez si je suis consciencieuse !
Et elle lui tend la brême toute poinçonnée. Jamais elle n’avait manqué une visite ! Ah ! ça, ça l’a touché, le vieux.

(Oscar Méténier, Le Mirliton)

Rebuffade

d’Hautel, 1808 : Mauvais accueil ; et non rebiffade, comme on le dit fréquemment.

Ruer à la botte

France, 1907 : Être susceptible, se lâcher, se rebiffer : allusion aux chevaux qui ruent en sentant l’éperon : terme de cavalerie.

— Que vous avez tort, subséquemment, jeune homme, de vous cabrer et de ruer à la botte quand votre ami il vous explique ses raisons.

(E. Gaboriau, Le 13e hussards)

Semelle

Hayard, 1907 : Bifteck.

Sonner

Rigaud, 1881 : « Sonner un individu c’est le saisir par les oreilles ou par les cheveux et lui cogner la tête contre un corps dur. » (P. Mahalin, Les Monstres de Paris, 1880)

Ce n’est pas moi qui l’a sonné, a-t-il dit au juge.

(Affaire de la Villette, Petit-Journal, du 27 octobre 1878)

Rigaud, 1881 : Être à l’agonie, râler, — dans le jargon des infirmiers.

Le râle se fit entendre, et le veilleur après l’avoir arrangé, s’en retourna en disant : il sonne le premier.

(Jean Journet, Cris et soupirs, 1840)

La Rue, 1894 : Saisir un individu et lui cogner fortement la tête contre un corps dur.

Virmaître, 1894 : Quand un client fait du tapage dans une maison de tolérance, le garçon le jette à la porte, et s’il se rebiffe, il lui casse la tête sur l’angle du trottoir ; la tête a sonné (Argot des souteneurs). N.

France, 1907 : Faire un bon repas.

France, 1907 : Tuer quelqu’un en lui frappant la tête contre les pavés, et se servant de ses oreilles comme anses.

Talbin

M.D., 1844 : Billet de banque.

un détenu, 1846 : Portefeuille, billets de banque.

Halbert, 1849 : Huissier.

Delvau, 1866 : s. m. Billet de complaisance, — dans l’argot des voleurs. Talbin d’altèque. Billet de banque. Talbin d’encarade. Billet d’entrée dans un théâtre.

Delvau, 1866 : s. m. Huissier, — dans le même argot [des voleurs].

Rigaud, 1881 : Huissier, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Huissier. Billet à ordre. Billet de banque. Portefeuille. Talbiner, assigner.

Virmaître, 1894 : Billet. Talbin d’altèque, billet de banque. Un billet de faveur pour un théâtre quelconque, se nomme un talbin d’encarade. Mot à mot : billet d’entrée. Los voleurs disent aussi de l’ordre du Parquet, de l’ordre de les écrouer à Mazas ou au Dépôt :
— Mince de biffeton d’encarade (Argot des voleurs). N.

Virmaître, 1894 : Huissier. Allusion ce à qu’il talbine un prévenu ou un témoin pour l’assigner en police correctionnelle. Talbiner, synonyme d’assigner (Argot des voleurs) N.

Rossignol, 1901 : Billet de banque.

Hayard, 1907 : Billet.

France, 1907 : Billet de banque. Voir Tailbin, Fafiot, Tas. Se dit aussi d’un billet de complaisance.

France, 1907 : Contremarque.

France, 1907 : Huissier ; argot des voleurs.

France, 1907 : Portefeuille ; argot des voleurs.

France, 1907 : Tabac ; argot des voleurs.

— Ce qu’on est mal nourri dans cette boîte !… Et puis l’on défend tout… pas moyen d’allumer une sèche… passe-moi donc le talbin, amour d’homme…

(Ed. Lepelletier)

Tambour

Vidocq, 1837 : s. m. — Chien.

Larchey, 1865 : Chien (Vidocq). — Allusion à son grondement.

Delvau, 1866 : s. m. Chien, — dans l’argot des voleurs. Roulement de tambour. Aboiement.

Rigaud, 1881 : Brigadier-fourrier, dans l’argot des dragons.

Rigaud, 1881 : Chien. — Battre du tambour, aboyer.

Merlin, 1888 : Brigadier fourrier.

La Rue, 1894 : Chien.

Virmaître, 1894 : Chien. Quand un étranger pénètre dans une maison, les aboiements réitérés du chien imitent le roulement du tambour. L’expression alarmiste, citée plus haut, est plus juste (Argot des voleurs).

France, 1907 : Brigadier-fourrier, Ainsi surnommé à cause des baguettes qu’il porte sur ses bras. Le maréchal des logis-fourrier possède les mêmes insignes, mais ce serait commettre une grave infraction au décorum que de l’appeler aussi tambour.

— Le tambour, vois-tu, est un mortel heureux. Et pourtant interroge-le, il te soutiendra effrontément le contraire ; il te fera des tableaux épouvantables de l’emploi de son temps, te dira qu’il n’a pas une minute à lui ; il se comparera aux serfs de la glèbe ou aux esclaves de l’antiquité, et, si peu que tu sois sensible, à l’entendre, tu ne pourras l’empêcher de gémir sur son triste sort. Cependant, la plus grande partie de ses journées se passe en courses et en promenades à cheval et le plus dur de sa besogne consiste à lancer, pendant les susdites courses et promenades, des œillades assassines à droite, à gauche, en nombre illimité, en frisant sa moustache (quand il en a) et en se rebiffant sur sa selle, fier comme Artaban. La nuit venue, il travaille, oui certes… à recueillir les bénéfices des œillades, le jour, décochées.

(Les guerriers d’à présent)

France, 1907 : Chien, à cause du bruit qu’il fait en aboyant. « Nous n’avons pas été jetés sur la terre pour vivre comme des tambours », dit Vidocq.
Roulement de tambour, aboiement.

Le tambour s’est mis à jaspiner comme je caletais, je suis tombé en frime avec la rousse, j’ai été paumé marron et pigé. Les cognes m’ont conduit chez le quart d’œil qui m’a envoyé à la Cigogne dans le panier à salade.

(Delesalle, Autobiographie d’un malfaiteur)

Traiter quelqu’un comme un tambour, le traiter brutalement, sans ménagement, comme on traite un chien. Foutre au clou comme un tambour, punir sans pitié ; expression de caserne.
Tambour est, en Béarn, le nom ordinaire donné aux chiens courants.

Têtes de clous

Virmaître, 1894 : Caractères usés, qui n’en peuvent plus.
— Il est rien dégueulbif, le canard que nous composons avec des têtes de clous (Argot d’imprimerie).

Truc

Vidocq, 1837 : s. f. — Une des diverses manières de voler, profession d’un voleur.

un détenu, 1846 : Tout faire. Homme à truc : métier.

Halbert, 1849 : Industrie quelconque.

Larchey, 1865 : Manière de voler (Vidocq). — Du vieux mot truche (V. Roquefort). — La truche était l’art d’exploiter la pitié des gens charitables.

Grand Coësre, dabusche des argotiers et des trucheurs le grand maître, vivent les enfants de la truche ! vivent les enfants de l’argot !

(Vidocq)

Cette juxtaposition de truche et de argot confirme notre pensée sur l’origine de ce dernier mot… Argot n’est qu’une forme d’argue : ruse, subtilité. — Au moyen âge, les mots truffe, trulle et trut avaient le même sens de finesse et d’imposture. Ce dernier, qui ne diffère pas beaucoup de truc, se trouve, dès le quatorzième siècle, dans une chronique rimée du duc de Bretagne, Jean IV (Lobineau, t. II, col.730) :

François prenoient trop divers noms Pour faire paour aux Bretons, Mais ils avoient plus de viel Trut Que vueille truie qui est en rut.

V. Roustir, Lem. Notre société a adapté le mot truc, au théâtre c’est la machine destinée à produire un changement à vue, les féeries sont des pièces à trucs, pour un auteur dramatique, le truc est la science des détails. On dit d’un écrivain qui file la scène avec difficulté, qu’il manque de truc.

Delvau, 1866 : s. m. Ficelle, secret du métier, — dans l’argot des saltimbanques. Débiner le truc. Révéler le secret d’un tour.

Delvau, 1866 : s. m. Machine destinée à produire un changement à vue, — dans l’argot des coulisses. Signifie aussi Entente des détails et de la mise en scène.

Delvau, 1866 : s. m. Tromperie ; malice, — dans l’argot du peuple. Avoir du truc. Avoir un caractère ingénieux. Connaître le truc. Connaître le secret d’une chose.
Le truc était, au commencement du XVIIIe siècle, un billard particulier, plus long que les autres, et pour y jouer proprement il fallait en connaître le secret.

Rigaud, 1881 : Commerce infime en plein air, petit trafic de toute sorte d’objets sans valeur.

Le gamin de Paris fait tous les petits commerces qu’on désigne sous l’appellation de trucs. C’est sa qualité native.

(Ménetier, Les Binettes des cafés-concerts)

Rigaud, 1881 : Machine servant à produire un changement à vue au théâtre. — Le changement à vue lui-même. Les féeries sont des pièces à truc.

Rigaud, 1881 : Métier, — dans l’argot des voleurs. — À la Cour des Miracles le truc était un genre de vol qui consistait à dépouiller celui dont on implorait la charité.

Rigaud, 1881 : Ruse, mensonge ingénieux.

Est-ce que je ne connais pas toutes les couleurs ? J’ai le truc de chaque commerce.

(Balzac, L’Illustre Gaudissart)

Son chef-d’œuvre est l’invention du truc à l’amour.

(Mémoires de Thérésa)

Ce farceur de Mes-Bottes avait eu le truc d’épouser une dame très décatie.

(É. Zola)

Boutmy, 1883 : s. m. Façon d’agir, bonne ou mauvaise ; plus souvent synonyme de ruse, de tromperie : Tu sais, mon vieux, je n’aime pas ces trucs-là. Usité aussi dans d’autres argots. Piger le truc, découvrir la ficelle, la ruse. Rebiffer au truc, recommencer une chose déjà faite, à manger et à boire, par exemple.

La Rue, 1894 : Métier. Ruse, tromperie. Secret d’un métier, d’un tour. Petit commerce. Racolage.

Virmaître, 1894 : Connaître le truc, être malin. Avoir du truc, avoir les moyens de réussir. Truc : machine de théâtre employée dans les féeries pour un changement de décors à vue. Truc : moyen secret que possède un individu de faire quelque chose (Argot des camelots et des saltimbanques).

Hayard, 1907 : Signifie n’importe quoi, comme fourbi.

France, 1907 : Tromperie, ficelle, ruse, secret de métier. On appelait autrefois truc une sorte de billard qu’il fallait étudier et dont il était nécessaire de connaitre le secret pour pouvoir y jouer avec avantage.

— Si jamais Monsieur avait besoin de moi… et de mon associé, nous serions bons, là, pour n’importe quelle besogne… — et nous avons pas mal de trucs dans notre sac… et des fameux… — Il ne s’agit que d’y mettre le prix. — Monsieur nous trouverait à ses ordres.

(Xavier de Montépin, Le Mariage de Léone)

Lorsqu’un de ses protecteurs lui fait une scène et parle de la lâcher, la petite Simonne de L…, qui n’est pas une sotte, a trouvé un bon truc.
Elle se couche, absolument nue, devant la porte de son boudoir, en s’écriant d’une voix dramatique :
— Avant de sortir d’ici, Monsieur, vous me passerez sur le corps.
Ça lui a toujours réussi.

(Le Diable amoureux)

Tuyau de poêle

Larchey, 1865 : Chapeau rond, botte à l’écuyère. — Allusion de forme.

Il donna un coup de poing dans son tuyau de poêle, jeta son habit à queue de morue.

(Th. Gautier, 1833)

Delvau, 1866 : s. m. Chapeau rond, qui semble, en effet, plus destiné à coiffer des cheminées que des hommes. Ce sont les romantiques, Théophile Gautier en tête, qui l’ont ainsi baptisé.

Rigaud, 1881 : Chapeau haute forme. — Pantalon des soldats d’infanterie de ligne, — dans le jargon des troupiers.

Merlin, 1888 : Dans le langage familier, on désigne ainsi un chapeau de haute forme ; dans l’argot militaire, c’est une botte.

La Rue, 1894 : Chapeau haut de forme. Soulier dont l’extrémité est béante.

Virmaître, 1894 : Chapeau haut de forme. Allusion juste, car il a la forme et la couleur d’un tuyau (Argot du peuple).

France, 1907 : Chapeau haut de forme appelé ainsi parce qu’il fait ressembler celui qui le porte à quelqu’un coiffé d’un tuyau de poêle tronqué. Il faut être, comme nous le sommes, habitués à cette grotesque coiffure pour ne pas en voir tout le ridicule. Cette abomination nous vient comme tant d’autres modes de la Grande-Bretagne. Ce fut un chapelier anglais, John Hetherington qui, désirant se faire une réclame monstre, s’en coiffa le premier. Il l’inaugura le 15 janvier 1797 — notez cette date mémorable dans les fastes de l’imbécillité publique — en se promenant dans les rues principales de Londres, où il provoqua un véritable scandale. Bien que fervents admirateurs de tout ce qui est excentrique, les Anglais trouvèrent que ce chapeau dépassait les bornes du laid. Le chapelier fut hué ; il y eut des bousculades ; Hetherington tint bon et reparut le lendemain et les jours suivants aves son grotesque couvre-chef, dont il avait orné de pareils sa vitrine. Le scandale ne discontinua pas et finalement son auteur fut poursuivi devant le tribunal du lord-maire sous l’inculpation d’avoir troublé la paix publique. Il déclara pour sa défense qu’un citoyen anglais avait le droit de se coiffer comme bon lui semblait. Le Times lui donna raison et dès lors l’opinion fut en sa faveur.
Quelques jeunes fashionables s’affublèrent par plaisanterie du nouveau chapeau, un membre de la famille royale le trouva à son goût et dès lors la gentry l’adopta. De l’Angleterre, il passa sur le continent, et traversant les frontières, les monts et les mers, il est allé coiffer jusqu’aux têtes des rois nègres.

La perfidie du chapeau haut de forme, dit George Auriol, est du reste indéniable. Il est fatal aux crânes les plus endurcis. Il recèle le microbe de la migraine et propage le bacille de l’abrutissement. Il exige des soins constants. Dès qu’on oublie de le lisser, de le polir, de le caresser et de le lécher, — il se rebiffe !
Moi qui vous parle, lorsque par hasard je m’encombre d’un chapeau tube, je suis le plus malheureux des hommes. À peine l’horrible tuyau est-il sur ma tête, qu’il s’horripile de lui-même malgré toutes les précautions que je prends, si bien qu’au bout d’une demi-heure il ressemble à un hérisson longtemps battu par la tempête.

 

Nous sommes tous fort laids même en habits de fête :
Boutonnés, ficelés et traînant notre ennui,
Les pieds dans deux tuyaux, un tuyau sur la tête,
Les deux bras engainés, le corps dans un étui
Que fabrique un tailleur pour les preux d’aujourd’hui.
Aussi prêtons-nous mal à la mélancolie,
Et la belle qui rêve et veut l’émotion
Ne peut guère trouver que par une folie
L’emblème du monsieur qui fait sa passion.

(Aurélien Scholl)

Zig à la rebiffe

Rigaud, 1881 : Récidiviste, — dans l’argot du régiment.

Virmaître, 1894 : Voleur bon enfant qui revient au bout de quelques jours à la prison. Il rebiffe, il récidive (Argot des voleurs).

France, 1907 : Récidiviste.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique